Tensions au Cachemire : colère en Inde après la diffusion d'une vidéo du pilote d'un avion abattu

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ASIE - Plusieurs opérations militaires ont eu lieu à la frontière indo-pakistanaise, dans la région du Cachemire, depuis le mardi 26 février. Alors qu'un pilote indien a été capturé, le Pakistan l'a libéré vendredi pour conduire à la "désescalade" réclamée par de nombreux pays. Suivez les dernières informations en direct.

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DÉCRYPTAGE 


Les opérations militaires menées par le Pakistan et l'Inde sont-elles les prémices d'une nouvelle guerre entre ces deux puissances nucléaires ? Quels intérêts - sécuritaires mais aussi politiques - cache ce regain de tensions ? Peut-on espérer une "désescalade", réclamée par plusieurs pays dont la France ce mercredi ? LCI a posé la question à Charlotte Thomas, docteure en sciences politiques et directrice du programme pour l'Asie du Sud au sein du collectif de chercheurs indépendant "Noria".

Tensions militaires entre l'Inde et le Pakistan : que cache cette escalade ?

Tensions militaires entre l'Inde et le Pakistan : que cache cette escalade ?

2 SOLDATS TUÉS


Les accrochages se sont poursuivis samedi entre les deux pays,  avec tirs de mortier et d'artillerie. Deux soldats pakistanais ont été tués au  Cachemire, à la frontière, a-t-on annoncé de source militaire pakistanaise.

UNE VIDÉO PROVOQUE LA COLÈRE 


Une vidéo du pilote indien relâché  vendredi par le Pakistan et où il remercie les autorités pakistanaises a  suscité samedi une vive colère en Inde, alors qu'Islamabad avait présenté cette  libération comme un "geste de paix" dans la crise autour du Cachemire.


Selon les médias indiens, le retour du pilote dans son pays a été retardé  car on l'a forcé à accepter cette vidéo pour sa libération. Le militaire y remercie l'armée pakistanaise pour son professionnalisme. Il accuse les médias indiens d'entretenir une hystérie guerrière entre les deux  pays. La vidéo a été largement diffusée par les militaires pakistanais.


Les médias indiens ont qualifié pour leur part ce document de "détestable",  violant les normes internationales sur les prisonniers de guerre.

LIBÉRÉ


Le Pakistan a remis vendredi à l'Inde son pilote d'avion de chasse capturé cette semaine au Cachemire, selon des images retransmises en direct à la télévision. Un "geste de paix" à l'égard de New Delhi, d'après Islamabad.


Le lieutenant-colonel Abhinandan Varthaman, capturé mercredi, a traversé la frontière au poste-frontière de Wagah, situé entre les grandes villes de Lahore (Pakistan) et Amritsar (Inde).

ESPACE AÉRIEN


L'autorité chargée de l'aviation civile du Pakistan (CAA) a averti que l'espace aérien resterait fermé au moins jusqu'à 13h vendredi heure locale (08h GMT), ce qui perturbe l'un des principaux couloirs aériens entre l'Europe et l'Asie du sud-est.


Le survol du pays étant impossible, de nombreuses compagnies ont dû annuler des vols et /ou modifier les itinéraires de vol. Des milliers de voyageurs sont impactés.

DOMMAGE COLLATÉRAL


En raison de la fermeture de l'espace aérien pakistanais, les recherches pour tenter de retrouver deux alpinistes disparus pendant une ascension dans l'Himalaya ont dû être retardés de 24 heures.


Daniele Nardi, un Italien de 42 ans, et Tom Ballard, un Britannique de 30 ans n'ont plus donné signe de vie depuis dimanche, alors qu'ils avaient entrepris une ascension hivernale du Nanga Parbat, dans l'ouest de l'Himalaya, un sommet pakistanais surnommé "la montagne tueuse".


Un hélicoptère était prêt à partir à leur recherche mercredi matin, mais a été bloqué par la fermeture de l'espace aérien en raison des tensions avec l'Inde.


Les ambassadeurs d'Italie et du Royaume-Uni ont réussi à faire pression auprès d'Islamabad pour obtenir une autorisation de vol exceptionnelle. D'après les premiers éléments, ils auraient pu être victimes d'une avalanche.

