En Belgique aussi, une loi travail provoque des grèves

En Belgique aussi, une loi travail provoque des grèves
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SOCIAL - Il n'y a pas que la France. Le climat social se détériore également à grande vitesse en Belgique, alors qu'un syndicat de la fonction publique a appelé ce jeudi à "faire tomber le gouvernement" du Premier ministre.

Comme un air de déjà-vu. A l'heure où la contestation contre la loi travail n'en finit plus côté français, la Belgique est à son tour victime d'un climat social houleux. Manifestation de masse, cheminots en grève surprise, conflit des gardiens de prison dans l'impasse... La situation, déjà explosive, s'est tendue ce jeudi, un syndicat de la fonction publique appelant à "faire tomber le gouvernement" du Premier ministre libéral Charles Michel.

Loi Peeters, loi El Khomri, même combat

Ce mardi, une manifestation émaillée d'incidents a rassemblé à Bruxelles quelque 60.000 personnes opposées à la loi Peeters. Comparable en certains points à la loi El Khomri, ce projet qui devrait rentrer en vigueur au 1er janvier 2017 prévoit notamment "l'annualisation" du temps de travail, avec la possibilité pour les employeurs d'imposer des semaines de 45 heures suivies de périodes à horaires allégés."

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Plusieurs grèves touchent également le pays. Le trafic ferroviaire était à l'arrêt ce jeudi en Wallonie (sud de la Belgique), où les cheminots ont débrayé spontanément pour protester contre la suppression de jours de récupération décidée par leur employeur, la SNCB. Depuis plus d'un mois, les agents pénitentiaires de Wallonie et de Bruxelles ont quant à eux cessé le travail pour réclamer des moyens financiers et en personnel supplémentaires, tandis que leurs collègues de Flandre ont accepté le plan de "rationalisation" – dit "Travailler autrement" – défendu par le ministre de la Justice, Koen Geens.

La Belgique pas habituée aux mouvements sociaux

Au-delà de ces mouvements sectoriels, il faut ajouter la contestation plus générale de la politique du gouvernement de droite, arrivé au pouvoir en octobre 2014. Et qui, selon les partis d'opposition de gauche et les syndicats, met à mal le modèle belge de concertation entre représentants du patronat et des salariés. Plusieurs grèves avaient déjà rythmé l'automne 2014 après une manifestation géante à Bruxelles, à laquelle 120.000 personnes avaient participé. Du jamais vu en plusieurs décennies en Belgique.

La prochaine journée d'actions, le 31 mai, devrait se traduire par une manifestation des services publics couplée à une grève des cheminots. Mais elle pourrait prendre une plus grande ampleur, à la fois en termes de secteurs touchés et de durée. Interpellé ce jeudi après-midi devant la Chambre des députés par les partis d'opposition, le Premier ministre a dénoncé la "désinformation" visant selon lui l'action de son gouvernement. Avant de prévenir : "Nous allons continuer à prendre des décisions, réformer et agir".

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