Électrocutions, coups de fouets... des militantes féministes torturées en Arabie saoudite, selon Amnesty International

Électrocutions, coups de fouets... des militantes féministes torturées en Arabie saoudite, selon Amnesty International

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PRISON SAOUDIENNE - Harcèlement sexuel, coups de fouet, électrochocs, l'ONG Amnesty International dévoile un rapport alarmant sur les conditions de détention de militants des droits de l'Homme dans le royaume. Des accusations que réfutent Ryad.

Alors que l'image de l'Arabie Saoudite a été très sérieusement ternie par l'affaire Jamal Khashoggi, ce journaliste saoudien assassiné le mois dernier au sein même du consulat de son pays à Istanbul, Amnesty International fait part de graves accusations concernant les conditions de détention de détenues politiques. L'ONG affirme que des militants des droits de l'Homme dont une dizaine de féministes saoudiennes ont été torturées et harcelées sexuellement lors de leur détention dans la prison de Dhahban, au bord de la mer Rouge. Des témoignages évoquent des électrocutions, des coups de fouet, au point de ne plus pouvoir pour certains ni marcher ni tenir debout.


Au moins un militant a été suspendu au plafond, tandis qu'une détenue a été sexuellement harcelée par ses interrogateurs, qui étaient masqués, a ajouté Amnesty, confirmant des informations recueillies dans le même temps par nos confrères du Monde au sujet de féministes détenues arbitrairement depuis le mois de mai. "C’est du jamais-vu", a affirmé l’un des informateurs du quotidien, présenté comme "familier des questions de droits de l’homme en Arabie saoudite". "Jusque-là, les femmes emprisonnées dans le royaume souffraient des irrégularités habituelles de procédures, comme l'absence d’un avocat, de médicaments ou de visites. Nous n’avions jamais entendu parler, dans le passé, de mesures aussi agressives."

Si les cas de tortures sur des militantes sont avérés, cela "montrerait qu'il n'existe pas de limites à la cruauté absolue des autorités saoudiennes contre les critiques et les défenseurs des droits de l'Homme", a estimé Michael Page, directeur adjoint de HRW pour le Moyen-Orient.


Plus d'une dizaine de militants avaient été arrêtés en mai, à la suite d'une série de mesures répressives prises contre certains religieux, intellectuels et militants en septembre 2017, apparemment pour faire taire les critiques contre le prince héritier Mohammed ben Salman. Peu après, MBS levait l'interdiction faite aux femmes de conduire, de la poudre aux yeux pour de nombreux défenseurs des droits de l'Homme.


Si certains prisonniers ont retrouvé depuis la liberté, d'autres comme Loujain al-Hathloul, 28 ans, ou Aziza al-Yousef, une professeure à la retraite, restent encore derrière les barreaux, sans inculpation ni la présence d'un avocat, selon Amnesty qui a appelé à leur libération "immédiate".

De leur côte, les autorités saoudiennes rejettent les accusations en bloc. "Le système judiciaire du Royaume d'Arabie saoudite

n'autorise pas l'usage de la torture", a déclaré à Reuters un haut responsable saoudien.

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