EN DIRECT - Offensive turque en Syrie : Trump demande à Erdogan de "mettre fin à l'invasion"

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Offensive turque contre les forces kurdes en Syrie

CONFLIT - Depuis le 9 octobre, une nouvelle opération militaire, baptisée "Printemps de la paix", a été lancée par la Turquie dans le nord de la Syrie contrôlé par les Kurdes. Cette offensive a entraîné la mort de plus de 150 personnes, dont une cinquantaine de civils, et l'exode de plus de 160.000. Suivez les dernières infos.

Live

LE POINT CE LUNDI 

- Sixième jour d’affrontement. Les troupes turques "ont conquis toute la région frontalière, de Tal Abyad jusqu'à l'ouest de Ras al-Aïn", selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. 


- Alliance entre Kurdes et Syriens. Afin de contrer l’offensive turque, les troupes Kurdes disent avoir conclu un accord avec l’armée syrienne. Une information confirmée du côté de Damas, qui a dénoncé l'opération d'Ankara et annoncé l'envoi de combattants dans le nord du pays.


- De nouvelles victimes civiles. Un convoi transportant des civils, dont des journalistes français, a été pris pour cible. Dix personnes sont mortes dans l’attaque menée par l'aviation turque, selon l'OSDH, dont un journaliste kurde.


- 130.000 déplacés. Selon l’ONU, des centaines de milliers de personnes ont décidé de quitter la région au nord de la Syrie afin d’échapper à l’offensive turque qui a d’ores et déjà tuée 60 civils (OSDH).


- La politique s’invite encore dans le football. Comme lors de leur match contre l’Albanie, des joueurs turcs ont effectué un salut militaire lors de la rencontre France-Turquie. Ils ont effectué ce geste pour célébrer le but de l’égalisation.

ETATS-UNIS 


Donald Trump a demandé ce lundi à Recep Tayyip Erdogan de "mettre fin à l'invasion" en Syrie et de décréter un "cessez-le-feu immédiat", a annoncé son vice-président Mike Pence. Lors d'un échange téléphonique, le président américain a également demandé à son homologue turc d'entamer "des négociations avec les forces Kurdes en Syrie", a encore indiqué M. Pence qui a précisé qu'il se rendrait prochainement en Turquie à la demande du chef de l'Etat. "Le président (Trump) a été très ferme avec le président Erdogan aujourd'hui", a ajouté Mike Pence, qui s'exprimait depuis la Maison Blanche.

ACCUSATIONS


Le ministre américain de la défense Mark Esper a qualifié l'offensive militaire turque d'"inacceptable", estimant qu'elle avait résulté en la "libération de nombreux détenus dangereux" de Daech. Washington demandera à l'Otan de prendre des "mesures" contre Ankara, coupable d'avoir "sapé" la mission internationale anti-Etat islamique dans le pays, a précisé M. Esper dans un communiqué.

FRANCE 


Au cours d'un entretien téléphonique ce lundi soir, Emmanuel Macron a insisté auprès de Donald Trump sur la "nécessité absolue d'empêcher une résurgence" du groupe Etat islamique (EI) avec l'opération turque contre les Kurdes et le départ des Américains du nord de la Syrie, a indiqué l'Elysée. Le président de la République s'est également entretenu avec ses homologues turc Recep Tayyip Erdogan et irakien Barham Saleh, a précisé la présidence.

EXPLICATIONS

Offensive turque en Syrie : pourquoi le traité de Sèvres qui accordait un Etat aux Kurdes n’a-t-il jamais été respecté ?

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ETATS-UNIS


Accusé d'être en partie responsable de l'offensive de la Turquie en Syrie depuis qu'il a ordonné le retrait des soldats américains encore présents dans la région, Donald Trump vient d'annoncer un décret autorisant des sanctions contre les dirigeants turcs. Le locataire de la Maison Blanche indique également mettre fin aux négociations commerciales entre Washington et Ankara, ainsi que la mise en place de taxes douanières sur l'acier turc.

160 000 DÉPLACÉS 


L'offensive militaire turque dans le nord-est syrien a provoqué en une semaine le déplacement d'au moins 160 000 personnes, dont 70 000 enfants, d'après l'ONU. Dans un communiqué, son secrétaire général Antonio Guterres  s'est dit "gravement préoccupé" par la situation et "appelle à une désescalade immédiate". 

