EN DIRECT - Hong Kong : Trump dit espérer une solution "pacifique" et "humaine"

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Hong Kong se soulève contre Pékin

MANIFESTATIONS – Alors que la colère n’était toujours pas retombée à Hong Kong, et ce en dépit du retrait du texte qui a mis le feu aux poudres, l’exécutif local a interdit le port d’un masque lors des mobilisations vendredi dernier. Une mesure qui n'avait plus été utilisée depuis 1967 et qui, sans surprise, a mis de l’huile sur le feu. Suivez les dernières infos.

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TRUMP


Le président des États-Unis, Donald Trump, dit espérer une solution "pacifique" et "humaine" à Hong Kong. Le chef d'État américain a rappelé l'importance de l'ancienne colonie britannique dans le monde. "Je pense qu'ils doivent réaliser cela de façon pacifique", a-t-il ajouté, en relevant que le nombre de manifestants hongkongais était "nettement moindre" qu'auparavant. "Ils ont une signalisation formidable pour l'Amérique (...) dont beaucoup de panneaux Trump", a-t-il salué.

PARTICIPATION 


Des milliers de Hongkongais ont bravé dimanche l'interdiction de manifester le visage masqué en descendant dans les rues de la ville, dont la majorité des stations de métro demeurait fermée deux jours après des actes de vandalisme généralisés.

UNE "NUIT TRÈS SOMBRE"


Carrie Lam, la très contestée cheffe de l'exécutif hongkongais, a condamné les casses commises vendredi soir, décrivant les manifestants comme des "émeutiers". Dans une allocution vidéo de cinq minutes, elle assure que la population est "effrayée" et que ces actes "extrêmes" sont à l'origine d'une "nuit très sombre".


"La société hongkongaise est à moitié paralysée aujourd'hui", a-t-elle déclaré dans un message vidéo, défendant encore une fois la décision du gouvernement, annoncée la veille, de faire adopter la loi antimasque.

VILLE À L'ARRÊT


La compagnie des transports publics a annoncé suspendre toutes ses lignes, même celle desservant l'aéroport, après une nuit émaillée par des casses. Dans une banlieue paisible et prisée par les Occidentaux, une station de métro a ainsi été mise à sac pendant près de trois heures, sans que les policiers n’interviennent. Une cible choisie par les militants pro-démocratie car la compagnie gérant le métro hongkongais (MTR) est accusée d’être un "chemin de fer communiste". Comprendre par là qu’elle roulerait pour Pékin. "Le MTR soutient le gouvernement en fermant volontairement les stations pour empêcher les manifestants de se déplacer tout en transportant les effectifs de police", justifiait ainsi un étudiant à l’AFP. 


"Après les violences survenues dans plusieurs districts, le personnel d'entretien doit s'assurer de sa propre sécurité avant de pouvoir se rendre dans les stations endommagées afin d'inspecter et d'évaluer l'étendue des dégâts dans nos stations et d'exécuter des travaux de réparation", a donc déclaré MTR dans son communiqué. A Hong Kong, le métro est souvent le centre névralgique de la vie locale. 

INQUIÉTUDE

Dans ce mini-reportage de Bloomberg, des manifestants, qui continuent de porter très majoritairement un masque, expliquent leur inquiétude. "Cette loi viole nos libertés et menace notre liberté d'expression et de manifestation."

RÉACTION

La réplique n'a pas tardé à arriver : vendredi, en fin de journée, sur place, des manifestants masqués ont bloqué une rue d'un quartier du centre de la ville.

MASQUES INTERDITS

Une nouvelle loi risque de mettre de l'huile sur le feu, à Hong Kong. Les manifestants pro-démocratie n'ont désormais plus le droit de porter un masque lors des mobilisations, a indiqué l'exécutif local, acquis à la Chine, vendredi 4 octobre. Une mesure contenue dans la loi d'urgence en date de 1922 et qui n'avait plus été utilisée depuis 1967. 


Le but n'a rien de caché : mettre en difficulté les contestataires. "Nous pensons que la nouvelle loi aura un effet dissuasif sur les manifestants violents et émeutiers masqués, et assistera la police dans sa mission de maintien de l'ordre", a espéré Carrie Lam, la cheffe de l'exécutif, qui a voulu préciser quand même que ce dispositif ne signifiait pas que l'état d'urgence avait été déclenché.


