Elections présidentielles en Ukraine : le chemin des urnes semé d'embûches

International
DirectLCI
TOURNANT - Trois mois après la fuite de Viktor Ianoukovitch, les Ukrainiens sont appelés à voter dimanche pour élire un nouveau président. Une journée qui s'annonce particulièrement tendue dans l'Est du pays, toujours en proie à de violents affrontements entre l'armée et les séparatistes pro-russes.

Certains se préparent à aller voter, d'autres réfléchissent à comment les en empêcher. En Ukraine, l'élection présidentielle de dimanche se présente sous haute tension. Après des mois de violents affrontements entre partisans de l'unité et séparatistes, le scrutin pour élire un successeur au président destitué Viktor Ianoukovitch s'annonce crucial pour ce pays au bord de la guerre civile et de la partition.

L'accès aux urnes sera toutefois très difficile pour les électeurs des provinces de l'Est du pays. Dans ces régions frontalières avec la Russie, où des groupes armés se battent pour qu'elles soient rattachées au puissant voisin, des affrontements sont à prévoir. Jeudi encore, quatorze soldats se sont fait tuer par des séparatistes. Et ces derniers ont promis d'empêcher dimanche le déroulement du scrutin, notamment dans les régions de Lougansk et de Donetsk. En réponse, Kiev a annoncé le déploiement de 55.000 policiers et de 20.000 volontaires sur place pour s'occuper de la sécurité des 2 millions d'électeurs concernés.

Modification récente de la loi électorale

Les menaces des séparatistes ont reçu le soutien tacite de Moscou. Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, la Russie s'est ironiquement demandé cette semaine "si le déroulement d'élections au sons des canons était conforme aux normes démocratiques d'un processus électoral". "Les Russes craignent d'avoir en face d'eux des personnes élues démocratiquement. Cela les empêcheraient de garder le contrôle sur une partie de l'Ukraine", expliquait récemment à metronews Georges Mink , directeur de recherche émérite au CNRS.

Moscou devra toutefois prendre garde à ne pas franchir la ligne jaune. "Si la Russie sape l'élection en Ukraine, nous devons rester déterminés à imposer des coûts supplémentaires", a déjà prévenu Joe Biden, le vice-président américain. De nombreuses délégations d'observateurs vont être envoyées par les pays occidentaux. Des représentants du Conseil de l’Europe, de l’OSCE, du Parlement européen, de l'OTAN ou du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) sont ainsi attendus sur place ce week-end.

Pour anticiper d'éventuels problèmes dans l'est, Kiev avait modifié la loi électorale début mars. Désormais, aucune participation minimum n'est requise pour valider le scrutin. Autrement dit, même l'impossibilité pour les bureaux de vote d'ouvrir dans les zones tenues par les séparatistes ne pourra invalider l'élection.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter