Elections en Birmanie : Aung San Suu Kyi grande gagnante ? Pas si sûr

Elections en Birmanie : Aung San Suu Kyi grande gagnante ? Pas si sûr

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POLITIQUE - Malgré son succès aux élections législatives, l’opposante ne peut pas devenir présidente du pays. En cause, un article de la Constitution qui bloque l'accès à la fonction suprême pour les personnes ayant des enfants de nationalité étrangère. Or ses deux enfants sont britanniques.

Arrivée aux marches du pouvoir après des décennies de dissidence, la "Dame" de Rangoon pourrait voir son ascension stoppée net. Aung San Suu Kyi, dont le parti a revendiqué lundi une victoire écrasante aux élections législatives, ne pourra en effet pas transformer l’essai en février prochain en devenant la nouvelle présidente. Et pour cause : la Constitution le lui interdit.

Le texte a en effet été rédigée en 2008, sous le régime du général Than Shwe. Ce dernier a dirigé d’une main de fer le pays durant une vingtaine d’années avant d’orienter la junte vers une "démocratie disciplinée". Le pays s’ouvre, les sanctions internationales mais les opposants dénoncent une mascarade tant la nouvelle Constitution est favorable à la junte. Par exemple, cette dernière s’octroie automatiquement, sans passer par des élections, un quart des sièges des assemblées aux militaires.

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 "Impossible de changer" le texte

Concernant Aung San Suu Kyi, il faut se pencher sur l’article 59. Celui-ci interdit l'accès à la fonction suprême à quiconque a des enfants de nationalité étrangère. Comme par hasard, ll'opposante a eu deux enfants avec l'historien britannique Michael Vaillancourt Aris (décédé en 1999). Alexander Aris, né en 1973 à Londres, et Kim, né en 1977 à Oxford. Tous deux ont la nationalité britannique. 

En novembre dernier, l’épineuse question avait fait l’objet d’un débat au Parlement pour savoir si une réforme pouvait avoir lieu avant le scrutin. Son président, Shwe Mann, avait estimé "impossible de changer" le texte dans les temps. Dans la foulée, Aung San Suu Kyi avait réagi à son tour, la députée acceptant le calendrier donné par le président du Parlement, une "procédure normale". Et d’ajouter : "Nous voulons simplement que les militaires s'alignent sur les standards démocratiques".

Quelques mois plus tard, auréolée de son succès ce dimanche dans les urnes, la "Dame" semble bien décidée à en découdre. Elle a prévenu les tenants du système, encore largement contrôlé par d'anciens militaires, que malgré les réformes menées depuis quatre ans, si son parti obtient la majorité au Parlement, elle serait "au-dessus du président".

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