En Jordanie, un violeur ne pourra plus épouser sa victime

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JUSTICE - L'article de loi 308 du Code pénal jordanien a été annulé par le Parlement, ce mardi. Il permettait jusqu'alors à un violeur d'échapper à la prison en épousant sa victime. Une disposition qui est toujours en vigueur dans plusieurs autres pays dans le monde.

L'article 308 n'est plus. En Jordanie, cette disposition du Code pénal était depuis plusieurs mois au coeur d'une controverse nationale. Et pour cause : elle permettait à l'auteur d'un viol d'épouser sa victime... dans le but de se soustraire à la case prison. Dans le cadre d'un projet d'amendement, le Parlement jordanien a finalement décidé ce mardi d'annuler cet article.

La modification, toutefois, ne s'est pas faite sans peine. Il s'en est fallu de nombreux mois de délibération et d'une campagne féroce menée par des organisations pour les droits des femmes. En février dernier, enfin, la brèche s'est ouverte : un comité royal a soumis l'idée d'annuler l'article controversé au roi Abdallah II, avant que le Conseil des ministres n'approuve cette recommandation. 

Une victoire pour toutes les victimes de viol - Eva Abou Halaweh, avocate

Selon l'AFP, le Premier ministre Hani Mulqi s'est exprimé pour affirmer "l'engagement du gouvernement quant à l'annulation de l'article 308 pour consolider la protection de la famille jordanienne". Et sur place, les militants de l'abolition de cette disposition jugée rétrograde n'ont pas caché leur joie : "Le retrait de cet article est une victoire pour toutes les victimes de viol" a ainsi estimé Eva Abou Halaweh, avocate. 

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De son côté, l'organisation Human Rights Watch souligne "une bonne nouvelle" et évoque le "pas en avant impressionnant" du Parlement jordanien. "D'autres pays dans la région qui appliquent toujours cette procédure devraient s'inspirer de la Tunisie et de la Jordanie", a ajouté Rothna Begum, chercheuse sur les droits des femmes pour l'organisation humanitaire. 

En Tunisie, en effet, une loi similaire permettant à un violeur d'épouser sa victime a été révoquée en février 2017. Désormais, dans ce pays, une personne accusée de viol peut donc être poursuivie en justice. Mais ailleurs dans le monde, des femmes violées peuvent encore être forcées à être mariées à leur bourreau. C'est notamment le cas au Liban ou en Malaisie, où des associations oeuvrent pourtant d'arrache-pied pour l'abolition de ces articles de loi. 

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