EN DIRECT - Brexit : fort de sa majorité absolue, Boris Johnson appelle le Royaume-Uni à "panser ses plaies"

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Brexit : goodbye United Kingdom

DEAL OR NO DEAL ? - Alors que le Brexit est attendu au plus tard pour le 31 janvier 2020, le Premier ministre Boris Johnson a, selon des résultats officiels vendredi matin, obtenu une majorité lors d'élections convoquées pour résoudre la crise politique en cours. Suivez les dernières infos.

Live

JOHNSON


Le Premier ministre conservateur Boris Johnson a appelé vendredi ses concitoyens à "panser les blessures" créées par le Brexit, dans une déclaration devant ses bureaux au lendemain de son éclatante victoire aux élections législatives. Remerciant ses électeurs, il s'est également adressé aux partisans du maintien dans l'Union européenne et a appelé tout le pays à "tourner la page et panser les blessures" créées par le Brexit, voté par 52% des Britanniques en 2016, et qui a profondément divisé le pays depuis.

RÉSULTATS DÉFINITIFS


C'est désormais officiel, le Parti conservateur a remporté les élections et une majorité absolue. Ils ont remporté 365 sièges sur les 650 que contient l'assemblée de Westminster. Fort de cette majorité, Boris Johnson appelle le pays à "panser les blessures" créées par le Brexit.

ECOSSE

Corollaire de la victoire conservatrice et la quasi certitude du Brexit, les dirigeants écossais vont poursuivre leur combat pour la tenue d'un référendum d'indépendance. Autre vainqueur du scrutin, le parti nationaliste écossais (SNP) et sa patronne Nicola Sturgeon, a remporté 48 sièges sur les 59 mis en jeu en Ecosse. Cela "renforce le mandat que nous avons des élections précédentes", consistant à laisser le "choix" aux Ecosais de tenir un tel référendum.

COMMISSION EUROPÉENNE

L'optimisme de Johnson sur la question de la négociation d'un accord de libre-échange avec l'Union européenne vient d'essuyer un premier obstacle. La présidente de la Commission européen Ursula van der Leyen a ainsi jugé "très ambitieux" le délai évoqué par Johnson pour obtenir l'accord. Le Premier ministre britannique espère en effet bien pouvoir présenter cet accord à la fin de l'année 2020.


L'UE se dit toutefois "prête à négocier". Mais le nouveau président du Conseil européen, le libéral belge Charles Michel, a prévenu : "Il n'est pas question de conclure les négociations quel qu'en soit le prix, on peut conclure une négociation quand on considère que les résultats sont équilibrés et garantissent le respect pour les différentes préoccupations". 

MERKEL

Changement de ton du côté de la chancelière allemande Angela Merkel, pas franchement une partisane de l'accélération du calendrier du Brexit. Elle a prévenu vendredi 13 décembre, après la victoire conservatrice, que l'UE aurait "un concurrent à sa porte", après le départ du Royaume-Uni de l'Union, prévu le 31 janvier.


"Cela peut aussi nous inciter à être plus rapide dans nos décisions", a estimé la chancelière, qui a voulu voir dans cette prochaine situation un "élément" qui pourrait aussi être "vivifiant", elle qui a également promis un "partenariat étroit" à Johnson.

MACRON

Même si on imagine qu'il aurait préféré que ses alliés des LibDems l'emportent, Emmanuel Macron a salué un résultat qui amenait "de la clarté". Il faut lire cette déclaration à l'aune de tout l'empressement dont le président français a fait preuve pour précipiter le Brexit. Il avait ainsi été l'un des seuls chefs d'Etat européen à rechigner à refuser de reculer la date de sortie au 31 janvier.


Et sa vigilance n'a pas baissé. Depuis Bruxelles, il a prévenu : le Royaume-Uni ne doit pas devenir "un concurrent déloyal".

BREXIT


Le Premier ministre britannique Boris Johnson a promis vendredi de réaliser le Brexit "à temps" le 31 janvier après sa victoire écrasante aux législatives, qui montre selon lui la "décision irréfutable, irrésistible et incontestable" des Britanniques de sortir de l'Union européenne.


Après trois ans de désaccords sur le Brexit, "je vais mettre fin à ces absurdités et nous allons le réaliser à temps d'ici au 31 janvier", a déclaré le dirigeant conservateur devant ses partisans.

CONGRATULATIONS


Donald Trump a félicité vendredi le Premier ministre britannique Boris Johnson pour sa "grande" victoire aux législatives qui lui ouvre la voie d'un accord commercial avec les Etats-Unis. 


"Félicitations à Boris Johnson pour cette grande VICTOIRE", a tweeté Trump. 


"La Grande-Bretagne et les Etats-Unis seront maintenant libres de conclure un énorme nouvel accord commercial après le BREXIT. Cet accord est potentiellement beaucoup plus gros et plus lucratif que n'importe quel accord qui pourrait être conclu avec l'Union européenne. Bravo Boris!" ajoute le président américain. 

RÉSULTATS OFFICIELS


Le Premier ministre britannique Boris Johnson a remporté la majorité au Parlement britannique, son parti conservateur ayant franchi le seuil des 326 sièges gagnés sur les 650 de la Chambre des communes, selon les résultats officiels publiés vendredi.


Après dépouillement des résultats dans 600 circonscriptions, le Tories disposent de 328 députés, selon les décomptes de la BBC, de Sky News et de l'agence PA, qui confirment la large majorité conservatrice obtenue, ouvrant la voie à une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne le 31 janvier.

