EN DIRECT - Brexit : Londres se réjouit d'un "élan" dans les discussions sur un accord

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Brexit : goodbye United Kingdom

TURBULENCES - Depuis qu'il a succédé à Theresa May, Boris Johnson n'a pas réussi à convaincre ses partenaires européens de renégocier l'accord de sortie de l'UE et se dit prêt à un "Brexit dur". Alors que le parlement britannique est suspendu et qu'il essuie mise en garde sur mise en garde, il maintient son objectif de sortir de l'UE le 31 octobre... avec ou sans accord.

Live

TRUMP

De nouvelles sanctions vont tomber sur l'Iran, en provenance des Etats-Unis, assure le président américain. Donald Trump a ainsi annoncé "les sanctions les plus sévères jamais imposées à un pays", avec son emphase particulière. A noter que la République islamique est déjà placée dans une situation délicate du fait de l'embargo américain sur ses exportations pétrolières, qui menace de lourdes amendes toute entreprise qui commercerait avec l'Iran.

DESCRIPTION

"Quatre explosions", "200 à 300 personnes à l'intérieur des installations", "aucun blessé" : c'est ce qu'il faut retenir des déclarations du directeur d'Aramco, à Khurais, dans l'est de l'Arabie saoudite, l'entreprise d'exploitation pétrolière attaquée samedi 14 septembre en Arabie saoudite, a rapporté l'AFP.

CARBURANT

On ne risque pas de l'oublier, mais les vicissitudes dans le Golfe ont des influences notables jusqu'en France, et pas seulement sur le plan diplomatique. En témoignent les coups de semonce constatés sur les prix à la pompe. La ministre des Transports et de la Transition écologique Elisabeth Borne était donc attendue au tournant, sur cette question brûlante, alors que le mouvement des Gilets jaunes semble reprendre de l'ampleur. 


Un "petit coup de chaud" qu'a reconnu la ministre, ce matin sur Europe 1, mais qu'elle a aussitôt tempéré : "Il n'y a aucune raison qu'il y ait une hausse des prix à la pompe et le gouvernement y sera très attentif. [...] Il n'y a aucun problème d'approvisionnement, il y a des stocks." Message à destination des entreprises pétrolières qui seraient tentées de gonfler leurs prix sur le territoire.

DIPLOMATIE

On ne peut en tout cas pas dire que le dialogue soit rompu entre les parties. Ainsi, le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le premier ministre britannique Boris Johnson, se rencontreront-ils, à New York. Les deux hommes discuteront lundi 23 septembre en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.

DISCRETION

Visiblement vexé de voir les dirigeants de l'UE commenter ses propositions, Downing Street a fait savoir à Bruxelles qu'elle souhaitait que ces dernières soient considérées comme étant "la propriété du gouvernement de Sa Majesté". Et qu'elles ne soient pas communiquées aux délégués des 27 Etats membres intéressés par le Brexit.


A quoi le groupe de travail de l'UE sur la question a répondu : "Nous avons l'intention d'aborder la question des méthodes de travail du Royaume-Uni par le biais de la transparence et le partage d'information".

PESSIMISME

Les prévisionnistes de l'OCDE ne voient pas le temps clair pour l'économie britannique en cas de "no deal". Selon l'organisation la coopération et le développement économique, une sortie sans accord conduirait à une récession avec une perte de croissance de 3% l'année prochaine.

OPTIMISME

Alors que le Brexit doit intervenir dans 6 semaines, les discussions vont bon train, assure Stephen Barclay, le ministre britannique en charge de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Ce dernier a assuré, à l'issue d'une rencontre avec Michel Barnier, le négociateur en chef du dossier pour l'UE, qu'il y avait un "élan" dans les discussions. 


"Je pense que les deux parties veulent arriver à un accord et nous travaillons dur pour cela", a-t-il dit. "Nous avançons, il y a un élan, les discussions continueront la semaine prochaine entre les équipes techniques."


Un discours en tout point identique à ceux tenus jusqu'à présent par Boris Johnson, lesquels avaient été sèchement démentis par ses interlocuteurs, de Jean-Claude Juncker à Michel Barnier.

BREXIT

La question pourrait toutefois être amenée à être tranchée plus vite que ne l'espérait Boris Johnson. En effet, alors que le premier ministre avait ordonné une suspension du parlement jusqu'au 14 octobre, la Cour suprême, qui vient de passer trois jours à se pencher sur un recours contre cette décision, a annoncé qu'elle rendrait sa décision "en début de semaine prochaine".

SONDAGES

Où en est-on dans la vie politique britannique, alors que l'hypothèse d'élections anticipées a toujours du poids ? Pour l'instant, les Tories, en dépit des temps difficiles de son leader Boris Johnson, seraient en tête, avec 33% des intentions de vote. Ils sont suivis par le Labour, 24%, au coude-à-coude avec les LibDems (23%). Le parti du Brexit arrive loin derrière, avec 10% des intentions de vote. Ce qui ne donne de toute façon pas une vision claire de comment les uns et les autres se prononceraient pour un Brexit sans accord (à droite) ou une remise en question du Brexit (au centre et à gauche), puisque ces questions divisent dans chaque camp.

FLAGRANT DÉLIT

La séquence de l'hôpital a été isolée par une caméra du Guardian.

"PÈRE DES MENTEURS"

Les oreilles de Boris Johnson ont vigoureusement sifflé, hier soir, à la Cour suprême britannique, qui étudie la légalité de la suspension du parlement, décidée par le premier ministre, et qui s'étend jusqu'au 14 octobre. Alors que la plus haute instance civile écossaise a jugé illégale la décision, l'avocat de 75 députés plaignants a ainsi eu cette formule soulignant le rapport particulier à la vérité de Boris Johnson : "La mère des parlements est fermée par le père des mensonges".


BoJo, régulièrement pris en flagrant délit de mensonge (lors de la visite d'un hôpital, il a contesté la présence de médias qui lui était reprochée par un témoin, devant une forêt de micro), avait notamment été renvoyé du Times pour avoir menti sur l'invention d'une citation au début de sa carrière journalistique. Plus récemment, il se fait régulièrement reprendre par les dirigeants européens lorsqu'il assure, optimiste, que les négociations sur le Brexit se rapprochent d'un accord, ces derniers s'inquiétant au contraire de leur inefficacité.

ULTIMATUM

Le premier ministre finlandais Antti Rinne, qui assure au nom de son pays la présidence tournante de l'UE, a posé un ultimatum au Royaume-Uni, jeudi 19 septembre. "Le Royaume-Uni doit présenter une proposition écrite d'ici la fin du mois", a indiqué son porte-parole dans un mail à l'AFP. Une confirmation des propos tenus la veille par le chef de gouvernement social-démocrate, suite à un entretien avec Emmanuel Macron, qui suit une ligne assez dure vis-à-vis des demandes de souplesses émanant du Royaume-Uni.


La réponse de Londres ne s'est pas faite attendre : quasiment dans la foulée, cette nouvelle échéance, un mois plus tôt que la date prévue du Brexit - le 31 octobre - a été retoquée par le porte-parole de Downing Street devant la presse : "Nous présenterons des solutions écrites formelles quand nous serons prêts, et non en fonction d'une échéance artificielle".

RÉSOLUTION

Le parlement européen a voté, à une très large majorité, en séance plénière, sa position concernant un éventuel report du Brexit. Une première depuis les élections européennes, qui a vu les députés européens (dont la délégation britannique, toujours en place), acter son soutien à un décalage de la sortie du 31 octobre au 31 janvier, "s'il existe pour cela des raisons et un objectif valables". Lesquels se résument ainsi : 


- éviter une sortie sans accord

- organiser des élections générales ou un référendum

- révoquer l'article 50 du Traité de Lisbonne, qui autorise chaque Etat à quitter l'UE selon un certain nombre de conditions

- agréer à un accord de sortie


Une pierre supplémentaire dans le jardin de Boris Johnson, puisque ce faisant, le Parlement européen suit la ligne des opposants au premier ministre. Mais cette résolution pourrait toutefois servir les intérêts de "BoJo", en ce que ces recommandations rejoignent son absence d'envie de demander un délai à l'UE.

BARNIER 

Après l'alerte de Jean-Claude Juncker, c'était au tour de Michel Barnier de taper du poing sur la table, mercredi 18 septembre, devant le Parlement européen. Le négociateur en chef du Brexit pour l'Union européenne s'est montré assez virulent quant aux positions prônées par Boris Johnson, au point de déclarer : "Il ne s'agit certainement pas de faire semblant de négocier". 


Et de convoquer un vieux traumatisme, lié à l'agriculture britannique, la crise de la vache folle : "Tout animal vivant, tout produit, notamment les aliments, qui arrive en Irlande du Nord en provenance de Grande Bretagne, entre sur le territoire irlandais et mécaniquement sur le marché danois ou polonais. Il nous fait donc faire des contrôles pour assurer la sécurité des consommateurs des 27. Nous n'avons pas la mémoire courte".


"Vous devrez rendre des comptes aux citoyens" britanniques, a-t-il ensuite averti, en s'adressant directement aux eurodéputés britanniques. "Les citoyens britanniques, comme les autres citoyens européens, ont droit à la vérité sur les conséquences du Brexit, toutes les conséquences qui sont beaucoup plus graves (...) que vous ne voulez bien le dire". Une référence à l'attitude très détendue des responsables britanniques quant à une éventuelle sortie sans accord.

AVERTISSEMENT


Le "risque" d'un Brexit sans accord "reste très réel", a averti mercredi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à six semaines de la date prévue la sortie du Royaume-Uni de l'UE .


"Ce sera peut être le choix du Royaume-Uni, mais jamais le choix de l'UE",  a-t-il déclaré, dans l'hémicycle du Parlement européen à Strasbourg, deux jours après une rencontre infructueuse avec le Premier ministre britannique Boris Johnson à Luxembourg.

DIPLOMATIE

Un agacement que n'a en tout cas pas laissé paraître Angela Merkel, qui a rencontré Boris Johnson au 10, Downing Street, ce mardi matin. "Le premier ministre a rappelé que le Royaume-Uni et l'Union européenne s'étaient mis d'accord pour accélérer les efforts afin d'arriver un accord sans 'backstop', que le parlement britannique pourrait avaliser. Nous travaillons avec énergie et détermination pour y parvenir".

DANS L'ATTENTE

La Commission européenne se dit toujours "en attente de propositions concrètes de la part du Royaume-Uni", a indiqué la porte-parole Mina Andreeva depuis Strasbourg.


"Chacun a publiquement annoncé qu'il voulait un accord. Un Brexit sans accord ne va dans l'intérêt d'aucune des parties, il y a donc une volonté d'arriver à une solution. Mais, encore une fois, nous avons rappelé que c'était désormais de la responsabilité du Royaume-Uni d'arriver à la table des négociations avec des solutions légales et compatible avec notre accord de divorce."


Un ton nettement plus diplomatique que l'agacement palpable chez le premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel, la veille.

AUDIENCE

Signe que le Brexit continue d'intéresser au plus haut point, le streaming de l'audience analysant le bien-fondé de la suspension du Parlement, décidée par Boris Johnson, a réuni jusqu'à 4,4 millions de personnes (contre 20.000 par mois d'ordinaire), relève The Guardian.

CONSÉQUENCES

Si le Brexit s'opère sans accord, il pourrait bien être sans avenir pour une grande partie des fermes irlandaises. Un tiers d'entre elles sont en effet jugées "vulnérables économiquement", a alerté mardi 17 septembre la banque centrale irlandaise. Un risque qui trouve son explication dans une statistique similaire : 38% des exportations agro-alimentaires irlandaises sont captées par le Royaume-Uni. 


Un niveau d'échange que l'absence de backstop, ce filet de sécurité entre l'Irlande et l'Ulster, qui ouvre le marché britannique sans frais douanier au négoce irlandais, comme le provoquerait un Brexit sans accord, précipiterait considérablement. Un exemple ? La taxation de la viande irlandaise atteindrait alors 50%. Le gouvernement irlandais a-t-il anticipé ces difficultés ? Il a en tout cas voté un budget 2020 fondé sur une sortie sans accord.