SOUTIEN


Erodgan a remercié son allié Viktor Orban de son soutien affiché pour l'offensive contre les Kurdes de Syrie, rapporte un média hongrois. Le président turc doit par ailleurs se rendre prochainement en Hongrie. 

TURQUIE


Après avoir accusé les Kurdes d'avoir volontairement relâché les djihadistes emprisonnés en Syrie, la Turquie a vivement rejeté les critiques de l'Union européenne sur son offensive, y voyant une façon de protéger les terroristes.  "Le fait que l'UE adopte une approche qui protège les éléments terroristes est inacceptable", a ainsi déclaré le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué ce lundi 14 octobre.

KURDES


Il y a quelques jours, LCI avait interrogé Chilane, Silan et Arya. Tous les trois Kurdes, ils partageaient un même sentiment de trahison après l'offensive turque au nord-est de la Syrie. 

"On nous abandonne" : la colère des Kurdes de France après l'offensive turque

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KURDES


Les Kurdes de France s'inquiètent pour leurs proches qui sont restés en Syrie. Ils sont confrontés à un sentiment d'abandon de la part de la communauté internationale et du pays.

FUITE


En Syrie, les civils cherchent à fuir les combats entre l'armée turque et les Kurdes.

USA


Les quelque 1000 soldats américains déployés dans le nord de la Syrie ont reçu l'ordre de quitter le pays, a indiqué ce lundi 14 octobre à l'AFP un responsable américain ayant requis l'anonymat. "Nous mettons cet ordre à exécution", a-t-il dit, soulignant que ce retrait concernait "tous" les militaires déployés en Syrie, "sauf ceux qui se trouvent à Al-Tanf", une base contrôlée par quelque 150 militaires américains dans le sud du pays. 

EI


Quelques heures après la sortie de Donald Trump, c'est au tour de la Turquie d'accuser les forces kurdes d'avoir délibérément relâché des détenus du groupe État Islamique. 


Un haut responsable turc sous couvert d'anonymat a affirmé que la milice kurde YPG "a libéré ces prisonniers de Daech pour semer le chaos dans la région" où l'armée turque mène une vaste offensive depuis mercredi. Selon lui, la prison en question se trouve dans la ville de Tal Abyad qui a été prise dimanche aux forces kurdes par l'armée turque et ses supplétifs syriens. Les forces turques qui ont pénétré dans cette prison ont constaté qu'"aucune porte n'avait pas été forcée par les détenus" et y ont trouvé des portraits d'Abdullah Öcalan, le chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), emprisonné en Turquie.

PARIS


La France a annoncé lors d'un point presse que des mesures pour protéger ses troupes au sol seront prises "dans les prochaines heures" pour assurer le repli des personnes sur place, aussi bien militaires que civiles. 


"On n'a jamais caché le fait que les pays avec des petits contingents ne pourraient pas rester si les Etats-Unis se retiraient", précise ainsi une source diplomatique auprès de l'AFP.

LUTTER CONTRE DAECH EST LA "PRIORITÉ ABSOLUE"


Alors que le Président de la République a réuni ce dimanche le Conseil de Défense et de Sécurité nationale pour faire le point de la situation dans le Nord-Est syrien, le Quai d'Orsay fait savoir que la "priorité absolue" dans la zone est "d'empêcher la résurgence de Daech dans la région". 


"Le risque d'évasion, en raison de l'offensive de la Turquie, des terroristes de Daech faits prisonniers, est pleinement pris en compte. Des mesures ont également été adoptées pour renforcer la sécurité du territoire national dans ce contexte", a-t-on déclaré lors d'un point presse au ministère des Affaires étrangères.

L'UE CONDAMNE


L'Union européenne "condamne l'opération militaire turque" au nord de la Syrie car elle "compromet gravement la stabilité et la sécurité de l'ensemble de la région".  Selon la déclaration commune des ministres des Affaires étrangères, l'UE prépare des sanctions contre les forages illégaux réalisés par la Turquie au large de Chypre.

TRUMP : "LES GUERRES SANS FIN C'EST FINI!"


