EN DIRECT - Meurtre de Jamal Khashoggi : le parquet saoudien requiert la peine de mort pour cinq accusés

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AFFAIRE - Si l'Arabie saoudite a reconnu que le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, disparu le 2 octobre, avait été tué à l'intérieur de son consulat à Istanbul, la version de Riyad ne convainc pas la communauté internationale. Suivez avec nous les réactions et les dernières informations sur l'affaire.
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DEUXIÈME ENREGISTREMENT


Un deuxième enregistrement d'une quinzaine de minutes du meurtre de Jamal Khashoggi contredirait la version saoudienne des faits.


Selon le journal turc Hürriyet, proche du pouvoir, Ankara possède l’enregistrement sonore de l’instant avant le meurtre. Il prouverait qu'aucune tentative de négocier avec Khashoggi pour le persuader de rentrer en Arabie Saoudite n'avait eu lieu. C’est pourtant la troisième version des faits avancée par le procureur général saoudien hier. Ryad avait tout d'abord affirmé que le journaliste avait rapidement quitté le consulat, puis annoncé qu'il était mort dans une rixe. 


Selon Abdulkadir Selvi, l’un des éditorialistes, très influent, du quotidien, Jamal Khashoggi n'a pas été drogué mais étranglé ou étouffé "à l'aide d'une corde ou d'un sac en plastique". Dans cet enregistrement, "on entend l'équipe saoudienne en train de discuter de la façon d'exécuter Khashoggi, passer en revue son plan préparé à l'avance et rappeler à chacun de ses membres son rôle", écrit-il ainsi. 

GÜLEN EXPULSÉ DES ETATS-UNIS ?


La chaîne américaine NBC News rapporte que l'administration Trump cherche un moyen d'expulser l'opposant turc Fethullah Gülen, qui vit en exil aux Etats-Unis depuis 1999, pour convaincre Ankara de cesser de faire pression sur l'Arabie saoudite au sujet de l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. Les équipes de la Maison Blanche ont cependant démenti, assurant n'être "impliqués dans aucune discussion concernant à la fois l'extradition de Fethullah Gülen et la mort de Jamal Khashoggi". 


Le président turc Recep Tayyip Erdogan réclame de longue date l'extradition de Fethullah Gülen, qui nie toute implication dans le putsch.

"UN BON PREMIER PAS"


Les premières inculpations dans l'enquête saoudienne sur le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi sont "un bon premier pas" dans "la bonne direction", a estimé le département d'Etat américain, appelant les autorités de Ryad à poursuivre les investigations. "Il est important que ces pas se poursuivent jusqu'à ce que toutes les personnes impliquées rendent des comptes", a déclaré la porte-parole de la diplomatie américaine Heather Nauert devant la presse. "Le département d'Etat va continuer à rechercher tous les faits  pertinents", "les analyser" et "en tirer des conclusions".

REACTION


Les autorités américaines viennent de réagir, après avoir décidé de sanctionner 17 personnes. "Les responsables saoudiens que nous sanctionnons ont été impliqués dans le meurtre odieux de Jamal Khashoggi. Ces individus qui ont ciblé et brutalement tué un journaliste qui résidait et travaillait aux Etats-Unis doivent payer le prix de leurs actes", a estimé le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.


"Les Etats-Unis continuent à travailler pour établir scrupuleusement tous les faits, et nous tiendrons pour responsables tous ceux qui sont impliqués, afin de rendre justice pour la fiancée, les enfants et la famille de Khashoggi", a-t-il ajouté, appelant Ryad à "prendre les mesures adéquates pour que les opposants politiques ou les journalistes ne soient plus pris pour cibles".

REACTION


Le chef de la diplomatie saoudienne Adel al-Jubeir a déclaré à la presse que son pays refusait l'enquête internationale demandée mercredi par Ankara, et affirmé lui aussi que le prince héritier n'avait "rien à voir" avec le meurtre de Khashoggi.

SANCTIONS


Les Etats-Unis ont annoncé jeudi des sanctions financières ciblées contre 17 responsables saoudiens impliqués dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, dont des proches du prince héritier Mohammed ben Salmane.


