EN DIRECT - Elections britanniques : les bureaux de vote ouvrent pour des élections cruciales pour le Brexit

EN DIRECT - Elections britanniques : les bureaux de vote ouvrent pour des élections cruciales pour le Brexit
International

Toute L'info sur

Brexit : goodbye United Kingdom

DEAL OR NO DEAL ? - Alors que le Brexit est attendu au plus tard pour le 31 janvier 2020, les élections de ce jeudi 12 décembre 2019, convoquées en catastrophe pour résoudre la crise politique que traverse le pays, changeront-elles la donne ? Suivez les dernières infos.

Live

L'ARTICLE À LIRE

Brexit, prétendants et sondages : ce qu'il faut savoir sur les élections britanniques

C'EST PARTI 


Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes jeudi matin au Royaume-Uni pour les élections générales anticipées cruciales pour la sortie du pays de l'Union européenne, promise au 31 janvier par le Premier ministre sortant Boris Johnson.


Le leader conservateur espère obtenir une majorité nette pour mettre en oeuvre l'accord de Brexit qu'il a négocié avec Bruxelles. Son adversaire travailliste Jeremy Corbyn promet quant à lui en cas de victoire un nouveau référendum sur le Brexit. Les électeurs britanniques ont jusqu'à 22H00 (locales et GMT) pour élire leurs 650 députés.

SONDAGES

Il faut également prendre en compte une autre donnée, celle du vote tactique auquel appellent tous les opposants au Brexit. Cette stratégie consiste à demander à chaque électeur qui a voté "Remain" au référendum de 2016 de voter pour le ou la candidate anti-Brexit la mieux placée. Selon une étude commandée par l'organisation à l'origine de cette initiative, Best for Britain, la consigne n'empêcherait pas Johnson de gagner l'élection, mais le priverait de majorité. Si elle est respectée, elle ferait plafonner les Tories à 309 sièges, devant le Labour à 255, les LibDem à 14 et le SNP à 49. 


Un travail qui fait dire à la patronne de Best for Britain, Naomi Smith : "Cette élection se joue sur le fil du rasoir. Si suffisamment de "Remainer" se bouche le nez et vote pour le candidat qui a le plus de chance de battre un conservateur, alors tout cela débouchera sur un parlement minoritaire et un nouveau référendum."


Preuve en est, rapporte The Guardian : dans deux circonscriptions où le Labour est en situation de l'emporter face aux Tories, les LibDems ont arrêté de faire campagne. 


Des figures de chacun des partis concernés (Labour, LibDems, SNP) se sont exprimés, sinon pour soutenir, au moins pour ne pas condamner la méthode. Ainsi de l'ancien premier ministre conservateur John Major, qui résume la chose ainsi : "Des fois, il faut voter avec sa tête et son coeur. Pour votre pays et pour votre futur."

SONDAGES

Nous sommes à cinq jours du vote et les sondages ne prédisent pas franchement un changement de majorité. Bénéficiant du peu d'entrain à l'égard du parti du Brexit, son concurrent sur la question du divorce avec l'Union européenne, le Parti conservateur continue sa course en tête avec 46% des voix, selon un sondage Opinium pour The Observer. 


Le Labour se situe loin derrière, avec 31% des voix, payant là sans doute le fait de n'avoir pas su convaincre ni les "Remainers", ni les "Brexiters" qui pouvaient vouloir voter pour ses candidats.


Encore plus loin derrière le Labour, on retrouve les LibDems, payant là le fait que les conservateurs opposés au Brexit n'ont pas sauté le cap du changement de parti. 


Les nationalistes écossais, anti-Brexit également, et qui militent pour un nouveau référendum en cas de divorce (l'Ecosse a voté pour rester dans l'UE), sont à 4% des voix. Un score qui paraît faible, si l'on ne tient pas compte du fait qu'ils ne présentent des candidats que dans cette partie du territoire.


Ces chiffres doivent toutefois être pris avec des pincettes : au Royaume-Uni, les députés sont élus à la majorité simple. Cela signifie que quiconque arrive en tête, le 12 décembre, même avec 10% des voix, sera envoyé à la chambre des représentants.

CAMPAGNE

Principal adversaire de Boris Johnson, le Labour pointe du doigt son incapacité supposée à mener le Brexit comme il promet le mener. Dans un "rapport confidentiel" gouvernemental de 15 pages qu'il dévoile, le parti dirigé par Jeremy Corbyn, à la traîne dans les sondages, entend dévoiler "les mensonges que Boris Johnson essaie de propager.


Entre autres révélations, ce document montre qu'il y aurait bien des contrôles réglementaires, des tarifs douaniers "dommageables" entre l'Irlande du Nord et la Grande Bretagne (du fait du maintien de l'absence de frontière entre l'Eire et l'Ulster).


Conclusion de Corbyn : "L'accord de Johnson sera désastreux pour les entreprises et l'emploi à travers tout le Royaume-Uni [...]. Son accord infligera également d'importants dommages économiques à l'Irlande du Nord".

NÉGOCIATIONS

Il y a le Brexit, certes. Mais il y a aussi le projet d'accord commercial qui liera le Royaume-Uni et l'Union européenne, si d'aventures le Brexit se fait. Pour ce faire, les dirigeants européens entendent aller vite et ont indiqué, dans un document consulté par l'AFP, que "les négociations devront être organisées de manière à tirer le meilleur parti possible du peu de temps disponible pour al négociation et la ratification". 


Le "peu de temps" en question, c'est la période de transition, qui doit prendre fin le 31 décembre 2020. Celle-ci pourra toutefois être prolongée une fois, et jusqu'à fin 2022. Extension à laquelle Boris Johnson, qui avait déjà promis un Brexit au 31 octobre, s'est refusé. 

