En fuyant le Japon, Carlos Ghosn abandonne plusieurs millions d'euros de caution

En fuyant le Japon, Carlos Ghosn abandonne plusieurs millions d'euros de caution
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Carlos Ghosn : l’ex-patron de Renault rattrapé par les affaires

COUP DE THÉÂTRE - Carlos Ghosn se trouve désormais au Liban, entouré des siens. Au Japon, où il était assigné à résidence dans l'attente de son procès pour de présumées malversations financières, c'est la sidération qui prédomine. En violant les conditions de sa libération sous caution, l'ex-PDG de Renault-Nissan fait une croix sur celle-ci.

L'affaire est rocambolesque. Ce mardi 31 décembre, Carlos Ghosn a confirmé avoir pris la fuite depuis le Japon, où il était assigné à résidence pour de présumées malversations financières, expliquant dans un communiqué s'être "libéré de l'injustice et de la persécution politique". L'un de ses avocats nippons, Junichiro Hironaka, s'est dit "abasourdi" par la nouvelle apprise à la télévision. 

"Bien sûr que c'est inexcusable, puisque c'est une violation des conditions de sa libération sous caution, c'est illégal au regard de la loi japonaise, a-t-il déclaré aux médias, visiblement affecté. Avant d'ajouter : "Pour autant, de là à dire que je ne comprends pas son ressenti, c'est une autre histoire".

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Pou l'avocat, la fuite de Carlos Ghosn est un coup dur. L'équipe de défense du patron déchu, avec qui il préparait son procès lors de réunions, a "complètement perdu la face", indique à l'AFP l'ex-procureur et aujourd'hui avocat Nobuo Gohara, extérieur au dossier mais qui en analyse depuis le départ les éléments. "Ils ont promis au juge que Carlos Ghosn resterait au Japon comme condition de sa libération sous caution. Ils ont conservé ses passeports mais il est parti à l'étranger", souligne-t-il. 

Avec son départ surprise, Carlos Ghosn a donc laissé sur place ses trois passeports libanais, français et brésilien, mais aussi la caution qu'il avait payée pour pouvoir sortir de prison. Une somme versée en deux temps : le 5 mars 2019, un juge avait accepté qu'il sorte de prison contre un milliard de yens (8 millions d'euros), avec interdiction de quitter le Japon. De nouveau arrêté un mois plus tard, ce sont cette fois 500 millions de yens (quatre millions d'euros) qu'il avait dû débourser pour recouvrer la liberté, toujours sous de strictes conditions. Au total, ce sont donc quelque 12 millions d'euros que l'ex-PDG, qui a peu de risque d'être renvoyé au Japon en l'absence de traité d'extradition entre Beyrouth et Tokyo, a abandonnés en prenant la fuite. Ce que confirme la chaîne de télévision NHK. "Sa libération sera probablement annulée et sa caution d'environ 14 millions de dollars perdue", écrivent nos confrères nippons. 

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