"En crise", le groupe Etat islamique voit ses revenus divisés par deux depuis 2014

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TERRORISME – Les finances de Daech seraient passées de 1,9 milliard à 870 millions de dollars entre 2014 et 2016. Une chute qui s'expliquerait par les pertes de territoire du groupe en Irak et en Syrie.

Acculé sur le front militaire à l'heure où l'offensive sur Mossoul s'accélère, le groupe Etat islamique serait également en difficulté côté finances. Selon un rapport de l'International centre for the study of radicalisation and political violence (ISCR), ses revenus seraient en perte de vitesse : ils ont été divisés par deux entre 2014 et 2016, en passant de 1,9 milliard à 870 millions de dollars. 

Le chiffre d'affaires du groupe terroriste a, par conséquent, lui aussi connu une baisse. Il était de 970 millions en 2014, puis de 520 millions de dollars en 2016. Une chute qui s'explique avant tout par des raisons… géographiques. Les finances de Daech ont reposé ces dernières années sur sa mainmise total sur des pans gigantesques de territoires, à cheval entre la Syrie et l'Irak. Or cette vaste zone vacille depuis plusieurs mois sous les coups de butoirs de la coalition internationale d'un côté, et la Russie associée au régime de Damas de l'autre. Conséquence ? Avec la perte de 62% de ses terres en Irak et de 30% en Syrie, ses revenus se réduisent comme peau de chagrin.

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"Diminution de l'attrait" du groupe

Des revenus qui, en outre, voient leur composition évoluer au fil du temps. En 2014, les spoliations, amendes et confiscations représentaient la majorité de ses revenus (52%), suivies par les impôts (25%) et le pétrole (21%), selon le rapport de l'ISCR. En 2016, les butins et expropriations ne représentent plus que 22% de ses bénéfices, le pétrole 32% et les impôts et taxes 43%. Selon un autre rapport, publié par l'ONU au début du mois de février, le groupe djihadiste serait même contraint d'opérer avec un "budget de crise". Les revenus tirés de la contrebande de pétrole, issu principalement des champs d'hydrocarbures de la province de Deir Ezzor (nord-est), sont passés de 500 millions de dollars en 2015 à 260 millions l'an dernier.

Par ailleurs, le flux de combattants étrangers vers l'Irak et la Syrie s'est aussi considérablement ralenti, en raison des mesures de sécurité prises par les gouvernements mais aussi d'une "diminution de l'attrait" du groupe. Plusieurs pays ont rapporté que beaucoup de combattants étrangers resteraient en Irak et en Syrie car la plupart de ceux qui voulaient partir l'ont déjà fait.

En perte de vitesse financièrement parlant, Daech n'en demeure pas moins redoutable. Le rapport de l'ONU demande en effet aux gouvernements d'être vigilants car le groupe djihadiste va chercher à trouver d'autres sources de revenus et pourrait, pour ce faire, procéder à des enlèvements de journalistes ou de travailleurs humanitaires. 

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