"Je m'inquiète du risque que cela ne soit juste que le début, a signalé l'élue d'opposition Claudia Mo. Il se peut que d'autres mesures drastiques prises au nom de la loi soient en préparation."

Urgent

Par la voix de la Commission Européenne, l'UE appelle à la "désescalade" et à la "retenue"

LE POINT SUR LA MOBILISATION


La police a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc  dans au moins quatre quartiers : à Tsuen Wan, quartier dans les Nouveaux Territoires, des manifestants masqués et armés de parapluies et de bâtons s'en sont pris à des policiers anti-émeutes qui avaient procédé à des interpellations. Les policiers ont battu en retraite dans une mairie voisine après avoir reçu une pluie de projectiles. 


Selon les autorités, des manifestants ont jeté sur les forces de l'ordre un liquide corrosif à Tuen Mun, ville au nord-ouest de Hong Kong. Elles ont mis en ligne des photos montrant un policier à l'uniforme troué, souffrant de brûlures au niveau du torse.


Dans le quartier populaire de Wong Tai Sin, la police a brièvement tiré des gaz lacrymogènes contre des manifestants qui bloquaient des routes.  La manifestation principale s'est tenue sur l'île de Hong Kong, théâtre depuis bientôt quatre mois d'affrontements violents entre police anti-émeutes et groupuscules radicaux.

Urgent

La police annonce qu'un manifestant a été blessé à la poitrine par un tir à balle réelle. "Un policier a tiré avec son arme à feu après avoir été attaqué et un manifestant a été touché à la poitrine aujourd'hui dans le quartier de Tsuen Wan", a indiqué à l'AFP la source sous couvert de l'anonymat. Le manifestant blessé a reçu de premiers soins sur place avant d'être évacué vers un hôpital.

EN IMAGES


Une vidéo des heurts en cours dans le centre de Hong Kong.

LES AUTORITÉS SOUS PRESSION


"Nous nous attendons à ce que la situation demain soit très, très dangereuse", avait averti lundi John Tse, haut responsable de la police locale dans le territoire autonome. "Les émeutiers radicaux sont en train d'élever leur niveau de violence. La profondeur et l'ampleur de leurs violences et de leurs projets montrent qu'ils se livrent de plus en plus à des actes de terrorisme", a-t-il accusé.

JOURNÉE SOUS TENSIONS


Pour le 70e anniversaire de la Chine populaire, les manifestants hongkongais avaient prévenu les autorités : ils veulent profiter des célébrations pour crier encore plus fort leur ressentiment. 


Après des violents affrontements de dimanche, les autorités sont ainsi sur les dents, déterminées à ne pas les laisser gâcher cet anniversaire. Des fouilles et contrôles étaient organisés et une douzaine de stations de métro fermées.


Les manifestants se sont malgré tout retrouvés mardi après-midi à Causeway Bay. Ce quartier commerçant est devenu régulièrement le théâtre d'affrontements violents entre police anti-émeutes et groupuscules radicaux.

LA MANIF DÉGÉNÈRE


Des dizaines de milliers de personnes avaient bravé cet interdit pour descendre à nouveau dans les rues et se répandre dans les artères allant de Causeway Bay à Central, les quartiers du centre de l'île de Hong Kong.


Et, dans un spectacle devenu très courant en plus de trois mois de contestation, le rassemblement a dégénéré en violences entre policiers et groupuscules radicaux qui tentaient de s'en prendre au complexe abritant le siège de l'exécutif.

LA MANIF DÉGÉNÈRE


Hong Kong a plongé dimanche soir dans de nouvelles violences, la police ayant recours aux lacrymogènes et canons à eau contre des militants pro-démocratie qui jetaient des pierres et des cocktails Molotov lors d'une manifestation interdite.

