En Syrie, la torture au quotidien dans les prisons du régime

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DROITS DE L'HOMME - Un rapport d'Amnesty International dénonce "une cruauté sous sa forme la plus vile" dans les prisons du régime en Syrie. Au total, plus de 17.700 personnes ont péri en détention.

Depuis son déclenchement en mars 2011, la guerre en Syrie a fait plus de 290.000 morts. Parmi eux, des hommes et des femmes qui se sont retrouvés dans les geôles du régime. Des victimes sur lesquelles Amnesty International s’est penché, comme le révèle un rapport publié jeudi. Au programme : électrocutions, brûlures et viols pour ces Syriens victimes de la torture. Plus de 17.700 d’entre eux ont péri en détention.

Au total, ils sont 65 à avoir accepté de s’exprimer . "Ils nous traitaient comme des animaux. J’ai vu le sang couler, on aurait dit un fleuve", affirme ainsi Samer, un avocat, en parlant de ses anciens gardiens. D’autres détenus ont raconté de sinistres rituels, notamment "la fête de bienvenue", durant laquelle les nouveaux sont "roués de coups" au moyen de barres de fer, de plastique ou de câbles électriques.
Omar S, lui, a raconté qu’un gardien avait contraint deux hommes à se déshabiller et avait ordonné à l’un de violer l’autre, le menaçant de mort s’il n’obtempérait pas. Saïd, un militant antirégime, a affirmé avoir été violé, devant son père, à l'aide "d'une matraque électrique" en étant suspendu d'un seul bras et en ayant les yeux bandés.

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"Crimes contre l'Humanité"

Si plusieurs sévices se sont déroulés dans les prisons des services de renseignement du régime, la prison militaire de Saydnaya semble à elle seule représenter le cœur de la machine de torture syrienne. Salam, un avocat d’Alep détenu deux ans à Saydnaya, a déclaré que "des gardiens avaient battu à mort un entraîneur de kungfu et cinq autres détenus. Puis ils ont passé à tabac 14 autres, tous morts en une semaine. On voyait le sang couler de leur cellule." Dans cet établissement situé près de Damas où il fait très froid l'hiver, les détenus sont maintenus pendant des semaines dans des cellules souterraines sans couverture.

Pour appuyer sa démarche, Amnesty a modélisé en 3D le centre de détention de Saydnaya, "trou noir dont il n'existe aucune image récente". L’ONG en propose une visite virtuelle, en s'appuyant exclusivement sur les souvenirs d'anciens prisonniers qui en sont sortis. Autant de survivants qui ont raconté ces actes de tortures, "généralisés et systématiques contre tous les civils soupçonnés d’être contre le régime", a ajouté dans son rapport l'ONG basée à Londres en dénonçant des "crimes contre l'Humanité". Selon elle, les chiffres réels seraient même plus élevés. Elle cite des dizaines de milliers de disparitions forcées.

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