TRUMP

C'est en ami du Royaume-Uni et particulièrement de Boris Johnson que Donald Trump est arrivé, mardi soir, à Londres, pour le 70e anniversaire de l'Otan. Attendu au tournant par l'ensemble de la classe politique britannique, le président américain a finalement fait simple. Pro-Brexit devant l'éternel, désireux de développer un vaste accord de libre-échange avec le Royaume-Uni si ce dernier mène son Brexit à bien, Trump a toutefois su raison garder, dès son arrivée : "Je ne veux pas compliquer les choses, je ne vais pas me mêler de ces élections."


Il a toutefois rappelé tout le bien qu'il pensait de Boris Johnson :"Je pense que Boris est très compétent et qu'il fera du bon travail". Et redit tout le bien qu'il pensait du Brexit. Il s'est également abstenu de tout commentaire à l'égard de Jeremy Corby, assurant "ne rien savoir" de lui, alors que le leader du Labour tire à boulets rouges sur l'alliance Trump/Johnson, qui vise, selon lui, à privatiser le service public de santé britannique et de transférer ses compétences à des compagnies d'assurance santé américaines. "Si on me le proposait sur un plateau d'argent, je ne le prendrais pas", a assuré Trump.

DEBAT

Lors d'un débat électoral télévisé, Nigel Farage et le représentant de Boris Johnson sur le plateau, Rishi Sunak, ont été régulièrement tancés pour la proximité que leur mouvance affiche avec Donald Trump, président des Etats-Unis. 


"Il peut souper avec lui, mais avec une très grande cuillère", a résumé la Première ministre indépendantiste écossaise Nicola Sturgeon. Son adversaire, la LibDem anti-Brexit Jo Swinson, a rappelé ses antécédents en "d'agression sexuelle contre les femmes", de "politiques discriminatoires contre les minorités religieuses", estimant que le Royaume-Uni devrait être "particulièrement attentif quant à notre relation". 


Le représentant du Labour, Richard Burgeon, spécialiste de la Justice, a quant à lui accusé Trump "de vouloir conspirer avec Boris Johnson et le leader du parti du Brexit pour donner un accès à ses amis vautours au système national de santé".


Une affirmation aussitôt démentie par Nigel Farage : "C'est faux, ce sont des mensonges". Qui, après avoir défendu Trump, "notre plus important ami au monde", est revenu sur ses propos dans lesquels il se vantait d'avoir agressé sexuellement des femmes : "C'est grossier, cru et mal. Mais si chacun d'entre nous avait été attrapé, un soir, avec un verre à la main, aucun ne serait présent à ce débat".

ANTI-JOHNSON

Ancien alliés du Premier ministre, ils se présentent aux élections générales du 12 décembre, mais certainement pas sous la casaque du Parti conservateur. Il en est ainsi de l'ancien ministre de la Justice David Gauke, qui se présente comme indépendant, afin de marquer son désaccord avec l'accord de retrait proposé par BoJo.


A l'instar d'une vingtaine de conservateurs modérés, exclus des Tories pour avoir voté contre les projets de loi du Premier ministre, Gauke se présente donc contre le Premier ministre, à l'instar de son ancien collègue Dominic Grieve.

VISITE DE TRUMP

C'est dans ce contexte incertain que s'annonce la visite du président américain à Londres, pour le sommet de l'Otan, à quelques jours de ces élections cruciales. Pro-Johnson, mais partisan d'une alliance avec le parti du Brexit de l'europhobe Nigel Farage, Donald Trump pourrait à nouveau faire part de sa "capacité incroyable à créer de l'inattendu", pour reprendre les mots du politologue Richard Whitman auprès de l'AFP.


"Johnson sera probablement content de la séance photo mais je pense que le Parti conservateur sera nerveux de tout ce que Trump pourrait tweeter", poursuit-il, alors que  l'objet de la venue du président, l'Otan, est à l'origine de la plupart de ses bouderies diplomatiques.


Alors que les Tories bénéficient d'une confortable avance sur le Labour, Trump viendra-t-il tout mettre par terre, dès ce mardi ? Sera-t-il l'auteur d'une boulette quant au futur du système national de santé britannique, dont les travaillistes disent qu'il est au coeur des négociations sur le futur accord de libre-échange avec les Etats-Unis ?


Boris Johnson semble le craindre, lui qui prévenait prudemment, ce vendredi : "Quand vous êtes des amis et alliés proches comme les Etats-Unis et le Royaume-Uni, la meilleure chose à faire est de ne pas s'impliquer dans la campagne électorale de l'autre"

QUERELLE PRO-BREXIT

Le score des Tories reste remarquable, eu égard à la popularité de Johnson et de la guerilla parlementaire dont il est sorti, mais aussi des querelles que lui font ses alliés du DUP, le parti unioniste nord-irlandais, ultra-conservateur et encore plus europhobe que lui. Ces derniers, qui s'étaient alliés à Theresa May en 2017, ne cessent de mettre des bâtons dans les roues à Johnson, en raison de l'accord négocié. Ces derniers voient l'accord en question, qui préserve l'absence de frontière avec la République d'Irlande, comme une remise en question de l'Union britannique.


En d'autres termes, s'ils veulent bien d'un statu quo avec leur voisin du Sud, pas question pour les unionistes d'accepter de nouvelles règles de contrôles avec le Royaume-Uni, comme le prévoit l'accord actuel.

SONDAGE

Cette controverse ne porte pour l'instant pas ses fruits. En effet, selon les derniers sondages, ils bénéficieraient de 359 sièges, soit 42 de plus par rapport au scrutin de 2017. Le Labour, lui, tomberait à 211 sièges, 51 de moins que lors de la précédente élection. 


Il semblerait que le Labour paierait là ses positions incertaines sur le Brexit, puisque c'est dans les circonscriptions travaillistes pro-Brexit qu'ils perdraient ses sièges. Un comble, alors que Corbyn n'a jamais été un europhile patenté. Mais qui s'explique en ce que ce dernier a expliqué que, s'il était envoyé à Downing Street, il renégocierait un accord, le soumettrait à référendum, ce qui, en cas d'échec, signifierait que le Royaume-Uni resterait dans l'UE. De quoi lui faire perdre certains affidés favorables à la sortie de l'UE.


Ailleurs dans le Parlement, les indépendantistes écossais du SNP progresseraient de 8 sièges (43 élus), tandis que les libéraux démocrates en gagneraient 1 (13).

ACCUSATION

C'est une des accusations régulières que brandit le Labour à l'endroit des Tories : s'il était reconduit à Downing Street et qu'il menait "son" Brexit à bien, Boris Johnson aurait pour projet de solder le système national de santé aux compagnies d'assurance américaines, dans le cadre du grand accord de libre-échange qu'il signerait avec les Etats-Unis.


Un sujet particulièrement sensible, puisque c'est en partie sur la question de ce système de santé, maltraité par des années de politiques austéritaires, que se jouera cette élection. 


Les travaillistes, qui avancent en campagne avec un des programmes les plus à gauche qu'ils aient porté ces dernières décennies, ont donc beau jeu de mener la charge. C'est ainsi que Jeremy Corbyn a brandi un dossier de 450 pages faisant état de six séances de négociation, depuis 2017, entre Washington et Londres, sur le sujet. "Ces documents confirment que les Etats-Unis exigent que le service national de santé soit sur la table des négociations commerciales. [...] est question de négociations secrètes pour un accord avec Trump après le Brexit, qui va définir l'avenir de notre pays."


Une affirmation vigoureusement démentie par la ministre du Commerce internationale : "Corbyn commence à désespérer et ment complètement au public sur le contenu de ces documents." "Notre service de santé n'est pas sur la table des négociations", a surenchéri Boris Johnson.

REPONSE

Michael Gove, le ministre en charge du Brexit, s'est chargé de répondre aux sceptiques. "C'est le genre de position par défaut de nombreux commentateurs", a-t-il balayé. Il a décrit le futur agrément comme étant "le type d'accord qui servirait les intérêt de l'UE et du Royaume-Uni. Ce serait un accord de libre-échange avec une coopération amicale".

SCEPTICISME

Réaliser le Brexit d'ici le 31 janvier et obtenir un accord commercial avec l'UE avant la fin de l'année 2020 ? La promesse de campagne de Boris Johnson laisse sceptiques les connaisseurs du dossier du divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, qu'ils soient diplomates, économistes ou experts politiques. 


L'ex-ambassadeur du Royaume-Uni auprès de l'UE Ivan Rogers juge ainsi que "les ministres du gouvernement se trompent constamment" sur la durée de la période de cette période de transition. Il envisage même une nouvelle crise politique fin 2020.


Autre ex-acteur majeur du Brexit, Michael Heseltine, ancien vice-premier ministre de Theresa May, qui trouve "grotesque" le scénario proposé par Boris Johnson. "Nous sommes partis pour une nouvelle année d'incertitude et la possibilité d'une sortie sans accord à la fin", prévient-il.


Sollicité par l'AFP, le chercheur Sam Lowe estime que la perspective d'un accord commercial en 11 mois est "possible, pourvu que le Royaume-Uni soit clair sur ce qu'il demande". 

TORIES

Favori des élections à venir, sans pour autant être certain d'en tirer une majorité digne de ce nom, le parti conservateur s'avance fébrilement vers les élections générales du 12 décembre. Il a présenté son programme, et celui-ci continent un point fort : la réalisation du Brexit, mais aussi une volonté affichée d'atténuer les politiques d'austérité.


S'il est reconduit à Downing Street, Boris Johnson entend en effet ramener devant le Parlement britannique le projet de loi de retrait de l'UE avant la période des fêtes. Il ne sera toutefois pas voté avant 2020. Une fois le Brexit acquis, Johnson négociera un autre accord commercial avec l'UE, et ce avant la fin de la période de transition, prévue fin 2020.


Johnson veut également mettre fin à la libre circulation des personnes pour mieux contrôler l'immigration. Les ressortissants seront tous traités de la même façon, qu'ils viennent de l'UE ou non, selon un système par points, qui favorisera les migrants les plus diplômés ou qualifiés.


Les Tories se veulent avant-gardistes sur la question des services publics. Le recrutement de 20.000 policiers. Le budget du système de santé sera augmenté de 34 milliards de livres d'ici 5 ans, avec le recrutement de 50.000 infirmiers, 6000 médecins et 6000 professions médicales. De la même façon, il prévoit d'injecter 14 milliards de livres pour le budget des écoles et de revaloriser le salaire des enseignants. 


Le financement de ces mesures ne passera visiblement pas par l'impôt puisque Johnson s'est engagé à ne pas augmenter l'impôt sur le revenu, les cotisations sociales et la TVA. 


L'environnement est aussi présent, avec un engagement à porter à zéro les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050. 

NEUTRALITÉ

C'est l'un des points principaux du programme de Jeremy Corbyn. Engager de nouvelles négociations avec l'UE pour un nouvel accord de sortie et le soumettre à référendum. Si les Britanniques l'adoptent, le Royaume-Uni sortira dans les six mois suivant son arrivée à Downing street. S'ils le rejettent, alors le Royaume-Uni restera dans l'UE.


Tancé pour sa réserve sur le sujet par ses adversaires, le patron des travaillistes s'est montré des plus clairs : "J'adopterai en tant que Premier ministre une position neutre afin que je puisse mettre en oeuvre de manière crédible le résultat obtenu et rassembler nos communautés et notre pays plutôt que de poursuivre un débat sans fin sur l'UE et le Brexit". 


"Mon rôle et le rôle de notre gouvernement sera de s'assurer que ce référendum se tienne dans une bonne atmosphère et nous nous plierons au résultat", a-t-il déclaré, dans un débat à la BBC.


Débat au cours duquel, face à la nationaliste et anti-Brexit écossaise Nicola Sturgeon, il a assoupli sa position sur un référendum pour l'indépendance de l'Ecosse : "Pas dans les deux premières années de sa prise de fonction". C'est un début, alors qu'il y a quelques semaines, il s'y était formellement opposé. Mais au vu des sondages, le Labour a besoin du SNP pour envisager gouverner.