MAIN TENDUE


Le vice-maréchal de l'Air RGK Kapoor s'est dit "heureux" que le pilote actuellement aux mains du Pakistan soit bientôt relâché. "Nous voyons cela comme une main tendue en accord avec la convention de Genève".

RAPPORT DE FORCE

DÉTOURS


Alors que de nombreux vols ont dû être annulés hier, la compagnie aérienne Thai Airways a pu faire décoller au moins 4 avions en destination de l'Europe. Les itinéraires ont été révisés : ils survolent la Chine, et non pas l'Inde et le Pakistan comme habituellement.


Le trafic aérien, fermé depuis mardi, a repris partiellement et temporairement selon les autorités civiles aéroportuaires pakistanaises (CAA). 

VIGILANCE


L'Inde reste sur ses gardes malgré l'annonce d'Islamabad de libérer le pilote indien capturé mercredi.


"Nous sommes pleinement préparés et à un stade accru de réactivité pour répondre à toute provocation du Pakistan", a déclaré le général de division Surendra Singh Mahal, au cours d'une conférence de presse à New Delhi de hauts officiers des trois corps de l'armée indienne.

APAISEMENT


Le Pakistan confirme son geste d'apaisement. Islamabad libérera vendredi le pilote de l'armée de l'air indienne capturé mercredi, a annoncé jeudi le Premier ministre Imran Khan devant les parlementaires pakistanais. "En geste de paix, nous libérerons le pilote indien (demain)".

Urgent

DERNIÈRE MINUTE


Le Pakistan se dit prêt, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, à libérer le pilote indien capturé mercredi pour faire baisser les tensions. "Nous sommes prêts à remettre le pilote indien si cela conduit à la désescalade", a indiqué un porte-parole.

DÉCRYPTAGE 


Les opérations militaires menées par le Pakistan et l'Inde sont-elles les prémices d'une nouvelle guerre entre ces deux puissances nucléaires ? Quels intérêts - sécuritaires mais aussi politiques - cache ce regain de tensions ? Peut-on espérer une "désescalade", réclamée par plusieurs pays dont la France ce mercredi ? LCI a posé la question à Charlotte Thomas, docteure en sciences politiques et directrice du programme pour l'Asie du Sud au sein du collectif de chercheurs indépendant "Noria".

Tensions militaires entre l'Inde et le Pakistan : que cache cette escalade ?

Tensions militaires entre l'Inde et le Pakistan : que cache cette escalade ?

INDE 


Le Premier ministre indien Narendra Modi appelle ses concitoyens à l'unité nationale, leur demandant de "faire mur" contre l'"ennemi". "Amis, lorsque l'ennemi essaye de déstabiliser l'Inde (et) de perpétrer une attaque terroriste, un de leurs buts est que le rythme et le progrès de notre pays s'arrêtent", a déclaré le dirigeant nationaliste hindou lors d'une vidéo-conférence avec des militants de son parti à travers le pays. "Face à leur but, chaque Indien devrait faire mur, être solide comme un roc", a-t-il dit, sans désigner précisément cet "ennemi".


"L'Inde vivra unie. L'Inde travaillera unie. L'Inde grandira unie. L'Inde se battra unie. L'Inde gagnera unie", a aussi lancé le chef de gouvernement qui cultive une image d'homme fort et briguera un second mandat au printemps.

CONSÉQUENCES AÉRIENNES


Des milliers de vacanciers étaient bloqués à l'aéroport de Bangkok au lendemain de la fermeture de l'espace aérien du Pakistan. Si la compagnie Thai Airways a été autorisée à survoler la Chine, les vols devaient reprendre normalement ce jeudi. Une trentaine de vols, la plupart en provenance ou à destination de l'Europe, qui devaient transporter près de 5000 passagers, ont été affectés, a annoncé le transporteur thaïlandais. Mais la compagnie, après s'être vu opposer un refus de survoler l'Iran, va pouvoir opérer de nouveau ce jeudi, ces appareils ayant été autorisés à traverser l'Empire du Milieu. En attendant, la frustration commençait à grandir parmi les passagers bloqués à l'aéroport international de Suvarnabhumi.