CORBYN RENONCE


Le chef du parti travailliste britannique Jeremy Corbyn s'est dit vendredi "très déçu" du résultat des élections législatives de la veille, ajoutant qu'il ne "conduira pas le parti aux prochaines élections".


S'exprimant après l'annonce de sa réélection dans sa circonscription londonienne d'Islington nord, il a précisé qu'il souhaitait voir son parti entamer une "réflexion sur le résultat du scrutin et sur sa future politique", alors que le Labour a enregistré une lourde défaite, selon un sondage de sortie des urnes, perdant des dizaines de sièges.


Dans un message posté sur Twitter, il a remercié ses partisans assurant : "Vous êtes le cœur de notre parti et vous avez mené une campagne sans relâche pour gagner afin que nous puissions construire un pays plus juste. Je vous remercie tous."

"MANDAT FORT"


Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est félicité vendredi d'avoir obtenu "un nouveau mandat fort pour réaliser le Brexit", à l'issue des élections.


Alors que son Parti conservateur est crédité d'une large victoire par un sondage sortie des urnes, Boris Johnson a été réélu député de la circonscription d'Uxbridge and South Ruislip, dans la grande banlieue de Londres, avec un score en augmentation par rapport au scrutin précédent de 2017. 

PROJECTIONS


Selon des résultats encore partiels, les conservateurs décrochent une très confortable majorité de 368 sièges sur 650, contre 317 lors du précédent scrutin en 2017, selon le sondage réalisé à la sortie des bureaux de vote par l'institut Ipsos/MORI pour les médias britanniques.


Les travaillistes de Jeremy Corbyn s'effondrent à 191 sièges (contre 262), selon ces projections généralement proches des résultats. 


A gauche, les nationalistes écossais du SNP ont bondi de 20 sièges à 55 mandats, selon le sondage sortie des urnes, ce qui pourrait donner du poids à leur demande d'un second référendum sur l'indépendance de l'Ecosse.

"EXTRÊMEMENT DÉCEVANT"


Le numéro deux du Parti travailliste britannique, John McDonnell, a jugé jeudi "extrêmement décevante" la défaite cuisante de son mouvement aux législatives, si elle se confirmait dans les résultats, l'expliquant par "la fatigue du Brexit" sur lequel le Labour est resté indécis.


"Il semble que le sujet du Brexit ait dominé, c'est en grande partie de la fatigue du Brexit. Les gens veulent en finir", a déclaré John McDonnell sur Sky News, commentant un sondage sortie des urnes.

"CLARIFICATION"


La secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin, s'est félicité de cette "clarification" qu'apporte le résultat des élections législatives au Royaume-Uni. 


"Les élections, si les résultats sortie des urnes se confirment, devraient permettre d'avoir une majorité claire" au Parlement, ce "qui nous manquait au Royaume-Uni depuis quelques années", a-t-elle noté.


"Ces élections devraient permettre de réaligner le peuple britannique, le gouvernement et le parlement, qui pendant trop longtemps ont été dissociés", a-t-elle ajouté. "Ce n'est pas à moi d'être soulagée ou inquiète mais nous avons avec le président de la République tenu une ligne depuis plusieurs mois voire trimestres: il faut une clarification", a-t-elle dit.


"Cela nous amènera demain matin (au sommet européen, ndlr) à avoir la discussion prévue sur le mandat donné au négociateur européen Michel Barnier pour préparer la relation future", a rappelé Mme de Montchalin.  "Ce sera un accord de libre-échange très particulier" au vu des "relations commerciales intenses" entre le Royaume-Uni et l'UE, a-t-elle conclu.

Urgent

LARGE MAJORITÉ EN VUE POUR JOHNSON 


Le Parti conservateur du Premier ministre Boris Johnson a obtenu une majorité écrasante lors des législatives britanniques, selon un sondage de sortie des urnes. Un résultat qui, s'il se confirme, va permettre au dirigeant conservateur de réaliser le Brexit fin janvier comme promis.


Toujours selon ce sondage, le Parti conservateur obtient 368 sièges sur les 650 députés, contre 191 pour le Labour. Les résultats définitifs seront connus dans la nuit.

"OUAFERENDUM"


Les Britanniques postent en masse sur le hashtag #DogsAtPollingStations.

"OUAFERENDUM"


Le Premier ministre Boris Johnson a ouvert le bal jeudi matin, posant devant les caméras avec son chien Dilyn. Il a tweeté ensuite une photo avec l'animal avec le hashtag "#DogsAtPollingStations"("Des chiens aux bureaux de vote"). 

"OUAFERENDUM"


Après trois ans à s'écharper sur le Brexit, les Britanniques ont au moins trouvé un sujet consensuel pour les législatives en se rendant aux urnes jeudi accompagnés de leur chiens mais aussi de leurs chats ou chevaux, et en le faisant savoir sur internet. 


Le hashtag "#DogsAtPollingStations"("Des chiens aux bureaux de vote"), agrémenté d'un émoji de petit chien aux couleurs du drapeau britannique, propre à l'occasion, figurait jeudi en deuxième place des tendances Twitter UK, avec plusieurs dizaines de milliers de publications.

L'ARTICLE À LIRE

Brexit, prétendants et sondages : ce qu'il faut savoir sur les élections britanniques

C'EST PARTI 


Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes jeudi matin au Royaume-Uni pour les élections générales anticipées cruciales pour la sortie du pays de l'Union européenne, promise au 31 janvier par le Premier ministre sortant Boris Johnson.


Le leader conservateur espère obtenir une majorité nette pour mettre en oeuvre l'accord de Brexit qu'il a négocié avec Bruxelles. Son adversaire travailliste Jeremy Corbyn promet quant à lui en cas de victoire un nouveau référendum sur le Brexit. Les électeurs britanniques ont jusqu'à 22H00 (locales et GMT) pour élire leurs 650 députés.

SONDAGES

Il faut également prendre en compte une autre donnée, celle du vote tactique auquel appellent tous les opposants au Brexit. Cette stratégie consiste à demander à chaque électeur qui a voté "Remain" au référendum de 2016 de voter pour le ou la candidate anti-Brexit la mieux placée. Selon une étude commandée par l'organisation à l'origine de cette initiative, Best for Britain, la consigne n'empêcherait pas Johnson de gagner l'élection, mais le priverait de majorité. Si elle est respectée, elle ferait plafonner les Tories à 309 sièges, devant le Labour à 255, les LibDem à 14 et le SNP à 49. 


Un travail qui fait dire à la patronne de Best for Britain, Naomi Smith : "Cette élection se joue sur le fil du rasoir. Si suffisamment de "Remainer" se bouche le nez et vote pour le candidat qui a le plus de chance de battre un conservateur, alors tout cela débouchera sur un parlement minoritaire et un nouveau référendum."


Preuve en est, rapporte The Guardian : dans deux circonscriptions où le Labour est en situation de l'emporter face aux Tories, les LibDems ont arrêté de faire campagne. 


Des figures de chacun des partis concernés (Labour, LibDems, SNP) se sont exprimés, sinon pour soutenir, au moins pour ne pas condamner la méthode. Ainsi de l'ancien premier ministre conservateur John Major, qui résume la chose ainsi : "Des fois, il faut voter avec sa tête et son coeur. Pour votre pays et pour votre futur."

SONDAGES

Nous sommes à cinq jours du vote et les sondages ne prédisent pas franchement un changement de majorité. Bénéficiant du peu d'entrain à l'égard du parti du Brexit, son concurrent sur la question du divorce avec l'Union européenne, le Parti conservateur continue sa course en tête avec 46% des voix, selon un sondage Opinium pour The Observer. 


Le Labour se situe loin derrière, avec 31% des voix, payant là sans doute le fait de n'avoir pas su convaincre ni les "Remainers", ni les "Brexiters" qui pouvaient vouloir voter pour ses candidats.


Encore plus loin derrière le Labour, on retrouve les LibDems, payant là le fait que les conservateurs opposés au Brexit n'ont pas sauté le cap du changement de parti. 


Les nationalistes écossais, anti-Brexit également, et qui militent pour un nouveau référendum en cas de divorce (l'Ecosse a voté pour rester dans l'UE), sont à 4% des voix. Un score qui paraît faible, si l'on ne tient pas compte du fait qu'ils ne présentent des candidats que dans cette partie du territoire.


Ces chiffres doivent toutefois être pris avec des pincettes : au Royaume-Uni, les députés sont élus à la majorité simple. Cela signifie que quiconque arrive en tête, le 12 décembre, même avec 10% des voix, sera envoyé à la chambre des représentants.

CAMPAGNE

Principal adversaire de Boris Johnson, le Labour pointe du doigt son incapacité supposée à mener le Brexit comme il promet le mener. Dans un "rapport confidentiel" gouvernemental de 15 pages qu'il dévoile, le parti dirigé par Jeremy Corbyn, à la traîne dans les sondages, entend dévoiler "les mensonges que Boris Johnson essaie de propager.


Entre autres révélations, ce document montre qu'il y aurait bien des contrôles réglementaires, des tarifs douaniers "dommageables" entre l'Irlande du Nord et la Grande Bretagne (du fait du maintien de l'absence de frontière entre l'Eire et l'Ulster).


Conclusion de Corbyn : "L'accord de Johnson sera désastreux pour les entreprises et l'emploi à travers tout le Royaume-Uni [...]. Son accord infligera également d'importants dommages économiques à l'Irlande du Nord".

NÉGOCIATIONS

Il y a le Brexit, certes. Mais il y a aussi le projet d'accord commercial qui liera le Royaume-Uni et l'Union européenne, si d'aventures le Brexit se fait. Pour ce faire, les dirigeants européens entendent aller vite et ont indiqué, dans un document consulté par l'AFP, que "les négociations devront être organisées de manière à tirer le meilleur parti possible du peu de temps disponible pour al négociation et la ratification". 


Le "peu de temps" en question, c'est la période de transition, qui doit prendre fin le 31 décembre 2020. Celle-ci pourra toutefois être prolongée une fois, et jusqu'à fin 2022. Extension à laquelle Boris Johnson, qui avait déjà promis un Brexit au 31 octobre, s'est refusé. 

TRUMP

C'est en ami du Royaume-Uni et particulièrement de Boris Johnson que Donald Trump est arrivé, mardi soir, à Londres, pour le 70e anniversaire de l'Otan. Attendu au tournant par l'ensemble de la classe politique britannique, le président américain a finalement fait simple. Pro-Brexit devant l'éternel, désireux de développer un vaste accord de libre-échange avec le Royaume-Uni si ce dernier mène son Brexit à bien, Trump a toutefois su raison garder, dès son arrivée : "Je ne veux pas compliquer les choses, je ne vais pas me mêler de ces élections."


