En exil en Russie depuis 2013, à quoi ressemble la vie d'Edward Snowden ?

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ESPIONNAGE - Réfugié en Russie depuis qu'il a dénoncé la surveillance massive des communications et d'internet aux États-Unis et dans d'autres pays du monde en 2013, l'ancien employé de la NSA, qui sort ce mardi "Mémoires vives" son autobiograhie, a appris à vivre dans la capitale russe au fil des ans.

"J'aimerais beaucoup que monsieur Macron m'accorde le droit d'asile". Edward Snowden a réitéré sa volonté de poser ses valises en France, au cours d’une interview accordée à France Inter et diffusée ce lundi. Pas sûr que le lanceur d’alerte, sous la menace d’une arrestation par les services américains, trouve un jour un point de chute dans l’Hexagone. En attendant, il demeure réfugié en Russie, où il s’est exilé depuis 2013. C'est là, à deux pas du Kremlin que notre équipe a pu le rencontrer à l'occasion de la parution le 17 septembre de "Mémoires vives", son autobiographie. Non sans lui avoir communiqué, par messagerie cryptée, le numéro de la chambre d'hôtel dans lequel nous l'attendions.

"Je n'ai pas choisi d'être en Russie", avait-il expliqué en mars, lors d'une vidéo-conférence organisée au Conseil de l'Europe, à Strasbourg. Tout avait en effet mal débuté pour lui. A son arrivée en juin 2013, celui qui pensait ne passer que quelques heures sur le sol russe avant de filer vers l'Equateur, en passant par Hong Kong, apprend que son passeport n’est plus valable. Il va alors prendre son mal en patience pendant un mois à l'aéroport de Moscou, dans l'attente d'un pays qui veuille bien l'accueillir. Il finit par demander l'asile à la Russie, qui le lui accorde. Un choix par défaut, qu’il a visiblement mis du temps à accepter.

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"J'aimerais rentrer aux Etats-Unis, c'est mon but ultime"

Edward Snowden a en effet a longtemps été discret dans ses déplacements, utilisant des subterfuges pour ne pas être reconnu. Au fil des mois, le lanceur d’alerte, qui raconte ses mémoires dans "Permanent Record" a néanmoins appris à apprécier la vie moscovite. "Je ne vis pas dans la peur, je ne peux pas contrôler ce qui m'arrivera demain", comme nous a expliqué l'ancien analyste de la CIA dans cet entretien. Et l'homme qui fut le plus recherché par les services secrets américains de visiter Saint-Pétersbourg ou encore Sotchi. Presque comme n'importe qui...

"Je voyage en métro, je vis dans un appartement avec ma copine et je paye le loyer", a-t-il raconté en 2018 aux journalistes du quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. Le couple, qui s’est rencontré sur un site de rencontre en 2012, s’est d’ailleurs marié dans le plus grand secret dans un tribunal russe, en 2017. Sa femme, Lindsay Mills, poste régulièrement des photos de leur quotidien sur Instagram. 

"La Russie est l’un des plus beaux pays du  monde. Les gens sont gentils, chaleureux", raconte-t-il au Guardian.  Amateur de fast-food, il assure que la plupart des produits de consommations américains sont disponibles en Russie. Il a aussi raconté au quotidien anglais qu’il visitait des musées, et passait du temps dans les cafés et les restaurants avec des amis. Pour gagner sa vie, il participe à des vidéoconférences sur la liberté de la presse ou la sécurité informatique. 

Snowden, six ans après son arrivée, dispose d’une autorisation de résidence sur le sol russe, l’équivalent d’une "green card" américaine, renouvelable tous les trois ans. Un renouvellement qu'il n'aimerait cependant pas réitérer : "J'aimerais rentrer aux Etats-Unis, c'est mon but ultime, mais je ne vais pas passer le reste de ma vie en prison", a-t-il confié ces jours-ci à CBS. "Donc j'ai une revendication de base sur laquelle il faut qu'on se mette tous d'accord : c'est que je puisse avoir un procès juste." Pas sûr que cette requête soit entendue par la justice américaine...

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