PARLEMENT

La Cour suprême britannique examine aujourd'hui et ces deux prochains jours la légalité de la suspension du Parlement, décidée fin août par Boris Johnson, dans l'objectif de se préserver des risques de report du Brexit, provoquant l'ire et la fronde des parlementaires britanniques. 


Un examen au cours duquel membres du gouvernement et opposants à la décision seront écoutés, mais qui ne débouchera de toute façon pas sur un report du Brexit. Il peut simplement avancer le retour du Parlement aux affaires avant le 14 octobre, date initiale de la fin de la suspension.


L'enjeu n'est toutefois pas anodin, puisqu'en cas de rejet de la suspension, Boris Johnson aurait à composer avec un parlement largement hostile, là où lui souhaiterait pouvoir gérer de houleuses négociations pour sortir de l'UE, avec ou sans accord, le 31 octobre.

BIENTÔT DES PÉNURIES ?

AUTRE SON DE CLOCHE


Le Premier ministre britannique Boris Johnnson a estimé à Luxembourg qu'il existe "une bonne chance d'accord" sur le Brexit mais qu'il fallait que l'Union européenne "bouge", dans un entretien à la chaine de télévision Sky.

HUÉ


Copieusement hué au Luxembourg, Boris Johnson a décidé d'annuler sa conférence de presse commune avec le Premier ministre luxembourgeois.


Seul sur le podium, le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel a exhorté Boris Johnson à "agir" plutôt qu'à "parler" pour trouver une solution sur le Brexit, à l'issue d'une rencontre avec son homologue britannique.


"L'heure tourne, arrêtez de parler, agissez", a-t-il dit. Ni la Commission, ni les 27 "n'accepteront à aucun moment d'être responsables (...) pour le bazar dans lequel nous sommes", a ajouté M. Bettel.

NEGOCIATIONS 


A l'issue d'une rencontre entre le Premier ministre britannique avec le président de la Commission européenne à Luxembourg, Downing Street a adressé un communiqué. 


Boris Johnson et Jean-Claude Juncker ont estimé "nécessaire d'intensifier" les discussions sur le Brexit. "Les dirigeants ont convenu qu'il est nécessaire d'accélérer les discussions et que des rencontres se dérouleraient bientôt sur une base quotidienne" en vue de trouver un accord sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne prévue le 31 octobre, a précisé le communiqué.

REGRETS 


Dans une interview accordée à la chaine britannique, ITV, David Cameron, ancien Premier Ministre a exprimé des regrets quant à la situation dans laquelle, se trouve son pays. C'est lui qui, en 2013, avait promis cette consultation pour tenter de calmer la frange eurosceptique de son Parti conservateur. 


Pour lui, ce référendum était "inévitable". "Est-ce que j'ai des regrets ? Oui (...) Est-ce que je suis désolé de l'état dans lequel est le pays ? Oui. Est-ce que j'ai une responsabilité? Oui. C'était mon référendum, ma campagne, ma décision d'essayer de renégocier."

REPLIQUE

Célèbre interprète de Hulk et connu pour son engagement à gauche (il avait soutenu Jeremy Corbyn lors des dernières élections britanniques, Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle 2017 et Bernie Sanders à la primaire démocrate de 2016), Mark Ruffalo a repris de volée Boris Johnson à propos de sa comparaison avec Hulk.


"Boris Johnson oublie que Hulk ne se bat que pour l'intérêt général. Etre fou et fort, ça peut aussi vouloir dire être destructeur. Hulk n'est jamais meilleur que quand il travaille en équipe. Quand il est seul, c'est un désastre."

CALENDRIER


M. Johnson doit rencontrer lundi au Luxembourg le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le responsable de l'UE en charge du Brexit, Michel Barnier. Un déjeuner au cours duquel le premier ministre, qui s'est comparé à Hulk, devra faire un peu plus que ses habituelles rodomontades pour convaincre les Européens. "Rien de bien tangible jusqu'à présent", a ainsi confié à l'AFP un diplomate européen au sujet des suggestions de Johnson comme alternative au backstop, le "filet de sécurité" qui doit assurer une continuité douanière entre l'Irlande, membre de l'UE, et l'Ulster, rattaché au Royaume-Uni. Le futur ex président de la Commission européenne "attend toujours des propositions concrètes."

