Elections en Espagne : vers la fin du bipartisme

Elections en Espagne : vers la fin du bipartisme

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VOTE – Les Espagnols sont appelés aux urnes ce dimanche pour élire leurs députés et le chef du gouvernement. Les partis traditionnels, PP à droite et le PSOE à gauche, tiennent bon dans les sondages mais sont distancés par deux nouveaux partis qui participent pour la première fois au scrutin, Podemos et Ciudadamos.

La campagne pour les élections générales espagnoles, dimanche 20 décembre, s'est achevée vendredi soir, laissant un lourd suspense peser sur l'issue du scrutin. Les Espagnols doivent renouveler le Congrès de ses 350 députés en un seul tour à la proportionnelle, et le bipartisme a de sombres jours devant lui. Les partis traditionnels de droite (Parti populaire) et gauche (Parti socialiste ouvrier espagnol) voient pour la première fois deux nouvelles formations politiques, issues de la société civile, participer au scrutin : Podemos, à gauche, et Ciudadanos, au centre-droit. Arrivés sur l'échiquier politique avec le tournant de la grave crise économique qui a secoué le pays comme le rappelle Marianne , ces derniers pourraient bien changer la donne dimanche.

Le bipartisme est ébranlé mais tient bon
Le Parti populaire mené par l'actuel chef de gouvernement, Mariano Rajoy au pouvoir depuis 2011, est toujours donné en tête des intentions de votes (28% des intentions de vote). Pendant sa campagne, le chef du gouvernement a tenté de perdre son image distante et a cherché les voix des gens de sa génération : les 10,9 millions d'électeurs de plus de soixante ans, soit près d'un tiers de la population totale espagnole. Mais, comme le rappelle France Info , le Parti populaire est affaibli par les critiques concernant la corruption dont il fait l'objet, notamment de la part des deux nouveaux partis en lice, en particulier Ciudadanos, qui lui taille des croupières sur sa gauche.

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A gauche, le socialiste Pedro Sanchez rêverait de récupérer le siège de l'ex-président du gouvernement socialiste de José Luis Zapatero, laissé à la droite en 2012. Mais, pris en étau par les deux nouveaux partis, le parti, donné 2e dans les sondages, pourrait prendre la 3e ou 4e place. Pour gouverner, Pedro Sanchez devraIT alors s'allier avec l'un des deux nouveaux partis, explique Le Monde . Voire, en cas de contre-performance ultime, avec... le PP.

Podemos, vers un leadership de la gauche espagnole ?
Podemos pourrait être deuxième en nombre de voix et prendre la place du PSOE comme grand parti de la gauche. Donné en perte de vitesse jusqu'à l'automne, le leader du parti des "indignés" Pablo Iglesias a modéré son ton, tout en promettant des mesures pour les très nombreux Espagnols qui vivent encore la crise au quotidien – un actif sur cinq est au chômage. Et le parti est remonté dans les sondages ces dernières semaines. Podemos avait obtenu des scores très respectables aux dernières élections régionales et municipales cette année, mais cette organisation manque de stratégie politique bien définie et ne se situe pas précisément sur l'échiquier politique, souligne Regards .

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Au centre droit, une nouvelle formation politique a aussi vu le jour. Ciudadanos s'est construit sur des idées antinationalistes, libérales et anticorruption. Le parti pourrait prendre des voix à Podemos, en jouant la carte du changement, voulant mettre fin à la corruption qui règne à droite dans le pays. D'abord cantonné à la Catalogne, le nouveau parti a désormais des ambitions nationales, et devance Podemos dans les derniers sondages. La formation d'Albert Rivera est la préférée des jeunes cadres pour sa promesse de réformes en profondeur de l'Education et d'un contrat de travail unique, gommant les différences entre contrats définitifs et précaires.

Des électeurs encore indécis
Le Parti populaire, qui avec 45% des suffrages s'était assuré une confortable majorité de 186 sièges sur 350 au Parlement, pourrait ne pas dépasser les 30% cette fois et être contraint de gouverner en minorité, devant nouer des alliances. Donnés deuxièmes, les socialistes (110 sièges) pourraient également encore plonger, d'après les sondages . En bref, "il n'est pas exclu que Podemos l'emporte en nombre de voix" sur le Parti socialiste, a estimé le vice-président de l'institut de sondages Metroscopia Jose Pablo Ferrandiz. Mais rien n'est encore joué et quelque 20% d'électeurs étaient toujours indécis à deux jours du scrutin.

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