MISE EN GARDE


Le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, a mis en garde l'Inde et le Pakistan contre une escalade des tensions, lors d'un entretien téléphonique avec son homologue pakistanais. Il a fait part de "sa profonde inquiétude" après les combats qui ont opposé l'armée de l'air des deux puissances nucléaires.

FRONT COMMUN


Le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis ont demandé mercredi aux Nations unies d'imposer des sanctions contre Masood Azhar, le dirigeant du groupe islamiste Jaish-e-Mohammed (JeM), établi au Pakistan et responsable de la mort d'au moins 40 paramilitaires indiens.

REPROCHES


L'ambassadeur du Pakistan à Washington a déploré mercredi que les Etats-Unis n'aient pas clairement mis en cause l'Inde pour le regain de tension au Cachemire, estimant que la position américaine avait "enhardi" les autorités indiennes.

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Tensions militaires entre l'Inde et le Pakistan : que cache cette escalade ?

Tensions militaires entre l'Inde et le Pakistan : que cache cette escalade ?

EXODE 


Des milliers d'habitants fuient les villages au Cachemire Indien et Pakistanais, craignant un nouveau conflit. Au moins 2.000 personnes ont évacué les districts frontaliers de Kotli et de la vallée de Jhelum, côté pakistanais, a-t-on appris auprès de responsables, qui ont annoncé la fermeture des écoles publiques de la zone. L'exode a aussi frappé d'autres districts.


"De plus en plus de personnes quittent leurs maisons et se rendent dans des endroits plus sûrs", a déclaré Umar Azam, un fonctionnaire à Kotli. Internet a également été coupé dans certains territoires près de la frontière, ce qui est souvent un signe de forte activité militaire. Femmes, hommes et enfants, portant sacs et valises, étaient visibles sur les routes. Certains étaient accompagnés de leur bétail.


Côté indien, les habitants font également état de bombardements intensifs après une nuit où les obus ne sont pas tombés loin des villages. A Poonch, plus au sud de la Ligne de contrôle, les autorités ont demandé aux habitants de préparer des bunkers, même si aucune victime n'y a été recensée à ce stade.


Certains ont entrepris, seaux à la main, de vider l'eau ayant noyé ces abris souterrains après un hiver rigoureux. D'autres ont quitté leurs maisons. "Cela arrive régulièrement", observe l'un d'entre eux, qui a requis l'anonymat. "Mes proches savent que ma famille va arriver".  D'après Baseer Khan, un haut responsable gouvernemental du Cachemire indien, les autorités sont toujours prêtes à évacuer les habitants de la frontière, mais aucun ordre n'a pour l'instant été donné en ce sens.

ON FAIT LE POINT 


Les relations entre l'Inde et le Pakistan se sont détériorées depuis ce mardi 26 février. Il s'agit de la première crise diplomatique majeure pour le dirigeant pakistanais Imran Khan, entré en fonction l'été dernier et qui avait jusqu'ici plaidé pour le dialogue avec New Delhi. Quant à Narendra Modi, premier ministre indien, il est sous pression pour venger l'attentat du 14 février dernier.


LES FAITS

- L'armée indienne a annoncé avoir mené un raid meurtrier sur le territoire pakistanais contre un camp d'entraînement du mouvement islamiste Jaish-e-Mohammad (JeM), qui a revendiqué un attentat-suicide ayant tué une quarantaine de paramilitaires indiens, le 14 février dernier. 


- Le Pakistan a "abattu" deux avions indiens à l'intérieur de son espace aérien, a affirmé mercredi un porte-parole de l'armée sur Twitter. "En réponse à des frappes de l'armée de l'air pakistanaise ce matin (...) l'armée de l'air indienne a traversé la Ligne de contrôle" qui sert de frontière de facto entre Inde et Pakistan dans la région disputée du Cachemire, indique le général Asif Ghafoor.


- Le Pakistan a publié une vidéo rapidement retirée, du pilote indien capturé. 


LA SITUATION EST TENDUE


- La situation demeure également très tendue le long de la Ligne de contrôle, frontière de facto au Cachemire. Quatre personnes, dont deux enfants, ont été tuées mardi dans un échange de tirs entre militaires indiens et pakistanais près de la Ligne de contrôle. Plus de 2.000 personnes ont fui leur domicile côté pakistanais à la suite des tirs, ont indiqué des responsables pakistanais à l'AFP.


LES RÉACTIONS


- La communauté internationale appelle à la désescalade et à la retenue. 


- De nombreux vols commerciaux ont été annulés ou déviés en raison de la fermeture de l'espace aérien "jusqu'à nouvel ordre". 

VIDÉO 


Les images de l'avion abattu 

RÉACTION DE L'UE 


La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, appelle l'Inde et le Pakistan à "la plus grande retenue", après le regain de tension entre les deux pays, qui ont chacun affirmé avoir abattu des avions ennemis.


"Nous attendons des deux pays qu'ils fassent maintenant preuve de la plus grande retenue et qu'ils évitent toute nouvelle escalade de la situation", écrit Federica Mogherini dans un communiqué.

RÉACTION


La France a appelé mercredi l'Inde et le Pakistan à la "désescalade" au Cachemire, où la tension s'est aggravée au cours des dernières heures, dans une déclaration d'un porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères. "La France est préoccupée par la dégradation de la situation. Elle appelle le Pakistan et l'Inde à la désescalade", a affirmé le porte-parole, en faisant état "des opérations militaires (s'étant) déroulées à la frontière indo-pakistanaise".

CHRONOLOGIE


On profite de la pause déjeuner pour faire un point sur la situation tendue au Cachemire. Vous avez du mal à comprendre ce qu'il se passe ? Voici un petit récapitulatif chronologique :


- 14 février

Un attentat-suicide tue au moins 40 soldats indiens au Cachemire indien. L'attaque est revendiquée par Jaish-e-Mohammed, un groupe islamiste basé au Pakistan. Pour l'Inde, le Pakistan se montre trop passif face au terrorisme.


- 15 février

Le Premier ministre indien s'impose en "homme fort" alors que les élections législatives se profilent et promet une réponse ferme : "Je veux dire aux groupes terroristes et à leurs maîtres qu'ils ont commis une grosse erreur. Ils vont devoir payer le prix fort", assure Narendra Modi.


- 18 février

L'Inde traque les responsables de l'attentat et parvient à éliminer trois islamistes. Parmi eux : deux Pakistanais, selon l'armée indienne.


- 26 février

L'Inde indique avoir avoir mené un raid contre un camp d'entraînement au Pakistan du groupe islamiste Jaish-e-Mohammed, de nombreux rebelles sont tués. Pour le gouvernement indien, il s'agit de "frappes préventives", visant à empêcher un nouvel attentat sur son territoire. 

Le Pakistan réfute cette annonce. Selon son gouvernement, des avions indiens ont attaqué son territoire, sans faire de dégâts ni de victimes.


- 27 février

 Les forces armées pakistanaises affirment avoir abattu deux avions indiens dans l'espace aérien pakistanais et arrêté deux pilotes indiens, dont un a été conduit à l'hôpital.La tension monte entre les deux pays et le Pakistan annonce la fermeture de son espace aérien.


New Delhi annonce de son côté avoir abattu un avion pakistanais au Cachemire et "perdu un Mig-21", dont le pilote est "disparu au combat".

DÉSESCALADE


La ministre indienne des affaires étrangères a souligné qu'elle voulait éviter toute escalade et souhaiter un apaisement de la situation :


"L'objectif  limitée de cette frappe préventive était d'agir de manière décisive contre l'infrastructure terroriste de Jaish-e-Mohammed, dans le but d'empêcher toute attaque terroriste en Inde", a indiqué Sushma Swaraj depuis Pékin, face à ses homologues russe et chinois. "L'inde ne souhaite pas voir une escalade de la situation. L'inde continuera à agir avec responsabilité et retenue." 

PAKISTAN


Le gouvernement pakistanais a publié puis retiré rapidement une vidéo de son compte Twitter. Le document de 46 secondes, non authentifié, montrerait le pilote qui aurait été capturé au Pakistan après que son avion a été abattu. Il se présenterait comme Abhi Nandan, un officier de l'Indian Air Force.