Parmi les personnes visées par ces mesures figurent des membres de la garde rapprochée du prince, Saoud al-Qahtani et son "subordonné" Maher Mutreb, ainsi que le consul général d'Arabie saoudite à Istanbul Mohammad Al-Otaibi, a déclaré le Trésor américain dans un communiqué.

"DANS LE BON SENS"


Paris a réagit aux nouvelles annonces saoudiennes, estimant que l'enquête allait "dans le bon sens".

EXPLICATIONS "INSUFFISANTES"


La Turquie juge que les explications fournies par le parquet saoudien sont "insuffisantes". 


Si le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu, considère que les mesures sont "positives", il a insisté sur le caractère prémédité du meurtre du journaliste saoudien. Cité par l'AFP, il indique qu'Ankara refuse la version saoudienne selon laquelle les meurtriers auraient d'abord voulu ramener Jamal Khashoggi dans leur pays.


"Le dépeçage du corps n'était pas spontané. Ils avaient d'abord ramené les personnes et les outils nécessaires pour le faire. En d'autres termes, ils avaient déjà planifié comment ils le tueraient et comment ils le découperaient."

PRINCE HÉRITIER 


Le procureur d'Arabie Saoudite a indiqué que le prince héritier du royaume, Mohamed Ben Salman, surnommé MBS, n'était "pas impliqué" dans le meurtre de Jamal Khashoggi. L'Arabie Saoudie décrit donc désormais une "opération non autorisée" par le pouvoir.


Une troisième version des faits de la part de Ryad qui avait tout d'abord affirmé que le journaliste avait rapidement quitté le consulat, puis annoncé qu'il était mort dans une rixe. 

PEINE DE MORT


Le parquet en Arabie Saoudite requiert la peine de mort pour cinq accusés du meurtre de Jamal Khashoggi. Les cinq complices sont accusés d'avoir drogué et démembré le journaliste dissident au pouvoir saoudien au sein du consulat de son pays à Istanbul.


Sur un total de 21 suspects, le procureur général en a inculpés onze à ce jour.

FRANCE/TURQUIE


Le ministère français des Affaires étrangères a déploré lundi "un malentendu" autour des propos de Jean-Yves Le Drian (voir ci-dessous) sur le meurtre Jamal Khashoggi, qui ont déclenché plus tôt la colère d'Ankara. Selon le Quai d'Orsay, le ministre a voulu dire qu'il n'avait pas reçu d'informations turques permettant d'établir la "vérité complète" dans l'affaire, en l'occurrence sur les circonstances et les responsables de ce meurtre.

LE CANADA "INFORMÉ"


Contrairement à la France, le Canada assure avoir bien reçu les enregistrements transmis par la Turquie concernant l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. 


Interrogé sur le sujet lors d'une conférence de presse à Paris, Justin Trudeau, le premier ministre du Canada, a déclaré : "Les agences de renseignement canadiennes ont travaillé très étroitement avec les services turcs et ont été pleinement informées de ce que la Turquie avait à partager."


M. Trudeau devient ainsi le premier leader occident à admettre que son pays a eu accès aux enregistrements transmis par Ankara dans le dossier du meurtre de Jamal Khashoggi.

PROPOS "INACCEPTABLES"


La Turquie a vivement dénoncé les propos tenus ce lundi par Jean-Yves Le Drian. La présidence turque a ainsi fait savoir qu'elle jugeait "inacceptables" les accusations du ministre français des Affaires étrangères. 


"Nous jugeons inacceptable qu'il accuse le président Erdogan de 'jouer à un jeu politique'", a ainsi déclaré le directeur de la communication de la présidence turque. Et de certifier qu'Ankara avait bien partagé avec la France des "preuves" liées au meurtre de Khashoggi.

LE DRIAN


"Je n'ai pas connaissance" d'éléments livrés par la Turquie, a dit Jean-Yves Le Drian ce lundi. Une déclaration qui va à l'encontre des propos tenus par le président turc samedi.


Recep Tayyip Erdogan avait alors affirmé que, dans le dossier du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, tué le 2 octobre au consulat de son pays à Istanbul, il aurait transmis à la France, mais aussi aux Etats-Unis, à l'Allemagne et au Royaume-Uni, des enregistrements concernant l'assassinat de l'opposant au régime saoudien.


"Si le président turc a des informations à nous donner, il faut qu'il nous les donne", a-t-il ainsi expliqué sur France 2, ajoutant que ce dernier aurait même "un jeu politique particulier".

ERDOGAN


"Nous avons donné les enregistrements, nous les avons donnés à l'Arabie saoudite, nous les avons donnés à Washington, aux Allemands, aux Français, aux Anglais", a déclaré le chef de l'Etat turc lors d'une conférence de presse télévisée. La présidence a ensuite précisé que les enregistrements ont été écoutés, mais qu'aucun document écrit n'a été partagé.

ERDOGAN


Le président turc Recep Tayyip Erdogan a confirmé samedi l'existence d'enregistrements portant sur le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi le 2 octobre dans le consulat saoudien d'Istanbul, affirmant les avoir partagé notamment avec Ryad, Washington et Paris. 

ENQUÊTE


Pour se débarrasser du corps du journaliste, une fois tué dans l'ambassade saoudienne d'Istanbul, les auteurs de cet assassinat l'ont dissous dans de l'acide avant de s'en débarrasser dans les égouts de la ville, croit savoir ce samedi, le quotidien turc Sabah.   Les enquêteurs estiment que le corps de l'éditorialiste critique du pouvoir de Ryad, une fois une consistance assez liquide obtenue,a été déversé dans les canalisations, poursuit Sabah.

FAMILLE


Dans une interview diffusée dimanche sur CNN, les fils de Jamal Khashoggi implorent les autorités saoudiennes de restituer le corps de leur père, afin que la famille puisse faire son deuil. "J'espère vraiment que ce qui s'est passé n'a pas été douloureux pour lui, ou que ça a été rapide. Ou qu'il a eu une mort paisible", a déclaré Abdullah Khashoggi lors cet entretien tourné à Washington. "Tout ce que nous voulons maintenant, c'est de l'enterrer à Al Baqi à Médine avec le reste de sa famille", a précisé son frère Salah, faisant référence à un cimetière en Arabie Saoudite. "J'ai parlé de ça avec les autorités saoudiennes et j'espère juste que cela arrivera bientôt."

ERDOGAN


Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé vendredi que l'ordre de tuer le journaliste Jamal Khashoggi était venu des "plus hauts niveaux du gouvernement saoudien", mais il a également exonéré le roi Salmane de toute responsabilité, dans une tribune publiée dans le Washington Post.


"Je voudrais souligner que la Turquie et l'Arabie saoudite entretiennent des relations amicales", poursuit M. Ergogan. "Je ne crois pas une seule seconde que le roi Salmane, le gardien des saintes mosquées, ait ordonné le coup contre Khashoggi", a-t-il ajouté.

ALLÉGATIONS


Selon un conseiller du président turc cité vendredi par le quotidien Hürriyet, le corps de Jamal Khashoggi a été démembré pour pouvoir être "dissous" plus facilement. "Nous voyons à ce stade qu'ils ne se sont pas contentés de le démembrer, ils s'en sont débarrassés en le dissolvant", a déclaré Yasin Aktay, conseiller du président Recep Tayyip Erdogan au sein de l'AKP. "Selon les dernières informations dont nous disposons, la raison pour laquelle ils ont découpé le corps, c'est pour le dissoudre plus facilement."

TRIBUNE 2/2


"J’exige que ceux qui ont prémédité et commis cet assassinat sauvage soient jugés. Ceux qui l’ont ordonné doivent également être poursuivis – quand bien même ils occuperaient la plus haute fonction politique. Je demande justice pour mon Jamal bien-aimé. Nous devons ensemble adresser un message clair aux régimes autoritaires comme quoi ils ne pourront jamais plus assassiner un journaliste", demande Hatice Cengiz, pointant du doigt le régime de MBS avant de conclure :  "Je suis l’article que Jamal n’a pu terminer".

TRIBUNE 1/2


Dans une tribune publiée dans Le Monde, Hatice Cengiz, la fiancée de Jamal Khashoggi, a lancé un appel aux dirigeants du monde entier.  "Si les démocraties du monde ne font pas tout le nécessaire pour traduire en justice les responsables de cet acte ignoble et éhonté – un acte qui a suscité l’indignation de leurs citoyens –, quelle autorité morale leur restera-t-il ?", s'interroge celle qui l'accompagnait à l'ambassade saoudienne le jour de son meurtre. 

