EN DIRECT - Brexit : "L'heure tourne, arrêtez de parler, agissez", lance le Premier ministre du Luxembourg à Boris Johnson

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Brexit : goodbye United Kingdom

TURBULENCES - Depuis qu'il a succédé à Theresa May, Boris Johnson n'a pas réussi à convaincre ses partenaires européens de renégocier l'accord de sortie de l'UE et se dit prêt à un "Brexit dur". Alors qu'il enchaîne les désaveux au Parlement britannique, dont il a suspendu les travaux pendant cinq semaines, il maintient son objectif de sortir de l'UE le 31 octobre... avec ou sans accord.

Live

AUTRE SON DE CLOCHE


Le Premier ministre britannique Boris Johnnson a estimé à Luxembourg qu'il existe "une bonne chance d'accord" sur le Brexit mais qu'il fallait que l'Union européenne "bouge", dans un entretien à la chaine de télévision Sky.

HUÉ


Copieusement hué au Luxembourg, Boris Johnson a décidé d'annuler sa conférence de presse commune avec le Premier ministre luxembourgeois.


Seul sur le podium, le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel a exhorté Boris Johnson à "agir" plutôt qu'à "parler" pour trouver une solution sur le Brexit, à l'issue d'une rencontre avec son homologue britannique.


"L'heure tourne, arrêtez de parler, agissez", a-t-il dit. Ni la Commission, ni les 27 "n'accepteront à aucun moment d'être responsables (...) pour le bazar dans lequel nous sommes", a ajouté M. Bettel.

NEGOCIATIONS 


A l'issue d'une rencontre entre le Premier ministre britannique avec le président de la Commission européenne à Luxembourg, Downing Street a adressé un communiqué. 


Boris Johnson et Jean-Claude Juncker ont estimé "nécessaire d'intensifier" les discussions sur le Brexit. "Les dirigeants ont convenu qu'il est nécessaire d'accélérer les discussions et que des rencontres se dérouleraient bientôt sur une base quotidienne" en vue de trouver un accord sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne prévue le 31 octobre, a précisé le communiqué.

REGRETS 


Dans une interview accordée à la chaine britannique, ITV, David Cameron, ancien Premier Ministre a exprimé des regrets quant à la situation dans laquelle, se trouve son pays. C'est lui qui, en 2013, avait promis cette consultation pour tenter de calmer la frange eurosceptique de son Parti conservateur. 


Pour lui, ce référendum était "inévitable". "Est-ce que j'ai des regrets ? Oui (...) Est-ce que je suis désolé de l'état dans lequel est le pays ? Oui. Est-ce que j'ai une responsabilité? Oui. C'était mon référendum, ma campagne, ma décision d'essayer de renégocier."

REPLIQUE

Célèbre interprète de Hulk et connu pour son engagement à gauche (il avait soutenu Jeremy Corbyn lors des dernières élections britanniques, Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle 2017 et Bernie Sanders à la primaire démocrate de 2016), Mark Ruffalo a repris de volée Boris Johnson à propos de sa comparaison avec Hulk.


"Boris Johnson oublie que Hulk ne se bat que pour l'intérêt général. Etre fou et fort, ça peut aussi vouloir dire être destructeur. Hulk n'est jamais meilleur que quand il travaille en équipe. Quand il est seul, c'est un désastre."

CALENDRIER


M. Johnson doit rencontrer lundi au Luxembourg le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le responsable de l'UE en charge du Brexit, Michel Barnier. Un déjeuner au cours duquel le premier ministre, qui s'est comparé à Hulk, devra faire un peu plus que ses habituelles rodomontades pour convaincre les Européens. "Rien de bien tangible jusqu'à présent", a ainsi confié à l'AFP un diplomate européen au sujet des suggestions de Johnson comme alternative au backstop, le "filet de sécurité" qui doit assurer une continuité douanière entre l'Irlande, membre de l'UE, et l'Ulster, rattaché au Royaume-Uni. Le futur ex président de la Commission européenne "attend toujours des propositions concrètes."

[H]U[L]K


Le Premier ministre britannique Boris Johnson a dit samedi que "d'énormes progrès" étaient en cours pour aboutir à un accord sur le Brexit entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, qu'il a comparé à Hulk, dans le journal Mail on Sunday. "Quand j'ai obtenu cette fonction, tout le monde disait qu'absolument aucune modification à l'accord de retrait n'était possible (...). Ils (les dirigeants de l'UE) sont revenus là-dessus et, comme vous le savez, une très, très bonne conversation se tient sur la manière de traiter les problèmes de la frontière nord-irlandaise. Des progrès énormes sont en cours", a dit le chef de gouvernement. BoJo" a enfin comparé le Royaume-Uni au super-héros Hulk : "Plus Hulk se met en colère, plus Hulk devient fort et il s'échappe toujours, même s'il avait l'air bien ligoté, et c'est le cas de ce pays." 


Pas de quoi faire trembler le négociateur en chef du Brexit Michel Barnier, à qui cette sortie a inspiré cette réplique : "Le Brexit est une école de patience et de détermination".

JOHNSON

Encore une sortie compliquée pour Boris Johnson. Alors qu'il faisait l'éloge des élus pour résoudre les problèmes locaux, dans un discours, un homme l'a hélé : "Comme nos députés, Boris ! Il faudrait peut-être revenir au Parlement ?" "En effet, en effet, je suis tout à fait aux côtés de nos députés", tente de balayer le locataire du 10, Downing Street. "Alors pourquoi n'êtes-vous pas avec eux au Parlement, pour régler le bazar que vous avez créé ?" poursuit son interlocuteur, qui n'a pas digéré la suspension du Parlement, pas plus que la campagne pour le Brexit.


"J'ai hâte de retourner au Parlement", tente encore le conservateur. "Pourquoi ne trouvez-vous pas un arrangement, Boris ? Pourquoi ?" La litanie de l'homme se poursuit, avant qu'il ne soit emmené, manu militari, dehors, par la sécurité.

OPTIMISME

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est déclaré vendredi "prudemment optimiste" sur la possibilité de parvenir à un accord sur le Brexit avec l'Union européenne, évoquant "beaucoup de progrès" avec Bruxelles.


"Il y a les contours d'un accord qui reste à faire. Je suis prudemment optimiste", a affirmé le dirigeant conservateur lors d'un discours à Rotherham (nord de l'Angleterre). M. Johnson doit rencontrer lundi à Luxembourg le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker pour discuter du Brexit.

JOHNSON DÉSAVOUÉ


Nouveau revers pour Boris Johnson, judiciaire cette fois. Une cour d'appel écossaise vient de juger "illégale" la suspension du Parlement par le Premier ministre. 


Cette décision vient casser celle d'un juge écossais qui avait estimé que Boris Johnson n'avait pas enfreint la loi. La Haute Cour de Londres avait également rejeté vendredi une demande d'annuler la suspension du Parlement.


Le gouvernement a rapidement réagi en annonçant faire appel de la décision.


La suspension, qui a débuté mardi, doit durer cinq semaines.

ET MAINTENANT ?


Après le rejet par les députés lundi soir des élections anticipées voulues mi-octobre par le Premier ministre Boris Johson, plusieurs scénarios sont (encore) une fois envisageables dans la crise sans fin du Brexit.

Après les six revers de Boris Johnson, quels scénarios pour le Brexit ?

Après les six revers de Boris Johnson, quels scénarios pour le Brexit ?

ET PENDANT CE TEMPS-LÀ (BIS)

Boris Johnson a promis qu'il allait "s'évertuer à trouver un accord" auprès de l'UE, les 17 et 18 octobre prochains. Les termes sont délicats puisqu'il s'agit de trouver une alternative au backstop, ce maintien de l'absence de frontière économique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord. Une hypothèse qui refroidit les conservateurs, en ce sens qu'il prive, selon eux, le Royaume-Uni d'une politique commerciale indépendante et imposerait au DUP, le parti majoritaire en Irlande du Nord, de s'asseoir sur ses vues unionistes, refusant le moindre statut particulier pour son territoire. L'UE, elle, souhaite maintenir cette absence pour conforter l'idée d'un "territoire douanier unique" incluant le Royaume-Uni.

