EN DIRECT - Offensive en Syrie : les djihadistes de Daech renvoyés dans leur pays d'origine dès lundi prochain

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Offensive turque contre les forces kurdes en Syrie

CONFLIT - Depuis le 9 octobre, la Turquie a lancé une opération militaire dans le nord de la Syrie contrôlé par les Kurdes. Une offensive qui a entraîné la mort de plusieurs centaines de personnes, dont des civils, et l'exode de dizaines de milliers d'autres. Suivez les dernières infos.

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OPÉRATION RATÉE


Le djihadiste américain qu'Ankara a promis d'expulser a été bloqué à la frontière grecque, comme le montrent les images d'une télévision turque. L'homme serait resté plusieurs heures dans la zone tampon, bloqué entre les deux pays voisins. 


Selon plusieurs médias grecs, il a quitté la frontière en fin d'après-midi et est de retour en Turquie, après le refus d'Athènes de l'accepter sur son territoire. 

11 DJIHADISTES FRANÇAIS


Comme promis, la Turquie commence à expulser des membres étrangers du groupe Etat islamique qu'elle détient. Le premier est d'origine étasunienne. Il sera suivi de 24 autres. Parmi eux 11 Français et 10 Allemands.

La Turquie va renvoyer en France onze djihadistes français

La Turquie va renvoyer en France onze djihadistes français

DJIHADISTES ÉTRANGERS


Comme il l'avait déjà annoncé, le régime turc va procéder au renvoi des djihadistes étrangers dans leur pays d'origine, a annoncé le ministre turc de l'Intérieur vendredi 8 novembre. L'opération doit commencer à partir du lundi 11 novembre.

DJIHADISTES ÉTRANGERS


Ankara a annoncé vouloir renvoyer dans leurs pays les djihadistes capturés en Syrie. Estimant que les pays européens avaient leur part de "responsabilité",  le ministre turc de l'Intérieur, Süleyman Soylu, a prévenu que la Turquie finirait par les renvoyer dans leurs pays d'origine, notamment européens.  "En ce qui concerne les djihadistes étrangers, nous allons les garder sous notre contrôle pendant encore un certain temps. Ensuite, nous les renverrons dans leurs pays", a ainsi avancé devant la presse l'homme d'Etat. "Nous n'allons pas pouvoir les garder jusqu'à la fin des temps (...) Nous ne sommes pas un hôtel pour les membres de Daech", a-t-il insisté.

ACCORD

Des militaires turcs et russes ont commencé vendredi matin à patrouiller conjointement dans le nord-est de la Syrie aux termes d'un accord qui a mis fin à une offensive d'Ankara contre les forces kurdes syriennes, selon un correspondant de l'AFP. Les patrouilles ont débuté dans un village de la région de Dirbassiyeh

RETRAITE


La Russie a annoncé mardi la fin du retrait "total" des forces kurdes du nord de la Syrie. Un accord avait été conclu le 22 octobre par les présidents russe Vladimir Poutine et turc Recep Tayyip Erdogan, donnant à la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) jusqu'à mardi 15H00 GMT pour se retirer de ses positions frontalières de la Turquie.

La Turquie veut mettre en place une "zone de sécurité" d'une trentaine de km de profondeur le long de sa frontière avec la Syrie pour séparer celle-ci des YPG, qu'elle qualifie de "terroristes", mais qui sont alliées aux pays occidentaux dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI).

Sur le terrain, des combats meurtriers entre soldats syriens et turcs ont lieu, accentuent la volatilité de la situation sur le terrain.

COMBATS


Des combats violents entre les forces pro-Ankara, appuyées par l'aviation turque, et les forces kurdes soutenues par l'armée syrienne ont fait ce samedi 15 morts, a indiqué une ONG, alors que les troupes de Damas se sont déployées à proximité de la frontière syro-turque. "Les combats ont lieu dans la zone située entre Tal Tamr et Ras al-Aïn et ont fait 15 morts, dont 9 combattants proturcs et six des FDS", a indiqué à l'AFP le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. 

UNE FORCE INTERNATIONALE ? "PAS RÉALISTE"


Le ministre turc des affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a estimé ce samedi 26 octobre qu la proposition allemande de déployer une force internationale - incluant des soldats européens - pour établir une "zone de sécurité" dans le nord-est de la Syrie n'était pas "réaliste". Cette idée avait été avancée par la ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer.


"À ce stade nous ne la trouvons pas vraiment réaliste", a déclaré Cavusoglu, lors d'une conférence de presse commune avec son homologue allemand Heiko Maas. Ce dernier a lui-même balayé d'un revers de main cette proposition, qui divise profondément le gouvernement allemand. Maas a affirmé n'avoir"pas de temps à perdre avec des questions théoriques car la population syrienne n'a que faire des débats théoriques". "Tout le monde nous dit que ce n'est pas une proposition réaliste", a-t-il tranché.

MENACES


Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé ce samedi de "chasser les terroristes" de la frontière syro-turque si les milices kurdes syriennes ne se retirent pas de cette zone dans les délais prévus par l'accord conclu entre Ankara et Moscou.


"Si les terroristes ne se retirent pas au terme des 150 heures (délai courant à partir du 23 octobre à 09H00 GMT selon les termes de l'accord, ndlr), nous prendrons le contrôle et nous les chasserons nous-mêmes", a-t-il déclaré dans un discours télévisé à Istanbul, en référence aux combattants kurdes des YPG.

ACCORD RUSSO-TURC

L'Allemagne n'a pas caché son désaccord après l'agrément conclu entre la Russie et la Turquie. Regrettant que l'UE ne soit pas encore occupé "des événements actuels qui se déroulent à la frontière de notre continent", le porte-parole d'Angela Merkel a souligné que "l'action internationale pour régler cette crise ne [devait pas] se limiter à la Turquie et à la Russie".


Il a été épaulé par la ministre de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer qui, devant ses collègues de l'OTAN, a souligné : "Nous sommes toujours confrontés au fait qu'un pays, la Turquie, notre partenaire de l'OTAN, (...) a annexé un territoire en violation du droit international, que des populations sont expulsées, et nous ne pouvons pas laisser les choses en état". Et de rappeler son soutien à l'idée d'une création d'une zone de sécurité internationale dans le nord de la Syrie, en lieu et place de celle conclue dans l'accord entre Ankara et Moscou. 

TRUMP

En réponse à l'annonce de la suspension de l'opération militaire par la Turquie, Donald Trump a annoncé avoir "demandé au secrétaire au Trésor de lever toutes les sanctions imposées le 14 octobre en réponse à l'offensive de la Turquie". Il a par ailleurs indiqué qu'"un petit nombre de soldats" américains resteraient dans le pays afin de protéger les champs pétroliers.

DJIHADISTES

D'après James Effrey, un émissaire américain qui était interrogé par la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants américaine, plus de 100 prisonniers du groupe Etat islamique se sont échappés des geôles syriennes depuis le début du conflit entre les milices kurdes séparatistes et la Turquie. "Nous ne savons pas où ils se trouvent", a-t-il admis devant l'assemblée à majorité démocrate.

FIN D'AUTONOMIE

Une chose est sûre : la création de cette zone signe en réalité la fin du Rojava, qui concentrait les espoirs d'autonomie du peuple kurde de Syrie, indiquent plusieurs spécialistes de la région à l'AFP. "C'est la fin du Rojava, de leur rêve d'autonomie. Ils perdent tout", assure auprès de l'AFP le géographe Fabrice Balanche, qui poursuit : "Damas reprend ce que la Turquie n'occupe pas". En contrepartie de quoi, les Kurdes n'auront plus à subir les assauts militaires de la Turquie.

REACTION AMERICAINE

La création de cette zone de sécurité a été saluée comme un "grand succès" par Donald Trump, qui s'est félicité : "Le cessez-le-feu a été respecté et les combats ont pris fin. Les Kurdes sont en sécurité et ont très bien travaillé avec nous. Les prisonniers de l'EI sont en lieu sûr."

ACCORD RUSSIE/TURQUIE

Voici les principaux points d'accord qui sont ressortis de la réunion entre Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan. 


Ankara a obtenu de garder, sans date de retrait, le contrôle sur la zone de 120 km de long et 32 km de profondeur tout au long de sa frontière avec la Syrie, entre Tal Abyad, conquise au début de l'opération et Ras al Aïn, dont se sont retirés les derniers combattants du YPG ce dimanche.


Ce qui signifie que les troupes kurdes doivent se retirer avec leurs armes dans un délai de 150 heures qui a commencé à 9h, mercredi 23 octobre. Il prendra donc fin le 29 octobre à 15h (GMT).


Les deux hommes ont également réitéré leur volonté de '"lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes", manière d'inclure les craintes de Poutine face à la résurgence de Daech et la préoccupation d'Erdogan devant les velléités séparatistes kurdes. 


Sur la question des réfugiés, les deux présidents ont insister pour "faciliter le retour volontaire et sécurisé de réfugiés". Il y en a 3,6 millions sur le sol turc, et Ankara entend faire revenir deux millions d'entre eux dans la zone qu'elle est en train d'installer.

LA TURQUIE NE VA PAS REPRENDRE SON OFFENSIVE


La Turquie n'a "pas besoin" de reprendre son offensive contre les forces kurdes dans le nord de la Syrie car ces dernières se sont retirées des zones frontalières, a annoncé mardi soir le ministère turc de la Défense.


"A ce stade, il n'existe pas de besoin de mener une nouvelle opération", a fait savoir le ministère dans un communiqué, précisant que le retrait kurde avait été confirmé par les Etats-Unis.

ACCORD RUSSO-TURC SUR LE RETRAIT DES KURDES


Les présidents russe et turc se sont accordés mardi sur un retrait des forces kurdes du nord-est de la Syrie, prenant le contrôle en commun de la majeure partie de cette zone en proie à un conflit croissant entre Ankara et combattants kurdes.


Après six heures de négociations à Sotchi, dans le sud-ouest de la Russie, Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine ont décidé dans un premier temps de déployer des patrouilles militaires russes et syriennes dans les secteurs de la bande frontalière bordant la zone où l'armée turque a déclenché début octobre une opération militaire.


Ces patrouilles auront pour objectif de "faciliter" le retrait des forces kurdes YPG et leur désarmement dans une zone "profonde de 30 km" le long de la frontière syro-turque. Puis, "150 heures" plus tard, des patrouilles communes, cette fois russo-turques, évolueront dans la zone.


La Turquie gardera néanmoins la haute main sur la zone située entre la ville de Tal Abyad, qu'elle a prise au début de l'offensive, et celle de Ras al-Aïn, dont les derniers combattants kurdes se sont retirés dimanche. Soit une zone de sécurité d'une longueur de 120 kilomètres sous son contrôle direct, sur les 440 qu'elle réclamait à l'origine.


De facto, la Turquie et la Russie contrôleront ainsi la majeure partie de la frontière turco-syrienne.  "Avec M. Poutine, nous avons conclu un accord historique", a insisté le président turc.  "Ces décisions sont selon moi très importantes, voire décisives, et vont permettre de régler une situation très tendue", a pour sa part dit son homologue russe.

ARME CHIMIQUE

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques enquête sur les allégations des autorités kurdes qui accusent Ankara d'utiliser des armes non conventionnelles en Syrie. Il s'agit en l'occurrence de napalm ou de phosphore blanc, qui sont chacun interdits par le droit international. Ces deux armes sont généralement utilisés pour faire des bombes incendiaires et laissent généralement des traces de brûlures chez ceux qui y sont exposés. L'Observatoire syrien des droits de l'homme a indiqué "avoir recensé des blessés souffrant de brûlures qui sont arrivés à l'hôpital de Tal Tamr", proche de la ville frontalière de Ras al-Aïn. L'OSDH n'a toutefois pas été en mesure d'en confirmer l'usage, indique l'AFP.

Urgent

C'EST NON


Recep Erdogan rejette une proposition faite par son homologue français Emmanuel Macron auprès de la Russie visant à prolonger le cessez-le-feu en Syrie.


"Je n'ai pas reçu une telle proposition de Macron. Macron rencontre des terroristes et il a choisi ce moyen pour nous communiquer la proposition des terroristes", a déclaré le président turc, après qu'Emmanuel Macron a souligné lors d'un entretien téléphonique ce lundi avec son homologue russe Vladimir Poutine "l'importance de la prolongation du cessez-le-feu" qui expire mardi soir dans le nord-est de la Syrie.

Urgent

TURQUIE


L'opération militaire reprendra "avec une plus grande détermination" faute d'un retrait kurde, annonce Recep Erdogan.


"Le processus (de trêve) s'achève aujourd'hui à 22H00 (19H00 GMT). Si les promesses faites par les Américains ne sont pas respectées, l'opération reprendra avec une plus grande détermination", a déclaré M. Erdogan avant de s'envoler pour la Russie pour une rencontre cruciale avec son homologue russe Vladimir Poutine.

DIPLOMATIE


Ce lundi, soit à la veille de l'expiration de l'ultimatum, Emmanuel Macron s'est entretenu avec Vladimir Poutine. Alors que le président russe doit accueillir son homologue turc mardi à Sotchi, le chef de l'Etat a souligné "l’importance de la prolongation du cessez-le-feu actuellement en vigueur, et d’une sortie de crise par des moyens diplomatiques", a indiqué l'Elysée dans un communiqué. 

ETATS-UNIS 


Il reste un "petit" nombre de soldats américains en Syrie, dit Trump. Le président des Etats-Unis a précisé que ces soldats se trouvaient dans "une partie totalement différente de la Syrie", près de la Jordanie et d'Israël, tandis que d'autres étaient déployés pour "protéger le pétrole", c'est-à-dire à proximité de l'Irak. 

ULTIMATUM

Dans le même temps, les autorités militaires turques ont fait un funeste rappel : "La trêve s'arrêtera mardi 22 octobre à 22h [heure locale]". Cette trêve avait pour objet de permettre aux YPG, qu'Ankara cherche à déloger par son action militaire, de quitter ses positions à la frontière syro-turque. "Lorsque les 120 heures seront écoulées, s'il reste des terroristes, nous les neutraliserons", ont assuré ces sources militaires à l'AFP au sujet de la milice kurde, soutenue par la communauté internationale pour son rôle crucial dans la lutte contre l'organisation Etat islamique.


Pour le moment, environ 125 véhicules ont quitté les territoires contrôlés par les YPG depuis le début de la trêve, vendredi. "Nous suivons la situation de près", ont-ils prévenu.

ACCUSATIONS

"Je croyais que vous étiez contre le terrorisme ?" a poursuivi Erdogan, tout en colère. "Quand avez-vous commencé à agir de concert avec les terroristes ? Les YPG [la milice kurde, ralliée au PKK, considéré comme une organisation terroriste par Ankara, ndlr] sont-elles devenues un membre de l'Otan sans que j'en sois prévenu ?"

ACCUSATIONS

Recep Tayyip Erdogan est remonté contre l'Union européenne, qui condamne unanimement son intervention dans le nord-est de la Syrie, contre des milices kurdes, combattantes de l'organisation Etat islamique. "Vous arrivez à y croire ? Tout l'Occident s'est rangé aux côtés des terroristes et ils nous ont attaqués tous ensemble. Parmi eux, les pays de l'Otan et les pays de l'Union européenne. Tous", a déclaré le président turc lors d'un discours à Istanbul.

CLINTON

Se moquant ouvertement de Donald Trump après sa lettre ahurissante à Recep Tayyip Erdogan, Hillary Clinton a diffusé une parodie de lettre diplomatique, singeant une missive envoyée par JF Kennedy à Nikita Khrouchtchev, alors dirigeant de l'URSS, au plus fort de la crise des missiles.


"Cher Khroutchev,


Fais pas le con, d'accord ? Retire tes missiles de Cuba. Tout le monde dira : "Ouais ! Khrouchtchev ! T'es le meilleur !" Mais si tu ne le fais pas, tout le monde dira : "Quel trou du c**" et surnommera ton pays poubelle L'oignon soviétique.


Tu me casses vraiment les c*******, là

Je te passe un coup de fil bientôt.


Des câlins,


John Fitzgerald Kennedy"

LOISEAU

Sur LCI, la députée européenne Nathalie Loiseau réagit à l'intervention turque en Syrie : "J'espère que la tragédie syrienne va servir de réveil des consciences en Europe. Nous avons regardé l'histoire se faire sans nous et contre nous. Cette histoire, c'est des centaines de milliers de déplacés, dont des djihadistes, qui risquent de venir frapper à nos portes." 


"On a une certitude : notre allié américain regarde ailleurs, se lave les mains de ce qu'il peut se passer. Il est temps que l'Europe pèse."

COUP DE SEMONCE DE BERLIN 


"L'offensive turque dans le nord de la Syrie viole le droit international". C'est ce qu'a déclaré ce dimanche, le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas.


"Nous ne pensons pas qu'une attaque contre des unités kurdes ou une milice kurde est légitime au regard du droit international", a déclaré M. Maas sur la chaîne de télévision ZDF. "S'il n'y a pas de base légale pour une telle invasion, alors elle ne peut pas être en accord avec le droit international", a-t-il martelé.

DÉPART


La Turquie a annoncé ce dimanche que des combattants kurdes se retiraient de la ville syrienne frontalière de Ras al-Aïn en vertu d'un accord de trêve négocié par les Etats-Unis.


"Un convoi d'environ 55 véhicules est entré dans Ras al-Aïn et un convoi de 86 véhicules en est parti en direction de Tal Tamr", indique un communiqué du ministère turc de la Défense, qui a également diffusé des images de l'évacuation.


Après des discussions jeudi avec le vice-président américain Mike Pence, la Turquie a accepté de suspendre son offensive militaire dans le nord de la Syrie pendant cinq jours pour permettre aux forces kurdes de se retirer de la zone frontalière, dont Ankara veut faire une "zone de sécurité", et de mettre fin à l'offensive si les Kurdes respectaient ces obligations.


Le président turc Recetp Tayyip Erdogan a menacé de reprendre les hostilités si les combattants kurdes ne se retiraient pas.

REFUGIES 


A cause de l'offensive turque dans la région, les Kurdes trouvent refuge en Irak. Notre reportage sur place. 

CE QU'IL FAUT RETENIR DE CETTE JOURNEE DU 20/10


- Ce samedi, Ankara a exhorté Washington d'user de son influence auprès des forces kurdes pour assurer leur retrait du nord-est de la Syrie. Erdogan a menacé "d'écraser les têtes" des combattants kurdes. 


- Les forces turques et kurdes s'accusent chacune leur tour de violer le cessez-le-feu. 


- Un soldat turc a été tué et un autre blessé dans une attaque menée ce dimanche par des forces kurdes syriennes. 


- Les forces américaines se sont retirées dimanche de leur plus grande base dans le nord de la Syrie, dans le cadre du retrait d'environ 1.000 soldats de cette région annoncé par Washington. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), le convoi s'est retiré de la base de Sarrine, près de la ville de Kobané, et s'est dirigé vers la province de Hassaké plus à l'est.


- Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants américain ainsi qu'un groupe de parlementaires sont arrivés en Jordanie, pour des entretiens avec Abdallah II. Ces discussions porteront notamment sur l'impact de la stabilité régionale, l'accroissement du flux de réfugiés et l'ouverture dangereuse offerte à l'EI (le groupe jihadiste Etat islamique, ndlr), l'Iran et la Russie", estime Mme Pelosi, citée dans le communiqué.

PRESSION


La Turquie a appelé les États-Unis à user de son "influence" auprès des forces kurdes pour qu'elles se retirent "sans incidents" du nord-est de la Syrie conformément à l'accord censé mettre fin à l'offensive turque, a indiqué samedi à l'AFP le porte-parole de la présidence turque.

   

"Nous tenons à cet accord. Il prévoit leur départ dans un délai de cinq jours et nous avons demandé à nos collègues américains d'user de leur influence et de leur connexions pour s'assurer qu'ils (les combattants kurdes) partiront sans incidents", a affirmé Ibrahim Kalin dans un entretien à l'AFP.

DÉMENTI


La Turquie a démenti samedi avoir bloqué le retrait des forces kurdes dans le nord-est de la Syrie comme l'en a accusée leur commandant.


Les forces kurdes "propagent des fausses informations pour saboter l'accord turco-américain", prévoyant le retrait des combattants kurdes des zones frontalières de la Turquie dans un délai expirant mardi, a déclaré à l'AFP un haut responsable turc.


Un peu plus tôt dans l'après-midi, Mazloum Abdi, le commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS) a accusé ce samedi la Turquie de saboter l'accord en empêchant le retrait des combattants de la ville assiégée de Ras al-Aïn.


L'accord stipule "l'ouverture d'un couloir sous le parrainage des Etats-Unis", a-t-il affirmé, dans un entretien avec l'AFP. Mais les "Turcs empêchent le retrait du secteur de Ras al-Aïn, empêchant la sortie de nos forces, des blessés et des civils", a-t-il ajouté.

MENACES


Ce samedi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé d'"écraser les têtes" des combattants kurdes dans le nord-est de la Syrie s'ils ne s'en retirent pas dans le délai expirant mardi.


"Dès que le délai de 120 heures expire, nous reprendrons là où nous nous étions arrêtés et continuerons à écraser les têtes des terroristes", a déclaré Erdogan dans un discours dans la ville de Kayseri, en Anatolie.


Un accord arraché jeudi par Mike Pence lors d'une visite à Ankara prévoit la suspension pour 120 heures de l'offensive turque lancée le 9 octobre, et de mettre fin à cette offensive si les forces kurdes des YPG, considérées comme "terroristes" par Ankara, se retirent pendant cette période des zones frontalières de la Turquie dans le nord-est de la Syrie.


Outre le retrait des YPG, l'accord prévoit la mise en place d'une "zone de sécurité" de 32 km de largeur en territoire syrien, même si la longueur de cette bande, que le président turc veut à terme étendre sur près de 450 km, reste à définir.

APPEL DU PIED


Le chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes qui bénéficient d'une autonomie dans le nord de la Syrie, a affirmé ce samedi l'importance du maintien d'une présence américaine pour l'équilibre des forces dans ce pays, dans un entretien téléphonique avec l'AFP.


"Nous voulons que les Américains aient un rôle en Syrie, pour ne pas que les Russes et d'autres monopolisent le terrain", a dit Mazloum Abdi. "Il est de notre intérêt que les forces américaines restent ici pour l'équilibre en Syrie".

CESSEZ-LE-FEU


La Turquie a accusé ce samedi 19 octobre les forces kurdes de violer la trève annoncée jeudi dans le nord de la Syrie, qui impliquait un retrait de ces dernières de la région en échange de l'arrêt de l'offensive turque. "Les forces armées turques respectent totalement l'accord" négocié jeudi avec les États-Unis, a déclaré le ministère de la Défense dans un communiqué. "Malgré cela, des terroristes (la Turquie qualifie ainsi les forces kurdes) ont mené un total de 14 attaques dans les dernières 36 heures".

"DIPLOMATIE"

CRITIQUE EUROPEENNE

Plus tôt dans la journée, l'UE avait vivement critiqué le "cessez-le-feu" proposé par Ankara, en accord avec Washington. Donald Tusk, le président du Conseil européen, avait ainsi jugé qu'il s'agissait ni plus, ni moins, d'une "demande de capitulation pour les Kurdes".

BILAN HUMAIN

14 civils ont été tués dans des raids aériens perpétrés par Ankara au nord-est du pays, vendredi 18 octobre, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. Un bilan qui tombe alors que, la veille, le président Erdogan avait annoncé une trêve d'une durée de cinq jours. 


"Des raids aériens et des tirs d'obus vendredi ont tué 14 civils dans le village de Bab al-Kheir et d'autres villages des environs", a précisé l'ONG.

MACRON

MACRON

"Sur la Turquie, nous avons eu une discussion à propos de notre souveraineté, et notamment en ce qui concerne Chypre, et du respect de la zone économique dy pays, en condamnant les incursions répétées de la Turquie. Nous avons aussi pris une position commune condamnant l'intervention dans le nord-est syrien, décidant de suspendre nos exports d'armes à destination de la Turquie. Nous nous coordonnerons très étroitement sur le sujet. Nous avons aussi décidé, avec le premier ministre Johnson, la chancelière Merkel, de voir le président Erdogan, à Londres. C'est une manière de remettre en cohérence qu'est l'Otan car, pour qui l'aurait oublié, la Turquie est membre de l'Otan."

L'OFFENSIVE "REPRENDRA" SI LES KURDES NE QUITTENT PAS LA ZONE


Le dirigeant turc a estimé que "sans le départ de ces organisations terroristes [YPG, Daech et YPD], la zone n’aura pas la paix". Et l'offensive "reprendra" donc dès mardi soir si l'accord n'est pas respecté.  Lors d'une conférence de presse, il a assuré cependant que dès que ces groupes quitteront la frontière, la Syrie retrouvera "l’intégralité de son territoire légitime".


Recep Tayyip Erdogan a rappelé qu'il voulait le retour d'un à deux millions de réfugiés syriens dans la zone sécurisée où des affrontements ont eu lieu. En tout, Ankara dit accueillir 3,6 millions d'exilés dont 350.000 seraient des Kurdes "ayant fui les zones occupées par le PKK/YPG".

CINQ CIVILS TUÉS, SELON L'OSDH


Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), cinq civils ont été tués dans un raid aérien turc à l'est de Ras al-Aïn, en Syrie, alors qu'une trêve a été acceptée par Ankara jeudi soir.

"C'EST DE LA DÉSINFORMATION"


Il n'y a "pas d'affrontements dans la zone de sécurité", a indiqué Recep Tayyip Erdogan, selon l'agence gouvernementale turque. Alors que des ONG, des journalistes et une photo témoignent de la reprise d'affrontements dans la ville de Ras al-Aïn, le dirigeant turc parle de "désinformation".


Une correspondante de l'AFP présente côté turc de la frontière dit avoir entendu des frappes d'artillerie et des explosions, et une photo de l'agence montre des volutes de fumée blanche dans le ciel du côté syrien.

2.300 EXILÉS EN IRAK (ONU)


Selon les Nations unies, plus de 2.300 réfugiés ont fui les combats dans le nord-est de la Syrie pour se réfugier en Irak au cours des derniers jours. La majorité sont "des femmes, des enfants et des personnes âgées", a précisé un porte-parole lors d'une conférence de presse à Genève. Alors que 1.600 exilés syriens ont été acheminés depuis la frontière jusqu'à un camp de réfugiés à environ 150 kilomètres à l'est de la Syrie, 734 personnes ont franchi la frontière dans la nuit. 


L'ONU a aussi rapporté que des réfugiés avaient raconté à leur arrivée en Irak qu'il leur avait fallu "des jours pour rejoindre la frontière car ils devaient se déplacer au milieu des bombardements et des combats".


En tout, l'organisation internationale estime qu'environ 166.000 personnes ont été contraintes de quitter leur foyer depuis l'offensive, alors que l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) en dénombre 300.000.

UNE ÉQUIPE MÉDICALE BLOQUÉE


Une équipe médicale n'a "pas été autorisée à entrer"  à Ras al-Aïn, où des "tirs sporadiques" ont lieu, selon le responsable de l'hôpital d'une ville voisine. Cité par l'AFP, Hassan Amin explique ainsi que des autorités kurdes ont tenté de dépêcher une équipe médicale sur place pour tenter d'évacuer les blessés des derniers jours. En vain. Ce responsable, pour qui "la situation des blessés est critique et leur nombre élevé", accuse des rebelles proturcs.