TURQUIE


Selon le porte-parole de l'AKP, le parti au pouvoir en Turquie, le meurtre de Jamal Khashoggi n'aurait pu être mené sans instructions "de haut niveau" de Riyad.

TURQUIE


Le point sur les déclarations du procureur d'Istanbul, Irfan Fidan, concernant l'enquête sur la mort de Jamal Khashoggi :

- la visite à Istanbul du procureur général saoudien "n'a pas donné de résultat concret"

- "Conformément à un plan prémédité, la victime a été étranglée à mort dès son entrée au consulat"

- "Le corps de la victime a été démembré et on s'en est débarrassé suite à sa mort par strangulation"

- les autorités turques ont de nouveau demandé au procureur saoudien l'extradition de 18 suspects arrêtés en Arabie saoudite dans le cadre de l'enquête

- les autorités turques ont également exigé de savoir où se trouvait le corps de Khashoggi, toujours pas retrouvé, et l'identité du "collaborateur local" mentionné par Riyad et si des éléments confirmant le caractère prémédité du meurtre avaient été mis au jour par l'Arabie saoudite

Urgent

TURQUIE


Le procureur en chef d'Istanbul, Irfan Fidan, confirme également que les assassins du journaliste se sont ensuite débarrassés de son corps, comme l'avait déjà déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Urgent

TURQUIE


Le procureur en chef d'Istanbul a déclaré que Jamal Khashoggi avait été étranglé dès son entrée dans le consulat et son corps démembré

TURQUIE


La Turquie émet des doutes quant à la volonté de l'Arabie saoudite de "coopérer sincèrement" dans l'enquête sur le meurtre de Jamal Khashoggi. Un haut responsable turc parlant sous couvert d'anonymat a affirmé à l'AFP que les officiels saoudiens se montraient "surtout soucieux d'obtenir les preuves que nous avons contre les auteurs du meurtre". Et d'ajouter : "Nous n'avons pas eu l'impression qu'ils ont hâte de coopérer sincèrement dans l'enquête."

LE DRIAN


Le ministre des Affaires étrangères a par ailleurs estimé que l'Allemagne, qui a suspendu ses ventes d'armes à Ryad dans l'attente d'éclaircissements, avait agi "en anticipation par rapport à la réalité".


"Je pense qu'il faut attendre la fin de l'enquête pour désigner les coupables", a-t-il ajouté. Le chef de la diplomatie a déploré "un petit peu d'irréalisme" dans les critiques contre les ventes d'armes françaises au royaume wahhabite. "Quand on regarde la part de l'Arabie saoudite dans les ventes d'armes de la France, ça tourne autour de 7%, donc nous ne sommes pas dépendants de l'Arabie saoudite à cet égard."

LE DRIAN 


La France ne s'interdit "rien" quant aux sanctions qu'elle pourrait être amenée à prendre contre les responsables de la mort de Jamal Khashoggi, et contre l'Arabie saoudite elle-même, a déclaré ce mercredi Jean-Yves Le Drian. Invité de RTL, le ministre français des Affaires étrangères a réaffirmé que Paris attendait la conclusion des enquêtes, saoudienne et turque, sur le meurtre du journaliste pour se prononcer.


"Il importe que ce crime soit puni, que les auteurs soient identifiés, que la vérité soit faite. Et aujourd'hui, même si les autorités saoudiennes ont reconnu qu'il y avait un meurtre, le compte n'y est pas", a-t-il souligné. "La vérité n'est pas au rendez-vous, il faut qu'elle soit au rendez-vous, il faut donc que les enquêtes se poursuivent."    


"Nous serons très exigeants sur cette nécessité", a poursuivi Jean-Yves Le Drian. "C'est en fonction de l'identification des coupables, de la transparence qui sera faite que nous prendrons les sanctions nécessaires, et nous ne nous interdisons rien sur ces sanctions."

TURQUIE


Le président turc Recep Tayyip Erdogan a exhorté mardi le procureur général d'Arabie saoudite, en visite à Istanbul, à déterminer "qui a donné l'ordre" aux meurtriers de Jamal Khashoggi, ajoutant que l'enquête ne devait épargner personne. "Qui a envoyé ces 15 personnes (soupçonnées d'avoir tué Khashoggi) ? En tant que procureur général saoudien, il faut que vous questionniez cela, que vous le révéliez", a fait valoir Erdogan devant la presse à Ankara. "Il faut maintenant résoudre cette affaire. Inutile de tergiverser, cela n'a aucun sens d'essayer de sauver certaines personnes."

ENQUÊTE


Le procureur général d'Arabie saoudite s'est rendu ce mardi au consulat de son pays à Istanbul dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de Jamal Khashoggi.

Saoud ben Abdallah Al-Muajab s'est rendu dans la représentation diplomatique après s'être entretenu avec son homologue turc à Istanbul, Irfan Fidan, pour la deuxième fois en deux jours.


Le magistrat saoudien est arrivé sous escorte et a pénétré dans le bâtiment sans faire de déclaration. Selon la chaîne de télévision TRT Haber, Saoud ben Abdallah Al-Muajab a demandé à Irfan Fidan lors de leur entretien lundi de partager l'intégralité des éléments qui figurent dans le dossier d'enquête turc, mais sa requête a été rejetée.

FRANCE/ALLEMAGNE


Emmanuel Macron et Angela Merkel ont convenu samedi d'avoir à l'avenir "une position coordonnée au niveau européen" sur des sanctions éventuelles contre l'Arabie saoudite après l'assassinat de Jamal Khashoggi. Lors d'une rencontre improvisée juste avant le début d'un sommet à Istanbul sur la Syrie, les dirigeants français et allemand ont cherché à apaiser leur différend, après qu'Emmanuel Macron a accusé vendredi implicitement l'Allemagne de "démagogie" pour avoir demandé aux Européens l'arrêt des ventes d'armes à Ryad.

PAS D'EXTRADITION


Ryad a répondu à cette demande d'extradition ce samedi : les suspects seront jugés en Arabie Saoudite.   "Sur la question de l'extradition, ces individus sont des citoyens  saoudiens. Ils sont détenus en Arabie saoudite, l'enquête est menée en Arabie  saoudite et ils seront poursuivis en Arabie saoudite", a ainsi déclaré Adel  al-Jubeir, le ministre saoudien des Affaires étrangères ce samedi.

TURQUIE 


Le parquet turc a lancé ce vendredi une procédure d'extradition contre les 18 Saoudiens soupçonnés d'être impliqués dans le meurtre de Jamal Khashoggi, a annoncé le ministère turc de la Justice. Le parquet d'Istanbul a remis les noms des 18 suspects au ministère de la Justice, qui les a à son tour transmis au ministère des Affaires étrangères pour que la demande d'extradition soit adressée aux autorités saoudiennes par les canaux officiels.

MACRON

Urgent

MACRON


Appelant à prendre des sanctions "claires, cohérentes et coordonnées" contre l'Arabie saoudite si les faits sont corroborés, le président français estime cependant qu'il n'y a pas de lien entre l'assassinat de Jamal Kashoggi et les ventes d'armes à Ryad. "C'est pure démagogie que de dire d'arrêter de vendre des armes", a déclaré Emmanuel Macron, se désolidarisant notamment d'Angela Merkel. 


Les ventes d'armes n'ont "rien à voir avec M. Khashoggi, il ne faut pas tout confondre", s'est-il récrié lors d'une conférence de presse à Bratislava, avant de plaider en cas de sanctions pour "une réponse européenne, dans tous les domaines" mais "une fois les faits établis".

ALLEMAGNE


Angela Merkel a de nouveau promis de suspendre les exportations d'armes allemandes vers l'Arabie saoudite en attendant que le meurtre de Jamal Khashoggi soit expliqué. "Il est nécessaire de clarifier le contexte de cet horrible incident, faute de quoi nous ne livrerons aucune arme à l'Arabie saoudite", a déclaré la chancelière allemande ce vendredi lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre tchèque, Andrej Babis, à Prague.

LA FIANCÉE DU JOURNALISTE RÉCLAME JUSTICE


La fiancée turque de Jamal Khashoggi a exigé vendredi que soient punis "tous les responsables" de cette "barbarie". "Ma demande est que tous les responsables impliqués dans cette barbarie, du plus bas au plus haut niveau, soient punis et traduits en justice", a déclaré Hatice Cengiz dans une interview à la chaîne Habertürk.

LA TURQUIE DIT AVOIR D'AUTRES PREUVES


Le président turc Recep Tayyip Erdogan annonce que le procureur général d'Arabie saoudite est attendu ce dimanche à Istanbul dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de Jamal Khashoggi. "Dimanche, ils (les Saoudiens) vont envoyer leur procureur général en Turquie. Celui-ci va rencontrer notre procureur général de la République à Istanbul", a déclaré le chef d'Etat lors d'un discours à Ankara, ajoutant que les autorités turques étaient en possession "d'autres éléments" de preuve liés au  meurtre.

ARMES 


Citée par le quotidien Die Welt, la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Karin Kneissl, a appelé l'Union européenne à cesser d'exporter des armes vers Ryad. "L'arrêt des exportations d'armements proposé par la chancelière Merkel serait un bon signal" envoyé par l'UE, a-t-elle observé, rappelant que l'Autriche ne vendait plus d'équipements militaires à l'Arabie saoudite depuis mars 2015.  

CIA 


De retour de Turquie, la directrice de la CIA Gina Haspel a exposé jeudi à Donald Trump "ses conclusions et ses analyses de son voyage", affirme le porte-parole du département d'Etat Robert Palladino sans en dévoiler plus. D’après un média turc proche du pouvoir, les services de renseignement auraient dévoilé des "preuves" issues de l’enquête. Lesquelles seraient des enregistrements du meurtre du journaliste Khashoggi.

EXÉCUTION


Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été la victime d'une "exécution extrajudiciaire" commise par "l'Etat" saoudien, a affirmé une experte auprès de l'ONU, en réclamant une "enquête internationale" sur cette affaire.


"L'Arabie saoudite elle-même a admis que le crime a été prémédité et a impliqué des responsables de l'Etat", a relevé lors d'une conférence de presse Agnès Callamard, rapporteure spéciale auprès de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires et arbitraires. "Ont-ils agi au nom de l'Etat? Cela doit être précisé", a-t-elle ajouté. 


"Mais du point de vue des droits humains", le crime "porte toutes les marques d'une exécution extrajudiciaire" et "il revient au Royaume d'Arabie saoudite de démontrer que ce n'était pas le cas".

TURQUIE


Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées jeudi devant le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul pour demander que justice soit rendue au journaliste et opposant saoudien Jamal Khashoggi, tué après être entré dans le bâtiment il y a trois semaines.


Plusieurs portaient des images en carton de son visage et des pancartes indiquant "Les amis de Khashoggi". Un des manifestants, les mains peintes en rouge, portait un masque représentant le visage du souverain de facto de l'Arabie saoudite, le prince héritier Mohamed ben Salman.

ARABIE SAOUDITE


Salah, fils du journaliste Jamal Khashoggi tué le 2 octobre au consulat saoudien à Istanbul, a quitté l'Arabie saoudite ainsi que sa famille après la levée d'une interdiction de voyage, a indiqué jeudi Human Rights Watch (HRW).


"Salah et sa famille se trouvent actuellement dans un avion pour (Washington) DC", a indiqué à l'AFP Sarah Leah Whitson, directrice pour le Moyen-Orient à HRW.

USA


De retour d'Istanbul, la directrice de la CIA, Gina Haspel, informera ce jeudi le président Donald Trump de l'évolution de l'enquête sur la mort du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, a annoncé la porte-parole de la Maison blanche, Sarah Sanders.


L'agenda de Donald Trump prévoit une réunion avec des membres des services de renseignement à 11h30 (15h30 GMT). Selon deux sources turques, Gina Haspel a pris connaissance, lors de sa visite en Turquie, d'un enregistrement sonore effectué lors du meurtre de Jamal Khashoggi.

TURQUIE 


"Il y a des questions qui nécessitent des réponses", a déclaré le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu, lors d'une conférence de presse ce jeudi. "18 personnes ont été arrêtées (en Arabie), pourquoi elles ? Qui leur a donné des ordres ? (...) Le corps de Jamal Khashoggi n'a pas encore été retrouvé. Où est-il ?" 