LABOUR

Au tour du parti travailliste, principal parti d'opposition au conservateur Boris Johnson, de présenter son programme. Très à gauche, à l'image de Jeremy Corbyn, représentant de cette aile du parti, il promet notamment une "révolution industrielle verte". 


Vent debout contre l'accord de Brexit négocié par Johnson, dont il craint qu'il ne favorise une course au moins-disant social, fiscal et environnemental, il entend renégocier un accord dans les trois mois suivant son élection. Celui-ci maintiendrait la relation économique avec l'UE et protégerait emploi, droits des travailleurs et environnement. Il serait ensuite soumis à un référendum. Si l'accord était rejeté, alors le Royaume-Uni resterait dans l'UE. 


C'est au niveau de l'investissement public que le Labour vire le plus à gauche, avec la création d'un fonds d'investissement public de 400 milliards de livres pour les services publics, financé par des hausses d'impôts sur les 5% de Britanniques les mieux rémunérés et l'emprunt, à rebours des politiques d'austérité des derniers gouvernements.


Les nationalisations sont également au programme, avec le retour au public de l'eau, du rail, de la poste ou de BT pour offrir le haut début gratuit à tous les Britanniques. Corbyn entend aussi rendre les frais d'université gratuits, construire 100.000 logements sociaux, la hausse du salaire minimum et la semaine de 32 heures.


Enfin, l'environnement n'est pas oublié, avec la création d'une banque d'investissement publique qui apportera 250 milliards de livres pour la transition énergétique ces 10 prochaines années.

TROISIÈME VOIE

Ils ne sont pas favoris mais seront probablement les faiseurs de roi de cette élection. Les Libéraux-Démocrates, alliés européens de la République en marche, ont présenté ce mercredi leur programme pour "stopper le Brexit". Leur leader Jo Swinson, opposante acharnée au Brexit, a en effet fait du maintien dans l'UE son principal programme, espérant ainsi rallier à elle les europhiles de tous bords, conservateur comme travailliste. 


Un volontarisme qui s'est traduit à Westminster, où, avec les travaillistes et les conservateurs opposés à Boris Johnson, elle a voté contre toutes les options privilégiées par le premier ministre. Swinson, députée elle-même, y ajoute un argument qu'elle espère de poids : la promesse de réinjecter les 50 milliards de livres que coûteront le Brexit dans les services publics. De quoi concurrencer le travailliste Jeremy Corbyn sur sa gauche, qui pourrait alors payer ses hésitations sur le Brexit - il n'y est pas foncièrement opposé mais ne veut pas de l'accord actuel.


Par ailleurs, la centriste, tenante d'un discours que ne renierait pas Emmanuel Macron quand elle fustige les vieux partis et encourage la libéralisation, entend également investir dans les services publics, s'engager dans la lutte climatique et recruter davantage d'enseignants. Autre point de son programme, la légalisation du cannabis, pour lequel elle entend mettre en place un marché régulé.


Avec 15% des sondages, elle pourrait s'avérer indispensable à Jeremy Corbyn et au Labour (29%) si ceux-ci souhaitent damer le pion aux conservateurs de Boris Johnson (40%). Des sondages à prendre avec des pincettes, puisqu'au Royaume-Uni, les députés sont élus au scrutin uninominal à un tour. C'est à dire que c'est le candidat qui remporte le plus de voix qui est élu.

DEBAT

Pour cette confrontation, les deux hommes se sont passablement écharpés. Corbyn a reproché à Johnson de mentir aux Britanniques en leur assurant qu'il ferait le Brexit aussi rapidement que promis : "Vous n'allez pas le faire en quelques mois et vous le savez parfaitement bien". Il faudra, estime-t-il, "probablement sept ans de négociations pour conclure un accord commercial". Une attaque à laquelle s'est ajoutée le principal reproche fait à Johnson : le sort du système de santé britannique, le NHS : "Vous allez privatiser le NHS, vous tenez des réunions secrètes" avec les Etats-Unis pour ouvrir en partie à des entreprises pharmaceutiques américaines le système. "Une invention absolue", a rétorqué Johnson.


Lequel a reproché à Corbyn ses tergiversations sur le Brexit.


Les deux hommes, outre ces attaques acerbes, ont dû essuyer les moqueries des partisans du camp adverse. Rompus à tous les coups, les conservateurs avaient même renommé leur compte Twitter "Factcheck UK", se faisant passer pour un organe de déconstruction des infox là où il ne faisait que poster des tweets hostiles au parti travailliste.


Si le débat a été largement monopolisé par le Brexit, les deux hommes ont partagé leur inquiétude sur le changement climatique, mais aussi sur l'affaire Epstein, où est mis en cause le prince Andrew. Chacun a apporté "sa sympathie aux victimes".

DEBAT

Jeremy Corbyn et Boris Johnson s'affrontent pour la première fois à la télévision, à quatre semaines du scrutin du 12 décembre. Les deux hommes ont chacun leurs casseroles. Johnson, dans un premier temps, peut se voir reprocher sa gestion erratique de la crise parlementaire qui a agité l'été et l'automne britannique, essuyant défaite sur défaite au Parlement. Faisant de la réalisation du Brexit une de ses rares promesses de campagne, il est fragilisé par sa politique austéritaire et les accusations de conflit d'intérêts par une de ses proches, la femme d'affaires américaine Jennifer Arcuri. 


De son côté, Jeremy Corbyn, qui fait campagne avec un programme très à gauche et entend renégocier l'accord de Johnson et le soumettre à référendum, doit faire face à des accusations de laxisme vis-à-vis des dérapages antisémites au sein de son parti, le Labour. Il accuse par ailleurs un retard de 12 points face à Johnson (28% contre 40%). Pour gouverner, il devrait essayer de s'appuyer sur les nationalistes écossais, qui menacent de quitter le Royaume-Uni en cas de Brexit, et les LibDems, opposants acharnés au Brexit, mais qui ne partagent quasiment rien de son programme socio-économique.

