En immersion avec les militaires de l'opération Barkhane : "Montrer que ces territoires n'appartiennent pas aux terroristes"

En immersion avec les militaires de l'opération Barkhane au Mali
International

DOCUMENT - Durant cinq jours, les équipes de TF1 ont suivi les membres des forces françaises de l'opération Barkhane dans leur traque des terroristes. Une traque compliquée, comme nous l'explique notre journaliste Esther Lefebvre.

La lutte contre le terrorisme se joue, depuis 2013, au Sahel. Là, dans cet immense territoire de sable et de rocaille, la force Barkhane multiplie les opérations sur un terrain qui a vu 13 d'entre eux périr dans un accident d'hélicoptère à la fin du mois de novembre.  Le combat contre les djihadistes devrait même s'intensifier, la France et les pays membres du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad et Mauritanie) ont en effet annoncé une série de mesures destinées à contrer rapidement les groupes armés. Parmi elles, la création d'une "coalition pour le Sahel".  En attendant sa mise en place, nos équipes ont suivi les militaires français de l’opération Barkhane au Mali. Durant cinq jours, elles sont restées dans les pas de ces soldats qui traquent les terroristes au milieu d’un désert immense et hostile, comme nous le raconte Esther Lefebvre.

L’immensité du Sahel donne-t-elle l’impression aux soldats français d’effectuer un "travail de fourmis" ?

C'est ce qu'on s'est dit durant le reportage : ils cherchent une aiguille dans une botte de foins. Il faut savoir que Barkhane opère dans cinq pays, de la Mauritanie au Tchad. Le but des soldats français ? Montrer que ces territoires n'appartiennent pas aux terroristes, même si les Etats locaux sont dépassés et n'y vont plus. Leurs opérations ne consistent pas seulement à interpeller des individus, mais montrer que les forces françaises sont présentes.

Il y a également un gros travail de renseignement, lequel se fait notamment avec des drones ou des avions de chasse, pour étudier en amont les mouvements des djihadistes. Les soldats français cherchent à "desilhouetter", c’est-à-dire savoir si par exemple dans un groupe de bergers, il y a des suspects qui se seraient infiltrés. 

Lire aussi

Le moindre déplacement semble extrêmement compliqué...

Oui, car la logistique est considérable. En outre, le terrain est chaotique : il y a très peu de routes, et les soldats les évitent en raison des engins explosifs improvisés (IED). Les terroristes étudient d'ailleurs à distance le parcours des militaires, grâce à un réseau d'indicateurs. Certains de ces indicateurs sont des soutiens, d'autres sont payés, car ils n'ont pas le choix ou qu'ils sont menacés.

Contre qui se battent les militaires français ?

Contre une myriade de groupes terroristes, même si celui qui domine actuellement la zone est le groupe Etat islamique au grand Sahara (EIGS). Ces groupes armés appartiennent au grand banditisme, lequel se mélange avec des conflits ethniques entre les Peul, Bambara… Tout cela s'entremêle, chacun y trouve son intérêt et ils forment des bandes. Ce n'est pas du "djihadisme" au sens propre  du terme. 

L'armée française ne se fait pas prendre directement à partie, le rapport de force étant totalement défavorable aux djihadistes. Les IED constituent la plus grosse menace, même si des échanges de tirs peuvent arriver. 

Comment la population vit elle la présence de l'armée française ?

Les soldats français nous disent que la plupart du temps ils sont bien accueillis. Mais il faut se mettre à la place de ceux qui voient arriver des soldats armés…  Il faut noter que les villages où se rend l'armée française ne sont pas choisis au hasard ; ils ont des suspicions. Au sein d'un même village, il peut y avoir des individus qui s'opposent au terrorisme et d'autres qui font partie d'un groupe. L'ennemi se fond dans la population, les gens en souffrent et ne savent même plus qui est impliqué. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent