En Australie, les notes de frais des politiques passent mal

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POLÉMIQUE - Malcolm Turnbull, le Premier ministre australien, a durci ce vendredi son contrôle des notes de frais des politiques. En cause : l'affaire impliquant l'une de ses ministres qui a profité d'un voyage officiel financé par les contribuables pour signer l'achat d'un luxueux appartement.

La colère monte au sein de l'opinion publique australienne. En cause ? Des scandales à répétition impliquant des caciques de la politique et liés aux déboires de leurs notes de frais. Des scandales qui ont poussé le gouvernement à durcir son contrôle.

Il aura fallu attendre une nouvelle affaire, celle de Sussan Ley, pour que l’Australie passe à l’action après des années de dérapages en la matière. La ministre de la Santé a en effet acheté un appartement pour 795.000 dollars australiens (560.000 euros) dans la région touristique de Gold Coast durant une visite de travail, en 2015. L’information n’est sortie que ces derniers jours, contraignant la ministre à se mettre à l’écart de son maroquin en début de semaine. Elle a finalement démissionné, ce vendredi.

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"La transparence est primordiale"

A la suite de cette affaire, et d'autres informations sur des notes de frais présentées par des ministres pour assister à des événements sportifs, le Premier ministre Malcolm Turnbull a décidé de mettre en place une agence indépendante chargée de gérer et contrôler les dépenses des parlementaires. Les défraiements des politiques seront désormais publiés chaque mois et accessibles sur une base de données. Actuellement, ils sont rendus publics deux fois par an. "Je crois fermement que la transparence est primordiale. La lumière du soleil, c'est le meilleur traitement", a assuré Malcolm Turnbull. "Cela va entraîner d'importants changements dans le régime de défraiement, dans la façon dont les frais sont enregistrés et dont ils sont évalués", a ajouté le Premier ministre, bien décidé à mettre fin à des notes de frais mirobolantes.

 Ce n'est pas la première fois que la coalition conservatrice au pouvoir est secouée par un scandale lié aux frais : la présidente de la chambre des représentants, Bronwyn Bishop, avait démissionné en août 2015 après avoir effectué un trajet en hélicoptère de 80 kilomètres à 5.000 dollars , le tout aux frais du contribuable.

 L’ancien Premier ministre, Tony Abbott, avait également été épinglé en 2013. La presse avait alors dévoilé que, quand il était simple député, il réclamait tous les ans le remboursement de ses frais de transport pour participer à une course de charité de 1.000 km à travers l'Australie rurale, la Pollie Pedal. Il avait aussi été obligé de rembourser 1.700 dollars australiens (1.183 euros) de frais de transport pour se rendre en 2006 à deux mariages, qu'il avait inscrits en note de frais.

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