ET PENDANT CE TEMPS-LÀ

Opposés aussi bien au référendum qu'à une sortie sans accord, une cinquantaine de parlementaires, issus de différents partis composant la Chambre des communes, se sont rencontrés pour remettre sur pied un accord, inspiré de celui que Theresa May n'avait pu défendre avant son départ, qui agréerait à Boris Johnson. Une initiative motivée ainsi : "Si nous sortons sans accord, on aurait la moitié du pays sur le dos et si nous optons pour un maintien dans l'UE, c'est l'autre moitié du pays qui se sentirait trahie", a résumé auprès du Guardian Rory Stewart, ex-député Tory, ex-prétendant au 10, Downing Street, aujourd'hui passé chez les indépendants.

UE

Le Brexit n'est "pas la fin de quelque chose" mais "le début de notre future relation" avec le Royaume-Uni, a déclaré mardi la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.


"Nous sommes encore dans un processus difficile. Je n'arrête pas de dire : 'Le Brexit que nous n'avons jamais voulu'. Mais nous respectons la décision prise par nos amis britanniques, par le Royaume-Uni".

SCENES CHAOTIQUES

Dernier discours tonitruant - et sarcastique - du "speaker" John Bercow, cris "honte à vous" des élus anti-"no deal" à leurs collègues conservateurs... The Guardian a résumé en vidéo la dernière soirée du parlement britannique avant sa suspension pour cinq semaines, hier soir.

ET MAINTENANT ?

Après cette énième et ultime session parlementaire, la situation n'est pas plus avancée. Voici où nous en sommes, alors que le Parlement est suspendu pour cinq semaines, jusqu'au 14 octobre. 


Durant cette période, Boris Johnson peut avancer dans ses négociations avec l'UE pour obtenir le meilleur accord possible de son point de vue. Il s'agit notamment de trouver une alternative au fameux backstop, ce "filet de sécurité" qui maintient l'absence de frontière entre l'Irlande (membre de l'UE) et l'Ulster, et dont les hard-brexiters, comme les dirigeants europhobes de l'Irlande du Nord, ne veulent pas entendre parler. Mais les récentes discussions donnent l'impression tenace que Boris Johnson n'a pas convaincu grand monde de l'UE pour l'instant.


Le Premier ministre peut également choisir de respecter la loi votée et revotée par le parlement, lui demandant de solliciter un nouveau délai de trois mois pour négocier une sortie mieux achalandée. L'hypothèse paraît improbable, BoJo ayant assuré qu'il préférait mourir au fond d'un fossé que d'envoyer la lettre de demande à l'adresse de la Commission européenne, quitte à enfreindre la loi. Mais quand bien même le locataire du 10, Downing Street accepterait de se soumettre à la décision du parlement, encore faudrait-il que les 27 répondent positivement à cette demande. 


Parallèlement à cela, l'hypothèse de nouvelles élections, incontournable devant l'incapacité de Johnson à réunir une majorité (il a perdu coup sur coup six votes parlementaires), et même rejetée à deux reprises, reste sur la table. Les positions pour y parvenir sont, pour le moment, figées : travaillistes, libéraux-démocrates et indépendantistes écossais, tous convaincus de la nécessité d'un nouveau scrutin, et dont les votes sont indispensables à sa validation, continueront de mettre leur veto tant qu'ils n'auront pas l'assurance que l'hypothèse d'un "no-deal" ne soit pas écartée. Ce dont Boris Johnson et ses alliés conservateurs ne veulent pas

LES TROIS INFOS DE LA NUIT


• La chambre des communes a rejeté la motion proposant des élections anticipées. Boris Johnson perd un nouveau vote. 