HONG KONG


Nombre de manifestants accusent Londres de ne pas demander suffisamment de comptes à Pékin. "La Déclaration commune sino-britannique est NULLE", pouvait-on lire sur une pancarte. Plusieurs manifestants demandaient la possibilité pour les Hongkongais d'obtenir la nationalité de la Grande-Bretagne ou d'un autre pays du Commonwealth.  Des centaines de milliers de Hongkongais ont obtenu avant ou après la rétrocession un passeport particulier émis par Londres et réservé aux "citoyens britannique de l'étranger" ("British National Overseas", BNO), un titre qui facilite les entrées en Grande-Bretagne mais ne donne aucun droit de travail ou de résidence. 

APPEL À LONDRES


Des manifestants pro-démocratie se sont rassemblés dimanche aux abords du consulat de Grande-Bretagne à Hong Kong pour demander à Londres d'en faire davantage pour protéger les habitants de son ancienne colonie, dénonçant à nouveau le recul des libertés dans le territoire. Des centaines de personnes ont chanté l'hymne britannique en brandissant l'"Union Jack" ainsi que la bannière de l'ancienne colonie hongkongaise.

INDIGNATION

Ingérence, toujours. Un des visages du mouvement pro-démocratie, l'activiste Joshua Wong, a rencontré le ministre allemand des Affaires étrangères, lundi 9 septembre, à qui il a parlé "des protestations actuelles et de [leur] lutte pour des élections libres et la démocratie à Hong Kong". Comparant Hong Kong à la ville de Berlin au temps de la Guerre froide, il a "exhorté le monde libre à se joindre à [eux] pour résister au régime autocratique chinois". 


Une visite qui n'a pas été du goût de Pékin, qui a exprimé le lendemain sa "ferme opposition" à cette rencontre, y voyant un "irrespect" de l'Allemagne vis-à-vis de sa souveraineté. "Quelques médias et politiques allemands tentent d'augmenter leur attractivité et d'attirer l'attention sur eux en se servant de séparatistes anti-Chine. Faire du show politique est (une méthode) extrêmement erronée. [...] Les affaires hongkongaises font partie des affaires intérieures à la Chine. Aucun gouvernement, organisation ou individu étrangers n'a de droit d'ingérence"

MISE EN GARDE

Hong Kong rejoue la carte de la non-ingérence. L'exécutif du territoire semi-autonome a appelé, mardi 10 septembre, les Etats-Unis à rester en dehors du conflit qui l'oppose à une partie de la population. Une mise en garde après que des manifestants ont demandé à Donald Trump de venir "libérer Hong Kong", deux jours plus tôt. Demande que des élus américains, démocrates comme républicains, ont salué. Pas de quoi satisfaire Carrie Lam, nommée à son poste par Pékin, qui a ainsi dit : "Il est extrêmement inapproprié pour un pays de s'ingérer dans les affaires de Hong Kong. [...] J'espère que plus personne à Hong Kong ne se mobilisera pour demander aux États-Unis d'adopter une telle loi."

L'APPEL AUX ETATS-UNIS

TRUMP


Des centaines de manifestants se sont rassemblés devant le consulat américain dimanche 8 septembre pour solliciter l'aide du président Donald Trump afin de "libérer" la ville. Alors qu'ils chantaient l'hymne américain "the Star Spangled Banner" et agitaient des drapeaux américains, ils ont demandé au président américain d'agir pour réinstaurer la démocratie dans la ville sous domination chinoise.

RÉACTION 


En visite en Chine, Angela Merkel, chancelière allemande a plaidé pour le respect des droits et libertés de Hong Kong, lors d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre chinois, Li Keqiang. "J'ai souligné que ces droits et libertés doivent bien entendu être garantis", a-t'elle dit. 


Elle a estimé que "tout doit être mis en oeuvre pour éviter la violence" et que cela ne pourrait se faire sans dialogue. "Il y a des signes que la cheffe de l'exécutif de Hong Kong souhaite mener un tel dialogue, et j'espère qu'un tel dialogue aura lieu", a fait valoir Mme Merkel.