Il a toutefois rappelé tout le bien qu'il pensait de Boris Johnson :"Je pense que Boris est très compétent et qu'il fera du bon travail". Et redit tout le bien qu'il pensait du Brexit. Il s'est également abstenu de tout commentaire à l'égard de Jeremy Corby, assurant "ne rien savoir" de lui, alors que le leader du Labour tire à boulets rouges sur l'alliance Trump/Johnson, qui vise, selon lui, à privatiser le service public de santé britannique et de transférer ses compétences à des compagnies d'assurance santé américaines. "Si on me le proposait sur un plateau d'argent, je ne le prendrais pas", a assuré Trump.

DEBAT

Lors d'un débat électoral télévisé, Nigel Farage et le représentant de Boris Johnson sur le plateau, Rishi Sunak, ont été régulièrement tancés pour la proximité que leur mouvance affiche avec Donald Trump, président des Etats-Unis. 


"Il peut souper avec lui, mais avec une très grande cuillère", a résumé la Première ministre indépendantiste écossaise Nicola Sturgeon. Son adversaire, la LibDem anti-Brexit Jo Swinson, a rappelé ses antécédents en "d'agression sexuelle contre les femmes", de "politiques discriminatoires contre les minorités religieuses", estimant que le Royaume-Uni devrait être "particulièrement attentif quant à notre relation". 


Le représentant du Labour, Richard Burgeon, spécialiste de la Justice, a quant à lui accusé Trump "de vouloir conspirer avec Boris Johnson et le leader du parti du Brexit pour donner un accès à ses amis vautours au système national de santé".


Une affirmation aussitôt démentie par Nigel Farage : "C'est faux, ce sont des mensonges". Qui, après avoir défendu Trump, "notre plus important ami au monde", est revenu sur ses propos dans lesquels il se vantait d'avoir agressé sexuellement des femmes : "C'est grossier, cru et mal. Mais si chacun d'entre nous avait été attrapé, un soir, avec un verre à la main, aucun ne serait présent à ce débat".

ANTI-JOHNSON

Ancien alliés du Premier ministre, ils se présentent aux élections générales du 12 décembre, mais certainement pas sous la casaque du Parti conservateur. Il en est ainsi de l'ancien ministre de la Justice David Gauke, qui se présente comme indépendant, afin de marquer son désaccord avec l'accord de retrait proposé par BoJo.


A l'instar d'une vingtaine de conservateurs modérés, exclus des Tories pour avoir voté contre les projets de loi du Premier ministre, Gauke se présente donc contre le Premier ministre, à l'instar de son ancien collègue Dominic Grieve.

VISITE DE TRUMP

C'est dans ce contexte incertain que s'annonce la visite du président américain à Londres, pour le sommet de l'Otan, à quelques jours de ces élections cruciales. Pro-Johnson, mais partisan d'une alliance avec le parti du Brexit de l'europhobe Nigel Farage, Donald Trump pourrait à nouveau faire part de sa "capacité incroyable à créer de l'inattendu", pour reprendre les mots du politologue Richard Whitman auprès de l'AFP.


"Johnson sera probablement content de la séance photo mais je pense que le Parti conservateur sera nerveux de tout ce que Trump pourrait tweeter", poursuit-il, alors que  l'objet de la venue du président, l'Otan, est à l'origine de la plupart de ses bouderies diplomatiques.


Alors que les Tories bénéficient d'une confortable avance sur le Labour, Trump viendra-t-il tout mettre par terre, dès ce mardi ? Sera-t-il l'auteur d'une boulette quant au futur du système national de santé britannique, dont les travaillistes disent qu'il est au coeur des négociations sur le futur accord de libre-échange avec les Etats-Unis ?


Boris Johnson semble le craindre, lui qui prévenait prudemment, ce vendredi : "Quand vous êtes des amis et alliés proches comme les Etats-Unis et le Royaume-Uni, la meilleure chose à faire est de ne pas s'impliquer dans la campagne électorale de l'autre"

QUERELLE PRO-BREXIT

Le score des Tories reste remarquable, eu égard à la popularité de Johnson et de la guerilla parlementaire dont il est sorti, mais aussi des querelles que lui font ses alliés du DUP, le parti unioniste nord-irlandais, ultra-conservateur et encore plus europhobe que lui. Ces derniers, qui s'étaient alliés à Theresa May en 2017, ne cessent de mettre des bâtons dans les roues à Johnson, en raison de l'accord négocié. Ces derniers voient l'accord en question, qui préserve l'absence de frontière avec la République d'Irlande, comme une remise en question de l'Union britannique.


En d'autres termes, s'ils veulent bien d'un statu quo avec leur voisin du Sud, pas question pour les unionistes d'accepter de nouvelles règles de contrôles avec le Royaume-Uni, comme le prévoit l'accord actuel.

SONDAGE

Cette controverse ne porte pour l'instant pas ses fruits. En effet, selon les derniers sondages, ils bénéficieraient de 359 sièges, soit 42 de plus par rapport au scrutin de 2017. Le Labour, lui, tomberait à 211 sièges, 51 de moins que lors de la précédente élection. 


Il semblerait que le Labour paierait là ses positions incertaines sur le Brexit, puisque c'est dans les circonscriptions travaillistes pro-Brexit qu'ils perdraient ses sièges. Un comble, alors que Corbyn n'a jamais été un europhile patenté. Mais qui s'explique en ce que ce dernier a expliqué que, s'il était envoyé à Downing Street, il renégocierait un accord, le soumettrait à référendum, ce qui, en cas d'échec, signifierait que le Royaume-Uni resterait dans l'UE. De quoi lui faire perdre certains affidés favorables à la sortie de l'UE.


