Enfants coincés dans une grotte en Thaïlande : quelles séquelles physiques et psychologiques ?

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SAUVETAGE - Les douze enfants et leur entraîneur de foot pris au piège dans une grotte en Thaïlande ont entamé mercredi leur onzième jour sous terre. S’ils ont été retrouvés sains et saufs, quelles séquelles pourraient laisser cette mauvaise aventure ?

Recroquevillés, amaigris et aveuglés par la lumière d’une lampe torche, les enfants apparaissent indemnes dans la vidéo de leur découverte. Sur la seule vidéo communiquée au média il y a cinq jours, on les aperçoit coincés dans les tréfonds de la grotte inondée de  Tham Luang, dans le nord de la Thaïlande. Le groupe attend désormais son évacuation. Enfant par enfant, chacun accompagne d'un plongeur.

Les enfants sont particulièrement affaiblis. Mais selon France Rocours, médecin référent au sein  de la commission secours de la Fédération française de spéléologie (FFS), les  complications ne seront que de court-terme. « Dysenterie ou gastro-entérite si l’eau était infectée, faiblesse musculaire, et une demi-journée pour se réhabituer à la lumière. »

Concernant l’amaigrissement notable des enfants, la médecin explique que chez un adulte, les désordres métaboliques liés  à une privation de nourriture ne se déclenchent qu’à partir d’une vingtaine de jours. Pour ces enfants qui ont entre 11 et 16 ans le chiffre oscille plutôt autour des deux semaines, en fonction de leur croissance. De la nourriture ayant pu être acheminée dès le neuvième jour, une hospitalisation ne devrait donc pas être nécessaire.

L’union fait la force

France Rocours pointe l’importance de la solidarité qui existe au sein d’une équipe de jeunes footballeurs. Les membres du Moo Pa (cochon sauvage), nom de l’équipe, sont restés soudés, serrés les uns contre les autres, épaulés par leur coach sportif. « Le fait que ce soit une équipe est important. Il y a une cohésion naturelle, et si le coach est arrivé à la garder tout au long des dix jours, alors je ne me fais aucun souci », affirme-t-elle. L’âge des victimes est également un point crucial.

« Si les enfants sont dans un environnement positif, ils le restent également, même au fond d’un gouffre. Ce qui n’est pas le cas chez l’adulte qui a tendance à cogiter et paniquer dans de telles circonstances. »France Rocours

Dans cet environnement d’entre-aide et d’esprit d’équipe, le médecin joint par LCI  il y a quelques jours est plutôt optimiste au sujet des éventuelles séquelles médicales que pourrait laisser cette longue phase d'isolement. Selon elles peu de choses suffissent pour que les enfants endurent cette épreuve : de la nourriture, une source de lumière et un contact avec l’extérieur. "Si cela arrivait en France je préconiserais des lectures, des discussions, quelques efforts physiques pour maintenir le muscle. Ainsi ils pourraient même continuer un mois."

Peu de risques de traumatisme

Même discours rassurant de la part de Patrick Raffin, psychiatre spécialisé notamment sur les problématiques de l’enfance ou de l’adolescence. Selon ce dernier, la figure de l’adulte, ici donc d’un coach, dans ce type de situation est décisive. "Il est important qu’il y aitun parent ou un adulte responsable. S’il est dans son rôle, s’il reste calme, alors l’enfant le sera." 


Et de citer en exemple le film ''La vie est belle'', de Roberto Benigni dans lequel un père déporté à Auschwitz rassure son fils en lui faisant croire à un jeu. Les rassurer, c’est ce qu’on fait les secours mardi matin. "Apporter de la lumière, de la sécurité, montrer que quelqu’un est là pour les aider, dire si on est mardi ou mercredi et les rassurer en disant qu’ils sont courageux. Ça c’est de l’accompagnement. On rend les choses comme avant et on évite le traumatisme". 

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