Elections de mi-mandat aux Etats-Unis : pourquoi il faut s’y intéresser

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DECRYPTAGE - DECRYPTAGE - Après des mois de campagne, les Américains éliront mardi le Congrès qui votera les lois pour les deux dernières années du mandat de Barack Obama. Des élections aux multiples enjeux.

Rarement une élection législative de mi-mandat n’a aussi peu déchaîné les passions. Pourtant, les midterms qui se déroulent mardi aux Etats-Unis devraient rebattre les cartes pour les deux dernières années de Barack Obama à la Maison Blanche. Explications.

Un scrutin-test pour Barack Obama
Le slogan "Yes we can !" de 2008 ne résonnent plus dans les oreilles des démocrates. Ces derniers craignent un vote-sanction décisif contre le président dont la popularité a chuté à 40 %, un chiffre considéré comme mauvais aux Etats-Unis. Mais surtout, il pourrait pâtir de son propre électorat, lequel déserte traditionnellement les urnes hors élection présidentielle. "Barack Obama dépend des jeunes et des hispaniques, des communautés qui ne se déplacent pas pour les midterms", nous explique François Durpaire, spécialiste du pays. Selon l’universitaire, le rejet dont souffre le chef de l’Etat est injustifié : "L’économie américaine ne va pas mal. On est passé sous la barre des 6% de chômeurs contre 10% à son arrivée, la croissance repart."

Les républicains grands favoris
Pour la première fois depuis 2006, les républicains sont en position de dominer les deux chambres du Congrès. Une mainmise qui pourrait renvoyer aux calendes grecques les priorités des démocrates pour les deux années à venir. "Le blocage risque de s’accroître, analyse François Durpaire. Déjà, Barack Obama n’a pas pu faire passer sa réforme du climat, ni celle de l’immigration. Là, il devrait dire adieu à tout ce qu’il voulait faire passer." Par exemple, une augmentation du salaire minimum fédéral, une loi sur l'égalité salariale ou contre la discrimination LGBT au travail.

Hillary Clinton en embuscade
Comme un prélude à une future campagne présidentielle , l’ancienne secrétaire d’Etat a multiplié les meetings de soutien pour mobiliser l’électorat démocrate. Sauf qu’en coulisses, celle-ci pourrait miser sur une déroute de son propre camp. "Plus les républicains l’emportent, mieux c’est pour elle, analyse François Durpaire. Pour Hillary, il faudrait un Sénat massivement républicain afin que la responsabilité politique soit sur leurs épaules. Et que dans deux ans, elle puisse dire : "les républicains qui se présentent sont des sénateurs qui, depuis 2014 n’ont rien fait."

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