[H]U[L]K


Le Premier ministre britannique Boris Johnson a dit samedi que "d'énormes progrès" étaient en cours pour aboutir à un accord sur le Brexit entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, qu'il a comparé à Hulk, dans le journal Mail on Sunday. "Quand j'ai obtenu cette fonction, tout le monde disait qu'absolument aucune modification à l'accord de retrait n'était possible (...). Ils (les dirigeants de l'UE) sont revenus là-dessus et, comme vous le savez, une très, très bonne conversation se tient sur la manière de traiter les problèmes de la frontière nord-irlandaise. Des progrès énormes sont en cours", a dit le chef de gouvernement. BoJo" a enfin comparé le Royaume-Uni au super-héros Hulk : "Plus Hulk se met en colère, plus Hulk devient fort et il s'échappe toujours, même s'il avait l'air bien ligoté, et c'est le cas de ce pays." 


Pas de quoi faire trembler le négociateur en chef du Brexit Michel Barnier, à qui cette sortie a inspiré cette réplique : "Le Brexit est une école de patience et de détermination".

JOHNSON

Encore une sortie compliquée pour Boris Johnson. Alors qu'il faisait l'éloge des élus pour résoudre les problèmes locaux, dans un discours, un homme l'a hélé : "Comme nos députés, Boris ! Il faudrait peut-être revenir au Parlement ?" "En effet, en effet, je suis tout à fait aux côtés de nos députés", tente de balayer le locataire du 10, Downing Street. "Alors pourquoi n'êtes-vous pas avec eux au Parlement, pour régler le bazar que vous avez créé ?" poursuit son interlocuteur, qui n'a pas digéré la suspension du Parlement, pas plus que la campagne pour le Brexit.


"J'ai hâte de retourner au Parlement", tente encore le conservateur. "Pourquoi ne trouvez-vous pas un arrangement, Boris ? Pourquoi ?" La litanie de l'homme se poursuit, avant qu'il ne soit emmené, manu militari, dehors, par la sécurité.

OPTIMISME

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est déclaré vendredi "prudemment optimiste" sur la possibilité de parvenir à un accord sur le Brexit avec l'Union européenne, évoquant "beaucoup de progrès" avec Bruxelles.


"Il y a les contours d'un accord qui reste à faire. Je suis prudemment optimiste", a affirmé le dirigeant conservateur lors d'un discours à Rotherham (nord de l'Angleterre). M. Johnson doit rencontrer lundi à Luxembourg le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker pour discuter du Brexit.

JOHNSON DÉSAVOUÉ


Nouveau revers pour Boris Johnson, judiciaire cette fois. Une cour d'appel écossaise vient de juger "illégale" la suspension du Parlement par le Premier ministre. 


Cette décision vient casser celle d'un juge écossais qui avait estimé que Boris Johnson n'avait pas enfreint la loi. La Haute Cour de Londres avait également rejeté vendredi une demande d'annuler la suspension du Parlement.


Le gouvernement a rapidement réagi en annonçant faire appel de la décision.


La suspension, qui a débuté mardi, doit durer cinq semaines.

ET MAINTENANT ?


Après le rejet par les députés lundi soir des élections anticipées voulues mi-octobre par le Premier ministre Boris Johson, plusieurs scénarios sont (encore) une fois envisageables dans la crise sans fin du Brexit.

Après les six revers de Boris Johnson, quels scénarios pour le Brexit ?

Après les six revers de Boris Johnson, quels scénarios pour le Brexit ?

ET PENDANT CE TEMPS-LÀ (BIS)

Boris Johnson a promis qu'il allait "s'évertuer à trouver un accord" auprès de l'UE, les 17 et 18 octobre prochains. Les termes sont délicats puisqu'il s'agit de trouver une alternative au backstop, ce maintien de l'absence de frontière économique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord. Une hypothèse qui refroidit les conservateurs, en ce sens qu'il prive, selon eux, le Royaume-Uni d'une politique commerciale indépendante et imposerait au DUP, le parti majoritaire en Irlande du Nord, de s'asseoir sur ses vues unionistes, refusant le moindre statut particulier pour son territoire. L'UE, elle, souhaite maintenir cette absence pour conforter l'idée d'un "territoire douanier unique" incluant le Royaume-Uni.