Donald Trump a justifié sa position sur le dossier syrien sur son réseau social favori. Le président américain a d'abord réitéré ses critiques envers l'Europe, qu'il accuse de ne pas avoir "repris ses prisonniers de l’Etat islamique" quand elle en avait l'opportunité.


Et dorénavant, le locataire de la Maison blanche émet l'hypothèse que les Kurdes relâchent volontairement "quelques" prisonniers du groupe Etat islamique pour forcer les Occidentaux à s'impliquer sur le terrain. "Des Kurdes peuvent libérer certains djihadistes pour qu'on s'engage", a-t-il tweeté. 


S’il promet encore une fois de "grosses sanctions contre la Turquie", il ajoute très clairement ne pas vouloir "entre en guerre avec un membre de l’OTAN", qui se bat "depuis 200 ans". "Les guerres sans fin, c’est fini."

RÉCIT


A Ras-Al-Aïn, à la frontière syro-turque, une alliance de circonstance s'est construite sous les bombardements turcs. Les Kurdes, qui ne peuvent plus riposter à l'offensive, ont ainsi fait le douloureux compromis de s'allier à Damas pour éviter ce qu'ils décrivent comme un "génocide".


Alors que les troupes sont sur le front, des prisons et camps où sont retenus près de 12. 000 individus affiliés au groupe Etat islamique sont laissés sans surveillance. La mère d'une Française partie faire le Djihad nous livre le témoignage, sur place, de sa fille. Elle lui a confié que les Kurdes ont laissé certaines femmes partir car ils ne pouvaient plus "gérer la situation". 

ERDOGAN 


Lors d'une conférence de de presse, le dirigeant turc a exhorté les alliés de l'OTAN à soutenir son opération militaire en Syrie, selon l'agence gouvernementale. Recept Tayyip Erdogan demande aux pays occidentaux de choisir "entre la Turquie et les terroristes". 

FRANCE - TURQUIE SANS LE DRIAN


Alors que la présence de Jean-Yves Le Drian en tribune officielle lors de la rencontre France - Turquie était annoncée, le ministre des Affaires étrangères ne sera finalement pas présent au stade de France. 


Le ministre turc de la Jeunesse et des Sports ainsi que l'ambassadeur, qui a été convoqué jeudi dernier au quai d'Orsay, assisteront, eux, au match. 

ERDOGAN :  "550 TERRORISTES NEUTRALISÉS"


Le président turc a annoncé, dans son dernier bilan de l'opération qu'il a baptisé "source de Paix", que 550 terroristes ont été neutralisés", selon l'agence gouvernementale. Par "terroriste", Recep Tayyip Erdogan décrit les membres des Unités de protection du peuple (YPG) , considérés comme tel par Ankara alors qu'ils sont les alliés de la coalition internationale.


Le dirigeant a également critiqué lors de cette conférence de presse à Istanbul, les médias étrangers pour leurs "tactiques afin de manipuler l'opinion publique à propos de l'opération Source de Paix".

FRANCE - TURQUIE MAINTENU


La rencontre France-Turquie, prévue ce lundi soir au Stade de France, est maintenue selon nos informations. Contacté par LCI, le ministère des Sports indique qu'il n'est "pas question" d'annuler le match, confirmant la position de Matignon. "S'il y a une décision, elle sera interministérielle et même au-delà. C'est un match important."


Même son de cloche du côté de l'UEFA, qui nous indique ce matin à 9 heures que "le match entre la France et la Turquie sera joué, comme prévu". 

SPORT ET DIPLOMATIE


Plusieurs élus appellent depuis dimanche soir à suspendre la rencontre France-Turquie, prévue ce lundi soir au Stade de France. 

France-Turquie : des élus réclament l'annulation du match, Matignon assure qu'il sera maintenu

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ERIC CIOTTI


Invité sur LCI, Eric Ciotti a décrit la situation en Syrie comme "terrifiante par rapport aux Kurdes", estimant que la réaction de la coalition internationale était "d’une extrême lâcheté". "La diplomatie occidentale dans cette région du monde est désorganisée."


L'élu Les Républicains a plaidé pour une aide envers l'armée syrienne. "Il faut arrêter le massacre des Kurdes. Très clairement il faut que l’ONU prenne des initiatives."

TROUPES SYRIENNES


Les troupes d'Ankara approchent de la frontière avec la Turquie, alors qu'un accord a été passé avec les forces Kurdes, selon les observations de plusieurs journalistes, dont l'AFP et des médias syriens.