INDE


La police indienne confirme ce mercredi qu'un hélicoptère de l'armée de l'air indienne s'est écrasé près d'un aéroport dans la région de Badgam, dans le Cachemire indien. Quatre corps ont été retrouvés à l'intérieur de l'appareil selon les autorités locales. 

PAKISTAN


Les images de l'un des avions indiens que le Pakistan dit avoir abattu.

PAKISTAN 


Le Premier ministre pakistanais Imran Khan a renouvelé mercredi son offre de "négociations" avec l'Inde. "J'invite une nouvelle fois l'Inde à venir à la table des négociations. Nous sommes prêts pour tout dialogue sur le terrorisme ou toute question", a-t-il déclaré lors d'un bref discours. "Pouvons-nous nous permettre le moindre mauvais calcul avec le genre d'armes que vous avez et que nous avons ?", a-t-il interrogé en référence  à l'arsenal nucléaire des deux pays.

RÉACTION


Dans un communiqué publié mercredi, l'ambassade de France "déconseille désormais formellement de se rendre dans l'État du Jammu-et-Cachemire et dans toutes les zones frontalières du Pakistan. Des opérations militaires sont en cours au Cachemire. L'espace aérien est fermé sur tout le nord-ouest de l'Inde." 

 

Une adresse mail (admin-francais.new-delhi-amba@diplomatie.gouv.fr) et un numéro de téléphone (72 90 09 89 54) sont mis à disposition afin que les Français qui se trouveraient au Cachemire puissent se signaler aux autorités.

RÉACTION


Ce mercredi, Pékin a une nouvelle fois appelé l'Inde et le Pakistan à la "retenue" et au "dialogue". "Nous espérons que l'Inde et le Pakistan feront preuve de retenue, prendront des initiatives propices au dialogue, avanceront l'un vers l'autre et s'efforceront d'assurer durablement paix et stabilité en Asie du Sud", a commenté Lu Kang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

RÉACTION


L'UE, la Chine ainsi des États-Unis qui, par la voix du secrétaire d'État Mike Pompeo, ont appelé à "la retenue et à éviter une escalade à tout prix. (...) J'ai encouragé les deux ministres (des Affaires étrangères indien et pakistanais, ndlr) à faire de la communication directe une priorité et à éviter de nouvelles activités militaires".

PAKISTAN


Comme le montre le site spécialisé Flightradar24, la fermeture de l'espace aérien du Pakistan a créé une pagaille dans les airs. Cela a obligé des dizaines d'avions à faire demi-tour ou à modifier leur plan de vol. Aucun appareil n'est autorisé à survoler le pays.


 L'Inde a fermé pendant plusieurs heures neuf aéroports du nord du pays mais les a rouverts dans le courant de l'après-midi, a rapporté l'agence Press Trust of India.

PAKISTAN


L'Autorité de l'aviation civile a annoncé mercredi matin la fermeture de son espace aérien "jusqu'à nouvel ordre". Toutes les compagnies aériennes ont reçu pour instruction de "suspendre leurs opérations" au-dessus du Pakistan. Côté indien, au moins 9 aéroports ont également été fermés et de nombreux vols annulés.

INDE


Quelques heures plus tard, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères indien, Raveesh Kumar, a reconnu qu'un MIG 21 de l'armée de l'air avait été abattu dans un combat avec des avions pakistanais. "Le pilote manque à l'appel. Le Pakistan prétend l'avoir arrêté, ce que nous n'avons pour l’instant pas pu établir", a-t-il déclaré. Il a aussi affirmé qu'un avion pakistanais avait été abattu.

PAKISTAN


Mercredi 27 février, par la voix du porte-parole de son armée, le général Asif Ghafoor, le Pakistan a affirmé avoir abattu deux avions indiens qui avaient violé son espace aérien. Un des avions est tombé côté indien et l'autre côté pakistanais, selon lui. "Un pilote indien a été arrêté à terre par les militaires", a-t-il ajouté. 

CONTEXTE


Les relations entre l'Inde et le Pakistan se sont détériorées depuis mardi 26 février, après que l'armée indienne a annoncé avoir mené un raid meurtrier sur le territoire pakistanais contre un camp d'entraînement du mouvement islamiste Jaish-e-Mohammad (JeM), qui a revendiqué un attentat-suicide ayant tué une quarantaine de paramilitaires indiens, le 14 février dernier. 


Cette opération de l'armée indienne avait été qualifiée par Islamabad d'"agression intempestive", l'exécutif pakistanais promettant d'y répondre "à l'heure et à l'endroit de son choix". C'était en effet la première fois depuis la guerre de 1971 que des avions de combat indiens ont pénétré aussi loin dans l'espace aérien pakistanais.

BIENVENUE


Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue sur LCI pour suivre les tensions à la frontière indo-pakistanaise, dans la région du Cachemire. 

Faut-il craindre une guerre entre l'Inde et le Pakistan ? Le Cachemire, cette région disputée par l'Inde et le Pakistan depuis 1947, est une nouvelle fois le théâtre de violentes tensions entre les deux puissances voisines. Mercredi 27 février, par la voix du porte-parole de son armée, le général Asif Ghafoor, le Pakistan a affirmé avoir abattu deux avions indiens qui avaient violé son espace aérien. Une manœuvre qui a été suivie par l'arrestation d'un "pilote indien" à terre et qui faisait suite à d'autres frappes aériennes, la veille, cette fois de la part de l'Inde, sur le territoire pakistanais, visant un camp d'entraînement du mouvement islamiste Jaish-e Mohammed.

Une opération contre un groupe très actif dans la lutte armée contre New Delhi, et dont l'attaque a généré, selon l'armée indienne, la mort d'"un très grand nombre" de combattants. Ce qui avait été qualifié par Islamabad d'"agression intempestive", l'exécutif pakistanais promettant d'y répondre "à l'heure et à l'endroit de son choix". Chose faite ce mercredi.

Quelques instants plus tard, l'Inde a de son côté fait savoir qu'elle avait abattu un avion pakistanais, affrontement au  cours duquel l'un de ses propres avions a été abattu par le Pakistan. "L'avion pakistanais a été vu par les troupes au sol tombant du ciel du côté pakistanais. Dans cet affrontement, nous avons malheureusement perdu un Mig-21. Le pilote est disparu au combat. Le Pakistan clame qu'il le détient", a déclaré Raveesh Kumar, porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères.

La France a appelé mercredi à la "désescalade". "La France est préoccupée par la dégradation de la situation", a expliqué le porte-parole du ministère des Affaires Etrangères.

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L'armée dit "ne pas vouloir la guerre"

Malgré la virulence des opérations, les deux parties ont chacune fait part de leur souci d'éviter toute "escalade" de la violence. "Ce ne sont pas des représailles", a ainsi assuré le ministère pakistanais des Affaires étrangères. "Le seul objectif est de démontrer notre droit, volonté et capacité à l'autodéfense". L'armée a ajouté ne "pas vouloir la guerre" avec son grand voisin. Côté indien, la ministre des Affaires étrangères Sushma Swaraj rassurait en faisant valoir que les frappes du mardi 26 février "ne visaient pas d'installations" militaires du voisin.

Malgré les déclarations fort diplomates, les effets sur le terrain ont dépassé le cadre militaire. De nombreux aéroports ont ainsi été fermés, comme l'annonce un correspondant de France 2 sur place. Le Pakistan a en outre fermé son espace aérien. Une décision prise "en raison des circonstances". Une source proche de l'Autorité de l'aviation civile a indiqué à l'AFP que toutes les compagnies aériennes avaient reçu pour instruction de "suspendre leurs opérations jusqu'à nouvel ordre". Côté indien, au moins 5 aéroports ont également été fermés et de nombreux vols annulés

Les tensions dans cette région fort militarisée, ont évidemment attiré des commentaires inquiets des acteurs diplomatiques sur l'ensemble de la scène internationale. L'Union européenne, la Chine ainsi des États-Unis qui, par la voix du secrétaire d'État Mike Pompeo, ont appelé les deux pays à "la retenue et à éviter une escalade à tout prix. (...) J'ai encouragé les deux ministres (des Affaires étrangères indien et pakistanais, ndlr) à faire de la communication directe une priorité et à éviter de nouvelles activités militaires".

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