En France comme en Europe, les velléités indépendantistes de la Catalogne en réveillent d’autres

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Indépendance de la Catalogne : la crise sans fin avec Madrid

EFFET DOMINO – Comme la Catalogne, plusieurs régions de France et d’Europe aspirent, sinon à l’indépendance, au moins à une plus grande autonomie. De l’Ecosse à la Flandre, de la Corse à la Nouvelle-Calédonie, tour d’horizon de ces provinces en mal d’émancipation.

En Europe comme en France, le sécessionnisme prospère. À la manière de la Catalogne, où s’est tenu dimanche un référendum sur l’indépendance de la région vis-à-vis de l’Espagne, plusieurs provinces françaises et européennes revendiquent, sinon une émancipation totale, une plus grande autonomie. Des aspirations aux formes multiples allant de la simple décentralisation par rapport à un pouvoir central jugé trop grand à une sécession pure et simple.   

De l’Ecosse à la Flandre, de la Corse à la Nouvelle-Calédonie, en passant par l’Alsace ou le Pays basque, tour d’horizon – non-exhaustif – de ces provinces en mal d’émancipation et aux envies séparatistes.  

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Corse

Son nom revient quasi-systématiquement quand se pose la question de l’indépendantisme : la Corse, dont le nationalisme moderne a (re)vu le jour dans les années 1960 et 1970 sous la houlette du célèbre FLNC, a longtemps fait figure de fer de lance sur le sujet en France. L’Île de Beauté dispose d’ailleurs, depuis 1982, d’un statut particulier. Une particularité qui se renforcera encore à partir du 1er janvier prochain puisque la Corse verra ses deux départements (Haute-Corse et Corse-du-Sud) disparaître pour devenir une collectivité territoriale unique (CTU). Baptisée "collectivité de Corse", elle fusionnera les compétences départementales et régionales. 

Polynésie française

Fixé par une loi de 2004, le statut de la Polynésie française en fait l’un des territoires les plus autonomes de France. Disposant de sa propre Assemblée, mais aussi, et surtout, d’un gouvernement et d’un président chargés de conduire la politique de la collectivité. L’archipel bénéficie également d’une autonomie administrative puisqu’un droit spécifique y est appliqué. A la demande des indépendantistes, la Polynésie française aussi a été réinscrite, en 2013, sur la liste des Nations unies des territoires non-autonomes à décoloniser. Un processus qui, de facto, peut déboucher sur un référendum d’autodétermination. 

Nouvelle-Calédonie

Comme la Polynésie Française, la Nouvelle-Calédonie bénéficie, depuis les accords de Matignon de 1988, d’une certaine forme d’autonomie. Ces accords prévoyaient notamment un référendum d’autodétermination pour 1998. Mais le vote n’a pas eu lieu et, cette année-là, les accords de Nouméa ont mis en œuvre un processus de décolonisation progressive, transférant des compétences de l’Etat vers l’archipel. La Nouvelle-Calédonie, qui dispose d’un gouvernement élu par le Congrès local, doit organiser au plus tard en novembre 2018 un référendum d'autodétermination, à l’issue des 20 années des accords de Nouméa. 

Pays catalan

Sur le modèle corse, plusieurs partis régionalistes catalans français espèrent ainsi, eux aussi, pouvoir créer prochainement une CTU. Comme le propose notamment le mouvement "Oui au Pays Catalan", l’idée serait d’obtenir une plus grande autonomie de la Catalogne Nord (la partie française) par rapport à Paris, tout en restant "intégré[e] à la République française", nous expliquait récemment Brice Lafontaine, porte-parole du parti Unitat Catalana, une autre formation régionaliste. Géographiquement, cette hypothétique collectivité serait calquée sur les frontières actuelles des Pyrénées-Orientales. 

Pays basque

Si la tension indépendantiste s'est apaisée au Pays basque (territoire qui se partage entre l'Espagne et la France) depuis que le mouvement Batasuna (la branche politique de l'ETA) a annoncé sa dissolution en janvier 2013, le séparatisme n’a pas fléchi, loin de là. La coalition de gauche indépendantiste EH Bildu est ainsi la deuxième force politique de la Communauté autonome basque, l’une des seules régions espagnoles (sur 17), avec la Navarre, à bénéficier par ailleurs d'une fiscalité autonome très avantageuse lui permettant notamment de prélever l’impôt. 

Ecosse

Région semi-autonome du Royaume-Uni depuis 1998, l'Ecosse est dotée d'un Parlement disposant d'un large éventail de compétences puisque seules la diplomatie et la défense relèvent de Londres. Mais certains Ecossais souhaiteraient encore plus d’autonomie, particulièrement depuis que s’est engagé le Brexit. Si l'Ecosse a dit non à l'indépendance (55% des voix) lors d'un référendum en 2014, le Parti national écossais (SNP) de la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, espère pouvoir tenir un nouveau scrutin à l'automne 2018.

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Flandre

La Flandre, région néerlandophone du nord de la Belgique, a obtenu ces dernières décennies de nombreuses compétences et domine la scène politique et économique du pays. Forte d’importants moyens financiers comparativement à la Wallonie francophone, la province flamande a vu le nationalisme se développer ces dernières années. Sous la houlette de la Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA), incarnation politique de ce nationalisme, devenue un poids lourd de la scène politique belge, les séparatistes réclament la création d'une république flamande. Le processus d’émancipation pourrait être relancé après les  législatives de 2019.

Lombardie-Vénétie

Un référendum visant à réclamer plus d'autonomie pour les régions Lombardie et Vénétie doit se tenir le 22 octobre prochain. Mais le scrutin n’a que très peu de traits communs avec le référendum catalan. Le président de la Lombardie, Roberto Maroni, membre de la Ligue du Nord, a ainsi souligné qu'il se déroulait "dans le cadre de l'unité nationale" et "qu'il n'était pas question d'indépendance". Placée à la droite de la droite de l’échiquier politique italien, la Ligue du Nord, qui prônait à l'origine l'indépendance de la "Padanie" (zone géographique du nord de l’Italie, ndlr), est désormais axée sur un discours anti-euro et anti-immigrés.

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