• Il n’y aura pas de nouveau report du Brexit, a annoncé le Premier ministre, et cela malgré la loi votée en ce sens. 

• Les travaux du Parlement britannique sont désormais suspendus jusqu'au 14 octobre

Urgent

SUSPENSION


Les travaux du Parlement britannique sont suspendus jusqu'au 14 octobre. Cette suspension très controversée, critiquée par le président de la Chambre des communes John Bercow, s'est déroulée dans une ambiance électrique, au milieu des protestations acrimonieuses de l'opposition.

QUELLES SUITES POSSIBLES ?


- Un No Deal. Les discussions engagées entre Londres et Bruxelles n'aboutissent pas, les 27 refusent un nouveau report du Brexit prévu le 31 octobre, ou bien Boris Johnson remporte des élections anticipées et fait sortir son pays de l'UE sans accord. Le gouvernement de Boris Johnson se prépare activement à ce scénario, multipliant les annonces de milliards de livres destinés à encaisser le choc.


- Un Deal. Londres et Bruxelles parviennent à s'entendre sur la question cruciale du filet de sécurité irlandais, ou "backstop", mécanisme visant à éviter le retour d'une frontière en Irlande entre la province britannique du Nord et la république membre de l'UE au sud. Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar a assuré lundi que l'UE n'avait "à ce jour"  reçu aucune proposition "réaliste" de Londres.


- Pas de Brexit. L'opposition travailliste emmenée par Jeremy Corbyn arrive en tête d'élections générales anticipées et avec le soutien du parti europhile libéral démocrate (centre) et des indépendantistes écossais, organise un second référendum sur le Brexit. Les non à la sortie de l'UE l'emporte. Le rêve des europhiles --les 48% qui ont voté contre le Brexit lors du référendum de juin 2016.

DUTY FREE


Quand beaucoup s'inquiètent des conséquences économiques d'un Brexit sans accord, le gouvernement a fait une annonce à destination des vacanciers britanniques en cas de "no deal": le retour des duty-free. "Les passagers à destination de l'UE pourront acheter bière, spiritueux, vin et tabac sans payer les taxes qui s'appliquent au Royaume-Uni", selon un communiqué du ministère britannique des Finances.

Urgent

NOUVEAU REJET


Les députés britanniques ont rejeté à nouveau la tenue d'élections législatives anticipées voulues par Boris Johnson, lors de la dernière séance avant une suspension du Parlement pendant cinq semaines. La motion du gouvernement n'a obtenu que 293 voix, soit bien moins que la majorité des deux tiers de la Chambre des communes requise pour être adoptée. Il s'agit du dernier d'une série de revers parlementaires pour Boris Johnson sur sa stratégie du Brexit depuis une semaine. 

Urgent

PAS DE NOUVEAU REPORT


Le Premier ministre britannique Boris Johnson a assuré lundi soir qu'il ne demanderait pas "un nouveau report" du Brexit malgré la loi en ce sens votée par le Parlement. 

VOTE


Les députés britanniques ont voté ce lundi soir pour obliger le gouvernement de Boris Johnson à publier des documents confidentiels sur l'impact d'un Brexit sans accord. Une nouvelle défaite parlementaire pour le Premier ministre conservateur. La motion a été adoptée par 311 voix, contre 302. Elle demande également au gouvernement de divulguer les échanges entre responsables sur leur plan controversé de suspendre le Parlement pendant cinq semaines à partir de mardi.

PREVISIONS

Qu'y a-t-il dans la loi qui, en demandant le report du Brexit, espère obtenir la mise à l'écart de la perspective d'un "no deal" ?


Il prévoit d'abord que, si le gouvernement de Boris Johnson n'arrive pas à un accord de divorce avec l'UE d'ici le 19 octobre, ce dernier devra demander un report du Brexit jusqu'au 31 janvier 2020. Une copie de lettre est accolée au projet de loi, à destination de Donald Tusk président du Conseil européen. 


L'autre moyen pour Boris Johnson d'éviter cela, serait que le Parlement valide un Brexit sans accord. Perspective peu probable, puisque c'est ce même parlement qui a voté cette loi.


Boris Johnson, résolument opposé à un délai supplémentaire, pourrait trouver un relais précieux en Emmanuel Macron, ce dernier ne voyant pas non plus l'intérêt d'un délai supplémentaire. Et comme l'octroi d'un nouveau délai doit être approuvé à l'unanimité des 27...


Si Boris Johnson accepte de faire cette demande et que l'UE l'accepte à son tour, le gouvernement britannique (mais sera-t-il toujours en place ?) devra publier d'ici au 30 novembre un rapport précisant les progrès accomplis dans le développement des accords entre les deux parties. Une absence d'accord au 31 janvier 2020 est prévue dans la loi, avec la possibilité de mettre en place un nouveau report. 

DEMISSION

Membre du parti conservateur, John Bercow n'aurait de toute façon pas eu la partie facile pour se représenter, les hard-brexiters, insatisfaits des bâtons qu'il leur mettaient dans les roues, ayant décidé de présenter une candidate contre lui.


C'est notamment sa détermination à renforcer les positions du Parlement qui auront marqué ses 10 années de mandat à la tête des Communes. 

COUP DE THÉÂTRE

Le président de la Chambre des Communes, John Bercow, connu pour sa voix de stentor et sa façon de mener les débats sans ménagement, y compris pour le gouvernement, a fait part de son intention de quitter son poste dans les prochaines semaines. 

"J'ai fait le serment, à ma femme et mes enfants, que ce mandat serait le dernier et j'ai l'intention de m'y tenir", a dit celui qui dirige la Chambre depuis 10 ans. 

"Si les députés votent en faveur de nouvelles élections, je terminerai ce mandat. Sinon, il m'est apparu que la date la plus démocratique et constitutionnelle possible serait le 31 octobre (date supposée du Brexit, ndlr)".

Urgent

APPROBATION ROYALE

La reine Elizabeth II a apporté son approbation à la loi demandant un report du Brexit, vient-on d'apprendre par un communiqué.

DESTITUTION  ?

Vers un impeachment de Boris Johnson ? C'est une hypothèse que prennent en tout cas en considération les médias britanniques, sur la foi d'une déclaration de la leader des députés nationalistes gallois à Westminster. Devant l'annonce du gouvernement indiquant que Boris Johnson n'irait pas demander un nouveau délai de sortie à l'UE, l'élue aindiqué : "Si le premier ministre enfrint la loi, nous seront d'autant plus légitimes à le destituer qu'à l'époque où lui l'avait mise en avant, en 2004." Il y a 15 ans, alors journaliste, Johnson avait appelé à destituer Blair pour ses mensonges préalables à l'entrée en guerre du Royaume-Uni en Irak.


La procédure aurait besoin d'être dépoussiérée, cette dernière ayant été utilisée pour la dernière fois... en 1806. Toutefois, elle prévoit bien que n'importe quel membre du parlement peut y être sujet en cas de "crimes ou délits graves, pour lesquelles aucune autorité publique ne pourrait entamer des poursuites". En l'occurrence, le refus de Johnson de respecter la loi pourrait en faire partie.

PENDANT CE TEMPS-LÀ, EN FRANCE...

... on se prépare gentiment à un "no deal", auquel le président comme le quai d'Orsay semblent s'être résolus. Un communiqué de Matignon publié en début d'après-midi indique que sept ordonnances, huit décrets et plusieurs arrêtés ont été pris pour "protéger les citoyens européens des conséquences du Brexit".


Conscient qu'"une sortie sans accord entraînerait nécessairement un certain niveau de perturbation dans les relations avec le Royaume-Uni, le gouvernement a fait savoir qu'il avait procédé au recrutement de 800 personnes aux douanes et avait décidé de conduire "des tests en conditions réelles de son nouveau dispositif de contrôle" aux frontières. 


La communication gouvernementale entend rappeler aussi la mise en place du site brexit.gouv.fr, dédié aux questions "des citoyens français installés au Royaume-Uni, des ressortissants britanniques installés en France et des entreprises qui commercent avec le Royaume-Uni", et a enjoint les ministères à "répondre rapidement à toutes les questions posées". 

MENACES

L'annonce de la suspension ne surprendra personne. Toutefois, elle n'en reste pas moins controversée. Ainsi du leader de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn, qui l'a jugée "honteuse". De la LibDem Jo Swinson, alliée de La République en marche au niveau européen, qui a annoncé qu'en conséquence, et face à l'absence de garde-fous concernant un "no-deal", la motion portant sur de nouvelles élections ne serait pas votée. 


Ou des leaders nationalistes gallois et écossais au parlement qui, chacun, ont annoncé la couleur. La Galloise Liz Zaville Roberts a ainsi indiqué que, si Boris Johnson allait "à l'encontre de la loi", en ne soutenant pas l'extension du Brexit, le parlement "devrait être prêt à le destituer". Son homologue Ian Blackford, chef des nationalistes écossais à Westminster, a rappelé les conditions qu'il souhaite voir remplies pour un vote en faveur des élections anticipées : "Quand l'option du no-deal ne sera plus sur la table, nous soutiendrons cette option".

SUSPENSION

Le Parlement britannique sera suspendu pour cinq semaines dès la fin des débats lundi soir, a annoncé un porte-parole du Premier ministre Boris Johnson.  


Cette suspension jusqu'au 14 octobre avait suscité une vague d'indignation au Royaume-Uni lorsqu'elle avait été annoncée fin août par Boris Johnson, accusé de manœuvrer pour précipiter le Royaume-Uni vers un Brexit sans accord de sortie le 31 octobre. 

AVIS À LA POPULATION

Que pensent les Britanniques de la crise politique qui découle du Brexit ? Cela leur fait-ils changer d'avis sur la sortie de l'UE ? De quel soutien bénéficie Boris Johnson ? Les caméras de TF1 sont allés à la rencontre de nos voisins d'outre-Manche.

LEXIQUE

C'est le noeud du problème entre l'Irlande et le Royaume-Uni : le "backstop", ou filet de sécurité. Mais de quoi parle-t-on ? Voici de quoi vous retrouver dans l'univers lexical du Brexit.

Brexit : "No deal", "backstop"… les mots pour comprendre la crise

Brexit : "No deal", "backstop"… les mots pour comprendre la crise

JOURNÉE CRUCIALE

Une journée intenses'annonce au Royaume-Uni. Alors que Boris Johnson concentre toutes les attaques, de l'opposition, d'une partie de ses troupes et de son frère, comme des syndicats remontés contre son projet de "no deal", le premier ministre a peu de chances de voir son horizon immédiat s'éclaircir.


En effet, le parlement s'avance vers un nouveau vote pour de nouvelles élections, ce lundi. Sur le principe, tout le monde est d'accord. Mais les conditions ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Pour valider ces nouvelles élections, BoJo a besoin de l'approbation des deux tiers des élus. Or, s'il peut compter sur le soutien d'une grande majorité des Tories, il ne pourra compter sur le soutien des travaillistes ou des LibDems, qui veulent s'assurer que l'hypothèse du "no deal" soit exclue. 


Cette obligation de "deal", n'a pas les faveurs de Johnson, qui y voit surtout un risque de report supplémentaire du Brexit. "Inutile", juge le trublion de Downing Street, qui a déjà prévenu qu'il ne respecterait pas la loi votée la semaine dernière qui l'oblige à demander un report aux autorités européennes. Les 27 doivent accepter cette hypothèse à l'unanimité et, si leur regard est majoritairement favorable à ce sujet, la France, par exemple, ne veut pas en entendre parler en l'état.

LE DRIAN

Interrogé sur l'hypothèse d'un nouveau report du Brexit souhaité par les députés britanniques, le ministre français des Affaires étrangères s'y est montré hostile, dimanche matin dans Le Grand Rendez-Vous Europe 1-CNews-Les Echos. "Dans l'état actuel des choses, c'est non", a répondu Jean-Yves Le Drian. "On ne va pas recommencer tous les trois mois".

