En moins de 24 heures, l'Iran s'en prend deux fois à la France et affirme que son programme balistique est non négociable

En moins de 24 heures, l'Iran s'en prend deux fois à la France et affirme que son programme balistique est non négociable

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TENSIONS - Pour la seconde fois en 24 heures, l'Iran a dénoncé la position de la France, qui demande une révision de la politique régionale et du programme balistique de l'Iran. Vendredi, le président français Emmanuel Macron avait ainsi émis le souhait de voir l'Iran adopter "une stratégie régionale moins agressive" et s'était inquiété de sa politique balistique, qu'il avait qualifié de "non maîtrisée".

Depuis maintenant plusieurs semaines, les relations entre l'Iran et la France sont loin d'être au beau fixe. Pour la seconde fois en 24 heures, l'Iran a ainsi dénoncé la position de la France, qui demande une révision de la politique régionale et du programme balistique de l'Iran. Et ce malgré le rapprochement entre les deux pays depuis l'accord nucléaire en 2015. 


Vendredi, le président français Emmanuel Macron avait souhaité que "l'Iran ait une stratégie régionale moins agressive" et s'était inquiété de "sa politique balistique qui apparaît non maîtrisée", tout en réaffirmant sa volonté de "dialoguer" avec le pays dont Hassan Rohani est le président.

"Nous ne demandons la permission à personne"

"Sur les questions de défense et du programme balistique, nous ne demandons la permission à personne (...) En quoi cela regarde (le président français Emmanuel) Macron? Qui est-il pour s'ingérer dans ces affaires ?", a déclaré ce samedi Ali Akbar Velayati, le conseiller du guide suprême Ali Khamenei pour les affaires internationales à la télévision d'Etat. "S'il veut que les relations entre l'Iran et la France se développent, il doit essayer de ne pas s'ingérer dans de telles affaires, car c'est contraire aux intérêts nationaux de la France", a-t-il ajouté. "C'est évident que notre réponse est négative", a précisé Velayati à propos d'une éventuelle négociation sur la question balistique et la politique régionale de l'Iran.


Le responsable iranien a également martelé que son pays ne demanderait "pas la permission aux autres" pour savoir s'il peut avoir des missiles ou pas, et "quelle doit être leur portée". Vendredi, l'Iran avait critiqué une première fois la France après des déclarations du chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian. Ce dernier, depuis Ryad, en Arabie Saoudite, accusait Téhéran de "tentations hégémoniques" au Moyen-Orient. Valayati a également déploré la "partialité" de la France, qui selon lui aggraverait les crises régionales. "Je conseille au président français d'essayer de suivre l'approche du général De Gaulle et d'avoir une politique semi-indépendante" par rapport aux Etats-Unis, allié de Ryad, a déclaré encore l'ancien ministre des Affaires étrangères de l'Iran, entre 1981 et 1997.

D'importants contrats signés ces derniers mois

En 2015, un accord historique a été conclu entre six grandes puissances, les Etats-Unis, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et l'Iran pour garantir le caractère pacifique de son programme nucléaire. Un accord que Donald Trump n'approuve pas et dont il menace de retirer son pays. Au cours des derniers mois, l'Iran a salué la position des pays européens et celle de la France qui veulent maintenir l'accord nucléaire, et la récente annonce de la visite du président Macron en 2018 en Iran, qui constitue une première depuis plus de 40 ans, était de bonne augure concernant un réchauffement des relations entre les deux pays. Cependant, la récente prise de position de la France, qui veut ouvrir des négociations sur la politique régionale de l'Iran et son programme balistique, est très peu du goût des dirigeants iraniens.


Pour rappel, la France a été l'un des principaux bénéficiaires de l'accord nucléaire, obtenant plusieurs contrats importants conclus entre l'Iran et des sociétés françaises, comme les entrprises automobiles Peugeot et Renault. En parallèle, Téhéran a conclu un important contrat pour acheter une centaine d'Airbus et la société pétrolière française Total a signé en juin un accord de 5 milliards de dollars pour l'exploitation d'un gisement de gaz, en association avec le groupe chinois CNPC.

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