IRLANDE

Une des conséquences du Brexit, outre l'hypothèse d'un prochain référendum sur l'indépendance écossaise, pourrait-il être de voir arriver un autre référendum, de l'autre côté de la mer d'Irlande ?


En effet, le Sinn Fein, parti républicain irlandais, met avec insistance le sujet sur la table. Dernière fois en date avec Mary Lou McDonald, sa dirigeante et cheffe de l'opposition en Irlande, qui affirme que "les jours de la partition [entre les deux Irlandes sont comptés". 


La négociation de la frontière irlandaise, qui n'a pas satisfait grand monde, dans l'accord de sortie, a en tout cas convaincu le Sinn Feinn, qui craint que cet accord ne vienne remettre en question celui de 1998, qui avait supprimé quasiment toute trace visible de la frontière entre l'Ulster et l'Eire. 

PAS DE COMMISSAIRE BRITANNIQUE

Il n'y aura pas de commissaire européen britannique. C'est ce qu'a annoncé le 10, Downing Street, jeudi 14 novembre, en réponse à une sollicitation de la future présidente Ursula van der Leyen. Cela n'a pas directement à voir avec le Brexit qui vient mais plutôt avec les élections qui se tiendront le 12 décembre et la réserve à laquelle s'oblige le gouvernement. "Un avis sur la conduite à tenir avant les élections stipule que le Royaume-Uni ne devrait normalement pas procéder à des nominations pour des postes internationaux durant cette période". 


La justification n'a pas satisfait la Commission européenne, qui a ainsi répliqué : "En tant que gardienne des traités, la Commission européenne a envoyé aujourd'hui une lettre de mise en demeure au Royaume-Uni pour manquement aux obligations qui lui incombent en vertu du traité de l'UE en ne proposant pas de candidat au poste de commissaire européen".

ELECTIONS

Cela ressemble à une bonne nouvelle pour Boris Johnson. Le patron du parti du Brexit Nigel Farage a annoncé lundi 11 novembre que la formation europhobe ne présenterait pas de candidats dans les circonscriptions remportées en 2017 par des conservateurs. 


Une main tendue de la part de l'ancien député européen et trader, qui avait menacé jusqu'alors de présenter un candidat dans 600 circonscriptions, y compris celles où les conservateurs risquaient de perdre un siège du fait de la division des voix entre pro-Brexit. 


Une décision prise pour empêcher la victoire des travaillistes et, ainsi, "un nouveau référendum", au programme de Jeremy Corbyn si le Labour venait à remporter les élections. "C'est le plus important pour le pays", a estimé celui qui a longtemps poussé pour un Brexit sans accord et regardait avec dédain l'accord obtenu par le Premier ministre à la fin du mois d'octobre.

NATURALISATIONS

L'AFP s'est intéressée à l'engouement de citoyens britanniques pour la nationalité française. 439 en 2016, l'année où leurs concitoyens ont décidé de voter pour le retrait de l'Union européenne, leur nombre a presque octuplé en deux ans, puisqu'ils étaient 3124 en 2018. 


Souvent déjà installés en France, ils sont nombreux à dire que le Brexit a été "le moment déclencheur" de leur démarche : "Sans le Brexit, (la naturalisation) ne m'aurait même pas traversé l'esprit", confie à l'agence un homme marié à une Française. "J'étais dans une grande famille heureuse, l'Europe, tout à fait à l'aise et intégré". Mais comme Britannique, il aurait eu l'impression de "ne plus faire partie du club" après le Brexit. Et de demander : "Est-ce que je peux dire vive la République et vive la Reine ?"

COALITION ANTI-BREXIT

Il y a les travaillistes, qui envisagent de rester, il y a les conservateurs, qui veulent sortir à tout prix, mais il y a aussi les anti-Brexit purs et durs. Ceux-là s'articulent autour des libéraux-démocrates, un parti centriste libéral pro-européen qui promet d'annuler le Brexit, des Verts et du parti nationaliste gallois Plaid Cymru, le pays de Galles ayant pourtant voté pour la sortie. Les trois partis se sont mis d'accord pour engager un candidat commun sur 60 sièges : 43 aux LibDems, 10 aux écologistes et 7 aux nationalistes gallois.

LES RICHES ONT PEUR

Aux accusations de stalinisme, Jeremy Corbyn a répondu sur Twitter  "Les absurdités que peuvent sortir les ultra-riches pour éviter de payer un peu plus d'impôts...". Et d'enfoncer, quelques heures plus tard, en se posant en "champion" de "ceux qui n'ont pas beaucoup d'argent ni des amis haut placés".


De quoi renforcer l'image d'épouvantail pour les plus aisés dans un pays qui compte ainsi 151 milliardaires et où les 1000 individus ou familles les plus riches détiennent la somme jamais atteinte de 771 milliards de livres, signe de creusement des inégalités. Un cabinet de conseil a récemment émis l'hypothèse que l'élection de Corbyn pourrait entraîner "un exode des particuliers les plus riches du pays".


En cause, un projet de taxe à 50% pour les revenus annuels de plus de 123.000 livres, l'interdiction potentielle des jets privés pour que les milliardaires cessent de "saccager le climat".

MAUVAISE IDÉE

Cela ne surprendra pas grand monde non plus, mais une semaine après son départ du perchoir de la House of Commons, le tonitruant John Bercow, tenu à un devoir de réserve qu'il était soupçonné de ne guère respecter par les pro-Brexiters, a dit tout le mal qu'il pensait du Brexit. "C'est la plus grosse erreur de ce pays depuis la Seconde guerre mondiale." "Quitter l'UE ne va pas nous aider", a expliqué cet ex-conservateur devenu indépendant. "Nous nous en sortons mieux quand nous formons un bloc que tous seuls".

NOUVEAU DEAL 

La chose ne surprendra guère, mais elle constitue peut-être une pierre dans le jardin de Jeremy Corbyn. Le - toujours - président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a reçu fraîchement la proposition de campagne travailliste de travailler à un accord de sortie mieux-disant sur le plan social et environnemental, qu'il soumettrait ensuite à la population britannique.


"Je ne serai plus en fonctions", "ce sera à la prochaine Commission de décider si oui ou non il y a une marge de manœuvre pour un nouvel accord", mais "honnêtement, je ne pense pas que ce soit une approche réaliste", a déclaré Jean-Claude Juncker dans une interview à la BBC.

CAMPAGNE

"Thatchérisme sous stéroïde", "Staline"... les noms d'oiseau volent, dans cette campagne. Viscéralement opposés sur les questions sociales et économiques, Boris Johnson et Jeremy Corbyn, principaux rivaux de cette élection, n'en manquent pas une pour s'envoyer des piques.


Le dirigeant conservateur a en effet eu cette tirade, mercredi 6 novembre, à l'égard des travaillistes, qui porte un des programmes les plus à gauche qu'ait connu le Royaume-Uni depuis quelques années (semaine de 32 heures, hausse du salaire minimum, forte hausse des impôts sur les plus riches) : "Ils pointent certains milliardaires du doigt avec un plaisir revanchard qu'on n'avait plus vu depuis que Staline a persécuté les koulaks". Une référence classique dans la critique de la gauche, référence au massacre des propriétaires terriens par le "Petit père des peuples", qui avait abouti à la mort de quelque 30.000 personnes et la déportation de plus de 2 millions d'autres.


A l'inverse, Corbyn attaque Johnson sur ce qu'il souhaite faire du Brexit : le détourner, en privatisant le NHS, le service public de santé britannique, dans le cadre du futur accord de libre-échange qu'il veut concocter avec les Etats-Unis : "Pour beaucoup dans le Parti conservateur, c'est ce dont il a toujours été question à propos du Brexit : faire marche arrière sur les bénéfices obtenus de haute lutte par la classe ouvrière durant des générations, du thatchérisme sous stéroïdes". 


Cette fois, il s'agit d'une référence aux politiques antisociales menées par Margaret Thatcher dans les années 80, qui avait mis de nombreux mineurs en grève. Une politique violemment reçue à laquelle continue d'être associés les dirigeants britanniques associés à une politique libérale.

CAMPAGNE

Dans ce contexte, la campagne continue, et du côté de Boris Johnson, on tente coûte que coûte de se servir de l'apparente indécision de Jeremy Corbyn au sujet du Brexit.


"Quand ils choisiront leur prochain Premier ministre, les électeurs méritent d'avoir une image précise de ce que chaque dirigeant potentiel fera en ce qui concerne le Brexit", a écrit le Premier ministre à son adversaire. 


 Il est vrai que le leader travailliste, qui ambitionne d'occuper le 10 Downing Street, a recentré sa campagne sur les questions sociales, médico-sociales et climatiques. Si ces questions sont en lien avec l'accord de sortie, elles relèguent à un lointain second rang la question de la sortie de l'UE.


Que souhaite faire Jeremy Corbyn ? Mécontent de l'accord négocié par Johnson, il promet de régler dans les six mois suivant l'élection l'épineuse question : en renégociant un accord, avec des normes sociales et environnementales plus favorables. Cet accord renégocié, il le présentera alors au peuple britannique, qui aurait alors la possibilité de le rejeter, ce qui aurait pour effet d'annuler toute sortie.

SPEAKER

Après le tonitruant John Bercow, démissionnaire au 31 octobre, c'est le travailliste Lindsay Hoyle qui va occuper le perchoir de la Chambre des communes. Agé de 62 ans, ce dernier, adjoint au speaker depuis 2010, a déjà occupé le rôle, dans un style moins incisif que son prédécesseur. Promettant "neutralité" et "transparence", Hoyle, qui représente depuis 1997 une circonscription du nord-ouest du pays, a promis de faire baisser l'électricité dans l'assemblée. Il ne risque pas de s'attirer les mêmes critiques en partialité que son prédécesseur, ayant pris le soin de cacher son vote au référendum sur le Brexit en 2016.

JOHNSON

Dans la même interview à Sky News, le Premier ministre a également défendu son accord de sortie, vivement critiqué par son allié Donald Trump, en ce qu'il ne "permettrait pas, en l'état, un accord de libre-échange entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni". "Je ne veux pas semer la dispersion avec le président des Etats-Unis, mais il se trompe. Quiconque regarde notre accord peut voir que c'est un très bon accord. Il nous autorise à reprendre le contrôle de notre monnaie, de nos frontières et de nos lois. Et il nous permet d'avoir un contrôle sur notre gestion douanière".

EXCUSES

Le même jour, Boris Johnson s'est excusé auprès des militants du Parti conservateur pour son échec à sortir de l'Union européenne le 31 octobre comme il s'y était engagé. Il a fait part de ses "profonds regrets", jugeant les délais qu'il a du demander "douloureux". Et d'appeler à recontextualiser son échec : "N'oubliez pas les circonstances dans lesquelles c'est arrivé", faisant référence à l'opposition parlementaire.

BREXIT

Il ne se présentera pas mais pèsera de tout son poids dans la campagne : l'europhobe Nigel Farage, tête de gondole du vote référendaire en vue du Brexit, a annoncé qu'il ne briguerait pas un siège à la Chambre des Communes. "Est-ce que je trouve un siège et tente de me faire élire au Parlement ou est-ce que je sers mieux la cause en parcourant le Royaume-Uni en long et en large et en soutenant 600 candidats ? J'ai décidé que la dernière proposition est la bonne", a-t-il assuré auprès du Sunday Times.


Il a également attaqué l'accord de sortie négocié par Boris Johnson, le qualifiant de "Brexit de Remainer". Une position qui risque de fragiliser la position du leader conservateur, en dispersant les voix des pro-Brexit entre le parti de Farage, crédité de 7% des voix, et les Tories, à 39%. De leur côté les travaillistes du Labour émargent à 27% des intentions de vote, avec une progression de six points ces derniers jours.

ADIEU LE NO-DEAL ? 