Dénonçant "un meurtre planifié à l'avance", le ministre des Affaires étrangères a assuré que la Turquie était prête à coopérer avec toutes les parties concernées. Il a également indiqué qu'Ankara n'envisageait pas - pour le moment - de porter l'affaire devant la justice internationale, mais que "si des tribunaux internationaux prennent une initiative", la Turquie partagera les informations qu'elle détient.

Urgent

ENQUÊTE


Le procureur général d'Arabie saoudite fait savoir par l'intermédiaire de la télévision d'Etat que, sur la base d'informations fournies par la Turquie, les  suspects accusés du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi avaient commis un acte "prémédité". Une version que Ryad n'avait jamais évoqué jusqu'alors.

UK


La Première ministre britannique Theresa May "a exhorté" l'Arabie Saoudite à coopérer avec l'enquête turque sur le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, lors d'un entretien téléphonique avec le roi Salmane, a annoncé Downing Street.


"La Première ministre a déclaré que les explications actuelles manquaient de crédibilité et qu'il restait donc nécessaire d'établir exactement ce qui s'était passé", a déclaré une porte-parole dans un communiqué. "Elle a exhorté l'Arabie Saoudite à coopérer avec l'enquête turque et à être transparente sur ses résultats".

FRANCE


Emmanuel Macron a demandé au roi saoudien Salmane "que toute la lumière soit faite" sur ce "crime".


"Les deux dirigeants ont évoqué l’enquête relative au meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. Le Président Macron a fait part de sa profonde indignation face à ce crime et demandé au roi que toute la lumière soit faite sur les circonstances ayant conduit à ce drame. Il a rappelé au souverain saoudien la priorité essentielle que constituait pour la France la défense de la liberté d’expression, de la liberté de presse et des libertés publiques", peut-on lire dans le communiqué de l'Élysée.

Les preuves étaient accablantes. Et la pression internationale trop forte. L'Arabie Saoudite a finalement reconnu son implication dans la mort du journaliste Jamal Kashoggi le 2 octobre dernier au sein même de son consulat d'Istanbul en Turquie. Mais la version donnée par Ryad divise. Le royaume a en effet annoncé samedi matin que Khashoggi avait été tué à l'intérieur de son consulat à Istanbul lors d'une rixe. 


Le procureur général saoudien Cheikh al-Mojeb a publié un communiqué sur le déroulement des faits : "Les discussions qui ont eu lieu entre lui et les personnes qui l'ont reçu au consulat saoudien à Istanbul ont débouché sur une bagarre et sur une rixe à coups de poing avec le citoyen Jamal Khashoggi, ce qui a conduit à sa mort, que son âme repose en paix."


Le directeur d'un centre de réflexion pro-saoudien, considéré comme proche de la direction du royaume, a donné une autre version de la cause du décès. "Khashoggi est mort d'un étranglement au cours d'une altercation physique, pas d'une rixe à coups de poings", a déclaré cet expert, Ali Shihabi, disant s'appuyer sur une source saoudienne haut placée. L'Arabie saoudite avait jusqu'alors déclaré que le journaliste était ressorti du consulat saoudien à Istanbul peu après y être entré.

18 personnes arrêtées

Si Donald Trump a rapidement considéré cette version comme "crédible", d'autres voix sont beaucoup plus circonspectes. Le secrétaire général de l'ONU s'est dit "profondément troublé par la confirmation de la mort de Jamal Khashoggi", selon un communiqué des Nations unies, et "souligne la nécessité d'une enquête rapide, approfondie et  transparente sur les circonstances du décès". La rapidité de la réaction d'Antonio Guterres après l'aveu saoudien tranche  avec la prudence observée jusqu'alors à l'ONU depuis début octobre.


Dix-huit ressortissants saoudiens ont été arrêtés pour le moment et l'enquête se poursuit indique un  communiqué diffusé par la presse officielle saoudienne. Un représentant saoudien informé de l'avancée de l'enquête a dit samedi qu'aucun ordre d'enlèvement ni d'assassinat n'avait été donné par le Royaume, précisant que le prince héritier Mohamed ben Salman ne savait pas qu'une opération spécifique serait menée au consulat saoudien d'Istanbul.


Suivez dans le direct ci dessous les réactions dans le monde entier à ce rebondissement. Si vous ne parvenez pas à lire ce live, cliquez sur le lien suivant.

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Meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi

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