ET PENDANT CE TEMPS-LÀ

Opposés aussi bien au référendum qu'à une sortie sans accord, une cinquantaine de parlementaires, issus de différents partis composant la Chambre des communes, se sont rencontrés pour remettre sur pied un accord, inspiré de celui que Theresa May n'avait pu défendre avant son départ, qui agréerait à Boris Johnson. Une initiative motivée ainsi : "Si nous sortons sans accord, on aurait la moitié du pays sur le dos et si nous optons pour un maintien dans l'UE, c'est l'autre moitié du pays qui se sentirait trahie", a résumé auprès du Guardian Rory Stewart, ex-député Tory, ex-prétendant au 10, Downing Street, aujourd'hui passé chez les indépendants.

UE

Le Brexit n'est "pas la fin de quelque chose" mais "le début de notre future relation" avec le Royaume-Uni, a déclaré mardi la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.


"Nous sommes encore dans un processus difficile. Je n'arrête pas de dire : 'Le Brexit que nous n'avons jamais voulu'. Mais nous respectons la décision prise par nos amis britanniques, par le Royaume-Uni".

SCENES CHAOTIQUES

Dernier discours tonitruant - et sarcastique - du "speaker" John Bercow, cris "honte à vous" des élus anti-"no deal" à leurs collègues conservateurs... The Guardian a résumé en vidéo la dernière soirée du parlement britannique avant sa suspension pour cinq semaines, hier soir.

ET MAINTENANT ?

Après cette énième et ultime session parlementaire, la situation n'est pas plus avancée. Voici où nous en sommes, alors que le Parlement est suspendu pour cinq semaines, jusqu'au 14 octobre. 


Durant cette période, Boris Johnson peut avancer dans ses négociations avec l'UE pour obtenir le meilleur accord possible de son point de vue. Il s'agit notamment de trouver une alternative au fameux backstop, ce "filet de sécurité" qui maintient l'absence de frontière entre l'Irlande (membre de l'UE) et l'Ulster, et dont les hard-brexiters, comme les dirigeants europhobes de l'Irlande du Nord, ne veulent pas entendre parler. Mais les récentes discussions donnent l'impression tenace que Boris Johnson n'a pas convaincu grand monde de l'UE pour l'instant.


Le Premier ministre peut également choisir de respecter la loi votée et revotée par le parlement, lui demandant de solliciter un nouveau délai de trois mois pour négocier une sortie mieux achalandée. L'hypothèse paraît improbable, BoJo ayant assuré qu'il préférait mourir au fond d'un fossé que d'envoyer la lettre de demande à l'adresse de la Commission européenne, quitte à enfreindre la loi. Mais quand bien même le locataire du 10, Downing Street accepterait de se soumettre à la décision du parlement, encore faudrait-il que les 27 répondent positivement à cette demande. 


Parallèlement à cela, l'hypothèse de nouvelles élections, incontournable devant l'incapacité de Johnson à réunir une majorité (il a perdu coup sur coup six votes parlementaires), et même rejetée à deux reprises, reste sur la table. Les positions pour y parvenir sont, pour le moment, figées : travaillistes, libéraux-démocrates et indépendantistes écossais, tous convaincus de la nécessité d'un nouveau scrutin, et dont les votes sont indispensables à sa validation, continueront de mettre leur veto tant qu'ils n'auront pas l'assurance que l'hypothèse d'un "no-deal" ne soit pas écartée. Ce dont Boris Johnson et ses alliés conservateurs ne veulent pas

LES TROIS INFOS DE LA NUIT


• La chambre des communes a rejeté la motion proposant des élections anticipées. Boris Johnson perd un nouveau vote. 

• Il n’y aura pas de nouveau report du Brexit, a annoncé le Premier ministre, et cela malgré la loi votée en ce sens. 

• Les travaux du Parlement britannique sont désormais suspendus jusqu'au 14 octobre

Urgent

SUSPENSION


Les travaux du Parlement britannique sont suspendus jusqu'au 14 octobre. Cette suspension très controversée, critiquée par le président de la Chambre des communes John Bercow, s'est déroulée dans une ambiance électrique, au milieu des protestations acrimonieuses de l'opposition.

QUELLES SUITES POSSIBLES ?


- Un No Deal. Les discussions engagées entre Londres et Bruxelles n'aboutissent pas, les 27 refusent un nouveau report du Brexit prévu le 31 octobre, ou bien Boris Johnson remporte des élections anticipées et fait sortir son pays de l'UE sans accord. Le gouvernement de Boris Johnson se prépare activement à ce scénario, multipliant les annonces de milliards de livres destinés à encaisser le choc.


- Un Deal. Londres et Bruxelles parviennent à s'entendre sur la question cruciale du filet de sécurité irlandais, ou "backstop", mécanisme visant à éviter le retour d'une frontière en Irlande entre la province britannique du Nord et la république membre de l'UE au sud. Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar a assuré lundi que l'UE n'avait "à ce jour"  reçu aucune proposition "réaliste" de Londres.


- Pas de Brexit. L'opposition travailliste emmenée par Jeremy Corbyn arrive en tête d'élections générales anticipées et avec le soutien du parti europhile libéral démocrate (centre) et des indépendantistes écossais, organise un second référendum sur le Brexit. Les non à la sortie de l'UE l'emporte. Le rêve des europhiles --les 48% qui ont voté contre le Brexit lors du référendum de juin 2016.

DUTY FREE


Quand beaucoup s'inquiètent des conséquences économiques d'un Brexit sans accord, le gouvernement a fait une annonce à destination des vacanciers britanniques en cas de "no deal": le retour des duty-free. "Les passagers à destination de l'UE pourront acheter bière, spiritueux, vin et tabac sans payer les taxes qui s'appliquent au Royaume-Uni", selon un communiqué du ministère britannique des Finances.

Urgent

NOUVEAU REJET


Les députés britanniques ont rejeté à nouveau la tenue d'élections législatives anticipées voulues par Boris Johnson, lors de la dernière séance avant une suspension du Parlement pendant cinq semaines. La motion du gouvernement n'a obtenu que 293 voix, soit bien moins que la majorité des deux tiers de la Chambre des communes requise pour être adoptée. Il s'agit du dernier d'une série de revers parlementaires pour Boris Johnson sur sa stratégie du Brexit depuis une semaine. 

Urgent

PAS DE NOUVEAU REPORT


Le Premier ministre britannique Boris Johnson a assuré lundi soir qu'il ne demanderait pas "un nouveau report" du Brexit malgré la loi en ce sens votée par le Parlement. 

VOTE


Les députés britanniques ont voté ce lundi soir pour obliger le gouvernement de Boris Johnson à publier des documents confidentiels sur l'impact d'un Brexit sans accord. Une nouvelle défaite parlementaire pour le Premier ministre conservateur. La motion a été adoptée par 311 voix, contre 302. Elle demande également au gouvernement de divulguer les échanges entre responsables sur leur plan controversé de suspendre le Parlement pendant cinq semaines à partir de mardi.

PREVISIONS

Qu'y a-t-il dans la loi qui, en demandant le report du Brexit, espère obtenir la mise à l'écart de la perspective d'un "no deal" ?


Il prévoit d'abord que, si le gouvernement de Boris Johnson n'arrive pas à un accord de divorce avec l'UE d'ici le 19 octobre, ce dernier devra demander un report du Brexit jusqu'au 31 janvier 2020. Une copie de lettre est accolée au projet de loi, à destination de Donald Tusk président du Conseil européen. 


L'autre moyen pour Boris Johnson d'éviter cela, serait que le Parlement valide un Brexit sans accord. Perspective peu probable, puisque c'est ce même parlement qui a voté cette loi.