"Que les Britanniques assument leur situation", a ajouté le patron du quai d'Orsay. "Il faut qu'ils nous disent ce qu'ils veulent"

NOUVEAU DÉSAVEU POUR  "BOJO"


La ministre britannique chargée du Travail et des Retraites, Amber Rudd, a annoncé sa démission samedi soir en désaccord avec la stratégie de Brexit du Premier ministre Boris Johnson, qui essuie là un cinglant désaveu.


"Je ne peux pas rester alors que des bons, loyaux conservateurs modérés sont exclus", a déclaré dans un communiqué la ministre et députée, en référence à l'exclusion du Parti conservateur de 21 députés qui ont voté cette semaine avec l'opposition une proposition de loi destinée à éviter un Brexit sans accord.


"J'avais rejoint votre gouvernement en toute bonne foi : accepter le 'No Deal' devait être sur la table, car c'était le moyen par lequel nous aurions les meilleures chances de parvenir à un nouvel accord pour sortir (de l'UE) le 31 octobre", écrit-elle. "Cependant, je ne crois plus que partir avec un accord soit l'objectif principal du gouvernement."

"NO COMMENT"


Alors que la reine se retrouve par la force des choses impliquée dans le tourbillon politique du Brexit, que sait-on de ce que pensent les membres de la famille royale de cette sortie programmée de l'UE ? 

Brexit : et la famille royale, elle en pense quoi de tout ça ?

Brexit : et la famille royale, elle en pense quoi de tout ça ?

AU TOUR DE LA REINE

C'est donc la souveraine britannique qui aura la charge de démêler cette crise, en approuvant la loi qui demandera à Boris Johnson de solliciter un nouveau délai de sortie auprès de l'UE.

PROCEDURE

Un des derniers obstacles avant le report du Brexit vient d'être levé, entérinant l'échec de Boris Johnson : la chambre des Lords vient d'adopter la loi pour reporter la sortie de l'Union européenne.


Retoquée dans un premier temps, la motion portant sur l'organisation devrait donc  être adoptée cette fois-ci, puisque les travaillistes, les libéraux-démocrates et les indépendantistes écossais, qui ne voulaient pas en entendre parler tant qu'ils n'étaient pas sûrs qu'il y aurait un report pour écarter le risque d'un No Deal à court terme, ne devraient pas avoir de raison de s'y opposer.

ELECTIONS

Vous croyiez le feuilleton sur les prochaines élections terminé ? Que nenni ! La Chambre des Communes retournera aux urnes, lundi 9 septembre, pour à nouveau voter pour ou contre une "motion relative à une élection anticipée". Texte qui requerra le soutien des deux tiers des 650 membres de l'assemblée. 


Rejeté une première fois mercredi 4 septembre, le texte a toutefois plus de chances de passer cette fois. Pourquoi ? Parce qu'entre temps, la position du Labour, le parti travailliste d'opposition, s'est infléchi après qu'il a obtenu que la loi imposant un report du Brexit (et interdisant donc un Brexit sans accord), soit votée. Cette dernière, approuvée à deux reprises aux Communes, n'a pas été paralysée à la chambre des Lords, comme en avait un temps menacé le gouvernement.


Le report du Brexit acquis, le gouvernement devrait pouvoir obtenir du Labour et des LibDems les votes en faveur de cette motion. Dernière difficulté majeure :  un groupe de députés travaillistes donnent de la voix pour repousser les élections à une date ultérieure au 31 octobre, le jour initialement choisi pour le Brexit. Les élections anticipées devant avoir lieu le 15 octobre, cela prémunirait totalement un dernier coup de force de Boris Johnson pour passer un Brexit sans accord.

