Empoisonnement de Kim Jong-Nam : le VX, l'un des agents chimiques les plus mortels jamais produits

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CORÉE DU NORD - Des experts malaisiens en toxicologie ont révélé vendredi que le VX avait été utilisé pour assassiner Kim Jong-Nam, le demi-frère du dirigeant nord-coréen. Un agent neurotoxique interdit, aux effets dévastateurs.

Le 13 février dernier, Kim Jong-Nam, demi-frère du dirigeant de la Corée du Nord Kim Jong-Un, est approché par deux jeunes femmes à l’aéroport de Kuala Lumpur. Quelques minutes plus tard, l’homme de 45 ans s’écoule. Il est transporté à l’hôpital mais meurt durant le transfert. En cause ? Le VX, l'un des agents chimiques les plus mortels jamais produits. 

Nom de code donné par les scientifiques américains qui l'ont fabriqué en masse, le VX - un composant organophosphoré - est indolore et inodore à l'état pur. Il a été créé pour la première fois dans un laboratoire britannique au début des années 1950. Mais des scientifiques américains ont perfectionné sa puissance lors de la course aux armements avec l'Union soviétique pendant la Guerre froide. Le VX figure désormais sur la liste des armes de destruction massive de l'ONU. Problème : la Corée du Nord n'est pas signataire de la CIAC. "Il ne serait donc pas surprenant qu'elle possède du VX", a déclaré à l'AFP Satoshi Numazava, professeur de toxicologie à l'université Showa au Japon. Vendredi, la Corée du Sud,  qui voit la main de Pyongyang derrière l'assassinat de Kim Jong-Nam, s'est dite "choquée" par cette révélation des autorités maliaisiennes et s'est empressée de dénoncer une "violation patente" des traités internationaux.

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"Il peut tuer un adulte de 70 kilos avec seulement cinq milligrammes sur la peau"

Dans le détail, ce produit qui ressemble à de l’huile de moteur serait dix fois plus puissant que le gaz sarin. Son atout pour un assassin potentiel ? Il est suffisamment stable pour être transporté et difficile à détecter. Mais c'est un agent persistant, susceptible de contaminer des lieux pendant longtemps. "Il peut tuer un adulte de 70 kilos avec seulement cinq milligrammes sur la peau", a expliqué Yosuke Yamasato, ancien principal de l'Ecole de chimie des forces terrestres d'autodéfense japonaises.

"C'est incroyable que les exécutants du crime l'aient utilisé à mains nues - ils ne devaient pas savoir que l'agent était le VX", a précisé le chimiste. Et pour cause : le VX attaque rapidement le système nerveux. Une haute dose peut tuer en quelques minutes quand elle est inhalée, dans la mesure où le gaz innervant se répand rapidement dans les vaisseaux sanguins transportant le sang dans les poumons et les autres organes vitaux.

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Une exposition à faible dose permet de survivre. Mais une contamination plus importante agit vite et est souvent horrible. Une personne exposée à cette toxine peut ressentir en l'espace de quelques minutes des difficultés à respirer et des nausées. A haute dose, le VX peut entraîner une perte de connaissance, une insuffisance cardiaque ou un arrêt respiratoire. Des antidotes existent, mais le traitement doit être immédiat. Pendant le première guerre d'Irak, des soldats américains transportaient des trousses avec de quoi s'injecter l'antidote.

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