Boris Johnson, résolument opposé à un délai supplémentaire, pourrait trouver un relais précieux en Emmanuel Macron, ce dernier ne voyant pas non plus l'intérêt d'un délai supplémentaire. Et comme l'octroi d'un nouveau délai doit être approuvé à l'unanimité des 27...


Si Boris Johnson accepte de faire cette demande et que l'UE l'accepte à son tour, le gouvernement britannique (mais sera-t-il toujours en place ?) devra publier d'ici au 30 novembre un rapport précisant les progrès accomplis dans le développement des accords entre les deux parties. Une absence d'accord au 31 janvier 2020 est prévue dans la loi, avec la possibilité de mettre en place un nouveau report. 

DEMISSION

Membre du parti conservateur, John Bercow n'aurait de toute façon pas eu la partie facile pour se représenter, les hard-brexiters, insatisfaits des bâtons qu'il leur mettaient dans les roues, ayant décidé de présenter une candidate contre lui.


C'est notamment sa détermination à renforcer les positions du Parlement qui auront marqué ses 10 années de mandat à la tête des Communes. 

COUP DE THÉÂTRE

Le président de la Chambre des Communes, John Bercow, connu pour sa voix de stentor et sa façon de mener les débats sans ménagement, y compris pour le gouvernement, a fait part de son intention de quitter son poste dans les prochaines semaines. 

"J'ai fait le serment, à ma femme et mes enfants, que ce mandat serait le dernier et j'ai l'intention de m'y tenir", a dit celui qui dirige la Chambre depuis 10 ans. 

"Si les députés votent en faveur de nouvelles élections, je terminerai ce mandat. Sinon, il m'est apparu que la date la plus démocratique et constitutionnelle possible serait le 31 octobre (date supposée du Brexit, ndlr)".

Urgent

APPROBATION ROYALE

La reine Elizabeth II a apporté son approbation à la loi demandant un report du Brexit, vient-on d'apprendre par un communiqué.

DESTITUTION  ?

Vers un impeachment de Boris Johnson ? C'est une hypothèse que prennent en tout cas en considération les médias britanniques, sur la foi d'une déclaration de la leader des députés nationalistes gallois à Westminster. Devant l'annonce du gouvernement indiquant que Boris Johnson n'irait pas demander un nouveau délai de sortie à l'UE, l'élue aindiqué : "Si le premier ministre enfrint la loi, nous seront d'autant plus légitimes à le destituer qu'à l'époque où lui l'avait mise en avant, en 2004." Il y a 15 ans, alors journaliste, Johnson avait appelé à destituer Blair pour ses mensonges préalables à l'entrée en guerre du Royaume-Uni en Irak.


La procédure aurait besoin d'être dépoussiérée, cette dernière ayant été utilisée pour la dernière fois... en 1806. Toutefois, elle prévoit bien que n'importe quel membre du parlement peut y être sujet en cas de "crimes ou délits graves, pour lesquelles aucune autorité publique ne pourrait entamer des poursuites". En l'occurrence, le refus de Johnson de respecter la loi pourrait en faire partie.

PENDANT CE TEMPS-LÀ, EN FRANCE...

... on se prépare gentiment à un "no deal", auquel le président comme le quai d'Orsay semblent s'être résolus. Un communiqué de Matignon publié en début d'après-midi indique que sept ordonnances, huit décrets et plusieurs arrêtés ont été pris pour "protéger les citoyens européens des conséquences du Brexit".


Conscient qu'"une sortie sans accord entraînerait nécessairement un certain niveau de perturbation dans les relations avec le Royaume-Uni, le gouvernement a fait savoir qu'il avait procédé au recrutement de 800 personnes aux douanes et avait décidé de conduire "des tests en conditions réelles de son nouveau dispositif de contrôle" aux frontières. 


La communication gouvernementale entend rappeler aussi la mise en place du site brexit.gouv.fr, dédié aux questions "des citoyens français installés au Royaume-Uni, des ressortissants britanniques installés en France et des entreprises qui commercent avec le Royaume-Uni", et a enjoint les ministères à "répondre rapidement à toutes les questions posées". 

Infos précédentes

Ne manquez rien du tortueux processus de sortie du Royaume-Uni dans le fil ci-dessus.

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