MANIFESTATION 


Le déploiement massif de policiers, samedi à Hong Kong, a empêché les manifestants pro-démocratie de perturber à nouveau le fonctionnement de l'aéroport, l'un des plus grands au monde, trois jours après une concession de l'exécutif jugée insuffisante par la mobilisation. Déjà en tenue anti-émeutes, les policiers étaient beaucoup plus visibles qu'à l'accoutumée samedi dans les principales gares routières et ferroviaires, ainsi qu'aux terminaux de ferries, ont constaté des journalistes de l'AFP.  Certains manifestants ont fait part de leur intention de revenir demain, dimanche.

MOBILISATION, LA SUITE

"Ce n'est pas fini, continuons le combat". Tel est le slogan français que pourraient faire leur les manifestants hong-kongais. En effet, malgré la concession de Carrie Lam, la cheffe de l'exécutif local, sur le texte qui autorisait les extraditions en Chine, cette semaine, qui avait mis le feu aux poudres dans le territoire semi-autonome, les manifestants pro-démocratie n'en démordent pas et se préparent à un nouveau week-end de mobilisation.


Des rassemblements ont déjà eu lieu vendredi soir, où les manifestants ont d'ores et déjà l'appel de l'exécutif à mettre un terme à leur mouvement. Ils ont été dispersés par la police, qui a fait usage de lacrymo et de balles en caoutchouc. 


"Trop tard", expliquent en somme les manifestants, qui réclament l'amnistie pour les personnes arrêtées, une enquête sur les agissements de la police et l'instauration du suffrage universel direct, l'exécutif hong-kongais étant désigné par Pékin. Sur des forums, des appels à perturber les principaux axes de communication, et notamment l'aéroport local, se multiplient.

ÉVOLUTION DES REVENDICATIONS


Pour mieux comprendre les raisons qui poussent les manifestants dans la rue depuis près de trois mois, des chercheurs en sciences politique ont mené une série d’enquêtes sur plus de 8.000 manifestants, et ce tout au long du mouvement pro-démocratie. 


Publiées par The Conversation, les données montrent que les revendications ont changé et portent désormais sur les droits civils et le suffrage universel. Ainsi, en juin, plus de 90% des répondants disaient se mobiliser pour deux raisons principales : le retrait complet du projet de loi sur l'extradition et la mise en place d’une enquête indépendante sur le recours excessif à la force par la police. 


Mais à partir de juillet, c'est ce dernier point, sur la répression, qui est devenue la préoccupation prioritaire, ceux qui la considèrent comme une question "très importante" passant de 85% à plus de 95%. Une autre revendication a peu à peu émergé : celle de se battre pour la démocratie à Hong Kong (88%). 

UNE GOUTTE D'EAU DANS LA MER


Si l'annonce du retrait du texte autorisant les extraditions vers la Chine est une "grande victoire" pour les manifestants de Hong Kong, ils ne comptent pas s'arrêter là. Comme le rappelle un reporter pour le New York Times sur place, c'est "juste l'une des cinq revendications" des protestataires.


Dans les rangs des manifestants, cette allocution de la cheffe du gouvernement est donc loin d'éteindre le brasier de la colère. Une idée illustrée dans cette vidéo créée par un militant pro-démocrate.

ANNONCES DU GOUVERNEMENT


Pour les anglophones, voici le dialogue de Carrie Lam, la cheffe de l'exécutif, retranscrit en anglais par une journaliste sur place.

"QUATRE ACTIONS POUR INITIER LE DIALOGUE"


La cheffe de l’exécutif a cité les "cinq revendications" des protestants sans pour autant y donner suite. Ayant pris compte de toutes les "contraintes et circonstances", Carrie Lam a préféré présenter "quatre actions pour initier le dialogue" : 

- "Officiellement retirer" le texte sur les extraditions


- "Soutenir" le travail de l’IPCC, un organe qui examine les plaintes contre la police de Hong Kong – l’équivalent de l’IGPN – dans lequel Carrie Lam promet qu’elle fera intervenir des "experts étrangers" afin d'en garantir l'indépendance


- "Tendre le bras" vers la communauté afin d’entamer un "dialogue direct"


- Créer un comité qui pourra examiner de façon "indépendante" les problèmes "profondément ancrés dans la société" afin d’aider le gouvernement à "trouver des solutions"



Et de conclure avec le vœux que ces actions "aident la société à progresser. "Remplaçons les conflits par le débat."

