En visite en Pologne, Clément Beaune a été empêché d'aller dans une zone anti-LGBT

Le ministre Clément Beaune fustige les zones décrétées "libres d'idéologie LGBT" en Pologne.

DROITS HUMAINS - Ce jeudi, le secrétaire d'Etat français chargé des Affaires européenne déclare avoir subi des "pressions politiques" pour éviter qu'il se rende dans une des zones anti-LGBT lors de sa visite de trois jours en Pologne.

Les politiques homophobes de la Pologne auront eu raison de la visite de Clément Beaune en Pologne a été limitée. Le secrétaire d'État français chargé des Affaires européennes a indiqué avoir subi des "pressions politiques" de la part des autorités polonaises pour le dissuader de se rendre dans une des zones "libres d'idéologie LGBT" décrétées dans le pays. Il a expliqué ce jeudi, au micro de France Inter, comment il avait empêché de se rendre à  Krasnik, une commune qui revendique l'exclusion des personnes LGBT. "Ce n'était pas une interdiction physique, c'était une pression politique", a-t-il précisé, avant de rapporter ce qui lui avait été dit par les autorités locales : "Si j'y allais, il n'y aurait pas d'entretien officiel au cours de cette visite."

Lorsqu'il a fait son coming-out en décembre 2020, Clément Beaune avait annoncé qu'il se rendrait dans une des zones "libres d'idéologie LGBT". Le représentant de la diplomatie française en charge des Affaires européennes avait qualifié l'existence légale de ces territoires de "scandale absolu". Mais de quoi parle-t-on ? Ces quartiers englobent une série de communes dont les élus locaux ont voté des résolutions affichant leur volonté de limiter l'expansion de l'idéologie LGBT. Si le statut de ces zones n'a pas d'influence sur le plan juridique, les maires de ces communes peuvent se réserver le droit de couper des subventions et d'adopter des prises de position homophobes.

Des zones qui représenteraient un tiers du territoire

"Je pense que c'est très grave, mais je ne veux pas polémiquer avec un gouvernement. Ce qui est très grave, c'est la situation de fond, pas mon cas personnel", a-t-il poursuivi ce jeudi. Au total, une centaine de collectivités en Pologne ont adopté depuis 2019 une résolution "anti-idéologie LGBT" ou une "charte des droits des familles". Ces zones représentent environ un tiers du territoire polonais et sont situées principalement dans le sud-est et dans l'est du pays, traditionnellement très catholiques. Leur démarche est encouragée par le soutien tacite du gouvernement conservateur du parti Droit et Justice (Pis).

Malgré l'interdiction de se rendre à Krasnik, Clément Beaune a "décidé de maintenir cette visite en ce jour symbolique du 8 mars, la journée internationale des droits des femmes, parce qu'il y a aussi en Pologne des attaques sur les droits des femmes", a-t-il souligné. Cependant, le secrétaire d’État a ajouté : "J’irai à un moment donné dans une zone anti-LGBT. Je reviendrai en Pologne."

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"Je suis sûr que cela sera à un moment condamné, qu'il y aura des conséquences", a espéré le ministre français. Il en a profité pour rappeler que le Parlement européen doit voter ce jeudi une résolution symbolique proclamant l'Union européenne "zone de liberté" pour les personnes LGBT. L'eurodéputé polonais Ryszard Antoni Legutko, membre du parti PiS au pouvoir en Pologne, a fustigé "un débat absurde", fruit d'une "propagande idéologique"

Varsovie est régulièrement pointée du doigt par Bruxelles qui l'accuse de saper l'État de droit. En juillet dernier, la Commission européenne avait décidé de rejeter les demandes de financement européen pour le jumelage aux villes affichant des positions clairement homophobes. Ce jeudi, le gouvernement conservateur polonais a annoncé avoir saisi la Cour de justice de l'Union européenne d'une plainte contre le mécanisme conditionnant les versements de fonds européens au respect des règles de l'État de droit. Les fonds européens ont représenté en 2019 environ 3,3% du produit national brut pour la Pologne.

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