VIDÉO - En Centrafrique, l'opération française Sangaris officiellement terminée malgré les tensions

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CENTRAFRIQUE - L'opération Sangaris menée par la France depuis fin 2013 est arrivée dimanche à son terme. Mais ce départ n'est pas vraiment le signe d'un retour à la paix.

Après trois ans sur le sol centrafricain pour mettre fin à la guerre civile, les forces françaises quittent officiellement le pays. Dimanche 30 octobre, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, était en déplacement à Bangui, la capitale, pour achever l'opération Sangaris.


Débutée en décembre 2013, elle avait pour objectif de pacifier un territoire en proie à de violents affrontements, depuis le renversement du président François Bozizé par les ex-Séléka (en majorité musulmans) et la contre-offensive des anti-Balaka (se revendiquant chrétiens). La France intervenait alors en appui de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca), adoptée par le Conseil de sécurité.


Devenue Minusca depuis (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique), elle est aujourd'hui toujours en cours. Depuis Abidjan en Côte d'Ivoire, Manuel Valls a ainsi rappelé que 10.000 casques bleus sont présents sur place. Pour autant, "la France n'abandonnera jamais la Centrafrique", a tenu à souligner le Premier ministre.

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Les affrontements se poursuivent

Mais les inquiétudes sont grandissantes du côté des Centrafricains. "Les groupes armés sont en train de prendre leurs marques. Et je crains qu'ils ne lancent une offensive générale une fois les Français partis", a par exemple confié l'un d'eux à l'AFP, qui a souhaité rester anonyme le sujet étant "trop sensible". Ce responsable de premier plan assure que ces milices "redoutent la force française, mais pas la force onusienne".


Les tensions sont, en effet, loin d'avoir disparues. Le 23  et 24 octobre, 25 personnes sont décédées, dont six gendarmes suite à des violences près de Bambari, dans le centre du pays. Dimanche, le jour même de l'arrivée de Jean-Yves Le Drian, d'autres affrontements ont éclaté dans le quartier musulman PK5 à Bangui, faisant au moins quatre morts.


Sans compter que, selon des sources centrafricaines, plusieurs centaines d'ex-Séléka lourdement armés se seraient regroupés à Batangafo, à 350 km au nord de la capitale. 

Cette opération a été un succèsJean-Yves Le Drian

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"Nous fermons une opération parce que cette opération a été un succès", assurait pourtant Jean-Yves Le Drian le 19 octobre dernier devant l'Assemblée nationale à Paris.  "Nous avons évité des massacres de masse (...) permis un processus de réconciliation intercommunautaire, la reconstitution de l'Etat centrafricain, une élection présidentielle, des élections législatives", s'est-il félicité. 


"Nous avons aussi permis la mise en oeuvre d'un outil de formation de la nouvelle armée centrafricaine (EUTM RCA) et le déploiement de la mission des Nations unies", a-t-il continué. "Même si la stabilité n'est pas totalement revenue, il importe maintenant que (...) le relais soit pris et par les forces centrafricaines et par la mission des Nations unies".


Néanmoins quelques 350 militaires français resteront sur place, équipés de drones d'observation, loin des 2.000 au plus fort de la crise.

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