Ailleurs dans le Parlement, les indépendantistes écossais du SNP progresseraient de 8 sièges (43 élus), tandis que les libéraux démocrates en gagneraient 1 (13).

ACCUSATION

C'est une des accusations régulières que brandit le Labour à l'endroit des Tories : s'il était reconduit à Downing Street et qu'il menait "son" Brexit à bien, Boris Johnson aurait pour projet de solder le système national de santé aux compagnies d'assurance américaines, dans le cadre du grand accord de libre-échange qu'il signerait avec les Etats-Unis.


Un sujet particulièrement sensible, puisque c'est en partie sur la question de ce système de santé, maltraité par des années de politiques austéritaires, que se jouera cette élection. 


Les travaillistes, qui avancent en campagne avec un des programmes les plus à gauche qu'ils aient porté ces dernières décennies, ont donc beau jeu de mener la charge. C'est ainsi que Jeremy Corbyn a brandi un dossier de 450 pages faisant état de six séances de négociation, depuis 2017, entre Washington et Londres, sur le sujet. "Ces documents confirment que les Etats-Unis exigent que le service national de santé soit sur la table des négociations commerciales. [...] est question de négociations secrètes pour un accord avec Trump après le Brexit, qui va définir l'avenir de notre pays."


Une affirmation vigoureusement démentie par la ministre du Commerce internationale : "Corbyn commence à désespérer et ment complètement au public sur le contenu de ces documents." "Notre service de santé n'est pas sur la table des négociations", a surenchéri Boris Johnson.

REPONSE

Michael Gove, le ministre en charge du Brexit, s'est chargé de répondre aux sceptiques. "C'est le genre de position par défaut de nombreux commentateurs", a-t-il balayé. Il a décrit le futur agrément comme étant "le type d'accord qui servirait les intérêt de l'UE et du Royaume-Uni. Ce serait un accord de libre-échange avec une coopération amicale".

SCEPTICISME

Réaliser le Brexit d'ici le 31 janvier et obtenir un accord commercial avec l'UE avant la fin de l'année 2020 ? La promesse de campagne de Boris Johnson laisse sceptiques les connaisseurs du dossier du divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, qu'ils soient diplomates, économistes ou experts politiques. 


L'ex-ambassadeur du Royaume-Uni auprès de l'UE Ivan Rogers juge ainsi que "les ministres du gouvernement se trompent constamment" sur la durée de la période de cette période de transition. Il envisage même une nouvelle crise politique fin 2020.


Autre ex-acteur majeur du Brexit, Michael Heseltine, ancien vice-premier ministre de Theresa May, qui trouve "grotesque" le scénario proposé par Boris Johnson. "Nous sommes partis pour une nouvelle année d'incertitude et la possibilité d'une sortie sans accord à la fin", prévient-il.


Sollicité par l'AFP, le chercheur Sam Lowe estime que la perspective d'un accord commercial en 11 mois est "possible, pourvu que le Royaume-Uni soit clair sur ce qu'il demande". 

TORIES

Favori des élections à venir, sans pour autant être certain d'en tirer une majorité digne de ce nom, le parti conservateur s'avance fébrilement vers les élections générales du 12 décembre. Il a présenté son programme, et celui-ci continent un point fort : la réalisation du Brexit, mais aussi une volonté affichée d'atténuer les politiques d'austérité.


S'il est reconduit à Downing Street, Boris Johnson entend en effet ramener devant le Parlement britannique le projet de loi de retrait de l'UE avant la période des fêtes. Il ne sera toutefois pas voté avant 2020. Une fois le Brexit acquis, Johnson négociera un autre accord commercial avec l'UE, et ce avant la fin de la période de transition, prévue fin 2020.


Johnson veut également mettre fin à la libre circulation des personnes pour mieux contrôler l'immigration. Les ressortissants seront tous traités de la même façon, qu'ils viennent de l'UE ou non, selon un système par points, qui favorisera les migrants les plus diplômés ou qualifiés.


Les Tories se veulent avant-gardistes sur la question des services publics. Le recrutement de 20.000 policiers. Le budget du système de santé sera augmenté de 34 milliards de livres d'ici 5 ans, avec le recrutement de 50.000 infirmiers, 6000 médecins et 6000 professions médicales. De la même façon, il prévoit d'injecter 14 milliards de livres pour le budget des écoles et de revaloriser le salaire des enseignants. 


Le financement de ces mesures ne passera visiblement pas par l'impôt puisque Johnson s'est engagé à ne pas augmenter l'impôt sur le revenu, les cotisations sociales et la TVA. 


L'environnement est aussi présent, avec un engagement à porter à zéro les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050. 

NEUTRALITÉ

C'est l'un des points principaux du programme de Jeremy Corbyn. Engager de nouvelles négociations avec l'UE pour un nouvel accord de sortie et le soumettre à référendum. Si les Britanniques l'adoptent, le Royaume-Uni sortira dans les six mois suivant son arrivée à Downing street. S'ils le rejettent, alors le Royaume-Uni restera dans l'UE.


Tancé pour sa réserve sur le sujet par ses adversaires, le patron des travaillistes s'est montré des plus clairs : "J'adopterai en tant que Premier ministre une position neutre afin que je puisse mettre en oeuvre de manière crédible le résultat obtenu et rassembler nos communautés et notre pays plutôt que de poursuivre un débat sans fin sur l'UE et le Brexit". 


"Mon rôle et le rôle de notre gouvernement sera de s'assurer que ce référendum se tienne dans une bonne atmosphère et nous nous plierons au résultat", a-t-il déclaré, dans un débat à la BBC.


Débat au cours duquel, face à la nationaliste et anti-Brexit écossaise Nicola Sturgeon, il a assoupli sa position sur un référendum pour l'indépendance de l'Ecosse : "Pas dans les deux premières années de sa prise de fonction". C'est un début, alors qu'il y a quelques semaines, il s'y était formellement opposé. Mais au vu des sondages, le Labour a besoin du SNP pour envisager gouverner.

LABOUR

Au tour du parti travailliste, principal parti d'opposition au conservateur Boris Johnson, de présenter son programme. Très à gauche, à l'image de Jeremy Corbyn, représentant de cette aile du parti, il promet notamment une "révolution industrielle verte". 


Vent debout contre l'accord de Brexit négocié par Johnson, dont il craint qu'il ne favorise une course au moins-disant social, fiscal et environnemental, il entend renégocier un accord dans les trois mois suivant son élection. Celui-ci maintiendrait la relation économique avec l'UE et protégerait emploi, droits des travailleurs et environnement. Il serait ensuite soumis à un référendum. Si l'accord était rejeté, alors le Royaume-Uni resterait dans l'UE. 


C'est au niveau de l'investissement public que le Labour vire le plus à gauche, avec la création d'un fonds d'investissement public de 400 milliards de livres pour les services publics, financé par des hausses d'impôts sur les 5% de Britanniques les mieux rémunérés et l'emprunt, à rebours des politiques d'austérité des derniers gouvernements.


Les nationalisations sont également au programme, avec le retour au public de l'eau, du rail, de la poste ou de BT pour offrir le haut début gratuit à tous les Britanniques. Corbyn entend aussi rendre les frais d'université gratuits, construire 100.000 logements sociaux, la hausse du salaire minimum et la semaine de 32 heures.


Enfin, l'environnement n'est pas oublié, avec la création d'une banque d'investissement publique qui apportera 250 milliards de livres pour la transition énergétique ces 10 prochaines années.

TROISIÈME VOIE

Ils ne sont pas favoris mais seront probablement les faiseurs de roi de cette élection. Les Libéraux-Démocrates, alliés européens de la République en marche, ont présenté ce mercredi leur programme pour "stopper le Brexit". Leur leader Jo Swinson, opposante acharnée au Brexit, a en effet fait du maintien dans l'UE son principal programme, espérant ainsi rallier à elle les europhiles de tous bords, conservateur comme travailliste. 


Un volontarisme qui s'est traduit à Westminster, où, avec les travaillistes et les conservateurs opposés à Boris Johnson, elle a voté contre toutes les options privilégiées par le premier ministre. Swinson, députée elle-même, y ajoute un argument qu'elle espère de poids : la promesse de réinjecter les 50 milliards de livres que coûteront le Brexit dans les services publics. De quoi concurrencer le travailliste Jeremy Corbyn sur sa gauche, qui pourrait alors payer ses hésitations sur le Brexit - il n'y est pas foncièrement opposé mais ne veut pas de l'accord actuel.


Par ailleurs, la centriste, tenante d'un discours que ne renierait pas Emmanuel Macron quand elle fustige les vieux partis et encourage la libéralisation, entend également investir dans les services publics, s'engager dans la lutte climatique et recruter davantage d'enseignants. Autre point de son programme, la légalisation du cannabis, pour lequel elle entend mettre en place un marché régulé.


Avec 15% des sondages, elle pourrait s'avérer indispensable à Jeremy Corbyn et au Labour (29%) si ceux-ci souhaitent damer le pion aux conservateurs de Boris Johnson (40%). Des sondages à prendre avec des pincettes, puisqu'au Royaume-Uni, les députés sont élus au scrutin uninominal à un tour. C'est à dire que c'est le candidat qui remporte le plus de voix qui est élu.

DEBAT

Pour cette confrontation, les deux hommes se sont passablement écharpés. Corbyn a reproché à Johnson de mentir aux Britanniques en leur assurant qu'il ferait le Brexit aussi rapidement que promis : "Vous n'allez pas le faire en quelques mois et vous le savez parfaitement bien". Il faudra, estime-t-il, "probablement sept ans de négociations pour conclure un accord commercial". Une attaque à laquelle s'est ajoutée le principal reproche fait à Johnson : le sort du système de santé britannique, le NHS : "Vous allez privatiser le NHS, vous tenez des réunions secrètes" avec les Etats-Unis pour ouvrir en partie à des entreprises pharmaceutiques américaines le système. "Une invention absolue", a rétorqué Johnson.


Lequel a reproché à Corbyn ses tergiversations sur le Brexit.


Les deux hommes, outre ces attaques acerbes, ont dû essuyer les moqueries des partisans du camp adverse. Rompus à tous les coups, les conservateurs avaient même renommé leur compte Twitter "Factcheck UK", se faisant passer pour un organe de déconstruction des infox là où il ne faisait que poster des tweets hostiles au parti travailliste.


Si le débat a été largement monopolisé par le Brexit, les deux hommes ont partagé leur inquiétude sur le changement climatique, mais aussi sur l'affaire Epstein, où est mis en cause le prince Andrew. Chacun a apporté "sa sympathie aux victimes".

DEBAT

Jeremy Corbyn et Boris Johnson s'affrontent pour la première fois à la télévision, à quatre semaines du scrutin du 12 décembre. Les deux hommes ont chacun leurs casseroles. Johnson, dans un premier temps, peut se voir reprocher sa gestion erratique de la crise parlementaire qui a agité l'été et l'automne britannique, essuyant défaite sur défaite au Parlement. Faisant de la réalisation du Brexit une de ses rares promesses de campagne, il est fragilisé par sa politique austéritaire et les accusations de conflit d'intérêts par une de ses proches, la femme d'affaires américaine Jennifer Arcuri. 


De son côté, Jeremy Corbyn, qui fait campagne avec un programme très à gauche et entend renégocier l'accord de Johnson et le soumettre à référendum, doit faire face à des accusations de laxisme vis-à-vis des dérapages antisémites au sein de son parti, le Labour. Il accuse par ailleurs un retard de 12 points face à Johnson (28% contre 40%). Pour gouverner, il devrait essayer de s'appuyer sur les nationalistes écossais, qui menacent de quitter le Royaume-Uni en cas de Brexit, et les LibDems, opposants acharnés au Brexit, mais qui ne partagent quasiment rien de son programme socio-économique.

IRLANDE

Une des conséquences du Brexit, outre l'hypothèse d'un prochain référendum sur l'indépendance écossaise, pourrait-il être de voir arriver un autre référendum, de l'autre côté de la mer d'Irlande ?


En effet, le Sinn Fein, parti républicain irlandais, met avec insistance le sujet sur la table. Dernière fois en date avec Mary Lou McDonald, sa dirigeante et cheffe de l'opposition en Irlande, qui affirme que "les jours de la partition [entre les deux Irlandes sont comptés". 


La négociation de la frontière irlandaise, qui n'a pas satisfait grand monde, dans l'accord de sortie, a en tout cas convaincu le Sinn Feinn, qui craint que cet accord ne vienne remettre en question celui de 1998, qui avait supprimé quasiment toute trace visible de la frontière entre l'Ulster et l'Eire. 

PAS DE COMMISSAIRE BRITANNIQUE

Il n'y aura pas de commissaire européen britannique. C'est ce qu'a annoncé le 10, Downing Street, jeudi 14 novembre, en réponse à une sollicitation de la future présidente Ursula van der Leyen. Cela n'a pas directement à voir avec le Brexit qui vient mais plutôt avec les élections qui se tiendront le 12 décembre et la réserve à laquelle s'oblige le gouvernement. "Un avis sur la conduite à tenir avant les élections stipule que le Royaume-Uni ne devrait normalement pas procéder à des nominations pour des postes internationaux durant cette période". 


La justification n'a pas satisfait la Commission européenne, qui a ainsi répliqué : "En tant que gardienne des traités, la Commission européenne a envoyé aujourd'hui une lettre de mise en demeure au Royaume-Uni pour manquement aux obligations qui lui incombent en vertu du traité de l'UE en ne proposant pas de candidat au poste de commissaire européen".

ELECTIONS

Cela ressemble à une bonne nouvelle pour Boris Johnson. Le patron du parti du Brexit Nigel Farage a annoncé lundi 11 novembre que la formation europhobe ne présenterait pas de candidats dans les circonscriptions remportées en 2017 par des conservateurs. 


Une main tendue de la part de l'ancien député européen et trader, qui avait menacé jusqu'alors de présenter un candidat dans 600 circonscriptions, y compris celles où les conservateurs risquaient de perdre un siège du fait de la division des voix entre pro-Brexit. 


Une décision prise pour empêcher la victoire des travaillistes et, ainsi, "un nouveau référendum", au programme de Jeremy Corbyn si le Labour venait à remporter les élections. "C'est le plus important pour le pays", a estimé celui qui a longtemps poussé pour un Brexit sans accord et regardait avec dédain l'accord obtenu par le Premier ministre à la fin du mois d'octobre.

NATURALISATIONS

L'AFP s'est intéressée à l'engouement de citoyens britanniques pour la nationalité française. 439 en 2016, l'année où leurs concitoyens ont décidé de voter pour le retrait de l'Union européenne, leur nombre a presque octuplé en deux ans, puisqu'ils étaient 3124 en 2018. 


Souvent déjà installés en France, ils sont nombreux à dire que le Brexit a été "le moment déclencheur" de leur démarche : "Sans le Brexit, (la naturalisation) ne m'aurait même pas traversé l'esprit", confie à l'agence un homme marié à une Française. "J'étais dans une grande famille heureuse, l'Europe, tout à fait à l'aise et intégré". Mais comme Britannique, il aurait eu l'impression de "ne plus faire partie du club" après le Brexit. Et de demander : "Est-ce que je peux dire vive la République et vive la Reine ?"

COALITION ANTI-BREXIT

Il y a les travaillistes, qui envisagent de rester, il y a les conservateurs, qui veulent sortir à tout prix, mais il y a aussi les anti-Brexit purs et durs. Ceux-là s'articulent autour des libéraux-démocrates, un parti centriste libéral pro-européen qui promet d'annuler le Brexit, des Verts et du parti nationaliste gallois Plaid Cymru, le pays de Galles ayant pourtant voté pour la sortie. Les trois partis se sont mis d'accord pour engager un candidat commun sur 60 sièges : 43 aux LibDems, 10 aux écologistes et 7 aux nationalistes gallois.

LES RICHES ONT PEUR

Aux accusations de stalinisme, Jeremy Corbyn a répondu sur Twitter  "Les absurdités que peuvent sortir les ultra-riches pour éviter de payer un peu plus d'impôts...". Et d'enfoncer, quelques heures plus tard, en se posant en "champion" de "ceux qui n'ont pas beaucoup d'argent ni des amis haut placés".


