En larmes, la comédienne Kathy Griffin accuse la famille Trump de vouloir "ruiner sa vie pour toujours"

POLÉMIQUE - Elle est apparue en larmes lors d'une conférence de presse. La comédienne Kathy Griffin accuse la famille Trump de vouloir "ruiner sa vie pour toujours" après qu'elle a publié l'image d'une tête décapitée ressemblant fortement à celle du prédisent des Etats-Unis. L'animatrice TV avait depuis présenté ses excuses dans une vidéo.

"J'ai l'impression, personnellement, que la famille Trump essaie de ruiner ma vie, pour toujours." C'est en ces mots que la comédienne et présentatrice TV américaine Kathy Griffin s'est adressée à la presse, vendredi 2 juin. En larmes, elle a expliqué comment, depuis la blague de trop sur le compte du président Trump, elle estime sa carrière terminée. "Les menaces que je reçois sont détaillées et spécifiques" déplore-t-elle. 


Mercredi 31 mai, Donald Trump s'était indigné de la publication d'une image d'une tête décapitée ressemblant fortement à la sienne, portée par la présentatrice et comédienne américaine Kathy Griffin durant une séance photos. Dans un tweet, le président américain avait ainsi déclaré : "Kathy Griffin devrait avoir honte d'elle-même. Mes enfants, spécialement mon fils de 11 ans Barron ont du mal avec ça. Malade !". Sa femme Melania Trump, dont les prises de paroles sont très rares, avait elle aussi fait part de sa colère et dénoncé cette mise en scène. "En tant que mère, en tant qu'épouse, en tant qu'être humain, cette photo  est très dérangeante. Quand on pense à certaines atrocités dans le monde aujourd'hui, une image comme celle-là ne va pas, on se pose la question de la santé mentale de la personne qui l'a faite", a indiqué la Première dame dans un  communiqué.

"J'ai eu tort"

Face à la polémique, la comédienne de 56 ans avait d'abord tenté de se justifier mardi soir en affirmant avoir simplement voulu "se moquer  du Moqueur-en-chef", avant de s'excuser dans une vidéo postée sur son compte Twitter. "Je suis une comique, je franchis la ligne, je change  la ligne et je la franchis. Je suis allée trop loin, l'image est trop  dérangeante. Je comprends que j'ai offensé les gens, ce n'était pas drôle, je  le comprends", a dit cette fervente  opposante au président républicain. "Je vous prie de me pardonner, je suis allée trop loin. J'ai commis une erreur et j'ai eu tort", a-t-elle poursuivi.


Mise en ligne par le photographe Tyler Shields, la photo a ensuite été retirée à la demande de Kathy Griffin. Pour un des fils du chef d'Etat américain, Donald Trump Jr, ce genre de cliché est "dégoûtant mais pas surprenant". "C'est la gauche d'aujourd'hui. Ils  considèrent cela acceptable. Vous imaginez si un conservateur avait fait ça  quand Obama était président ?", a-t-il tweeté mardi soir. 

Les images ont suscité une condamnation quasi-unanime, y compris côté  démocrate. Chelsea Clinton, fille de l'ancien président Bill Clinton, a aussi fait part de sa réprobation: "C'est abominable et c'est mal. Ce n'est jamais marrant  de faire des blagues à propos de tuer un président". Et le sénateur démocrate Al Franken, lui-même ex-humoriste et comédien, a également condamné une image qui "se voulait un acte artistique", mais "n'a pas  sa place dans notre dialogue politique".


Selon la chaîne ABC, le Secret Service, chargé de la protection du  président, va se pencher sur cette affaire. Kathy Griffin, qui a remporté deux Emmy Awards et co-présente depuis 10 ans la soirée du réveillon sur CNN, a vu son contrat avec CNN pour cette fameuse émission rompu. "CNN a mis fin à (son) contrat avec Kathy Griffin pour l'émission du réveillon du Nouvel An", a annoncé le service de presse de la chaîne. Le journaliste Anderson Cooper, qui co-présentait l'émission avec Kathy Griffin, s'est dit "effaré" par cette photo.

Depuis les atrocités commises par Daech, les caricatures utilisant des images de décapitation passent très mal. Le grand magazine allemand Der Spiegel s'était ainsi retrouvé sous le feu des critiques début février après avoir publié en couverture un dessin du président Trump brandissant la tête décapitée de la statue de la Liberté, qui se voulait une dénonciation de la "décapitation de la démocratie", selon son  auteur, Edel Rodriguez.

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