LE POINT CE LUNDI 

- Sixième jour d’affrontement. Les troupes turques "ont conquis toute la région frontalière, de Tal Abyad jusqu'à l'ouest de Ras al-Aïn", selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. 


- Alliance entre Kurdes et Syriens. Afin de contrer l’offensive turque, les troupes Kurdes disent avoir conclu un accord avec l’armée syrienne. Une information confirmée du côté de Damas, qui a dénoncé l'opération d'Ankara et annoncé l'envoi de combattants dans le nord du pays.


- De nouvelles victimes civiles. Un convoi transportant des civils, dont des journalistes français, a été pris pour cible. Dix personnes sont mortes dans l’attaque menée par l'aviation turque, selon l'OSDH, dont un journaliste kurde.


- 130.000 déplacés. Selon l’ONU, des centaines de milliers de personnes ont décidé de quitter la région au nord de la Syrie afin d’échapper à l’offensive turque qui a d’ores et déjà tuée 60 civils (OSDH).


- La politique s’invite encore dans le football. Comme lors de leur match contre l’Albanie, des joueurs turcs ont effectué un salut militaire lors de la rencontre France-Turquie. Ils ont effectué ce geste pour célébrer le but de l’égalisation.

FRANCE - TURQUIE

"Pourquoi annuler ce match?" C'est en ces mots que l'ambassadeur de Turquie en France a répondu à la question de savoir si le match de foot qui aura lieu ce soir au stade de France devait être annulé


"J'écoute et j’entends des analyses et déclarations qui m’étonnent", a déclaré Ismail Hakki Musa alors qu'au match aller, l'hymne français avait été copieusement sifflé. La rencontre inquiète les autorités à cause d'un haut risque de débordements.

LES KURDES VEULENT "DÉSORIENTER L'OPINION PUBLIQUE"

L'ambassadeur de Turquie en France n'a pas répondu aux questions de LCI au sujet de l'accord que les forces Kurdes disent avoir passé avec le régime de Damas afin de repousser l'offensive turque. "Je n’ai rien d’officiel là-dessus, je ne peux pas m’avancer", a indiqué Ismail Hakki Musa.


Le diplomate a cependant confié que si une telle alliance était réelle, le régime turc ne serait pas "énormément affecté". "Ça ne nous inquiète pas", a-t-il avancé, défendant que le gouvernement n'avait "pas exclut une tentative de rapprochement de cette nature" dans leur stratégie. "Tout a été calculé".


L'ambassadeur en a profité pour considérer qu'il y aurait une "désinformation" de la part des Unités de protection du peuple (YPG), alliées de la coalition internationale, mais présentées comme "terroriste" par Ankara. "Ils essayent de désorienter l'opinion publique internationale". La communication, notamment sur les réseaux sociaux, fait en effet entièrement partie de l'affrontement. 

LA TURQUIE "SOUHAITE" LE DIALOGUE

L'ambassadeur de Turquie en France estime que les deux pays sont au "début" de négociations. Invité sur LCI, Ismail Hakki Musa, a confié qu'il était "possible" que Recep Tayyip Erdoğan et Emmanuel Macron "échangent ces jours-ci". "Peut-être aujourd’hui, peut-être demain."


"Nous souhaitons le [dialogue], c’est le propre de la diplomatie. Il  y a des points de divergence, d’autres de convergence."

DES CIVILS TUÉS, UN CONVOI AVEC DES JOURNALISTES ATTAQUÉ

Dimanche, au moins 26 civils ont été tués dans le nord syrien par des bombardements et des tirs des forces turques ou leurs supplétifs syriens, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Nous étions dans le convoi de civils kurdes pris pour cible par les forces turques ou leurs alliés à Ras Al Ain. Notre équipe va bien mais des confrères sont morts", a annoncé sur son compte Twitter une journaliste de France Télévisions, Stéphanie Perez. L'OSDH a rapporté la mort "d'un journaliste", mais il n'était pas en mesure de donner son identité ou sa nationalité.

QUELLE RELATION ENTRE DAMAS ET LES KURDES ?

Les Kurdes de Syrie ont annoncé dimanche soir avoir conclu un accord avec Damas pour le déploiement de l'armée syrienne près de la frontière turque, afin de contrer l'offensive d'Ankara, de "libérer toutes les localités occupées par l'armée turque et ses supplétifs syriens", et de soutenir les Forces démocratiques syriennes (FDS).

Longtemps marginalisés et victimes de discriminations de la part de Damas, les Kurdes ont proclamé leur autonomie dans le nord du pays, à la faveur du conflit déclenché en 2011. Damas refuse cette autonomie mais, fin 2018, alors qu'Ankara menaçait de lancer une opération contre les forces kurdes en Syrie, les YPG, principale composante des FDS avaient appelé l'armée syrienne à se déployer dans les environs de la ville de Minbej (nord), ce qu'elle a fait. Les Kurdes avaient également amorcé des pourparlers avec Damas sur l'avenir de leurs régions, sans résultat pour le moment.

"Les Russes et le régime syrien ont fait des propositions qui pourraient sauver la vie de millions de personnes qui vivent sous notre protection. Nous ne faisons pas confiance à leurs promesses. Pour être honnête, il est difficile de savoir à qui faire confiance", a écrit dimanche sur Foreign Policy un haut commandant des FDS, Mazloum Abdi. Et d'ajouter : "Nous savons que nous devrons faire des compromis douloureux avec Moscou et Bachar al-Assad si nous travaillons avec eux. Mais si nous devons choisir entre les compromis et le génocide de notre peuple, nous choisirons sûrement la vie pour notre peuple."

FUITE DE DJIHADISTES

Le "Collectif des familles unies", qui réunit des familles de djihadistes français engagés auprès de Daech, a pressé le gouvernement français de les rapatrier d'urgence, dimanche 13 octobre, après l'annonce, un peu plus tôt dans la journée, de la fuite de près de 800 proches de djihadistes français d'un camp situé au nord de la Syrie.


Aujourd'hui (dimanche), les gardes kurdes ont ouvert les portes aux femmes étrangères (issues de l'EI) et leur ont demandé de sortir du camp", témoigne une membre du collectif auprès de l'AFP, sur la base du témoignage de sa fille, prisonnière, qui raconte qu'elle, comme d'autres femmes de djihadistes, "se sont retrouvées, avec leurs enfants perdues à l'extérieur."


"Elles ne se sont pas évadées, elles ne le voulaient pas, elles s'attendaient à être récupérées par d'autres forces syriennes ou les Turcs, mais on les a mises dehors. Depuis plusieurs jours, les bombes tombaient de plus en plus près du camp, où il n'y a plus d'ONG, plus d'aide, beaucoup de réfugiés syriens aussi sont partis".

MELENCHON

Très remonté depuis le début des opérations turques de l'autre côté de sa frontière avec la Syrie, Jean-Luc Mélenchon, qui avait déjà prononcé un discours anti-Erdogan, samedi, place de la République, a exhorté, ce dimanche, la France à aider l'armée syrienne, dont une partie se déplace sur la zone de conflit pour "affronter l'agression" de la Turquie.


"Excellente nouvelle. L'armée syrienne va défendre son pays contre l'invasion de l'armée d'Erdogan et de leur supplétif djihadiste. La France doit les aider", s'est-il réjoui sur Twitter. 

ARMEE SYRIENNE

L'agence Sana, qui révèle l'information selon laquelle l'armée syrienne va envoyer des troupes dans le nord du pays pour "affronter l'agression" de la Turquie, n'a guère donné de détails sur le nombre de soldats syriens mobilisés. 


Toutefois, cette décision semble avoir été coordonnée avec les forces kurdes : "Toutes les options sont étudiées face à l'offensive turque, le gouvernement doit prendre ses responsabilités pour affronter l'agression", a indiqué sous couvert d'anonymat un responsable kurde.


Cet envoi de troupes fait en tout cas figure d'évolution dans les rapports entre Damas et les Kurdes syriens, qui avaient instauré une autonomie de facto dans cette région du nord, à la faveur du conflit déclenché en 2011. Une autonomie vue d'un mauvais oeil par Bachar al Assad, qui avait toutefois entamé des pourparlers avec les représentants de la région en 2018, restés sans suite.

ERDOGAN

S'exprimant sur l'opération "Sources de paix", dimanche 13 octobre, devant des journalistes, Recep Erdogan a assuré à ses interlocuteurs que l'offensive ne se faisait "pas contre les Kurdes, mais contre le PKK et ses branches PYD et YPG. Nous ne permettons pas et ne permettrons pas la création d'un Etat terroriste dans le nord de la Syrie".

MACRON

"L'offensive turque en Syrie est au cœur de nos préoccupations", a affirmé le président français ce dimanche soir. "Nous avons échangé avec les présidents Trump et Erdogan. Notre objectif est que cette offensive cesse. Cette offensive crée des situations humanitaires insoutenable et permet à Daech de se renforcer."


A ses côtés, la chancelière Merkel a indiqué avoir parlé pendant une heure avec le président turc ce dimanche et a fait part de sa préoccupation : "La menace de Daech est encore très forte".

MACRON

Alors qu'il s'exprime dans un point presse conjoint avec Angela Merkel, Emmanuel Macron a annoncé qu'il réunirait ce dimanche, à 22h, un conseil restreint de défense. Il a notamment exprimé sa crainte que l"offensive turque crée "une situation humanitaire insoutenable".

SYRIE

La Syrie entre officiellement dans la danse : Damas vient en effet d'annoncer l'envoi de troupes dans le nord du pays, face à l'offensive turque, a fait savoir un média d'Etat syrien.

Alors que les combats font rage au nord de Raqqa, au moins 24 civils ont été tués dimanche lors de l'offensive turque, selon un nouveau bilan établi par l'Observatoire syrien des Droits de l'homme (OSDH). 

ETATS-UNIS


Le chef du Pentagone Mark Esper a annoncé dimanche le retrait de jusqu'à 1.000 soldats américains du nord de la Syrie, sur ordre de Donald Trump, évoquant sur la chaîne CBS une "situation intenable" pour des troupes qui "peuvent se retrouver prises en étau" entre les Kurdes et les Turques.


Le président a "ordonné que nous commencions un retrait délibéré des forces américaines de la partie nord de la Syrie", a déclaré M. Esper sur la chaîne Fox News, parlant de "moins" de 1.000 soldats.

CARTE

LE POINT CE DIMANCHE 


- Ce samedi, les autorités turques ont annoncé avoir pris Ras al-Aïn, mais selon plusieurs sources, la ville est toujours en proie à de nombreux combats. 

- Les autorités kurdes ont expliqué que 800 proches de djihadistes étrangers du groupe Etat Islamique ont fui le camp d'Aïn Issa. Les gardes du camp l'avaient "quitté" et "des déplacés" fuyaient "au fur et à mesure", indique l'OSDH. 

- Dans un discours à Istanbul, Erdogan a annoncé que rien ne stoppera son opération, pas même les embargos et l'arrêt des ventes d'armes. 

- Les Etats-Unis ont annoncé le retrait de 1000 soldats américains, sur ordre de Trump. La situation, dans le nord du pays, étant jugée "intenable" pour les troupes américaines.

- Dans la soirée, Damas a annoncé l'envoie de troupes pour faire face à l'offensive turque

PRISE DE TAL ABYAD


Ce dimanche, les forces turques ont conquis la ville frontalière de Tal Abyad, dans le nord de la Syrie, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).


Il s'agit de la plus grande ville conquise jusqu'à présent par les forces turques depuis le début de leur offensive mercredi dernier. La cible majeure semble être la ville de Ras al-Aïn. 

HUILE SUR LE FEU 


Rien n'infléchira la politique d'Erdogan. C'est en substance ce qu'il a annoncé ce dimanche, lors d'un discours tenu à Istanbul. "Depuis que nous avons lancé notre opération, nous faisons face à des menaces de sanctions économiques ou d'embargos sur les armes. Ceux qui pensent pouvoir nous contraindre à reculer avec ces menaces se trompent", a déclaré Erdogan. En d'autres termes, les embargos sur les ventes d'armes à la Turquie ne suffiront pas à stopper son opération en Syrie. 

FUITE 

RÉACTIONS


La France est "inquiète" après la fuite annoncée de 800 proches de jihadistes étrangers du groupe Etat islamique (EI) d'un camp en Syrie et appelle une nouvelle fois la Turquie à "terminer au plus vite son intervention" contre les Kurdes, a indiqué dimanche la porte-parole du gouvernement.


"Evidemment que nous sommes inquiets par rapport à ce qui pourrait se passer et c'est la raison pour laquelle nous souhaitons que la Turquie (...) termine au plus vite l'intervention qu'elle a commencée, que nous avons évidemment condamnée", a déclaré Sibeth Ndiaye dans l'émission "Dimanche en Politique" sur France 3.

AÏN ISSA


L'administration kurde semi-autonome a rapporté la fuite de "785" proches de jihadistes, assurant que "le camp d'Aïn Issa était désormais sans gardes". Contacté par l'AFP, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a assuré que les gardes du camp l'avaient "quitté" et que "des déplacés" fuyaient "au fur et à mesure".

AÏN ISSA


Des familles de membres du groupe jihadiste Etat islamique (EI) ont fui un camp de déplacés dans le nord de la Syrie, situé à proximité des combats entre forces kurdes et turques, ont annoncé dimanche les autorités kurdes.


"Plus d'une centaine de personnes, des femmes et des enfants", ont pris la fuite du camp de Aïn Issa, a indiqué à l'AFP un responsable de ce camp de déplacés sous le couvert de l'anonymat.


L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a confirmé qu'"environ une centaine" de femmes et d'enfants des familles de l'EI ont pris la fuite, précisant qu'il s'agissait d'étrangères mais sans être en mesure de donner leurs nationalités.

COMBATS 


De violents combats se déroulent à Ras-al-Aïn, ville frontalière avec la Turquie. Depuis mercredi, 85 combattants kurdes ainsi que 38 civils ont été tués dans les violences, selon un dernier bilan de l'OSDH.

ETAT ISLAMIQUE 


Selon les autorités kurdes, des familles de membres du groupe jihadiste Etat islamique (EI) ont fui un camp de déplacés dans le nord de la Syrie, situé à proximité des combats entre forces kurdes et turques.


"L'assaut militaire brutal mené par la Turquie et ses mercenaires se déroule désormais à proximité du camp de Aïn Issa, où se trouvent des milliers (de membres) des familles de l'EI", a annoncé dans un communiqué l'administration autonome kurde. "Certaines ont pu prendre la fuite".

Infos précédentes

La Turquie a mis sa menace à exécution. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé ce mercredi 9 octobre le début d'une nouvelle offensive militaire contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), soutenue par les pays occidentaux mais bête noire d'Ankara. "Les Forces armées turques et l'Armée nationale syrienne (des rebelles syriens soutenus par Ankara) ont débuté l'opération 'Printemps de la paix' dans le nord de la Syrie", a annoncé le chef d'État dans un message sur compte Twitter. 

Une opération militaire qui vise, selon le président Erdogan, "les terroristes des YPG et de Daech" et a pour objectif de mettre en place une "zone de sécurité" dans le nord-est de la Syrie. "La zone de sécurité que nous allons créer va permettre le retour des réfugiés syriens dans leur pays", a-t-il ajouté pour justifier l'opération.

Lire aussi

Des "raids aériens" et des tirs d'artillerie ont visé mercredi la région de Ras al-Aïn et ses environs, située dans le nord syrien à la frontière avec la Turquie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Rapportant la fuite de dizaines de civils, un correspondant de l'AFP a notamment pu voir des colonnes de fumée s'élever tout près de la frontière tandis que des avions survolaient le secteur. "Les avions de guerre turcs ont commencé à mener des frappes aériennes sur des zones civiles, il y a une forte panique parmi les gens", a indiqué de son côté un porte-parole des forces kurdes, Mustafa Bali.

Cette offensive, que la Turquie menaçait depuis plusieurs mois de lancer, est la troisième que mène Ankara en Syrie depuis 2016. Le président américain Donald Trump a semblé donner son feu vert dimanche 6 octobre à une telle opération avant de revenir sur ses propos et d'assurer que les États-Unis n'avaient "pas abandonné les Kurdes", qui ont joué un rôle crucial dans la défaite militaire de le groupe État islamique. Si les Occidentaux louent le rôle des YPG dans la bataille menée de front contre Daech, Ankara n'est pas du même avis. Elle considère ces combattants kurdes comme un groupe "terroriste" et une menace à sa sécurité en raison de ses liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui livre une guérilla sur le sol turc.

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