En Israël, une proposition de loi pour faire taire l'appel à la prière des mosquées

En Israël, une proposition de loi pour faire taire l'appel à la prière des mosquées

"LE BRUIT ET LA SOUFFRANCE" - Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exprimé son soutien à une proposition de loi du député d'extrême droite Moti Yogev. Ce dernier veut limiter le volume des appels à la prière des mosquées, que certains Israéliens estimeraient gênants.

Les appels à la prière des mosquées ? Une source de "bruit et de souffrance" pour de nombreux citoyens, a affirmé sans détour Benjamin Netanyahu. Durant le conseil des ministres qui s'est tenu dimanche, le Premier ministre israélien a ainsi apporté son soutien à un projet de loi limitant leur volume. Non sans s'attirer les foudres des Palestiniens.

La polémique a débuté en mars, quand Moti Yogev – un député du parti d'extrême droite Le Foyer Juif - a mis les pieds dans le plat. Sa proposition de loi est sans équivoque :  "Des centaines de milliers de citoyens israéliens – en Galilée, dans le Néguev, à Jérusalem, à Tel Aviv-Jaffa et dans d’autres endroits dans le centre d’Israël – souffrent tous les jours du bruit causé par l’appel des muezzins des mosquées," assure l'élu. Son texte a été adopté dimanche par la commission ministérielle des lois et doit encore être voté en trois lectures par le Parlement israélien.

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    Accusé de racisme, Moti Yogev se défend en assurant qu'il veut également interdire les haut-parleurs dans tous les lieux de culte d’Israël. Sauf  que ceux-ci n'existent que sur les mosquées… Le député ne semble pas à une approximation près pour défendre bec et ongle un cheval de bataille de la droite nationaliste israélienne. Celle-ci semble en effet avoir déclaré la guerre aux muezzins ces dernières années. Déjà, en 2011, la députée Anastassia Michaeli, égérie du parti ultranationaliste Israël Beiteinou ("Israël notre maison"), avait présenté un texte en ce sens. Emportée par une polémique après avoir tenu des propos antigays, sa proposition avait été reprise par Robert Ilatov, un proche de l'actuel ministre de la Défense Avigdor Lieberman.

    Pour les partisans du texte, les cinq appels quotidiens à la prière du muezzin ne prennent pas en compte la qualité de vie. Un non-sens pour les Arabes israéliens qui sont les descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d'Israël en 1948. En grande majorité de confession musulmane, ils constituent aujourd'hui 17,5% de la population israélienne. La municipalité de Nazareth, la plus grande ville arabe d'Israël, a ainsi vu dans le vote de dimanche "la preuve que les milieux fascistes et racistes ont eu la haute main sur les décisions". L'autorité en charge des lieux saints, le Waqf de Jérusalem, qui dépend de la Jordanie, a quant à elle dénoncé une décision "raciste qui constitue une violation dangereuse de la liberté de culte" et affirmé que "l'appel à la prière se poursuivra à Jérusalem et à al-Aqsa".

    Le président palestinien Mahmoud Abbas avait déjà mis en garde : "Ils ne doivent pas interdire l'appel à la prière à Jérusalem (...) il ne s'agit pas de religion, mais d'un conflit, de la colonisation et de la mainmise sur notre terre". Depuis Gaza, le Hamas a dénoncé "une provocation flagrante à l'encontre de tous les musulmans et une ingérence inacceptable dans leur culte".

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