De quoi renforcer l'image d'épouvantail pour les plus aisés dans un pays qui compte ainsi 151 milliardaires et où les 1000 individus ou familles les plus riches détiennent la somme jamais atteinte de 771 milliards de livres, signe de creusement des inégalités. Un cabinet de conseil a récemment émis l'hypothèse que l'élection de Corbyn pourrait entraîner "un exode des particuliers les plus riches du pays".


En cause, un projet de taxe à 50% pour les revenus annuels de plus de 123.000 livres, l'interdiction potentielle des jets privés pour que les milliardaires cessent de "saccager le climat".

MAUVAISE IDÉE

Cela ne surprendra pas grand monde non plus, mais une semaine après son départ du perchoir de la House of Commons, le tonitruant John Bercow, tenu à un devoir de réserve qu'il était soupçonné de ne guère respecter par les pro-Brexiters, a dit tout le mal qu'il pensait du Brexit. "C'est la plus grosse erreur de ce pays depuis la Seconde guerre mondiale." "Quitter l'UE ne va pas nous aider", a expliqué cet ex-conservateur devenu indépendant. "Nous nous en sortons mieux quand nous formons un bloc que tous seuls".

NOUVEAU DEAL 

La chose ne surprendra guère, mais elle constitue peut-être une pierre dans le jardin de Jeremy Corbyn. Le - toujours - président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a reçu fraîchement la proposition de campagne travailliste de travailler à un accord de sortie mieux-disant sur le plan social et environnemental, qu'il soumettrait ensuite à la population britannique.


"Je ne serai plus en fonctions", "ce sera à la prochaine Commission de décider si oui ou non il y a une marge de manœuvre pour un nouvel accord", mais "honnêtement, je ne pense pas que ce soit une approche réaliste", a déclaré Jean-Claude Juncker dans une interview à la BBC.

CAMPAGNE

"Thatchérisme sous stéroïde", "Staline"... les noms d'oiseau volent, dans cette campagne. Viscéralement opposés sur les questions sociales et économiques, Boris Johnson et Jeremy Corbyn, principaux rivaux de cette élection, n'en manquent pas une pour s'envoyer des piques.


Le dirigeant conservateur a en effet eu cette tirade, mercredi 6 novembre, à l'égard des travaillistes, qui porte un des programmes les plus à gauche qu'ait connu le Royaume-Uni depuis quelques années (semaine de 32 heures, hausse du salaire minimum, forte hausse des impôts sur les plus riches) : "Ils pointent certains milliardaires du doigt avec un plaisir revanchard qu'on n'avait plus vu depuis que Staline a persécuté les koulaks". Une référence classique dans la critique de la gauche, référence au massacre des propriétaires terriens par le "Petit père des peuples", qui avait abouti à la mort de quelque 30.000 personnes et la déportation de plus de 2 millions d'autres.


A l'inverse, Corbyn attaque Johnson sur ce qu'il souhaite faire du Brexit : le détourner, en privatisant le NHS, le service public de santé britannique, dans le cadre du futur accord de libre-échange qu'il veut concocter avec les Etats-Unis : "Pour beaucoup dans le Parti conservateur, c'est ce dont il a toujours été question à propos du Brexit : faire marche arrière sur les bénéfices obtenus de haute lutte par la classe ouvrière durant des générations, du thatchérisme sous stéroïdes". 


Cette fois, il s'agit d'une référence aux politiques antisociales menées par Margaret Thatcher dans les années 80, qui avait mis de nombreux mineurs en grève. Une politique violemment reçue à laquelle continue d'être associés les dirigeants britanniques associés à une politique libérale.

CAMPAGNE

Dans ce contexte, la campagne continue, et du côté de Boris Johnson, on tente coûte que coûte de se servir de l'apparente indécision de Jeremy Corbyn au sujet du Brexit.


"Quand ils choisiront leur prochain Premier ministre, les électeurs méritent d'avoir une image précise de ce que chaque dirigeant potentiel fera en ce qui concerne le Brexit", a écrit le Premier ministre à son adversaire. 


 Il est vrai que le leader travailliste, qui ambitionne d'occuper le 10 Downing Street, a recentré sa campagne sur les questions sociales, médico-sociales et climatiques. Si ces questions sont en lien avec l'accord de sortie, elles relèguent à un lointain second rang la question de la sortie de l'UE.


Que souhaite faire Jeremy Corbyn ? Mécontent de l'accord négocié par Johnson, il promet de régler dans les six mois suivant l'élection l'épineuse question : en renégociant un accord, avec des normes sociales et environnementales plus favorables. Cet accord renégocié, il le présentera alors au peuple britannique, qui aurait alors la possibilité de le rejeter, ce qui aurait pour effet d'annuler toute sortie.

SPEAKER

Après le tonitruant John Bercow, démissionnaire au 31 octobre, c'est le travailliste Lindsay Hoyle qui va occuper le perchoir de la Chambre des communes. Agé de 62 ans, ce dernier, adjoint au speaker depuis 2010, a déjà occupé le rôle, dans un style moins incisif que son prédécesseur. Promettant "neutralité" et "transparence", Hoyle, qui représente depuis 1997 une circonscription du nord-ouest du pays, a promis de faire baisser l'électricité dans l'assemblée. Il ne risque pas de s'attirer les mêmes critiques en partialité que son prédécesseur, ayant pris le soin de cacher son vote au référendum sur le Brexit en 2016.

Infos précédentes

Ne manquez rien du tortueux processus de sortie du Royaume-Uni dans le fil ci-dessus.

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