MÉTHODE COUÉ

Boris Johnson est-il déjà en campagne ? Alors qu'il souhaite mordicus l'organisation de nouvelles élections le 15 octobre, le premier ministre britannique, qui sort de plusieurs désaveux consécutifs à la Chambre des communes, dont l'un conduit à un report de trois mois de la sortie, le temps de négocier un accord de sortie, a martelé, lors d'un discours à Wakefield, la nécessité selon lui de voir le Royaume-Uni "sortir de l'UE le 31 octobre".


"Je préférerais être mort au fond d'un fossé" que de demander un report du Brexit, en opposition, donc, au vote du Parlement la veille, a-t-il assuré dans un discours devant des policiers, dont l'une a souffert d'un malaise, ce qui n'a pas empêché le locataire du 10, Downing Street de poursuivre son discours.

COUP DUR POUR BORIS JOHNSON


Le frère du Premier ministre britannique Boris Johnson, Jo Johnson, a annoncé ce jeudi sa démission du gouvernement conservateur, où il occupait un poste de secrétaire d'Etat, affirmant placer l'"intérêt national" avant la "loyauté familiale".


"Ces dernières semaines, j'ai été tiraillé entre la loyauté familiale et l'intérêt national - c'est une tension insoluble et il est temps pour d'autres d'assumer mes rôles de député et de membre du gouvernement", a tweeté Jo Johnson, favorable à un deuxième référendum sur le Brexit, alors que son frère veut une sortie de l'Union européenne au plus vite.

JOHNSON


Après avoir perdu sa majorité à la Chambre des Communes et échoué à convoquer des élections anticipées mercredi, le Premier ministre britannique Boris Johnson a accepté jeudi matin de ne pas faire d'obstruction au texte législatif demandant un nouveau report du Brexit.


Le gouvernement Johnson s'est "engagé" à laisser ce texte "suivre toutes les étapes en cours" à la Chambre des Lords (chambre haute du Parlement) jeudi et vendredi, "le texte retournant ensuite lundi à la Chambre des Communes pour d'éventuelles autres considérations", a tweeté le groupe parlementaire du Parti travailliste, principale formation d'opposition.

Urgent

Nouveau camouflet pour Boris Johnson : sa motion recueille 298 voix pour, et 56 contre. Il n'y aura pas d'élections anticipées le 15 octobre. La session est levée pour ce mercredi, elle reprendre jeudi.

PROCEDURE


Nouveau vote, cette fois-ci sur la motion proposée par Boris Johnson. Les députés doivent répondre à une question simple : "Doit-il y avoir des élections anticipées le 15 octobre ?". Pour que la motion soit adoptée, le Premier ministre doit obtenir les deux tiers des voix.

REACTIONS


Les résultats des votes sont suivis par une joute verbale entre Boris Johnson et Jeremy Corbyn, le leader de l'opposition. Ce dernier accuse le gouvernement d'avoir déposé quelque 92 amendements à la loi à la Chambre des Lords "pour retarder la procédure parlementaire" et non pour "améliorer la loi". "L'hypocrisie de ce processus est phénoménale !", martèle Corbyn...

Urgent

Boris Johnson propose des élections générales le 15 octobre, espérant ainsi rebattre les cartes. "Le gouvernement ne peut pas continuer à fonctionner si la Chambre des communes refuse d'adopter ce que le gouvernement propose", a affirmé M. Johnson. "Il doit maintenant y avoir une élection le mardi 15 octobre".

REACTION


Boris Johnson prend la parole pour critiquer la décision de l'opposition, qui revient selon lui à "se rendre" à L'Union européenne.

Urgent

Sans surprise, les députés britanniques adoptent - par 327 voix contre 299 - la loi demandant le report du Brexit. La loi va désormais être étudiée par la Chambre des Lords.

PROCÉDURE


Nouveau vote, celui-ci très attendu puisqu'il s'agit de la troisième lecture du texte, amendé depuis la fin de l'après-midi. Les résultats devraient être connus d'ici peu....

Infos précédentes

Ne manquez rien du tortueux processus de sortie du Royaume-Uni dans le fil ci-dessus.

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