Émeutes au Chili : "Nous sommes en guerre", affirme le président Piñera

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CHILI - Sept personnes ont péri, ces trois derniers jours, au Chili, dans ce qui est la pire explosion sociale au Chili depuis des décennies.

Le Chili est "en guerre", a affirmé dimanche 20 octobre le président Sebastian Piñera, dont le pays est secoué depuis trois jours par des émeutes et des pillages qui ont fait sept morts. Pour la deuxième nuit consécutive, une mesure de couvre-feu a été décrétée à Santiago entre 19h et 6h locales (de 22h à 9h, heure GMT). L'"état d'urgence" est également en vigueur dans cinq régions, dont la capitale de sept millions d'habitants. 

"Nous sommes en guerre contre un ennemi puissant, implacable, qui ne respecte rien ni personne et qui est prêt à faire usage de la violence et de la délinquance sans aucune limite", a déclaré le président Piñera à la presse. Le général Javier Iturriaga, chargé vendredi de la sécurité publique par le président conservateur, a de son côté appelé les habitants à rester "calmes" et à ne pas sortir de chez eux. 

Les émeutes se sont poursuivies, ce dimanche. Des affrontements ont eu lieu entre manifestants et policiers dans l'après-midi dans le centre de Santiago, tandis que des pillages se déroulaient dans plusieurs endroits de la capitale. Cinq personnes ont ainsi péri dans l'incendie d'une usine de vêtements en proie à des pillages. "Cinq corps ont été retrouvés à l'intérieur de l'usine en raison de l'incendie", dans le nord de la capitale, a annoncé à des médias locaux le commandant des pompiers de Santiago, Diego Velasquez. 

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Près de 1.500 personnes arrêtées depuis le début des violences

Deux personnes étaient déjà mortes dans la nuit de samedi à dimanche dans l'incendie d'un supermarché également pillé par des manifestants dans le sud de la capitale et une troisième avait été blessée, le corps brûlé "à 75%", selon les autorités. Deux personnes ont également été blessées par balle et hospitalisées dans un état "grave" après un incident avec la police lors de pillages, également dans le sud de la capitale, selon la même source. Près de 10.000 policiers et militaires ont été déployés. La présence de patrouilles de militaires dans les rues sont une première dans le pays depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990).

Selon les autorités, 1462 personnes ont été arrêtées, dont 644 dans la capitale et 848 dans le reste du pays. Après trois jours de violences, le centre de la capitale chilienne et d'autres grandes villes, comme Valparaiso et Concepcion, offraient des visages de désolation : feux rouges au sol, carcasses de bus carbonisées, commerces pillés et incendiés.

   

Les manifestations ont débuté vendredi pour protester contre une hausse - de 800 à 830 pesos (environ 1,04 euro) - du prix des tickets de métro à Santiago, réseau le plus étendu (140 km) d'Amérique du Sud qui transporte quotidiennement environ trois millions de passagers. Le chef de l'Etat a suspendu la hausse, samedi 19 octobre. Mais les manifestations et les violences se sont poursuivies, nourries par la colère face aux conditions socio-économiques et aux inégalités dans ce pays loué pour sa stabilité économique et politique, mais où l'accès à la santé et à l'éducation relèvent presque uniquement du secteur privé. 

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