En Californie, le taux de glyphosate dans l'organisme a doublé en vingt ans

ALIMENTATION - Selon les résultats d'une étude menée en Californie, le taux de pesticide dans l'organisme humain a fortement augmenté depuis l'apparition de nombreux herbicides, dont le fameux Roundup, le pesticide qui a mis le Glyphosate sur le devant de la scène.

Les vingt-huit Etats membres n'ont pas trouvé d'accord, ce mercredi 25 octobre, concernant le sort du glyphosate, cette substance chimique controversée, présente dans de nombreux herbicides comme le Roundup. Une nouvelle étude, publiée la veille dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), pointe de son côté de nouveau du doigt ses effets indésirables à long terme sur l'homme. Les travaux des chercheurs montrent en effet que le taux de pesticide dans l’organisme humain a fortement augmenté depuis l’apparition des premières cultures génétiquement modifiées aux Etats-Unis, en 1994, sur lesquelles le Roundup pouvait être déversé.


D'après l'étude, entre 2014 et  2016, les taux détectables de glyphosate ont grimpé en moyenne de 0,20 microgramme par kilo, et de 0,44 mg au cours de la période 1993-1996. Mais ces concentrations restent encore loin de la limite quotidienne de 1,75 milligramme par kilo fixée par l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA), voire de la limite plus stricte de 0,3 mg/kilo de l'Union européenne. Pour arriver à ces résultats, les chercheurs ont suivi un échantillon de 100 personnes, sur une période de 23 ans, à partir de 1993, soit juste avant la commercialisation des cultures OGM traitées avec du Roundup.

Une prolongation qui "n'aille pas au-delà de 4 ans"

"Avant l'introduction des cultures génétiquement modifiées, peu de personnes avaient des niveaux détectables de glyphosate dans leur urine", explique Paul Mills, professeur de médecine à l'Université de Californie, à San Diego, et principal auteur de l'étude. Nous sommes exposés de plus en plus au glyphosate et la plupart des gens ne sont même pas conscients qu'ils en absorbent dans leur nourriture." Au mois de juillet, l'État de Californie a classé le glyphosate comme substance cancérigène. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) considère quant à elle cette molécule "comme cancérogène probable" depuis 2015. 


Le professeur Mills reconnaît qu'il existe aujourd'hui peu d'études sur les effets du glyphosate sur les humains. Mais, comme il le rappelle dans son rapport, celles réalisées sur des animaux montrent qu'une exposition chronique à cette substance peut avoir des effets néfastes.  Aux Etats-Unis, des milliers de personnes atteintes de cancer ont engagé une action en justice contre le géant de l'agrochimie Monsanto, un des principaux producteurs de glyphosate et propriétaire de Roundup. En Europe, un certain nombre d'associations réclament l'interdiction de la substance chimique. Nicolas Hulot, le ministre français de la Transition écologique et solidaire, s'est déclaré en faveur d'une "sortie rationnelle et programmée" des pesticides.

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Pourquoi les agriculteurs françaises défendent-ils le glyphosate ?

Lors des débats à Bruxelles, ce mercredi, la France a demandé à ce que le renouvellement de l'autorisation dans l'UE du glyphosate, dont la licence expire en décembre prochain, "n'aille pas au-delà de quatre ans". De quoi permettre d'éliminer progressivement l'herbicide controversé avant 2022.

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Le scandale du glyphosate

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