Eclaircissement en vue du côté de Boris Johnson ? Alors que le Premier ministre avait régulièrement envisagé une sortie sans accord, cette hypothèse est désormais exclue. Selon le Times, le programme des Tories pour les élections générales ont en effet décidé d'écarter cette possibilité. Actant ainsi qu'il n'y aurait par ailleurs pas d'accord avec le parti du Brexit mené par Nigel Farage.

L'AUTRE EXIT

Largement favorable au "remain" lors du référendum de 2016, (plus de 62%) l'Ecosse agite depuis le chiffon rouge de l'indépendance. Les élections générales du 12 décembre 2020, qui permettront peut-être de débrouiller le Brexit, dans un sens comme dans un autre, pourront aussi faire largement évoluer cette question. 


En meeting à Glasgow ce samedi, la Première ministre, la nationaliste Nicola Sturgeon, a lancé à ses troupes : "L'indépendance est à portée de main". Elle voit le prochain scrutin qui doit se dérouler dans six semaines comme une chance d'y parvenir. Forte de 35 sièges sur les 59 alloués à l'Ecosse à ce scrutin, le SNP espère compter sur une victoire travailliste qui lui permettrait alors de soumettre à nouveau un référendum. 


La dernière fois, en 2014, le non à l'indépendance l'avait emporté avec 55% des voix. Toutefois, le vote en faveur du Brexit "a changé la donne", a estimé la leadeuse nationaliste, qui espère organiser le scrutin en 2020.


Pour ce faire, elle aura besoin de l'assentiment de la nouvelle majorité. Mais les Tories comme le Labour y sont opposés. Nicola Sturgeon saura-t-elle monnayer son soutien à la majorité travailliste, dont elle partage la fibre sociale-démocrate, pour obtenir ce nouveau scrutin ?

REPLIQUE

Après la sortie de Trump, justement, sur la piètre qualité de l'accord entre l'UE et le Royaume-Uni, Downing Street est sorti du bois pour le défendre. Alors que Trump estimait que cet accord ne permettait pas d'en conclure un avec les Etats-Unis, un porte-parole de Johnson a répliqué le contraire. Cet accord permettra de conclure des "accords commerciaux partout dans le monde, qui profiteront à l'ensemble du Royaume-Uni".

ALLIANCE DU BREXIT

Il faut croire que Donald Trump a l'oreille de Nigel Farage. Au sens propre, c'était déjà confirmé, avec cette interview donnée à l'europhobe hier où le président américain disait tout le mal qu'il pensait de l'accord négocié par Boris Johnson avec l'UE. 


Au sens figuré, c'est encore plus clair. Après cette interview, Nigel Farage a repris le souhait présidentiel de voir s'allier le parti du Brexit aux conservateurs pro-Brexit, en donnant à Johnson un ultimatum de deux semaines pour "laisser tomber l'accord" négocié avec l'UE, sans quoi il pourrait présenter des candidats contre les conservateurs. Jugeant lui aussi que l'accord n'était pas bon - "Ce n'est pas un Brexit" -, Farage a encouragé Johnson à créer une "Alliance du divorce" ("Leave alliance" en version originale) à travers le pays. "Je suis ouvert à des exceptions locales. Nous sommes déjà en contact avec un certain nombre de députés qui sont prêts à voter pour dénoncer cet accord."


Réponse de Johnson ? Mitigée : "La difficulté dans le fait de faire des accords avec n'importe quel autre parti, c'est que cela nous expose au risque d'avoir Jeremy Corbyn au numéro 10". Une réponse risquée, alors que Farage estime que son parti pouvait viser 150 sièges.

LE JOUR DU NON-DIVORCE

Aujourd'hui jeudi 31 octobre devait être le jour de la sortie du Royaume-Uni dans l'UE. Ce que le Premier ministre Boris Johnson a souligné dans un communiqué où il a rejeté la faute sur le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn qui a préféré "plus d'indécision, plus de report et plus d'incertitude pour les familles et les entreprises".


Une pique à laquelle Corbyn a répondu ainsi : "Il a dit qu'il préférait être mort dans un fossé que de reporter (...), mais il a échoué et son échec relève de sa seule responsabilité. On ne peut pas se fier à sa parole." 

EXIT

Après 10 ans au perchoir, John Bercow, speaker de la Chambre des communes et empêcheur de "brexiter" en rond, a laissé son fauteuil de Westminster. Connu pour ses tonitruants "order" ("du calme", prononcé 14.000 fois en 10 ans selon les calculs de la BBC), ses répliques cinglantes et son respect très sourcilleux des règles de fonctionnement du Parlement, ce conservateur passé indépendant a été un personnage central des négociations autour du Brexit, refusant des votes à Theresa May comme à Boris Johnson, refusant à Donald Trump une visite au parlement, il avait été épinglé pour ses interprétations personnelles de ses pouvoirs.

L'AUTRE NO-DEAL

Coup dur pour Boris Johnson. Donald Trump, dont il se revendiquait régulièrement du soutien, vient d'annoncer que l'accord négocié avec l'UE ne lui paraissait pas permettre d'accord commercial avec les Etats-Unis.


Partisan d'un Brexit dur, Trump, qui a mis la pression sur Johnson - "Boris veut être très attentif à cela" - a appelé à une alliance entre les conservateurs pro-Brexit... et les europhobes de Nigel Farage, qui l'interviewait. "J'aimerais vous voir vous mettre ensemble, je pense que ce serait formidable".


Une sortie qui a fait bondir Jeremy Corbyn, qui a accusé Trump "d'essayer d'interférer dans les élections britanniques en faisant élire son ami Boris Johnson".

PASSES D'ARMES

A la chambre des Communes, on fourbit ses armes avant le scrutin. Boris Johnson a été attaqué sur son programme en matière de santé par Jeremy Corbyn, ce dernier l'accusant de vouloir favoriser le privé au travers de l'accord de libre-échange qu'il veut conclure avec les Etats-Unis après le Brexit, accord qui induirait une hausse des coûts pour les Britanniques. Johnson a également réintégré des députés conservateurs qui avaient voté contre ses motions en vue du gouvernement.


