Emeutes à Ferguson : Obama tout en "retenue"

Emeutes à Ferguson : Obama tout en "retenue"
International

ETATS-UNIS - Barack Obama a de nouveau lancé lundi soir un appel au calme face aux incidents de Ferguson, alors que la nuit a encore été marquée par des affrontements entre policiers et manifestants dans cette ville du Missouri. Depuis la mort d'un jeune Noir abattu par un policier et le début des émeutes, le président américain se tient à une certaine distance des événements.

Pour la deuxième fois en quatre jours, Barack Obama s'est exprimé lundi soir sur les incidents de Ferguson, en proie à de violentes émeutes depuis qu'un policier y a abattu un jeune Noir . Dans un discours très équilibré, l'hôte de la Maison-Blanche a appelé les forces de l'ordre à faire preuve de "retenue", jugeant que le recours à la Garde nationale, dépêchée le jour-même dans cette petite ville du Missouri, devait être "limité". Dans le même temps, il a mis en garde les manifestants qui se livreraient à des violences, alors que certains d'entre eux ont encore été dispersés par des gaz lacrymogènes dans la nuit de lundi. "Si je comprends les passions et la colère nées de la mort de Michael Brown (...) piller (des magasins) ou attaquer la police ne peut que contribuer à faire monter les tensions, cela affaiblit la justice plutôt que cela ne la renforce", a affirmé le président américain.

Un discours très calibré, dans la droite ligne de son positionnement depuis le début de l'affaire. Tout en soulignant avec insistance qu'il entendait rester "prudent" sur le fond du dossier tant que l'enquête était en cours, Barack Obama a néanmoins abordé la question des inégalités raciales aux Etats-Unis, jugeant qu'un long chemin restait à parcourir avec des communautés "qui se retrouvent souvent isolées, sans espoir et sans perspectives économiques".

"J'aurais pu être Trayvon Martin"


Ceux qui attendaient que le premier président noir des Etats-Unis s'implique plus fortement, voire se rende sur place, restent donc sur leur faim. Depuis son arrivée au pouvoir, Barack Obama a pris soin de repousser l'idée d'un homme providentiel sur les questions raciales. En particulier depuis qu'en juillet 2009, il a dû faire amende honorable après avoir qualifié de "stupide" l'arrestation d'un ami noir et spéculé sur des motifs racistes sans avoir tous les éléments en main. Lors de l'affaire Trayvon Martin - ce jeune homme noir de 17 ans abattu en février 2012 en Floride par un vigile alors qu'il se promenait sans armes dans un quartier résidentiel - son intervention avait cependant été forte. Après l'acquittement du meurtrier qui avait plaidé la légitime défense, le président américain s'était livré, en juillet 2013, sur un registre très personnel. Tout en se gardant de critiquer le verdict, il avait évoqué la "douleur" provoquée par cette décision au sein de la communauté noire. "Il y a 35 ans, j'aurais pu être Trayvon Martin", avait-t-il même lancé.

A la fin de son premier mandat, le 44e président des Etats-Unis, élu grâce au soutien massif des minorités, avait déjà mis en garde contre des attentes démesurées. "Je n'ai jamais adhéré à l'idée selon laquelle, avec mon élection, nous entrions d'une certaine manière dans une époque post-raciale", affirmait-il dans une interview au magazine Rolling Stone en avril 2012.

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