Elections italiennes : le Mouvement 5 étoiles et la coalition de Berlusconi, vainqueurs sans perspective

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SORTIE DES URNES - Avec 37% des voix, la droite et l'extrême droite sont en tête des élections législatives qui ont eu lieu ce dimanche en Italie. Toutefois, la coalition de Silvio Berlusconi et Matteo Salvini ne pourra pas gouverner, eu égard au score réalisé par le Mouvement 5 étoiles.

La droite domine les élections législatives en Italie. La coalition de droite et d'extrême droite est en effet arrivée en tête du scrutin organisé ce dimanche en Italie : formée de Forza Italia de Silvio Berlusconi, de la Ligue de Matteo Salvini et de Fratelli d'Italia de Giorgia Meloni, elle obtient près de 37% des voix, la Ligue arrivant devant Forza Italia (17,6 contre 14%), selon des résultats portant sur 95% des bureaux de vote. De son côté, le Mouvement 5 Etoiles (M5S), anti-système, est devenu le premier parti du pays avec un score dépassant les 32%.


"L'Union européenne va passer une mauvaise soirée", a commenté Marine Le Pen sur Twitter, lors de la publication des résultats partiels. De fait, les mouvements populistes, la Ligue de Matteo Salvini et le M5S, notoirement europhobe pour l'un et eurosceptique pour l'autre, ont incontestablement réussi une percée dans ce pays fondateur de l'Union européenne, quelques mois après la victoire du Brexit en Grande-Bretagne et de Donald Trump aux Etats-Unis.

Le Parti démocrate (PD, centre gauche) de Matteo Renzi a de son côté confirmé dans les urnes le mauvais résultat anticipé par les sondages avec un score inférieur à 20%, selon ces estimations, soit moitié moins que celui obtenu aux Européennes de 2014. Les autres mouvements de gauche, en rupture avec le Parti démocrate, que cela soit Liberi e Uguali ou Potere al Popolo, soutenu par Jean-Luc Mélenchon, ont obtenu des scores confidentiels. L'absence de majorité pour la coalition de droite, si elle devait se confirmer, va contraindre les leaders politiques italiens à des calculs et des tractations, qui s'annoncent longs et complexes.

"Aucune forme de gouvernabilité"

Dans ce contexte, une alliance des populistes du M5S et de l'extrême-droite de la Ligue, est la seule possible pour obtenir une majorité parlementaire. Or les dirigeants de ces deux formations ont jusqu'à présent catégoriquement rejeté cette éventualité. "Les vainqueurs de cette bataille électorale sont Matteo Salvini et Luigi di Maio", le chef de file du M5S, mais "tout cela ne conduit à aucune forme de gouvernabilité", assure ainsi l'éditorialiste de La Stampa. "Quel bordel", se permet même Il Tempo.

Il appartiendra donc au président italien, Sergio Mattarella, de démêler l'écheveau de ces résultats, dans les semaines qui suivent, et de confier un "mandat exploratoire" à celui ou celle qui lui paraitra en mesure d'obtenir une majorité devant le Parlement. Mais ces consultations politiques officielles ne s'ouvriront pas avant la fin du mois au plus tôt, après l'élection des présidents des deux chambres, ouvrant une nouvelle période d'instabilité, qui pourrait déboucher à terme sur de nouvelles élections.

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