AMNESTY INTERNATIONAL


Le communiqué complet - en anglais - d'Amnesty International, qui accuse la Turquie de "crimes de guerre", est à retrouver ici. 

"IL FALLAIT LES LAISSER SE BATTRE"


La remarque fait déjà vivement réagir. Donald Trump a comparé la Turquie et les Kurdes à deux gamins qui se disputeraient sur un lopin, expliquant qu'il aurait sciemment laissé les deux ennemis s'affronter. "Ce n’était pas conventionnel, ce que j’ai fait, mais je me suis dit qu'il avait besoin de se bagarrer un peu", a-t-il lancé lors d’un meeting à Dallas, au Texas. Et d'ajouter : "C'est comme deux gamins, on les laisse se bagarrer un peu, et puis on les sépare." Le locataire de la Maison blanche s'est ensuite félicité d'être arrivé à demander une "pause", entre les Kurdes "nos amis" et le président Recep Tayyip Erdogan, un vrai "gentleman". Pour rappel, selon l'OSDH, l'offensive a fait au moins 71 morts parmi les civils.


Des propos décrits comme "obscène" et "ignares" par Brett McGurk, un ex-envoyé spécial du Président américain auprès de la coalition internationale.

AMNESTY DÉNONCE DES "CRIMES DE GUERRE" EN SYRIE


Amnesty International accuse la Turquie de "crimes de guerre" en Syrie, dont des "exécutions sommaires" et des attaques meurtrières contre des civils.


"Les forces militaires turques et une coalition de groupes armés soutenue par la Turquie ont fait preuve d'un mépris honteux pour les vies civiles", écrit l'ONG dans un communiqué. Un constat réalisé sur la base de témoignages de 17 sources, dont des secouristes, des travailleurs médicaux, des exilés, des journalistes ou des humanitaires, et sur l'analyse et la vérification de documents tels que de vidéos ou des constats médicaux. 

TIRS "SPORADIQUES" EN SYRIE


Comme le montre cette photo de l'AFP, des combats ont toujours lieu à la frontière syro-turque. Tandis que l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) décrit des "tirs d'artillerie sporadiques" dans la ville de Ras al-Aïn,  des médias arabes ou des journalistes locaux évoquent, eux, des "bombardements turcs".

Infos précédentes

La Turquie a mis sa menace à exécution. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé ce mercredi 9 octobre le début d'une nouvelle offensive militaire contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), soutenue par les pays occidentaux mais bête noire d'Ankara. "Les Forces armées turques et l'Armée nationale syrienne (des rebelles syriens soutenus par Ankara) ont débuté l'opération 'Printemps de la paix' dans le nord de la Syrie", a annoncé le chef d'État dans un message sur compte Twitter. 

Une opération militaire qui vise, selon le président Erdogan, "les terroristes des YPG et de Daech" et a pour objectif de mettre en place une "zone de sécurité" dans le nord-est de la Syrie. "La zone de sécurité que nous allons créer va permettre le retour des réfugiés syriens dans leur pays", a-t-il ajouté pour justifier l'opération.

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Cette offensive, que la Turquie menaçait depuis plusieurs mois de lancer, est la troisième que mène Ankara en Syrie depuis 2016. Le président américain Donald Trump a semblé donner son feu vert dimanche 6 octobre à une telle opération avant de revenir sur ses propos et d'assurer que les États-Unis n'avaient "pas abandonné les Kurdes", qui ont joué un rôle crucial dans la défaite militaire de le groupe État islamique. Si les Occidentaux louent le rôle des YPG dans la bataille menée de front contre Daech, Ankara n'est pas du même avis. Elle considère ces combattants kurdes comme un groupe "terroriste" et une menace à sa sécurité en raison de ses liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui livre une guérilla sur le sol turc.

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