Flambée de violence entre Israël et Gaza : plus de 20 morts, Macron appelle à protéger les civils

International

ESCALADE - Des centaines roquettes ont été tirées samedi et dimanche depuis Gaza en direction d'Israël qui a répondu par des frappes aériennes "massives". Quinze Palestiniens ont été tués à Gaza dimanche, dont un responsable du Hamas, et 4 israéliens sont morts.

Des centaines de roquettes tirées en direction d'Israël et des frappes aériennes sur le territoire palestinien en représailles. Dimanche 5 mai, les affrontements entre Israël et Gaza se poursuivent au deuxième jour d'une flambée de violence qui a coûté la vie à au moins 4 Israéliens et 19 Palestiniens, et qui réveille le spectre d'un nouveau conflit.

Signe que ces tensions ne font que s'amplifier, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné dimanche de poursuivre "les frappes massives" en riposte à ces roquettes tirées depuis Gaza. "J'ai donné pour instruction à l'armée de continuer ses frappes massives contre les éléments terroristes de la bande de Gaza, et ordonné de renforcer en  chars, en artillerie et en troupes les forces déployées autour de la bande de  Gaza", a-t-il dit au conseil des ministres. Dimanche soir, Emmanuel Macron a affirmé que "le cycle de la violence doit cesser" et que "tous les civils doivent être protégés". Il "réaffirme le droit d'Israël à la sécurité, et la légitimité des aspirations du peuple palestinien".

Dimanche soir, trois Palestiniens, dont un bébé, ont été tués lors de nouvelles frappes israéliennes, a annoncé le ministère de la Santé relevant du Hamas, le groupe qui contrôle l'enclave palestinienne. Plus tôt, un commandant du Hamas a été tué dans la bande de Gaza par une autre frappe. Au total, 15 Palestiniens ont été tués durant la seule journée de dimanche. Plus tôt dans la journée, deux combattants du Jihad islamique sont morts dans un raid israélien mené sur la bande de Gaza, a annoncé le groupe armé palestinien qui a revendiqué des tirs de roquettes effectués ces derniers jours contre l'Etat hébreu.

Côté israélien, il s’agit du bilan le plus lourd depuis le conflit de l’été 2014. Quatre Israéliens ont été tués, dont trois à Ashkelon, dans le sud d’Israël, par les roquettes palestiniennes : un homme de 58 ans dans le jardin de sa maison, atteint par les éclats d’un projectile, et deux employés d’une usine de construction. L'hôpital d'Ashkelon évoque pour sa part plusieurs dizaines de blessés, la plupart légers. 

Quelle est l'origine de cette flambée de violence ?

Depuis samedi, quelque 600 roquettes ont été tirées de Gaza vers le territoire israélien, selon l'armée israélienne qui a indiqué en avoir intercepté un grand nombre. Il s'agit d'un des plus importants nombres de roquettes tirées en deux jours sur Israël dans les violences des dernières années entre les groupes armés palestiniens dont le Hamas au pouvoir à Gaza, et l'Etat hébreu. 

En réponse,  des raids aériens ont été menés dès samedi sur la bande de Gaza. Le ministère de la Santé relevant du Hamas a indiqué qu'une fillette de 14 mois et sa tante - d'abord présentée comme sa mère - figuraient également parmi les victimes, touchées par une frappe contre leur maison à Gaza. Dimanche, l'armée israélienne a contesté cette version. Le porte-parole de l'armée israélienne, Ronen Manelis, a imputé sur Twitter ces frappes à des "armes utilisées par le Hamas", sans fournir davantage de précisions.

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Quelles ont été les cibles des frappes israéliennes ?

L'aviation israélienne a ciblé samedi 260 objectifs du Hamas et du Jihad islamique dont de nombreuses bases et un tunnel destiné à mener des attaques en territoire israélien, selon des sources militaires. L'armée israélienne a détruit deux bâtiments de plusieurs étages dans la ville de Gaza. Elle a indiqué qu'un d'entre eux abritait les services de renseignements militaires et les services de sécurité généraux du Hamas.

Des résidents du quartier ont affirmé que l'immeuble de plusieurs étages abritait les locaux de l'agence de presse étatique turque Anadolu, une information confirmée par la Turquie qui a "condamné fermement" le raid et dénoncé une "agressivité sans bornes". Selon Anadolu, le personnel de l'agence a évacué l'immeuble peu avant la frappe qui avait été précédée d'un tir d'avertissement. Aucun journaliste n'a été blessé.

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Dans quel contexte ont lieu ces frappes?

Cette intensification des affrontements a lieu alors que le mois sacré du jeûne musulman du ramadan commence ce lundi 6 mai. Un cessez-le-feu, annoncé par le Hamas, avait été négocié fin mars sous l'égide de l'Egypte et de l'ONU, permettant un rétablissement du calme pendant les législatives israéliennes du 9 avril. 

Trois facteurs pourraient pousser Israël à tenter de calmer le jeu : les négociations en cours pour former une coalition gouvernementale après la victoire de Benyamin Netanyahu aux élections, l'Eurovision prévue à Tel-Aviv mi-mai, et les célébrations de la création de l'Etat d'Israël jeudi.

Depuis mars 2018, des manifestations ont lieu à Gaza le long de la barrière séparant Gaza d'Israël contre le blocus imposé depuis plus d'une décennie par Israël à l'enclave palestinienne et pour le retour des réfugiés palestiniens chassés ou ayant quitté leurs terres à la création d'Israël en 1948. Au moins 276 Palestiniens ont été tués depuis cette date, au cours des manifestations ou dans des frappes israéliennes menées en représailles à des actes hostiles en provenance de Gaza. 

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Comment a réagi la communauté internationale ?

Selon une source du Jihad islamique, l'Egypte, qui joue l'intermédiaire entre le Hamas et Israël, tente une médiation pour calmer la situation. A Bruxelles, l'Union européenne a appelé samedi à l'"arrêt immédiat" des tirs de roquettes palestiniennes, ajoutant soutenir "les efforts déployés par l'Egypte et l'ONU pour calmer la situation".

L'émissaire de l'ONU chargé du conflit israélo-palestinien, Nickolay Mladenov a appelé "toutes les parties à calmer la situation et à revenir aux ententes de ces derniers mois". Washington a de son côté dit soutenir le "droit" d'Israël "à l'autodéfense".

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