En visite pour la première fois en Egypte, le pape dénonce les violences au "nom de Dieu" et le populisme

International
DirectLCI
RELIGION - Le pape François a atterri vendredi au Caire pour sa première visite en Egypte. Un séjour lourd de sens pour les Coptes, qui forment la plus grande communauté chrétienne du Moyen-Orient, récemment visée par des attaques djihadistes.

Tout un symbole. Trois semaines après des attentats sanglants revendiqués par Daech contre la minorité chrétienne, le pape François a foulé ce vendredi le sol égyptien. Une visite éclair débutée par un discours très politique, durant lequel le souverain pontife a dénoncé les violences perpétrées "au nom de Dieu" et le populisme menaçant la paix.


"Aucune violence ne peut être perpétrée au nom de Dieu, parce qu’elle profanerait son Nom", a lancé le pape dans un discours prononcé lors d'une conférence organisée par l'institution sunnite Al-Azhar, où il s'est rendu après son arrivée en début d'après-midi au Caire. Il a également fustigé les "populismes démagogiques" qui selon lui "n'aident pas à consolider la paix et la stabilité". "Aucune incitation à la violence ne garantira la paix", a-t-il martelé sans citer d'exemple de gouvernement populiste. Il a aussi appelé à "bloquer les flux d'argent et d'armes" pour "prévenir les conflits et édifier la paix".

En vidéo

Egypte : double attentat revendiqué par Daech contre les chrétiens coptes

Respect "inconditionnel" des droits de l'Homme

Dans un autre discours prononcé devant le président Abdel Fattah al-Sissi, le pape François a appelé au respect "inconditionnel" des droits de l'Homme, citant "la liberté religieuse et d'expression". Des propos lourd de sens : le président égyptien est régulièrement accusé par des organisations internationales de défense des droits de l'Homme d'avoir instauré un régime ultra-répressif qui ne tolère aucune voix d'opposition depuis qu'il a destitué en 2013 son prédécesseur, l'islamiste Mohamed Morsi. 


Un discours très diplomatique pour une visite qui ne l'est pas moins : pour ce premier séjour dans le plus peuplé des pays arabes, le pape veut réchauffer les relations entre Al-Azhar et le Vatican. Des relations qui s'étaient crispées après des propos controversés en 2006 du pape Benoît XVI semblant associer islam et violence. Preuve d'un partenariat renouvelé, des affiches géantes montrant le pontife sur fond de pyramides, lui souhaitent la "bienvenue", ont été installées le long du parcours qu'il doit emprunter au Caire.

Toutes les églises ont été placées sous haute surveillance, de crainte d'un attentat, alors que l'EI a menacé de multiplier les attaques contre les Coptes, majoritairement orthodoxes, qui représentent environ 10% des 92 millions d'Egyptiens. En décembre, un attentat revendiqué par l'EI avait déjà fauché 29 personnes dans une église copte du Caire, où le pape François se recueillera en fin de journée avec Tawadros II.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter