EN DIRECT - Julian Assange risque la torture et l'exécution s'il est extradé aux Etats-Unis, alerte Amnesty international

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ARRESTATION - La police britannique a annoncé jeudi 11 avril l'arrestation de Julian Assange au sein de l'ambassade d'Equateur, où le fondateur de WikiLeaks était réfugié depuis juin 2012. Une interpellation qui suscite de nombreuses réactions. Les dernières infos en direct.
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TRUMP bis


Les réactions enthousiastes de Donald Trump durant la campagne présidentielle aux informations de WikiLeaks concernant Hillary Clinton n'étaient en aucun cas une marque de soutien à l'organisation, a assuré vendredi son vice-président Mike Pence. Interrogé hier sur l'arrestation de Julian Assange, M. Trump s'était montré très évasif: "Je ne sais rien de WikiLeaks, ce n'est pas mon affaire", avait-il lancé, renvoyant les questions vers le ministère de la Justice.

DÉTENTION


Julian Assange est désormais détenu à la prison de Belmarsh, dans le sud-est de Londres, a révélé à vendredi l'AFP une source judiciaire proche du dossier. Belmarsh est un établissement de haute sécurité pouvant accueillir 910 prisonniers, dont des détenus suscitant un fort intérêt médiatique, selon un rapport d'inspection de 2018.

CHRISTINE ASSANGE 


La mère de Julian Assange plaide pour son fils auprès de la police et du personnel judiciaire. "S'il vous plaît, soyez patients, doux et gentils avec lui". Sur Twitter, elle met en avant qu'il est "privé d'air frais, d'exercice et de soleil depuis six ans", que les soins médicaux lui sont refusés depuis trois ans et qu'il est "isolé/torturé" depuis un an. 

AMNESTY INTERNATIONAL 


L'organisation de défense des droits de l'homme s'inquiète pour le sort de Julian Assange. Amnesty appelle le Royaume-Uni à ne pas extrader le fondateur de WikiLeaks aux Etats-Unis où "il y a un vrai risque qu'il subisse des violations des droits de l'homme comme des conditions de détention qui violeraient l'interdiction de la torture", "un procès non impartial suivi d'une possible exécution". 

TRUMP : WIKILEAKS? "PAS MON TRUC"


L'arrestation subite de Julian Assange à Londres, et sa possible extradition vers les Etats-Unis (qui le demandent depuis 2012 et à laquelle le fondateur de Wikileaks s'oppose), pourrait provoquer un certain remue-ménage du côté de l'administration Donald Trump, divisée sur la question. 


Dans une déclaration à la presse jeudi soir le président américain, qui avait montré un grand attrait pour Wikileaks pendant sa campagne, s'est trouvé soudainement moins disert sur le sujet. Wikileaks, "c'est pas mon truc" a-t-il déclaré, ajoutant "ne rien connaître" à la plateforme de révélations. 


Le président américain, qui avait déclaré en 2016, lors de la campagne présidentielle, "I love Wikileaks", a refusé de commenter jeudi l'arrestation de Julian Assange à Londres. 


Un article du Guardian revient sur le soutien apporté à Assange par l'équipe de Trump, rappelant que ce dernier a cité 164 fois le nom de Wikileaks durant le dernier mois de sa campagne. Ainsi, souligne l'article, Roger Stone, un républicain rompu à la politique, était en contact avec Wikileaks dans le but d'exploiter les mails de l'équipe de campagne d'Hillary Clinton et de les publier. Ce lien a pu être établi par l'enquête du procureur Mueller sur les soupçons de collusions avec la Russie. Par ailleurs, son fils, Donald Trump Jr avait notamment directement échangé des messages sur Twitter avec Wikileaks. 


Autant d’éléments qui viennent renforcer les contradictions qu'une extradition de Julian Assange aux Etats-Unis provoquerait. Du côté des soutiens de Trump dans les médias certains préfèrent prendre leurs distances. Un internaute a notamment remarqué que Sean Hannity, un animateur de la chaîne fétiche de Donald Trump, Fox News, avait commencé à supprimer nombre de ses tweets faisant références à Wikileaks ou Julian Assange. 

LE POINT à 19 H


Il est (presque) 19 heures. L'heure de faire le point sur l'arrestation de Julian Assange à Londres.  

Ce qu'il faut savoir pour comprendre l'arrestation de Julian Assange à l'ambassade d'Equateur à Londres

Ce qu'il faut savoir pour comprendre l'arrestation de Julian Assange à l'ambassade d'Equateur à Londres

EDWARD SNOWDEN


Dans un tweet, Edward Snowden, l'ancien analyste de la NSA à l'origine des révélations sur les écoutes américaines, a estimé que la "faiblesse des charges américaines contre Assange" était "choquante". 

"UN SYSTÈME DANS LEQUEL LES DROITS SONT PROTÉGÉS"


Dans une allocution à la Chambre des communes, le secrétaire d'Etat à l'Intérieur britannique (l'équivalent du ministre de l'Intérieur), Sajid Javid, a fustigé les dénonciations de Julian Assange. "Le système de justice pénale britannique est un système dans lequel les droits sont protégés et dans lequel, contrairement à ce que prétendent M. Assange et ses partisans, ses intérêts légitimes seront protégés" a-t-il déclaré. 


Il a également détaillé la procédure d'extradition de Julian Assange. "Les documents d'extradition complets devront être reçus par un juge dans les 65 jours", a énoncé SajidJavid, et "une demande d'extradition complète doit être certifiée par le bureau de l'Intérieur". 


"M. Assange aura désormais la possibilité de contester l'accusation à son encontre en audience publique et de faire examiner toute demande d'extradition par le pouvoir judiciaire", a-t-il conclu. 

"Un dangereux précédent"



Jennifer Robinson, l'une des avocates de Julian Assange s'est exprimée devant les journalistes jeudi soir, quelques heures après l'arrestation de Julian Assange: 

"Cela instaure un dangereux précédent pour tous les médias et les journalistes en Europe et ailleurs dans le monde." a-t-elle déclaré. "Ce précédent veut dire que tout journaliste peut être extradé pour être poursuivi aux Etats-Unis pour avoir publié des informations véridiques à propos des Etats-Unis", a-t-elle estimé. 


Elle a également confirmé le fait que Julian Assange allait s'opposer à la demande d'extradition venant des Etats-Unis. 

EXTRADITION


Alors que la question de la demande d'extradition américaine de Julian Assange doit être abordée par le tribunal de Westminster le 2 mai, son avocat a d'ores et déjà fait savoir qu'Assange aller s'opposer à cette demande. 

"LIBEREZ ASSANGE!"


L'avocat de Julian Assange doit s'exprimer sous peu devant les journalistes. Quelques manifestants venus avec des pancartes soutenant le fondateurs de Wikileaks se sont rassemblés à proximité des micros. 


"Libérez Assange", scandent-ils selon un journaliste britannique présent sur place. 

COUPABLE


Julian Assange, qui comparait devant un tribunal londonien à Westminster, a été reconnu coupable d'avoir violé les conditions de sa liberté provisoire. Il avait plaidé "non coupable" de ce chef d'accusation. 


Le fondateur de Wikileaks sera réentendu par ce même tribunal le 2 mai, par vidéo, concernant la question de l'extradition. 

COMPARUTION DEVANT UN TRIBUNAL 


Peu de temps après son arrestation, Julian Assange a été présenté jeudi en début d'après-midi devant un tribunal londonien, selon une journaliste de l'AFP. 


L'Australien de 47 ans est entré dans une salle d'audience du tribunal de Westminster, chemise et veste foncées, esquissant un salut, pouce levé, en direction de la presse. 


Son avocat, Barry Pollack, a dénoncé la volonté américaine d'extrader "un journaliste étranger" qui est poursuivi, selon lui, pour "avoir publié des informations véridiques". La justice britannique "va devoir se prononcer sur ce qui semble être un effort sans précédent des Etats-Unis pour obtenir l'extradition d'un journaliste étranger afin qu'il soit inculpé pour avoir publié des informations véridiques", a déclaré Barry Pollack dans un communiqué diffusé sur le compte Twitter de WikiLeaks.


L'avocat s'est également dit "amèrement déçu" que l'Equateur ait permis l'arrestation dans son ambassade de Julian Assange, "à qui il avait accordé la citoyenneté et l'asile".

PAMELA ANDERSON


L'actrice Pamela Anderson a vivement réagi à l'arrestation de Julian Assange dans un Tweet posté il y a quelques heures. 


Se disant "en état de choc", elle demande comme un poème : "comment pouvez-vous l'Equateur? Comment pouvez-vous le Royaume-Uni?" Des questions rhétoriques auxquelles elle répond, dénonçant des Britanniques à la botte des Etats-Unis, et ajoutant "vous avez besoin d'une diversion face à vos conneries de Brexit idiot."

INCULPATION 


Julian Assange est inculpé de "piratage informatique" aux Etats-Unis a annoncé le ministère de la Justice. Les Etats-Unis demandaient de longue date l'extradition du fondateur de Wikileaks.  


Selon l'acte d'inculpation, qui était jusqu'ici sous scellé, l'Australien est accusé d'avoir aidé l'ex-analyste du renseignement américain Chelsea Manning à obtenir un mot de passe pour accéder à des milliers de documents classés secret-défense ensuite révélés au public.


Son acte d'inculpation précise qu'il encourt 5 ans de prison maximum. 

ROYAUME-UNI

"Au Royaume-Uni, personne n'est au-dessus des lois", déclare la Première ministre britannique Theresa May à propos de l'arrestation d'Assange

ONU

L'Equateur fait courir à Assange "un risque réel de graves violations de ses droits fondamentaux", estime Agnès Callamard, rapporteure des Nations-Unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires.

EQUATEUR

Les autorités de Quito annoncent avoir retiré à Julian Assange sa nationalité équatorienne, que ce dernier avait obtenue en 2017

ROYAUME-UNI


"Julian Assange n'est pas un héros et personne n'est au-dessus de la loi", a commenté le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt. "Il a caché de la vérité pendant des années. Merci l'Équateur et le président Lenin Moreno pour leur coopération avec le Foreign Office afin de garantir que Assange soit poursuivi devant la justice"

AUSTRALIE

Le gouvernement australien, dont Julian Assange est originaire, se dit convaincu qu'il bénéficiera d'un traitement équitable au Royaume-Uni.

"Des officiers consulaires vont demander à rendre visite à M. Assange sur son lieu de détention", a toutefois précisé la ministre australienne des Affaires étrangères Marise Payn

MELENCHON

Le député LFI Jean-Luc Mélenchon demande à la France d'offrir "l'asile politique" au fondateur de Wikileaks.

"Le nouveau président équatorien, aligné sur les intérêts des Etats-Unis, a décidé de retirer l'asile à Julian Assange. L'honneur de notre pays doit être de lui accorder l'asile politique au moment où sa liberté est menacée", a estimé le chef de file des Insoumis.

Le député DLF Nicolas Dupont-Aignan a également estimé que "la France aurait dû accorder l'asile à Julian Assange depuis des années". 

EXTRADITION

Le président équatorien a assuré avoir obtenu des garanties du Royaume Uni sur le fait que Julian Assange ne serait pas extradé vers un pays où il risquait la peine de mort.

Toutefois, Scotland Yard déclare que l'arrestation répond à "une demande d'extradition américaine". Assange est recherché aux Etats-Unis pour la divulgation de milliers de documents confidentiels

Julian Assange a été arrêté à Londres ce jeudi. La police britannique a confirmé dans un communiqué l'interpellation du fondateur de WikiLeaks au sein même de l'ambassade d'Equateur, où il était réfugié depuis juin 2012. 


L'activiste a été interpellé par les officiers du Metropolitan Police Service, sur la base de son refus de comparaître devant la justice il y a près de sept ans. Selon le communiqué, il a été placé en garde à vue dans un poste de police du centre de Londres où il restera, en attendant d'être présenté au tribunal "dans les plus brefs délais". 


Le mandat d'arrêt avait été prononcé par le tribunal d'instance de Westminster, après le retrait de l'asile offert par le gouvernement équatorien. Une vidéo postée sur les réseaux sociaux montre Assange, portant une longue barbe blanche, durant son interpellation. 

L'Equateur a souligné, par la voix du président Lenin Moreno, qu'il avait retiré l'asile diplomatique de Julian Assange "de manière souveraine", justifiant sa décision par le fait que le fondateur de WikiLeaks a "violé à plusieurs reprises les conventions internationales et le protocole de cohabitation". Le chef d'Etat a ensuite fait savoir qu'Assange ne serait pas extradé vers un pays où il risque la peine de mort. "Le gouvernement britannique me l'a confirmé par écrit", a assuré le président Moreno.

"Violation" du droit international ?

L'activiste était visé par un mandat d’arrêt britannique pour n'avoir pas respecté les clauses de sa liberté sous caution en 2012. "Près de 7 ans après être entré à l'ambassade équatorienne, je peux confirmer que Julian Assange est actuellement en garde à vue et fera face à la justice au Royaume-Uni", a tweeté le ministre britannique de l'Intérieur, Sajid Javid, ajoutant : "personne n'est au-dessus des lois". 


L'organisation Wikileaks a immédiatement réagi en accusant l'Equateur d'avoir "mis fin illégalement" à l'asile politique accordé à Julian Assange, "en violation du droit international". 

Wikileaks a également confirmé, dans un second tweet, que Julian Assange n'était pas "sorti" de l'ambassade mais que la police était bien intervenue à l'intérieur du bâtiment pour procéder à l'arrestation. "C'est un jour sombre pour la liberté de la presse", a jugé de son côté le lanceur d'alerte Edward Snowden", estimant que cette arrestation "finira dans les livres d'histoire".


Le président équatorien Lenin Moreno a présenté la décision de retirer le statut d'asile comme "souveraine" et prise "après ses violations répétées des conventions internationales et des protocoles de la vie quotidienne". Il a également assuré avoir eu des garanties de la Grande-Bretagne selon lesquelles il ne serait pas extradé "vers un pays où il risque la peine de mort". 


Son prédécesseur à la tête de l'Equateur, Rafael Correa, a accusé Lenin Moreno d'être "le plus grand traître de l'histoire latino-américaine". "Cela met la vie d'Assange en danger et humilie l'Equateur", a tweeté l'ancien chef d'Etat. 

L'enquête pour viol réactivée en Suède ?

Dans la foulée de cette arrestation, l'avocate de la femme qui accuse Julian Assange de viol en Suède en 2010 a indiqué à l'AFP qu'elle allait demander au parquet la réouverture de l'enquête. "Nous allons tout faire pour que les procureurs rouvrent l'enquête suédoise et qu'Assange soit remis à la Suède et traduit en justice pour viol", a déclaré Me Elisabeth Massi Fritz à l'AFP.


Cette plainte pour viol avait été classée sans suite en 2017, mais Julian Assange, naturalisé équatorien, était resté reclus dans l'ambassade, craignant d'être extradé vers les Etats-Unis, où il est recherché en raison de la publication de milliers de documents confidentiels. 

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