LE TEXTE OFFICIELLEMENT RETIRÉ


C'est fait. Après près de 13 semaines de mobilisation, la rue a eu raison du texte controversé autorisant les extraditions vers la Chine. Dans une allocution à la télévision chinoise, Carrie Lam, la cheffe de l'exécutif, a officiellement annoncé le retrait de ce projet de loi. D'abord suspendu le 15 juin dernier, c'est lui qui avait mis le feu aux poudres.

LE TEXTE SERA RETIRÉ


Selon un député Hongkongais,  la cheffe de l'exécutif, Carrie Lam, a annoncé qu'elle allait retirer le texte controversé sur les extraditions.


Le South China morgning post révèle également que Carrie Lam pourrait mettre en place un "comité d’enquête chargé d’examiner les causes fondamentales de l’agitation sociale" afin d'y trouver des solutions. Celui-ci ne prendra cependant pas la forme d'une commission d’enquête à part entière, comme le réclament pourtant les manifestants. 

"TROP PEU ET TROP TARD"


La réaction de Joshua Wong aux rumeurs d'un retrait du texte sur les extraditions est très explicite : c'est une "tactique" de la part de Carrie Lam, la cheffe de l'exécutif de Hong Kong. 


C'est "trop peu et trop tard", écrit ainsi ce militant devenu figure de la lutte pour un suffrage universel. Mis derrière les barreaux en août 2017 pour son rôle dans le "Mouvement des parapluies", et devenu depuis l'une des figure de l'élan pro-démocratie, il évoque sur Twitter une répression policière qui a "laissé une cicatrice irréversible sur l'ensemble de la société de Hong Kong". Le jeune homme partage également son inquiétude de voir les droits civils réprimés dans le cas où le mouvement venait à s’arrêter. 

"NOUS VOULONS LES CINQ REVENDICATIONS"


Alors que le très controversé texte des extraditions, qui a mis le feu aux poudres, pourrait être retiré, les militants du mouvement pro-démocratie font savoir qu'ils ne sont pas satisfaits. Sur Twitter, des captures d'écran venues de différentes conversation Telegram - une messagerie sécurisée - en fait en tout cas état. 


Car depuis plusieurs semaines, les manifestants ont cinq revendications. En plus du retrait total du projet d'amendement, ils militants demandent au gouvernement de: mettre en place une commission d'enquête sur la répression policière, accorder l'amnistie aux quelques milliers de personnes arrêtées depuis le début des actions, cesser de qualifier d'émeutiers les manifestants et de relancer le processus de réforme politique afin d'aller vers des "élections libres". 

"AIDEZ-NOUS"


Des militants du mouvement prodémocratie appellent à l'aide Angela Merkel. Dans une lettre publiée mercredi par le quotidien allemand Bild, ils conseillent à la Chancelière, en visite en Chine de jeudi à dimanche, d'être "sur ses gardes avant de faire des affaires" avec le pays qui "ne respecte pas le droit international et n'a pas tenu ses promesses à plusieurs reprises".


Dans cette lettre, les militants en profitent pour interpeller Angela Merkel, à la tête d'un pays tourné vers "la liberté d'expression et les droits de l'Homme", sur la ligne autoritaire défendue par la Chine. "Mme la Chancelière, vous avez grandi en RDA. Vous avez fait l'expérience directe des horreurs d'un gouvernement dictatorial", notent-ils ainsi, faisant appel au passé du pays. "Les Allemands ont courageusement été à l'avant-garde de la lutte contre l'autoritarisme dans les années 1980."


De quoi demander à la Chancelière de les "aider" en plaidant leur cause. Ils espèrent qu'elle exprimera son "inquiétude" face à la situation "catastrophique" de Hong Kong.

LE TEXTE RETIRÉ?


Le très controversé texte des extraditions, qui a mis le feu aux poudres, pourrait être retiré. C'est en tout cas ce qu'affirment le South China Morning Post et le HK01. Résultat : la Bourse s'est envolée.


Cet amendement, à l'origine de la crise politique, devait rendre possible notamment l’extradition de suspects Hongkongais vers la Chine continentale. 

CARRIE LAM

La dirigeante semble toutefois exclure que Pékin mette en oeuvre ses menaces militaires à l'égard des militants pro-démocratie, qui réclament son départ : "Je peux vous assurer que Pékin a tout son temps. Ils savent que tout cela finira par s'essouffler. Ils veulent jouer sur le long terme, donc je n'ai pas de solution de court terme. Hong Kong souffre, on perd du point de vue économique, touristique... mais il n'y a pas grand chose à faire".


"Mais à mon sens, Pékin n'a aucune intention d'envoyer l'armée".

CARRIE LAM

Critiquée de toutes parts par les manifestants, Carrie Lam, dirigeante pro-Pékin de l'exécutif de Hong Kong, a du vague à l'âme. Dans un enregistrement obtenu par l'agence Reuters, que reprend ici le Guardian, la dirigeante s'est laissée aller à des confidences lors d'une réunion avec un groupe de dirigeants économiques. "C'est impardonnable pour un chef exécutif d'avoir causé un tel chaos à Hong Kong. Si j'avais le choix, la première chose [que je ferais] serait de démissionner, en présentant mes profondes excuses." Emue, la cheffe de l'exécutif supplie ses interlocuteurs : "Je vous conjure de m'accorder votre pardon".


Un aveu particulièrement fort, qui laisse entendre que Carrie Lam est pieds et mains liés par son allégeance à Pékin :"La marge politique d'un chef exécutif qui doit, malheureusement, selon la Constitution, servir deux maîtres -le gouvernement populaire central d'un côté et le peuple de Hong Kong -est très, très, très limitée."

PARTICIPATION


Plus de 40.000 personnes se sont réunis au parc Tamar, selon les organisateurs, cités par des journalistes sur place. 

SÉCHER LES COURS POUR LA DÉMOCRATIE


La rentrée des classes est une rentrée sociale pour certains lycéens de Hong Kong, qui ont prévu de boycotter les bancs de l'école en cette rentrée. Ce matin, certains d'entre eux ont réalisé des chaînes humaines devant plusieurs lycées publics tandis que d'autres ont tenté de perturber la circulation des métros. Une manifestation a ensuite eu lieu. 


"Hong Kong est notre maison. Nous sommes l'avenir de la ville et nous devons prendre nos responsabilités pour la sauver", a déclaré une élève de 17 ans se faisant appeler Wong.

TRAFIC AÉROPORT 


Au lendemain des heurts avec les forces de l'ordre, les manifestants ont prévu de perturber les transports en direction de l'aéroport. En réaction, le réseau de transports hongkongais MTR a annoncé la suspension des services acheminant les passagers de la ville à l'aéroport. La compagnie CityBus a elle aussi arrêté ses lignes concernées et a fermé la station de métro Tung Chung.

AFFRONTEMENTS METRO


Selon des témoins sur Twitter, les forces de l'ordre ont chargé des manifestants dans les station de métro Prince Edouard et Mong Kok. La police est descendue dans le métro afin de procéder à des arrestations. 40 personnes ont été interpellées dans la station Prince Edouard. Dans la station de Mong Kok, des panneaux d'alerte ont indiqué "Incident sérieux. Veuillez quitter la station immédiatement".


Le réseau de transports hongkongais MTR a annoncé aux passagers la suspension de deux lignes, Kwun Tong et Tsuen Wan. 

AFFRONTEMENTS

FAKE NEWS

FAKE NEWS


Le quotidien chinois Global Times a supprimé son tweet faisant mention à tort de l'arrestation du militant Joshua Wong en ce samedi de manifestations émaillées d'affrontements. Le média avait en fait mal identifié un homme à lunettes en train d'être arrêté dans le quartier de Causeway Bay. Une erreur qui n'a pas manqué d'être remarquée par des internautes. 


Joshu Wong, représentant du "mouvement des parapluies" a en réalité été arrêté la veille puis inculpé pour "incitation à participer à un rassemblement non autorisé", avant d'être libéré sous caution. 

POLICE


Les forces de l'ordre sont positionnées dans plusieurs quartiers de Hong-Kong, selon des témoins sur Twitter : North Point, Fortress Hill et Causeway Bay.

