Elections : Belgique, Luxembourg, Allemagne... les écolos ont le vent en poupe

Elections : Belgique, Luxembourg, Allemagne... les écolos ont le vent en poupe

International
DirectLCI
SCRUTIN - Plusieurs scrutins se sont déroulés ce week-end en Europe. Le bilan ? Une percée des écologistes. Un enseignement à tirer, à quelques mois des élections européennes.

De la Belgique à l'Allemagne en passant par le Luxembourg, les scrutins européens se mettent au vert. Qu'ils s'agissent d'enjeux locaux ou nationaux, les récentes élections ont confirmé une dynamique favorable aux écologistes. Des résultats de bon augure pour eux en vue des européennes l'année prochaine. Mais aussi contre la montée des populismes.  


En Belgique, c'est aux élections communales que les écolos ont brillé : à Bruxelles, le parti Ecolo-Groen, arrivé en deuxième position derrière le PS, est en mesure d'éclipser les libéraux francophones de la majorité municipale en devenant le partenaire des socialistes. Ce parti pourrait même compter plusieurs nouveaux bourgmestres (maires) dans l'agglomération de la capitale, à Forest ou à Ixelles. Jusqu'à présent "Ecolo" ne comptait qu'un seul maire en région bruxelloise, à Watermael-Boisfort. 

Résultats historiques

De l'autre côté de la frontière, au Luxembourg, où les électeurs étaient appelés aux urnes pour les législatives, les écologistes ont signé une nette progression (de 5 points, à 15%), et sont la quatrième force à la Chambre des députés. Conséquence : ils ont gagné 3 sièges avec 9 représentants. Enfin, en Bavière, où la CSU – le parti conservateur et allié crucial pour Angela Merkel - a enregistré dimanche un camouflet électoral, les Verts sont deuxième avec 17,8% des voix. 


Si ces résultats sont historiques, ils démontrent également que le vote écolo peut être une alternative à la montée des populismes. C'est en tout cas le discours qu'ont tenu dimanche soir la plupart des acteurs verts : "Celui qui court derrière l'extrême droite perd", a noté non sans satisfaction, la co-dirigeante des Verts en Allemagne Annalena Baerbock. L'Alternative pour l'Allemagne (AfD), le parti d'extrême droite anti-Merkel et anti-migrant, n'a obtenu "que" 10,6% des voix et se retrouve au coude-à-coude avec les Freie Wähler, des conservateurs bavarois indépendants (11,6%). 

La branche dite "réaliste" de la famille écologiste

Comment expliquer ces scores ? Selon les enquêtes d'opinion, les citoyens allemands tentés par l'extrême droite n'ont pas été convaincus de revenir dans le giron conservateur, et d'autres, plus modérés, se sont tournés vers les Verts. Il faut dire qu'entre la sécheresse qui a frappé l'Allemagne cet été et les scandales liés au diesel, les vents sont porteurs pour les écologistes. Mais ils profitent aussi des "faiblesses des autres partis", reconnaît Anton Hofreiter, co-chef du groupe parlementaire écologiste. 

Un peu partout, les Verts séduisent aussi de nouvelles catégories d'électeurs, qui ne se résument plus aux jeunes urbains diplômés. En Allemagne, les Verts actuels n'ont en effet plus grand-chose à voir avec leurs ancêtres des années 70, ancrés dans une culture alternative proche de la gauche radicale. Beaucoup de militants se sont embourgeoisés. Les deux chefs du parti, Annalena Baerbock et Robert Habeck, sont issus de la branche dite "réaliste" de la famille écologiste. Favorables à l'économie de marché, ces Verts pâles ne promettent pas le grand soir et revendiquent un pragmatisme qui laisse la porte ouverte à de nouvelles coalitions avec la droite.



L'AfD, qui a fait pour la première fois son entrée au Bundestag en 2017 et parie sur l'essoufflement des grands partis, voit désormais d'un œil inquiet le décollage des Verts. Les Grünen sont "poussés par les médias", dénonce Jörg Meuthen, un chef de l'AfD, appelant néanmoins les siens à "s'adresser" aux électeurs tentés par l'écologie.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter