Mort de Georges Floyd : qui sont les manifestants qui défilent à Minneapolis ?

Mort de Georges Floyd : qui sont les manifestants qui défilent à Minneapolis ?
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REPORTAGE - Depuis la mort de George Floyd à Minneapolis, plusieurs manifestants reviennent à l’endroit où il a été arrêté et tué. Ce sont majoritairement des jeunes en colère. Mais, contrés par un immense dispositif militaire, ils ont cessé de manifester.

Chaque jour, inlassablement, ils reviennent. A cet endroit précis où Georges Floyd est décédé en moins de neuf minutes, lundi 25 mai. Ici la foule est pacifique, composée majoritairement de jeunes en colère, à l'image de Panni qui vit à Minneapolis depuis cinq ans, habitué aux récits de violences policières : "Je suis étudiant et chaque fois que je me réveille le matin pour aller à l'école, je me demande si je vais rentrer à la maison le soir", dit-il. Il n'avait jamais manifesté auparavant, ce fut cette fois l'injustice de trop. "C'était extrêmement dur de voir ça à la télé, donc je me suis dit qu'il fallait que je sorte", poursuit-il.

Une semaine après la mort de Georges Floyd, cet homme noir asphyxié par un policier blanc lors de son arrestation à Minneapolis, des centaines de milliers d'Américains sont descendus dans les rues, la plupart du temps pacifiquement, pour protester contre les brutalités policières, le racisme et les inégalités sociales. 

Groupes de casseurs minoritaires

On aperçoit à Minneapolis autant de Noirs américains que de personnes blanches révoltées. "C'est la première fois que je proteste, je viens tous les jours depuis le début du mouvement à Minneapolis", raconte une jeune femme. 

Des groupes de manifestants plus virulents sont venus d'autres Etats et ont laissé leur signature sous la forme de slogans anarchistes. Mais les chiffres des arrestations montrent qu'ils ne formaient que 20% du cortège, loin de la caricature faite par Donald Trump qui met en cause les antifas uniquement, un mouvement qui se réclame de l'antifascisme. Une grande majorité des fauteurs de troubles interpellés étaient en fait des habitants de la ville.

"Les gens sont fatigués. Personne ne nous écoute jamais. A part la violence, quelles solutions avons-nous ?", interpelle un jeune homme noir.

Pour se protéger de la casse, beaucoup ont écrit : "magasin tenu par des Noirs" sur leur devanture. Dans ce quartier métissé de Minneapolis, les habitants ont du se défendre contre des groupes d'extrême-droite venus les intimider. "Ici j'ai vu les gens la nuit avec des marteaux et des battes de base-ball. Ils étaient prêts à se battre contre ces suprémacistes blancs". Ces jeunes ont vu passer ces extrémistes plusieurs fois ; ils étaient quelques dizaines seulement.

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"Waid suivait les véhicules de police pour savoir où étaient les émeutiers, pour leur faire peur après. Ils étaient armés et arnachés. On a vu leur fusil", raconte un autre. Un témoignage confirmé par beaucoup d'autres voisins. Ces trois amis mécaniciens ont participé pacifiquement à tous les défilés, ils ont pourtant été arrêtés par la police. "Les gens respiraient déjà mal après les lacrymos et là ils ont mis le chauffage à fond dans le fourgon en faisant des blagues du genre : 'vous sentez la chaleur ?'"

Vaincus par un immense dispositif militaire, les jeunes ont cessé de manifester à Minneapolis. Les habitants se réunissent désormais avec des balais et des pelles pour nettoyer les dégâts.

Des milliers de manifestants défilent toujours partout aux Etats-Unis

New-York, Boston, Washington, Houston... La mort de George Floyd a dépassé de loin Minneapolis, et des milliers de manifestants descendent tous les jours dans les rues, certains faisant fit des couvres-feux imposés face aux violences des deniers jours. A Houston, au Texas, près de 60 000 personnes ont manifesté mardi 2 juin.

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"Aujourd'hui, ce n'est pas à propos de la mairie, c'est à propos de la famille de George Floyd, nous voulons qu'ils sachent que George n'est pas mort en vain", a lancé le maire de la ville, Sylvester Turner, à la foule. Plusieurs membres de la famille de la victime participaient à ce rassemblement, qui s'est dispersé dans le calme en fin d'après-midi, aux cris de "pas de justice, pas de paix" et en scandant le nom de George Floyd.

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