Midterms : comment Donald Trump va-t-il gouverner sans majorité pendant deux ans ?

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ETATS UNIS - S'il conserve la majorité au Sénat, le président a perdu la main à la Chambre des représentants, qui bascule sous le contrôle des démocrates. Cela va-t-il l'empêcher de diriger jusqu'à la fin de son mandat ? Rien n'est moins sûr.

"Un immense succès ce soir. Merci à vous tous." Pour son premier tweet post-midterms, Donald Trump a fait du Donald Trump : crier victoire. Peut-on lui donner tort ? Si la perte de la Chambre des représentants lui complique singulièrement la tâche pour la deuxième partie de son mandat, force est de constater que le milliardaire est parvenu à éviter une déroute. Le référendum contre sa présidence n'a pas eu lieu, et il conserve la main sur le Sénat.


Pour gouverner dans un système où chacune des deux chambres se retrouve dorénavant contrôlée par un camp différent, le chef de l'Etat va devoir apprendre à marcher sur des œufs. Sa proche conseillère Kellyanne Conway est d'ailleurs vite monté au créneau, déclarant que Donald Trump est conscient qu'il devra travailler avec les démocrates au Congrès, même si ces derniers ont "montré peu d'appétit pour travailler avec le président".

Concrètement, la seconde et dernière moitié de la présidence Trump ne devrait pas ressembler à la première. La Maison Blanche va en effet devoir trouver un accord avec l'opposition pour faire passer ses budgets et ses lois. En clair : le président peut tirer un trait sur sa promesse de campagne d'édifier un mur à la frontière mexicaine, par exemple. Mais surtout, en prenant le contrôle de la chambre basse, l'opposition aura les mains libres pour lancer des enquêtes parlementaires à tout-va, notamment sur les soupçons de collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump en 2016 et Moscou.

"La seule chose qui m'inquiète c'est l'arrivée d'un inconnu complet dont personne n'a jamais entendu parler"

Les démocrates s'offrent aussi la possibilité de lancer une procédure de destitution - le fameux impeachment - contre le président américain. Seulement voilà : les opposants au chef de l'Etat ont d'ores et déjà prévenu que cette option explosive ne sera pas déclenché. De fait, elle est probablement vouée à l'échec dans un Sénat républicain qui a le dernier mot. En outre, le camp Trump garde la main sur les confirmations des nominations présidentielles à la Cour suprême. 


Si sa politique risque de pâtir des midterms, Donald Trump pourrait finalement bénéficier de cette "cohabitation". Il pourrait en effet trouver dans les luttes au Congrès un terreau fertile pour sa campagne de réélection en 2020. Surtout que sa concurrence est à terre : malgré leur victoire à la Chambre des représentants, aucun candidat n'émerge des rangs démocrates pour le défier en 2020. L'espoir Beto O'Rourke par exemple n'a pas réussi à créer la surprise au Texas face à Ted Cruz. Nancy Pelosi, devenue mardi soir la première opposante à Trump, est mal-aimée au sein des démocrates. 


Les autres prétendants ne semblent guère en meilleure posture, que ce soit le sénateur du Vermont Bernie Sanders, 77 ans, l'ancien vice-président Joe Biden, 75 ans, ou encore l'élue du Massachusetts Elizabeth Warren, 69 ans. "La seule chose qui m'inquiète c'est l'arrivée d'un inconnu complet dont personne n'a jamais entendu parler", lançait Donald trump fin septembre lors d'un meeting de campagne en Virginie occidentale. Il lui reste désormais deux ans pour guetter ce possible futur concurrent. 

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Midterms, un succès pour Donald Trump ?

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