Emilie König, fille de gendarme devenue une figure française majeure de Daech

Emilie König, fille de gendarme devenue une figure française majeure de Daech

ETATS UNIS - La Française Emilie König fait partie de la mouvance djihadiste française en Syrie qui, si elle ne combat pas, joue un rôle important de propagandiste et de recruteuse. Son nom a été ajouté mardi par Washington à sa liste de "combattants terroristes étrangers".

"Nous la connaissons très bien". Les responsables français de la lutte anti-terroriste n’ont guère été surpris, ce mardi 29 septembre, en apprenant l’ajout d’Emilie König à la liste de "combattants terroristes étrangers" rédigée par Washington. Cette Française de 31 ans est en effet une figure de la mouvance djihadiste tricolore en Syrie.

"C'est une personnalité dans la communauté jihadiste, elle est très active sur les réseaux sociaux, sert à la propagande et au recrutement de volontaires" a confié mardi soir à l'AFP un responsable de la lutte anti-terroriste. Selon lui, c'est la première fois qu'une femme djihadiste est ainsi désignée par les Etats-Unis. Selon eux, cette nomination résulte de l’ordre qu’elle aurait passé "à des individus d'attaquer des institutions gouvernementales françaises".

Convertie au contact de son mari

Déjà, il y a un an, Emilie König avait été ajoutée par les Nations unies à sa liste des personnes associées à Al-Qaïda en Irak, et faisant ainsi l'objet de sanctions internationales et d'interdictions de voyager. Une source proche du dossier, qui demande à ne pas être identifiée, la décrit comme "une excitée", qui aurait proclamé sa volonté de commettre un attentat suicide, même si "ces gens-là sont souvent dans le déclamatoire".

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Rien ne semblait pourtant prédestiner cette jeune femme à devenir l’une des figures de proue du djihadisme syrien. Née il y a 31 ans à Lorient, d'un père gendarme, dernière d'une famille de quatre, Emilie König suit une scolarité normale, faute d'être brillante. Tout bascule le jour où elle se convertit au contact de son premier mari, Algérien d'origine, emprisonné pour trafic de drogue.

Deux enfants laissés en France

Elle apprend alors l'arabe, se fait appeler Samra, se voile entièrement et, au contact du groupe islamiste nantais Forsane Alizza, elle commence sa radicalisation. En 2010, portant le niqab, elle est repérée près de la mosquée de Lorient, où elle tentait de distribuer des tracts appelant au djihad. Elle se rend souvent à Paris, se fait remarquer en manifestant aux premiers rangs, intégralement voilée. 

Au printemps 2012, convoquée au tribunal de Lorient, elle s'y présente en niqab, refuse de se dévoiler, provoque une altercation avec un vigile. Elle filme la scène et la poste rapidement sur Youtube, criant à la discrimination. Après la dissolution de Forsane Alizza, dont les principaux membres ont été traduits en justice, elle ouvre plusieurs pages Facebook appelant à la guerre sainte. Au printemps 2012, elle laisse en France ses deux enfants pour rejoindre en Syrie son mari, qui avait rejoint le groupe qui allait peu après devenir le groupe Etat islamique avant d'être tué. Elle fait donc partie des premiers Français à avoir franchi la frontière turque pour prendre part au jihad en Syrie. 

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Si elle ne prend pas part aux combats, dans un mouvement où les femmes ne sont pas considérées comme des combattantes potentielles et le plus souvent confinées à des rôles de soutien, Emilie Konig apparaît souvent dans des vidéos de propagande. Dans l'une d'elles, mise en ligne le 31 mai 2013, elle pose avec un fusil à canon scié, comme si elle s'entraînait au tir. Dans une autre, postée un mois plus tard, elle adresse un message de propagande à ses enfants restés en France. "N'oubliez pas que vous êtes musulmans", dit-elle à ses fils, confiés à leur grand-mère. "Le djihad ne cessera pas aussi longtemps qu'il y aura des ennemis à combattre".


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