En Russie, la justice liquide une association de défense des droits de l'Homme

En Russie, la justice liquide une association de défense des droits de l'Homme
International

DÉMOCRATIE - La justice russe a ordonné vendredi 1er novembre la liquidation de "Pour les droits de l'Homme", une association très respectée en Russie. Son directeur Lev Ponomarev, dans le viseur des autorités, a déjà indiqué qu'il allait interjeter appel.

Une nouvelle atteinte à la défense des droits individuels pourrait avoir été franchie en Russie, alors que la justice a ordonné vendredi 1er novembre la liquidation de "Pour les droits de l'Homme". L'association, très respectée dans le pays, a été fondée en 1997 par le militant Lev Ponomarev. "Nous allons faire appel de cette décision et saisir également la Cour européenne des droits de l'Homme", a d'ores et déjà indiqué ce dernier à l'AFP. 

C'est que Lev Ponomarev, 78 ans, est dans le viseur de la justice depuis un certain temps déjà. Accusé d'avoir republié un texte intitulé "Défense de la nouvelle génération", qui appelait à manifester, il a été condamné à 25 jours de prison en décembre 2018 comme le relate un blog de Mediapart. Son mouvement a également écopé de plusieurs amendes ces derniers mois, pour un montant de 2 millions de roubles (30 000 euros). 

Lire aussi

La loi controversée sur les "agents étrangers"

Cette liquidation judiciaire trouverait plusieurs motifs : une incohérence dans la charte du mouvement, votée en 2014, ainsi que la violation de plusieurs lois russes, et notamment celle sur les "agents étrangers". Depuis le printemps dernier, "Pour les droits de l'Homme" est classé sous cette dénomination controversée, tout comme les deux autres organisations de Lev Ponomarev, "Pour la défense des droits des prisonniers" et "Hot Line". 

Entrée en vigueur en 2012, cette loi regroupe dans un seul et même registre les organisations financées à l'étranger et ayant une activité politique. Celles-ci se trouvent privées de subventions et les représentants des organismes gouvernementaux refusent toute collaboration. Au média russe Novaya Gazeta, l'opposant au régime a confié ne pas savoir sous quelle forme le mouvement pourrait continuer à exister. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter