"Vous n'êtes pas le bienvenu": en visite à Pittsburgh après l'attaque antisémite, Trump conspué par des manifestants

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POLITIQUE - Venu mardi se recueillir dans la synagogue où un tireur antisémite a abattu onze fidèles, Donald Trump a été accueilli par des manifestants. Opposés à sa visite, ils l'accusent d'attiser la haine.

"Les mensonges de Trump tuent". Plus de 1 500 personnes, de tous âges et confessions, ont manifesté contre le président américain, à Pittsburgh. Ensemble, ils l'ont appelé à renoncer à ses diatribes incendiaires au cours d'une manifestation inédite dans un contexte aussi tragique. Sous les cris, Donald Trump est arrivé accompagné de son épouse Melania, de sa fille Ivanka, convertie au judaïsme, et de son gendre Jared Kushner, qui portait une kippa.


Là, dans la synagogue endeuillée Tree of Life ("arbre de vie"), et alors qu'on pouvait entendre les manifestants scander "Les mots comptent", Donald Trump a allumé une bougie pour chacune des onze victimes de l'attaque antisémite la plus meurtrière jamais perpétrée aux Etats-Unis.

"Laisser aux familles des victimes le temps d'enterrer leurs morts"

Dès samedi, le locataire de la Maison Blanche avait vivement condamné la tuerie et a appelé à éradiquer "le poison de l'antisémitisme". Mais plusieurs voix lui ont reproché de désinhiber l'extrême droite avec ses discours enflammés. Le maire démocrate de Pittsburgh, Bill Peduto, avait pour sa part conseillé au président de reporter sa visite pour laisser aux familles des victimes le temps d'enterrer leurs morts. 


Le meurtrier présumé a été arrêté après des échanges de tirs avec les policiers. Inculpé de 29 chefs d'accusation, il encourt la peine de mort. "Je voulais juste tuer des Juifs", a-t-il expliqué après son arrestation. Ce dernier accuse les Juifs d'être responsables d'un "génocide" des Blancs selon une rhétorique chère à l'extrême droite. Pour les détracteurs de Donald Trump, ce type de discours s'est banalisé depuis son accession à la présidence. 

S'il mène une politique clairement pro-israélienne, le magnat de l'immobilier a parfois semblé ménager les suprémacistes blancs. Et il s'en prend souvent à des personnalités juives comme George Soros en utilisant les termes de l'extrême droite. "Il y a toujours eu de l'antisémitisme mais on n'a pas toujours eu un président qui ne faisait rien contre", raconte Joanna Izenson. Malgré les appels à l'apaisement, Donald Trump n'a pas changé de ton à quelques jours d'élections législatives cruciales pour la suite de son mandat. Lundi il évoquait encore une "invasion" de migrants ou des médias comme les "ennemis du peuple".

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Pittsburgh touchée par la pire attaque antisémite de l’histoire récente des Etats-Unis

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