Sénégal : l'opposant Ousmane Sanko relâché sous contrôle judiciaire

Réaction de joie des partisans d'Ousmane Sonko après sa libération de détention à Dakar le 8 mars 2021.

INTERNATIONAL - Un juge sénégalais a ordonné ce lundi de relâcher, sous contrôle judiciaire, l'opposant Ousmane Sonko malgré son inculpation dans une affaire de viol. Son arrestation, le 3 mars dernier, a provoqué d'importants troubles dans tout le pays.

Un premier pas pour apaiser les tensions. Inculpé plus tôt dans la journée dans une affaire de viol, Ousmane Sonko a finalement été libéré - sous contrôle judiciaire - par un juge. "Il rentre chez lui. Il est libre", a affirmé l'un des avocats de l'opposant sénégalais, Me Etienne Ddione. 

Une issue positive, donc, qui devrait permettre d'apaiser quelque peu la grogne populaire dans un pays en proie à de graves heurts et durant lesquels au moins cinq personnes avaient perdu la vie la semaine passée.

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Troisième de la présidentielle de 2019 et pressenti comme un des principaux concurrents de celle de 2024, Ousmane Sonko a été arrêté le 3 mars dernier pour trouble à l'ordre public. Il se rendait en cortège au tribunal où il était convoqué pour répondre à des accusations de viol portées contre lui par une employée d'un salon de beauté. 

Personnalité au profil antisystème, le député crie au complot de Macky Sall, le président actuel, pour l'écarter de la prochaine échéance électorale. Ce dernier a démenti fin février avoir un quelconque rôle dans les ennuis judiciaires de son opposant. 

Une colère de longue haleine

L'arrestation de Sonko a généré un violent mouvement de contestation dans tout le Sénégal. Elle a non seulement provoqué la colère de ses partisans mais aussi porté à son comble l'exaspération accumulée par la dégradation des conditions de vie dans un pays déjà pauvre. 

La croissance économique, jusqu'alors soutenue, est brutalement devenue atone avec la pandémie, de nombreux secteurs se retrouvant en grandes difficultés. Beaucoup reprochent au pouvoir en place une atteinte excessive aux libertés et des décisions politiques au profit d'une élite. 

Saccages, pillages et affrontements se sont alors succédés pendant plusieurs jours dans un pays considéré d'ordinaire comme un îlot de stabilité politique. Des blindés de l'armée ont ensuite pris position ce lundi dans la capitale, Dakar, en prévision de cette journée charnière à hauts risques. Les écoles et de nombreux commerces sont également fermés alors que des appels à manifester pendant trois jours ont été lancés. 

Sous l'impulsion de la communauté internationale et des incitations des communautés religieuses locales, les différentes parties tentent actuellement de trouver des solutions pour une désescalade. 

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