Le travailliste, attaqué sur son "indécision" au sujet du Brexit, a rappelé sa position : négocier un nouvel accord, le soumettre à référendum et annuler le Brexit s'il était rejeté. Il s'est également présenté en défenseur des services publics.


Portés par leur opposition farouche au Brexit, les libéraux-démocrates, alliés d'Emmanuel Macron, promettent l'annulation du Brexit. Leur cheffe Jo Swinson se porte candidate au poste de Premier ministre, et a taclé les deux hommes : "Le choix qui nous est offert est loin d'être suffisant. Aucun de ces hommes n'est apte à diriger notre pays".

STRATEGIE DE VOTE

Sur le front électoral, où se jouera donc une partie de ces relations futures, déjà, l'heure n'est pas au calme. Des militants anti-Brexit, réunis sous la bannière Best for Britain, ont appelé au vote utile en faveur d'un candidat anti-Brexit. Il s'agit de candidat travaillistes, nationalistes écossais, libéraux-démocrates. 


L'organisation pro-UE a "beaucoup, beaucoup d'espoir" que les électeurs suivent "leurs conseils" et adoptent cette stratégie, en étant guidé par un site qui mesure l'europhilie des candidats en poste. Selon Best for Britain, si 30% des électeurs pro-UE acceptaient de voter de manière stratégique, une coalition soutenant un nouveau référendum pourrait se retrouver au pouvoir.

NO DEAL

Michel Barnier, le négociateur en chef du Brexit pour l'UE, a prévenu ce mercredi qu'une sortie de l'UE sans accord "existe encore". Devant le Conseil économique et social européen", il a averti : "Cela pourrait intervenir fin janvier. Cela pourrait aussi intervenir fin 2020."


Ce n'est pas à proprement parler de l'accord de sortie qu'il s'agit, mais de l'accord sur les futures relations entre Royaume-Uni et UE. "Le temps de cette négociation sera exceptionnellement court, elle sera exigeante et difficile", a-t-il prévenu. 


Ces "accords mixtes, contrairement à (l'accord sur les conditions du) Brexit, vont exiger la ratification des 27 parlements nationaux à l'unanimité, et peut-être même de certains parlements régionaux. Je recommande de ne pas sous-estimer la difficulté de cette procédure de ratification"

Urgent

ÉLECTIONS


Les députés britanniques approuvent la tenue de législatives anticipées le 12 décembre prochain, par lesquelles le Premier ministre Boris Johnson espère retrouver une majorité et mettre en oeuvre sa promesse de sortir le Royaume-Uni de l'Union européenne. Le texte doit encore recevoir l'aval des Lords, qui l'examineront mercredi.


Le texte convoquant ce scrutin, a été adopté à une majorité écrasante de 438 voix pour et 20 contre à la Chambre des Communes.


Le Parlement avait auparavant rejeté un amendement de l'opposition travailliste fixant la date du vote au 9 décembre.


C'était la quatrième tentative du dirigeant pour convoquer les Britanniques aux urnes, cette fois-ci avec succès grâce au soutien déterminant des travaillistes, principale formation d'opposition. 

ADOPTÉ


Le nouveau report du Brexit, jusqu'au 31 janvier, a été formellement adopté par l'Union européenne, a annoncé ce mardi sur Twitter le président du Conseil européen Donald Tusk, appelant les Britanniques à faire "le meilleur usage" de cette prolongation.


Les 27 "ont formellement adopté le report. C'est peut-être le dernier", a tweeté M. Tusk, qui quittera ses fonctions fin novembre, en disant "au revoir" à ses "amis britanniques". "S'il vous plaît, faites le meilleur usage de ce délai", a-t-il ajouté. "Je croiserai les doigts pour vous".

L'OPPOSITION ACCEPTE LES ÉLECTIONS DE JOHNSON 


Au lendemain du rejet par le Parlement de la tenue d'élections anticipées le 12 décembre prochain, le Labour, principal parti britannique d'opposition, a donné ce mardi son accord pour l'organisation de ce scrutin. "Notre condition d'exclure une sortie sans accord est désormais remplie", avec le report de la date du Brexit accordé par l'Union européenne, a déclaré Jérémy Corbyn, patron du Labour, devant les membres haut placés du parti, promettant de lancer "la campagne la plus ambitieuse et la plus radicale pour un véritable changement que notre pays ait jamais vue".

 

Boris Johnson doit de nouveau tenter dans la journée d'obtenir des parlementaires qu'ils acceptent ces élections anticipées. 

C'EST NON !


Les députés britanniques ont rejeté lundi la tenue d'élections anticipées le 12 décembre, voulues par le Premier ministre Boris Johnson pour sortir le Brexit de l'impasse.


La motion du gouvernement a échoué, avec 299 voix, à recueillir les deux-tiers des voix requises, soit 434. Mais Boris Johnson a dans la foulée annoncé qu'il présenterait dans la soirée un projet de loi pour la tenue d'un tel scrutin, soumis au vote des députés mardi. Une telle loi requiert une majorité simple pour être adoptée.

PAS DE NOUVEAU REPORT


Le Premier ministre britannique Boris Johnson a demandé lundi à l'Union européenne d'exclure "un autre report (du Brexit) après le 31 janvier", dans une lettre répondant aux 27, qui ont accepté d'ajourner le divorce entre Londres et Bruxelles à cette date.


Le gouvernement présente ce lundi à la Chambre des Communes une motion pour la tenue d'élections anticipées. Mais si "le Parlement résiste" et n'adopte pas sa motion, "je voudrais exhorter les Etats membres de l'Union européenne à indiquer clairement qu'un autre report (du Brexit) après le 31 janvier n'est pas possible", a écrit Boris Johnson au président du Conseil européen, Donald Tusk.

Infos précédentes

Ne manquez rien du tortueux processus de sortie du Royaume-Uni dans le fil ci-dessus.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter