Emirats arabes unis : des ministres du Bonheur et de la Tolérance

Emirats arabes unis : des ministres du Bonheur et de la Tolérance

International
DirectLCI
GOUVERNEMENT - Un remaniement gouvernemental sans précédent s’est déroulé mercredi aux Emirats arabes unis, où ont été nommées une ministre du Bonheur, une de la Tolérance et une troisième de la Jeunesse, âgée de 22 ans.

Le gouvernement français, qui vient d'être remanié , aurait pu s'inspirer de l’exemple des Emirats arabes unis. La fédération pétrolière du Golfe a en effet distribué mercredi plusieurs maroquins, afin de procéder au "changement structurel le plus important dans l’histoire du gouvernement". Jugez plutôt : le Premier ministre s’est adjoint les services d’une ministre du Bonheur, une de la Tolérance et une troisième de la Jeunesse, âgée de 22 ans.

Au total, huit nouveaux ministres font leur entrée au cabinet, dont cinq femmes. La moyenne d'âge des 29 ministres est de 38 ans et le gouvernement compte désormais au total huit femmes. Tous un objectif très clair : "introduire des changements réels pour participer au bonheur de l’Homme", a expliqué Cheikh Mohammed, le Premier ministre. Les Emirats suivent ainsi la trace du Bhoutan, petit royaume himalayen qui s'était rendu célèbre en lançant une philosophie économique basée sur le "Bonheur national brut" plutôt que le Produit intérieur brut.

"Promouvoir la tolérance comme valeur fondamentale"

La feuille de poste de la ministre d'Etat du Bonheur, Ouhoud al-Roumi, est déjà tracée. Elle devra s'assurer que les politiques gouvernementales créent "le bien-être social et la satisfaction" des individus. Une jeune diplômée d'Oxford, âgée de 22 ans seulement, Chemma al-Mazroui, a été désignée ministre d’État aux Affaires de la Jeunesse. Loubna al-Qassimi, ancienne ministre de la Coopération internationale et du Développement, devient quant à elle ministre d’État à la Tolérance. Son objectif ? "Promouvoir la tolérance comme valeur fondamentale", a expliqué cheikh Mohammed.

Simple opération de communication ou réelle conviction politique ? Au delà du symbole que représente ces nominations, les ministères-clés, eux, restent détenus par les familles régnantes. Cheikh Seïf ben Zayed Al-Nahyane, un des fils du fondateur de la fédération, conserve par exemple le portefeuille de l'Intérieur. Mais surtout, la notion de "bonheur" reste à prendre avec des pincettes au sein de la fédération des Emirats. "Le ministère du Bonheur sonne un peu comme Orwellien et sinistre, étant donné que c’est un état policier, mais c’est dans la droite ligne de leur assez haute opinion d’eux-mêmes", a expliqué au New York Times  Nicholas McGeehan, un chercheur à l’ONG Human Rights Watch.

A LIRE AUSSI >>  Prof expatriée à Abu Dhabi, une Française risque la prison et appelle à l'aide

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter