Enfant décapité à Moscou : le silence assourdissant des télévisions russes

Enfant décapité à Moscou : le silence assourdissant des télévisions russes

International
DirectLCI
EXPLICATIONS - Malgré l'intense émotion provoquée en Russie par ce crime, les grandes chaînes de télévision russes n'ont pas évoqué l'affaire de la nounou arrêtée lundi alors quelle brandissait dans la rue la tête décapitée d'un enfant. Un silence défendu par le Kremlin, lui-même critiqué.

Le geste fou de cette nounou, errant lundi dans les rues de Moscou avec la tête de l’enfant qu’elle venait de décapiter, a rapidement été repris par la presse internationale. Sauf en Russie, où le drame s’est pourtant déroulé. Un silence gênant aux yeux de plusieurs personnalités proches de l'opposition, aux yeux desquelles les médias nationaux auraient abondamment couvert un tel crime s'il avait été commis dans un pays occidental.

Le jour du meurtre, les chaînes nationales russes avaient en effet décidé de ne pas évoquer l'arrestation de la nounou dans leurs bulletins d'information, soutenues par le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Ce dernier estimait que c'était "trop monstrueux pour être montré à la télévision". Mercredi, la chaîne publique Rossia 24 a évoqué l'audience, tout en omettant les détails du drame, alors que certaines chaînes locales et surtout les réseaux sociaux s’emparaient de l’affaire.

A LIRE AUSSI >>  Enfant décapité à Moscou : la nounou dit avoir agi "sur ordre d’Allah"

"Ne pas montrer cette horrible tragédie"

Une impasse qui ne doit rien au hasard, selon le quotidien en ligne Gazeta.ru. Ce dernier croit savoir que les autorités auraient redouté l’"explosion de xénophobie" qu’un tel fait divers pourrait provoquer au sein de la population. Une "explosion" qui se serait avérée ingérable pour le tout-puissant pouvoir russe. En outre, celui-ci aurait peut-être "failli" durant les longues minutes où Goultchekhra Bobokoulova, une Ouzbèke de 38 ans, a déambulé dans les rues. C’est en tout cas l’avis de l’opposant russe Alexeï Navalny, qui s’est interrogé sur la lenteur de la réaction des forces de l'ordre.

Selon des proches de l’opposition, la chaîne publique Pervyi Kanal n'avait pas eu de tels scrupules au moment de diffuser un reportage mensonger sur la prétendue crucifixion d'un garçon de 3 ans par des soldats ukrainiens dans l'est de l'Ukraine, en 2014.

Aucune consigne officielle

Sous le feu des critiques, le Kremlin est sorti de sa traditionnelle réserve. "D'après ce que nous savons, les chaînes ont en effet pris la décision de ne pas montrer cette horrible tragédie", a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, ajoutant qu'aucune consigne émanant des autorités n'avait été donnée sur le sujet. "Il me semble qu'on ne peut que soutenir cette décision des chaînes, parce que c'est probablement trop monstrueux pour être montré à la télévision", a-t-il toutefois ajouté. Selon Dmitri Peskov, cette attitude serait même en accord avec les pratiques internationales et relève du "regard critique" des chaînes de télévision.

EN SAVOIR +
>>  Enfant décapité à Moscou : recueillement et colère au lendemain du drame
>>
 Moscou : une nounou décapite un enfant et brandit la tête dans la rue
 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter