VIDÉO - Qui est Jair Bolsonaro, le nouveau président du Brésil ?

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INTERNATIONAL - Grièvement blessé lors d'une attaque à l'arme blanche début septembre, le candidat d'extrême-droite Jair Bolsonaro a été élu dimanche président du Brésil avec quelque 56% des suffrages. Portrait d'un homme qui exacerbe les tensions.

Un bain de foule, des sourires, et soudain, il s'écroule. Pas sûr que Jair Bolsonaro imaginait alors qu'il allait remporter quelques semaines plus tard l'élection présidentielle brésilienne. Le 6 septembre dernier, lorsqu'il a été poignardé alors que la campagne - délétère - battait son plein, ce député d'extrême droite, nostalgique controversé de la dictature brésilienne, n'a cessé d'engranger des points dans les sondages, au point de se faire élire à la présidence. L'ex-capitaine de l'armée prendra ses fonctions en janvier.


Celui qu'on surnomme le Donald Trump brésilien s'est au fil des ans construit l'image d'un personnage sulfureux à Rio. C'est là que cet homme a fait l'essentiel de sa carrière, après une enfance à Sao Paulo au sein d'une famille d'origine italienne. Après un mandat de conseiller municipal en 1988, il a obtenu son premier mandat de député fédéral trois ans plus tard. Un mandat d'avantage marqué par ses dérapages dans l'hémicycle que par les projets de loi qu'il a fait approuver : seulement deux en 27 ans.

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Brésil : le candidat à la présidentielle Jair Bolsonaro poignardé

"Ce sont les Noirs eux-mêmes qui livraient les esclaves"

La ligne politique de Jair Bolsonaro est floue, en témoignent ses nombreux changements d'étiquette au fil des années. En matière économique, son programme est tout aussi nébuleux. Il faut dire que cet ancien capitaine de l'armée est surtout connu pour ses dérapages : en 2014, il avait fait scandale en prenant violemment à partie la parlementaire de gauche Maria do Rosario, lui lançant qu'elle "ne méritait pas" qu'il la viole car elle était "très laide". Deux ans plus tard, il a fait l'éloge d'un tortionnaire de la dictature militaire (1964-1985). Jair Bolsonaro a également multiplié les déclarations homophobes : dans un entretien au magazine Playboy en 2011, il a affirmé qu'il préférerait que son fils "meure dans un accident" plutôt que de le savoir homosexuel.


Depuis le début de la campagne, Jair Bolsonaro a perpétué ce style tonitruant. Lors d'un long entretien à l'émission Roda Viva, sur la chaîne publique TV Cultura, il a notamment a annoncé son intention de réduire les quotas raciaux dans les universités, considérant que le pays "n'a pas de dette" envers les Noirs. "De quelle dette historique parlez-vous? Je n'ai réduit personne en esclavage (...). Les Noirs ne sont pas meilleurs que moi et je ne suis pas meilleur qu'eux", a-t-il affirmé. Il s'est même permis une relecture de l'Histoire : "les Portugais n'ont même pas mis le pied en Afrique, ce sont les Noirs eux-mêmes qui livraient les esclaves".

Un tabac chez les jeunes

Le candidat d'extrême droite a également affiché à nouveau sa nostalgie des années de plomb, affirmant qu'il n'y avait "pas eu de coup d'Etat militaire en 1964". "Un coup d'Etat, c'est quand on met un coup de pied dans la porte pour retirer le président (du pouvoir). Mais c'est le Parlement qui a déclaré le poste de président vacant. C'était la règle en vigueur", a-t-il affirmé. Très critiqué par le passé pour avoir fait l'éloge d'un colonel tortionnaire notoire, il expliqué dans la même émission que "certains se disaient victimes de torture pour obtenir des indemnisations, des votes, de la pitié ou du pouvoir".


Si ces propos sont radicaux, force est de constater qu'ils ont trouvé un écho favorable au sein d'une grande partie de l'électorat. 

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Jair Bolsonaro et l'extrême-droite s'installent à la tête du Brésil

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