Elections au Mexique : une campagne électorale sanglante, avec plus d'une centaine d'assassinats de candidats

Elections au Mexique : une campagne électorale sanglante, avec plus d'une centaine d'assassinats de candidats

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HAUTE TENSION - Un candidat aux élections de dimanche au Mexique a été tué par balle mardi, alors qu'il se rendait à un meeting. Un drame de plus dans une campagne marquée par une vague de violences.

Campagne électorale sous haute tension au Mexique. A quelques jours des élections générales, la criminalité rattrape le scrutin : plus d'une centaine d'élus, candidats ou hommes et femmes politiques ont été tués au cours de ces dernières semaines.


Dernier exemple en date ? L'assassinat ce mardi d'Emigdio Lopez Avendano. Âgé de 50 ans, ce candidat qui se présentait aux municipales dans l'Etat d'Oaxaca (sud) a été attaqué durant un déplacement. Quatre autres personnes ont aussi été tuées, et deux autres ont été blessées. Mercredi 20 juin, Omar Gómez, candidat indépendant à la mairie d'Aguililla dans l'Etat de Michoacan, avait lui aussi été tué par balles. Et le 14 juin, un candidat à la mairie de Taretan, localité située dans le même Etat, avait également été assassiné. Certains ont eu plus de chance. C'est le cas de Mario Alberto Chavez, candidat à la mairie de Zumpango, dans l'Etat violent de Guerrero. Par miracle, il a survécu à une attaque le 18 avril, quand un homme armé a ouvert le feu vers sa table dans un restaurant. Trois de ses collaborateurs ont en revanche été blessés.

Crise sécuritaire depuis dix ans

Sans surprise, la criminalité est devenu au fil des semaines un sujet central du scrutin de ce week-end, qui désignera le nouveau président et plus de 18.000 dirigeants aux niveaux fédéral, régional et local. Le passif du pays en la matière est lourd : depuis 2006 et le déploiement de l'armée contre les narcotrafiquants, plus de 200.000 personnes ont été tuées et 30.000 sont portées disparues. Le Mexique a terminé 2017 sur le triste record de 25.339 homicides. Alors que l'élection approche, les candidats en paient le prix : ils ont été ciblés par 417 attaques depuis septembre, selon le cabinet de consultants Etellekt. 


"Malheureusement, le Mexique est un pays qui vit une crise de sécurité depuis dix ans et aujourd'hui nous organisons l'élection la plus grande de notre Histoire", a expliqué le président de l'Institut national électoral (INE), Lorenzo Cordova. "Est-ce que le contexte de violence dans le pays contamine la politique ? La réponse est oui, et c'est grave".


Parfois, les motifs des meurtres semblent évidents. Ainsi, le 8 juin, Fernando Puron, l'ancien maire de Coahuila qui visait un poste de député fédéral, a été assassiné à la sortie d'un débat où il avait vanté son combat contre le cartel de Los Zetas. Mais la plupart des meurtres restent inexpliqués et impunis, forçant nombre de candidats à faire campagne dans la peur. Dans l'Etat de Guerrero, 496 d'entre eux ont déjà renoncé. Notamment car la sécurité leur semble défaillante : sur les 49 demandes de gardes du corps transmises au niveau fédéral pendant la campagne, seules 12 ont été accordées, cinq ont été rejetées et 32 restent en attente, selon le chef de la Commission nationale de sécurité, Renato Sales. 


Certains candidats prennent en main leur propre sécurité. C'est le cas de Nestora Salgado, candidate au Sénat à Guerrero pour Morena, le parti de gauche du candidat favori à la présidentielle, Andrés Manuel Lopez Obrador. Ancienne commandante d'une unité de "police communautaire" - des civils prenant les armes pour remplacer la police et protéger leurs quartiers -, elle mobilise plusieurs dizaines de ses membres comme gardes du corps. Sa demande pour des gardes officiels a été rejetée alors même qu'elle dit avoir reçu des menaces et trouvé des chiens décapités devant sa maison.

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