EN IMAGES - 95 morts dans un attentat à Ankara : ce qu'il faut retenir de la journée

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ATTENTAT - Deux explosions se sont produites dans la capitale turque, samedi 10 octobre au matin. Un bilan provisoire du ministère de la Santé a fait état de 86 morts et de 186 blessés. Trois jours de deuil national ont été décrétés. En soirée, quelques 10.000 personnes ont défilé dans les rues de la ville endeuillée.

Une double explosion s'est produite ce samedi 10 octobre au matin, à une intersection dans le centre d'Ankara, la capitale turque. Au moins 95 morts sont à déplorer, mais le bilan pourrait s'alourdir puisque 246 blessés ont été dénombrés par le ministère de la Santé.

Le gouvernement avance la thèse de l'attentat

Selon l'Agence de presse Anadolu, il pourrait s'agir d'un attentat suicide. L'incident est survenu lors d'une manifestation pacifiste contre la reprise des violences entre les autorités turques et les séparatistes kurdes, qui réunissait des centaines de personnes. Les organisateurs de l'évènement ont appelé les manifestants à rentrer rapidement chez eux. Un reporter de Reuters présent sur place a rapidement indiqué qu'une vingtaine de corps avait explosé dans le choc et que plusieurs membres avaient été éparpillés sur la chaussée.


Le gouvernement turc, décrié par l'opposition pour la dérive autoritaire du régime, à réagi et confirmé la thèse de l'attentat terroriste. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé une "attaque haineuse". En fin d'après-midi, il a d'ailleurs décrété trois jours de deuil national et ce, à moins de trois semaines d'élections législatives de tous les dangers pour l'AKP, le parti islamiste modéré au pouvoir.

La guerilla kurde dépose les armes

Selahattin Demirtas, leader du Parti démocratique des peuples (HDP), a évoqué, elle, un "état turc mafieux" et "assassin". Selon le Parti d'opposition pro-kurde, la police turque aurait gazé les manifestants venant en aide aux blessés afin qu'ils se dispersent. Les démocrates du peuple font par ailleurs le lien entre ces explosions et les attaques survenues à Diyarbakir et Suruç, en juin et juillet dernier, et sur lesquelles planent l'idée d'une "conspiration" de l'AKP pour rester au pouvoir.

Dans la soirée, quelque 10.00 personnes ont manifesté leur colère dans les rues d'Ankara. Aux cris de "Erdogan meurtrier" ou "la paix l'emportera", ils ont défilé sans incident, très strictement encadrés par la police. Un peu plus tôt dans la journée, et comme le lui demandait le HDP, la guerilla kurde, en conflit contre le pouvoir d'Ankara, a décidé de déposer les armes. "Notre mouvement a décrété une période d'inactivité pour nos forces, sauf si nos militants et nos forces étaient attaqués", a déclaré l'Union des communautés du Kurdistan (KCK), qui chapeaute la rébellion. "Nous ne ferons rien qui puisse empêcher une élection équitable", a-t-il ajouté, toujours en référence au scrutin du 1er novembre.

La France présente ses condoléances

De France, François Hollande a condamné cet "odieux attentat". "Le président de la République adresse toutes ses condoléances au peuple turc", a indiqué l'Elysée dans un communiqué, précisant que le chef de l'Etat "condamne l'odieux attentat terroriste qui a coûté la vie à plusieurs dizaines de manifestants pour la paix à Ankara ce matin et en a blessé plus d'une centaine". De son côté, Manuel Valls a publié un message de soutien sur son compte Twitter : "Face à l'horreur, soutien et solidarité aux familles des victimes de l'attentat d'Ankara. Ensemble contre le terrorisme". A l'étranger, les Etats-Unis ou l'Allemagne ont également témoigné de leur tristesse et de leur solidarité face au terrorisme.

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