ARRESTATIONS


Si le nombre de manifestants interpellés ce samedi n'est pas encore connu, il faut rappeler que plus de 900 personnes ont été arrêtées depuis le mois de juin. Ils ont été des dizaines de milliers à braver l'interdiction des autorités de manifester. 

DISPERSION


Après avoir été dispersés par les canons à eau, certains manifestants ont décidé de se diriger plus à l'est de Hong-Kong, à Causeway Bay. Le quartier, où se trouvent déjà des manifestants, est bouclé par les forces de l'ordre. Selon des témoignages sur Twitter, plusieurs coups de feu y auraient été entendus.

WAN CHAI


Les pompiers arrivés sur place ont réussi à éteindre les flammes au bout d'une demi-heure. La police anti-émeute progresse avec des canons à eau sur l'avenue Hennessy Road, à Wan Chai. Elle a procédé à des arrestations de manifestants. Des cocktails Molotov ont été jetés à l'encontre des policiers. 

INCENDIE

INCENDIE


Les manifestants rassemblés près des locaux de la police, dans le quartier de Wan Chai, ont incendié une énorme barricade qu'ils ont construite. Ils ont construit ce barrage à partir de panneaux de plastique et de sièges arrachés des  gradins d'un stade, situé à proximité, rapporte un journaliste de l'AFP sur place. "Libérez Hong-Kong, la révolution de notre temps", ont chanté certains près du "mur de feu". Deux explosions ont été entendues, rapportent certains internautes sur Twitter.

Infos précédentes

 "Nous montons en régime." C’est ainsi qu’une jeune femme résume la situation. Ce vendredi 5 octobre, la situation s'est encore enflammée à Hong Kong alors qu’une nouvelle mesure a été activée par l’exécutif hongkongais. Les manifestants pro-démocratie n'ont désormais plus le droit de porter un masque lors des mobilisations. Objectif totalement assumé, et même jugé "extrêmement nécessaire" par la Chine : "dissuader" les "manifestants violents et émeutiers ".  En réaction les manifestants ont saccagé des stations de métro dans la nuit et des commerces. Pour eux," l'interdiction des masques ne change rien", expliquait un étudiant à l’AFP. Visage caché et bout des doigts recouverts de sparadrap pour ne pas laisser d'empreintes, il veut à tout prix éviter les poursuites judiciaires 

Car depuis plus d’un mois, des manifestations monstres déferlent sur la ville de Hong Kong. Contre le gouvernement local pro-Pékin, et pour la démocratie, les militants font entendre leur soif de liberté. Alors que les rassemblements virent parfois aux affrontements violents entre des contestataires radicaux et la police, la mobilisation ne faiblit pas. Partie du rejet d'un projet de loi –  désormais suspendu – visant à autoriser les extraditions vers la Chine, le mouvement s'est élargi à des exigences plus vastes concernant la préservation des acquis démocratiques et des libertés, dont cette ancienne colonie britannique revenue dans le giron chinois en 1997 jouit, théoriquement jusqu'en 2047, aux termes de l'accord de rétrocession.

Vêtus de noir, le visage souvent masqué et casqué, ces militants, sont souvent jeunes étudiants qui ont fait vœu de désobéissance civile contre le gouvernement. Défilant par plusieurs centaines de milliers chaque semaine, ils exigent la démission de la cheffe de l'exécutif local Carrie Lam, que Pékin soutient de tout son poids, le retrait pur et simple du texte sur les extraditions, une enquête indépendante sur les violences policières supposées et l'amnistie des personnes arrêtées.

En vidéo

VIDÉO - Manifestants passés à tabac à Hong Kong : le retour des triades ?

Voir aussi

Le gouvernement a suspendu son texte mais les protestataires exigent son retrait définitif, la démission de la cheffe de l'exécutif Carrie Lam et l'arrêt des poursuites contre les manifestants arrêtés. Carrie Lam, qui bat des records d'impopularité, fait profil bas depuis qu'elle a dû suspendre son texte. "Ce qui s'est passé ces derniers mois a provoqué des conflits et des disputes entre le gouvernement et les habitants", a-t-elle reconnu en juillet.

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