"Elle a même souri" : l’auteur d’une des photos marquantes de la tragédie de Beyrouth raconte son cliché

"Elle a même souri" : l’auteur d’une des photos marquantes de la tragédie de Beyrouth raconte son cliché
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PHOTO - Les hôpitaux ont été rapidement saturés à Beyrouth ce mardi 4 août, et tout particulièrement l'hôpital Saint-George, où a été pris ce cliché illustrant la bravoure du personnel soignant face au chaos provoqué par les explosions.

On dit souvent qu'une image vaut mille mots. Rien d'étonnant alors que ce cliché d'une infirmière tenant dans ses bras trois nouveaux-nés ait fait le tour du monde, devenant le symbole du courage du personnel soignant. Car face à l'afflux de blessés après l'explosion qui a eu lieu au Liban ce mardi 4 août, les hôpitaux ont rapidement été submergés, avec certains médecins ou infirmiers travaillant alors qu'eux-mêmes étaient meurtris. L'auteur du cliché, Bilal Jawich, nous raconte les coulisses.

Une figure "calme" dans un décor "apocalyptique"

Rapidement après la première explosion, ce photojournaliste a pris l'ampleur du désastre et a décidé de rejoindre les lieux du drame. "Je courais vers la fumée", se remémore-t-il auprès de LCI, mais "personne ne savait où ça s'était passé exactement tant l'air était saturé de cendres et les rues pleines de ruines". En s'approchant du port, il est témoin de scènes "chaotiques", insoutenables. "Les gens étaient recouverts de sang. Il y a avait du sang partout..." 

Face à une telle vision, il prend la route de l'hôpital le plus proche. Sans surprise, devant l'hôpital Saint George, lui aussi touché par le souffle de l'explosion, le décor est "apocalyptique". Situé près du port, le bâtiment de plusieurs étages n'est plus qu'une coquille de béton vide. Les plafonds se sont effondrés, laissant apparaître les câbles électriques et, comme partout, le verre est brisé, jonchant le sol. Les portes des ascenseurs sont tordues. "Les personnes blessées arrivaient continuellement, croyant pouvoir se faire soigner. Mais elles ne savaient pas que l’établissement était complètement détruit."

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Les médecins et les soignants eux-mêmes avaient besoin d'aide. Ici, quatre infirmières ont péri. "Imaginez la scène : des dizaines de blessés affluant dans ces conditions !" Et c'est au beau milieu de tout ça que le photographe à la carrière longue de 16 ans a aperçu Pamela Zainoun, l'infirmière qu'on voit sur la photo, téléphone coincé entre l'oreille et l'épaule, masque baissé, portant trois nouveaux-nés.

Au moment de l'explosion, cette infirmière du service maternité de l'hôpital Saint-George a reçu des débris sur la tête. Et a donc protégé trois nourrissons, dévalant les escaliers pour se rendre dans l'entrée de l'établissement. Une fois arrivée à destination, elle décroche son téléphone pour rassurer sa mère. C'est ce moment précis que Bilal Jawich dégaine son appareil et prend la photo devenue rapidement virale.

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"Le contraste était si fort", souligne le photographe saluant son courage. "Elle était si calme, elle a même souri". Une figure rassurante dans la carcasse éventrée qu'est désormais cet "hôpital blessé", pour reprendre les mots de son directeur, Eid Azar, auprès de l'AFP. 

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